top of page

Comptabilité en assurance : métier, S2 et reporting

Photo du rédacteur: antoine GANDOIS
antoine GANDOIS
14 mai 2025
16 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 août

Pochette du podcast Assurance en coulisses pour l'épisode 2 avec mon invité Rool Mapata Responsable d'études comptables.

Épisode disponible




Comptabilité en assurance : métier, reporting et Solvabilité II


La comptabilité en assurance ne consiste pas simplement à enregistrer des factures ou à produire un bilan en fin d’année.


Primes, sinistres, provisions techniques, placements, données actuarielles, reporting réglementaire : l’information financière d’un assureur se construit à partir de multiples sources qui doivent être rapprochées, contrôlées puis fiabilisées.


Et tout cela dans des délais de clôture souvent très contraints.


Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, un professionnel de la comptabilité et du reporting réglementaire revient sur les coulisses de cette chaîne de production.


Son parcours permet de comprendre les spécificités de la comptabilité assurantielle, son lien avec Solvabilité II, l’importance de la qualité des données et les transformations technologiques qui pourraient progressivement automatiser une partie des travaux.




Résumé de l’épisode


Issu d’un Master Comptabilité Contrôle Audit, l’invité découvre l’assurance à l’occasion d’une alternance au sein d’une mutuelle d’épargne et de retraite. Une opportunité professionnelle qui se transforme progressivement en véritable intérêt pour le secteur.


Après plusieurs années entre mutuelles et grandes compagnies, il travaille sur la production des états financiers, la comptabilité générale et fiscale ainsi que le reporting Solvabilité II, notamment les rapports RSR et SFCR.


L’épisode permet de suivre très concrètement la chaîne de production financière d’un assureur : récupération des flux techniques et financiers, cadrages, clôture de la balance, production des états financiers puis alimentation du reporting prudentiel.


Un témoignage particulièrement utile pour comprendre pourquoi la donnée, l’automatisation et les contrôles deviennent des enjeux majeurs pour les fonctions finance de l’assurance.




Qu’est-ce que la comptabilité en assurance ?


La comptabilité en assurance désigne l’ensemble des mécanismes permettant d’enregistrer, contrôler et restituer les opérations financières d’un organisme d’assurance.


Elle reprend les grands principes de la comptabilité générale, mais doit intégrer plusieurs particularités propres à l’activité assurantielle.


Parmi elles :

  • les primes versées par les assurés ;

  • les sinistres et prestations ;

  • les provisions techniques ;

  • les frais d’acquisition et de gestion ;

  • les placements financiers ;

  • les produits financiers ;

  • la réassurance ;

  • les opérations fiscales ;

  • les engagements de long terme.


La logique même du secteur est particulière.


Dans beaucoup d’entreprises, le coût d’un produit est connu avant sa vente.


En assurance, le fonctionnement est inversé : l’assureur encaisse une prime avant de connaître exactement le coût final du risque qu’il devra éventuellement indemniser.


C’est ce que l’on appelle souvent l’inversion du cycle de production.


Cette caractéristique explique en partie pourquoi actuariat, comptabilité, gestion des risques et finance sont aussi étroitement liés.



Que fait un comptable dans une compagnie d’assurance ?


Les missions dépendent fortement de la taille et de l’organisation de l’entreprise.


C’est l’un des points importants soulignés dans l’épisode.


Dans une petite mutuelle, un comptable peut intervenir sur un périmètre très large.


Dans une grande compagnie, les responsabilités sont souvent davantage spécialisées.


On peut ainsi trouver :

  • des comptables techniques ;

  • des comptables généraux ;

  • des spécialistes des placements ;

  • des équipes consolidation ;

  • des équipes fiscalité ;

  • des spécialistes des normes IFRS ;

  • des équipes reporting Solvabilité II ;

  • des équipes dédiées à la production des états financiers.


Le terme comptable technique assurance peut lui-même recouvrir différentes réalités selon l’entreprise.


Dans certaines structures, le métier est principalement centré sur les flux de primes et de sinistres.


Dans d’autres, il peut également intégrer une partie importante du reporting réglementaire.


Cette diversité explique pourquoi une expérience dans plusieurs organismes permet souvent de découvrir des organisations très différentes pour des obligations finalement similaires.



De la donnée brute aux états financiers : comment se déroule une clôture ?


L’un des passages les plus intéressants de l’épisode concerne la fabrication concrète des états financiers.


L’invité compare son métier à un relais.

Les équipes comptables chargées du reporting arrivent en bout de chaîne.

Avant de produire les comptes, plusieurs métiers ont déjà généré et transmis des données.


Étape 1 : récupérer les flux techniques


Une compagnie d’assurance dispose d’outils de gestion permettant notamment de suivre :

  • les primes ;

  • les contrats ;

  • les sinistres ;

  • les prestations ;

  • les commissions.


Ces données doivent ensuite être intégrées dans l’environnement comptable.

Les équipes doivent vérifier que les montants transmis correspondent bien aux flux comptabilisés.


C’est le principe du cadrage.


Exemple simplifié :

Si l’outil de gestion indique 2 millions d’euros de primes à comptabiliser sur une période, le compte comptable correspondant doit permettre de retrouver ce montant.


Toute différence doit pouvoir être expliquée.


Étape 2 : rapprocher les données de placements


Les placements représentent une partie essentielle du bilan d’un assureur.


Obligations, actions, immobilier ou fonds génèrent eux-mêmes de nombreuses écritures :

  • acquisitions ;

  • cessions ;

  • coupons ;

  • dividendes ;

  • plus-values ;

  • moins-values ;

  • intérêts ;

  • valorisations.


Le résultat financier issu de l’outil de gestion des placements doit donc être rapproché des montants présents en comptabilité.


L’objectif reste le même :

s’assurer que les différents systèmes racontent la même histoire financière.


Étape 3 : intégrer les données actuarielles


L’actuariat constitue un autre contributeur majeur.

Les provisions techniques représentent les engagements de l’assureur envers ses assurés.


Une modification de ces provisions peut modifier fortement :

  • le résultat ;

  • les impôts ;

  • les capitaux propres ;

  • les indicateurs techniques ;

  • le bilan prudentiel.


C’est pourquoi les échanges entre actuariat et comptabilité sont particulièrement importants pendant la clôture.


Une modification tardive d’une provision peut avoir des conséquences en cascade sur plusieurs états.


Étape 4 : figer la balance comptable


Lorsque tous les flux sont intégrés et que les principaux cadrages sont réalisés, l’équipe peut enfin disposer d’une balance définitive.


Cette étape est déterminante.


Avant ce moment, les chiffres peuvent encore changer.

Après validation, la période comptable peut être verrouillée afin d’éviter de nouvelles écritures non contrôlées.


Dans certaines organisations, ce processus passe par des réunions de validation ou des « go ».


Dans d’autres, il repose davantage sur un planning de clôture très précis.


Par exemple :

  • date limite pour les frais généraux ;

  • date de clôture des flux techniques ;

  • date de validation des placements ;

  • date de remise des données actuarielles ;

  • date de verrouillage de la période.


Une modification exceptionnelle reste possible.

Mais elle doit alors être tracée, validée puis intégrée dans l’ensemble des contrôles concernés.


À retenir : La production des états financiers commence réellement lorsque l’entreprise dispose d’une donnée figée, réconciliée et suffisamment sécurisée.

Produire plus vite sans maîtriser ce point revient surtout à produire rapidement des chiffres potentiellement faux.



Pourquoi les cadrages sont-ils si importants ?


Le cadrage constitue l’un des principaux mécanismes de sécurisation de l’information financière.


Il consiste à comparer deux sources supposées représenter la même réalité.


Par exemple :

outil de gestion → comptabilité


ou :

outil placements → comptabilité


L’objectif est d’identifier rapidement :

  • les flux absents ;

  • les doublons ;

  • les erreurs de mapping ;

  • les erreurs d’interface ;

  • les écritures comptabilisées sur une mauvaise période ;

  • les différences de périmètre.


Le cadrage constitue également un élément important de la piste d’audit.


Un auditeur ou un contrôleur doit pouvoir comprendre :

  1. d’où provient la donnée ;

  2. comment elle a été transformée ;

  3. comment elle a été comptabilisée ;

  4. quels contrôles ont été réalisés ;

  5. qui a validé le résultat.


C’est ici que comptabilité et qualité des données se rejoignent directement.



Pourquoi la qualité des données est-elle essentielle en comptabilité assurance ?


Une erreur dans une donnée source peut se propager très loin.


Prenons une chaîne simplifiée :

système de gestion → comptabilité → états financiers → Solvabilité II → reporting externe


Si la donnée initiale est incorrecte et qu’aucun contrôle ne détecte l’anomalie, l’erreur peut progressivement contaminer plusieurs reportings.


La qualité des données ne doit donc pas être contrôlée uniquement à la fin du processus.

Elle doit être sécurisée tout au long de la chaîne.


Les dimensions les plus importantes sont notamment :

  • exactitude ;

  • exhaustivité ;

  • cohérence ;

  • disponibilité ;

  • traçabilité ;

  • fraîcheur.


Cette approche devient particulièrement importante lorsque les entreprises multiplient les systèmes et les interfaces.



Quelle différence entre les comptes sociaux et Solvabilité II ?


La comptabilité constitue également un point de départ important pour le reporting prudentiel.


Mais les deux visions ne sont pas identiques.


Les comptes sociaux répondent à des règles comptables.


Le bilan économique Solvabilité II vise davantage une représentation économique des actifs et des passifs.


Certains postes doivent donc être retraités.


L’exemple classique concerne les placements.


Dans les comptes sociaux, certains actifs peuvent être suivis selon leurs règles comptables propres.


Dans le bilan Solvabilité II, la logique repose en principe sur une valorisation économique conforme au cadre prudentiel.


Les provisions techniques sont également recalculées selon les principes Solvabilité II.


Cela conduit notamment à la détermination :

  • du Best Estimate ;

  • de la marge de risque ;

  • des fonds propres économiques ;

  • du SCR ;

  • du MCR.


La comptabilité sociale reste néanmoins une base de départ incontournable.



Qu’est-ce que le reporting Solvabilité II ?


Solvabilité II impose aux organismes concernés différents reportings quantitatifs et narratifs.


Parmi les documents évoqués dans l’épisode figurent notamment :


Le SFCR


Le Solvency and Financial Condition Report est le rapport sur la solvabilité et la situation financière.

Il est destiné au public.


Il présente notamment :

  • l’activité et les performances ;

  • le système de gouvernance ;

  • le profil de risque ;

  • les méthodes de valorisation ;

  • la gestion du capital.


Le RSR


Le Regular Supervisory Report est destiné au superviseur.

Il apporte un niveau d’information plus détaillé sur l’entreprise et son dispositif prudentiel.


Les QRT


Les Quantitative Reporting Templates regroupent les états quantitatifs transmis dans le cadre du reporting prudentiel.


Ils concernent notamment :

  • le bilan ;

  • les fonds propres ;

  • les provisions techniques ;

  • le SCR ;

  • les actifs ;

  • la réassurance ;

  • certaines expositions.



Solvabilité II : le reporting va encore changer en 2027


L’intuition formulée dans l’épisode sur les évolutions continues du reporting était particulièrement juste.


La révision de Solvabilité II entraînera de nouvelles exigences de reporting et de publication à partir du 30 janvier 2027.


EIOPA a publié en juillet 2026 ses lignes directrices révisées relatives au reporting et à la publication, avec une application prévue à compter de cette date.


Pour l’exercice annuel 2026, les exigences actuelles continuent néanmoins de s’appliquer.


EIOPA confirme notamment que la taxonomie 2.8.2 reste applicable au reporting Q4 et annuel 2026 ; la nouvelle taxonomie 2.10.0 doit s’appliquer aux reportings à partir de Q1 2027.


C’est un bon exemple de la réalité du métier :


Produire le reporting ne suffit pas. Il faut en permanence adapter les processus aux nouvelles exigences.



Pourquoi l’information financière est-elle stratégique ?


Les états financiers ne sont pas simplement produits pour répondre à une obligation administrative.


Ils sont utilisés par de nombreuses parties prenantes :

  • direction générale ;

  • investisseurs ;

  • superviseurs ;

  • administration fiscale ;

  • créanciers ;

  • auditeurs ;

  • analystes ;

  • actionnaires ou sociétaires.


L’information financière doit donc permettre de comprendre la réalité économique de l’entreprise.


Dans l’épisode, l’invité raconte avoir également présenté certains éléments aux membres d’un comité exécutif.


Le travail change alors de nature.


Il ne suffit plus de produire 200 lignes de chiffres.


Il faut identifier les informations importantes.


Par exemple :

  • évolution du résultat technique ;

  • résultat financier ;

  • ratio combiné ;

  • collecte ;

  • sinistralité ;

  • événements exceptionnels ;

  • évolution des placements.


Le comptable devient alors aussi un interprète de l’information financière.



Du reporting au pilotage : pourquoi les KPI sont essentiels


Les dirigeants ne peuvent pas analyser l’intégralité d’une balance ou d’un rapport réglementaire.


Ils ont besoin d’indicateurs synthétiques.


En assurance non-vie, le ratio combiné constitue par exemple un indicateur important.


Il permet de rapprocher les coûts liés aux sinistres et aux frais des primes acquises.


De manière simplifiée :

ratio combiné = sinistralité + frais / primes


Un ratio inférieur à 100 % traduit généralement une activité technique profitable avant prise en compte du résultat financier.


Au-delà de cet exemple, la logique est la même pour tous les indicateurs :


Transformer une masse de données comptables en information exploitable pour décider.



Pourquoi travailler en comptabilité assurance peut être difficile au début ?


L’épisode décrit très bien le choc que peuvent connaître certains jeunes diplômés.


Un Master CCA donne une base comptable solide.


Mais il prépare rarement à toutes les spécificités de l’assurance.


Lorsque l’on arrive pour la première fois dans une compagnie, on découvre rapidement un nouveau vocabulaire :

  • primes ;

  • sinistres ;

  • provisions mathématiques ;

  • participation aux bénéfices ;

  • provisions techniques ;

  • Solvabilité II ;

  • Best Estimate ;

  • SCR ;

  • placements ;

  • réassurance ;

  • frais d’acquisition.


L’invité raconte avoir eu le sentiment d’être « complètement largué » à ses débuts.


Ce constat est intéressant pour une raison :


La difficulté initiale ne signifie pas que le professionnel n’est pas compétent. Elle signifie souvent simplement qu’il découvre un langage métier qui n’est quasiment pas enseigné dans sa formation généraliste.



Quelles compétences faut-il pour travailler en comptabilité assurance ?


Plusieurs compétences ressortent de l’épisode.


1. Comprendre la comptabilité


C’est évidemment le socle.

Mais il faut ensuite apprendre les particularités propres à l’assurance.


2. Être curieux


Dans une clôture, les données viennent de nombreux métiers.

Comprendre leurs travaux améliore fortement la capacité à analyser les chiffres.


3. Être rigoureux


Une erreur de mapping ou de période peut modifier un reporting entier.


4. Savoir travailler en équipe


L’image du relais utilisée dans l’épisode est particulièrement pertinente.

La production financière dépend des travaux réalisés en amont.


5. Comprendre la donnée


Le professionnel doit progressivement savoir :

  • d’où vient une donnée ;

  • qui la produit ;

  • comment elle est transformée ;

  • où elle est stockée ;

  • quels contrôles sont appliqués.


6. Savoir vulgariser les chiffres


Présenter une information au COMEX demande une compétence différente de celle utilisée pour la produire.


Le professionnel doit transformer un état financier complexe en quelques messages compréhensibles.



Mutuelle ou grande compagnie : où commencer ?


Il n’existe pas de réponse universelle.

Mais l’épisode fait ressortir deux modèles.


Une petite structure favorise la polyvalence


Dans une mutuelle de taille limitée, une même personne peut travailler sur plusieurs sujets.


Avantage : elle acquiert rapidement une vision transversale.


Elle peut être en contact avec :

  • comptabilité technique ;

  • placements ;

  • contrôle de gestion ;

  • actuariat ;

  • fiscalité ;

  • reporting.


Cette polyvalence peut être particulièrement enrichissante en début de carrière.


Une grande compagnie permet davantage de spécialisation.


Une grande organisation fonctionne souvent avec des équipes plus segmentées.


Le professionnel peut donc développer une expertise très poussée sur un sujet précis.


En contrepartie, il dispose parfois d’une vision moins complète du processus.


Ces entreprises proposent également davantage de projets industriels ou technologiques, notamment autour des outils, de la data et de l’automatisation.



Automatisation : comment le métier de comptable assurance évolue-t-il ?


L’un des enjeux majeurs évoqués dans l’interview est la réduction des tâches manuelles.


La pression est double :

les exigences augmentent tandis que les délais diminuent.


Pour répondre à cette contrainte, les fonctions finance cherchent à automatiser :

  • imports de données ;

  • rapprochements ;

  • contrôles ;

  • cadrages ;

  • production de tableaux ;

  • mises en forme ;

  • reporting.


Des outils comme Power Query, Power BI ou Python peuvent déjà réduire certaines tâches répétitives.


L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer le comptable.


Il est plutôt de limiter le temps consacré aux manipulations sans valeur ajoutée.


Le professionnel peut alors se concentrer davantage sur :

  • l’analyse ;

  • le contrôle ;

  • les anomalies ;

  • la compréhension économique ;

  • la restitution.



L’intelligence artificielle va-t-elle transformer la clôture comptable ?


L’IA ouvre une nouvelle étape.


À terme, plusieurs usages sont envisageables :

  • analyse automatique des variations ;

  • détection d’anomalies ;

  • rapprochement intelligent de données ;

  • production de commentaires ;

  • assistance à la documentation ;

  • interrogation en langage naturel des bases financières ;

  • préparation de synthèses pour le management.


Imaginez une clôture dans laquelle un professionnel pourrait demander :

« Explique-moi les cinq principaux écarts du résultat technique par rapport à N-1. »


L’outil rechercherait alors les données, analyserait les mouvements puis proposerait une première synthèse.


La valeur du comptable se déplacerait davantage vers la validation et l’interprétation.



Mais l’automatisation ne vaut rien sans maîtrise de la donnée.


C’est probablement le point le plus important de l’épisode.


Un système très automatisé utilisant une mauvaise donnée produit simplement une mauvaise information plus rapidement.


Avant l’IA, les entreprises doivent donc construire des bases solides.


Cela implique :

  • gouvernance claire ;

  • référentiels ;

  • dictionnaires de données ;

  • contrôles ;

  • documentation des flux ;

  • responsabilité des producteurs ;

  • traçabilité.


Autrement dit :


L'avenir de la comptabilité ne dépend pas uniquement de l’IA. Il dépend d’abord de la capacité des entreprises à maîtriser leurs données.



Modernisation des états financiers : ce qui a changé depuis 2025


L’épisode évoque la réforme du Plan comptable général attendue pour 2025.


Elle est désormais entrée en application.


Le règlement ANC nᵒ 2022-06 a modifié le Plan comptable général, notamment concernant la présentation des états financiers et la définition du résultat exceptionnel.


L’un des changements importants concerne précisément ce résultat exceptionnel.


Sa définition est devenue plus restrictive.


L’objectif est de réserver cette catégorie aux produits et charges directement liés à des événements majeurs et inhabituels.


Pour les entreprises, le changement n’est pas seulement esthétique.


Une opération auparavant classée en exceptionnel peut désormais devoir être présentée dans une autre rubrique.


Cela peut modifier la lecture de la performance opérationnelle et, selon les activités concernées, certains indicateurs internes.



IFRS 18 : une autre transformation à préparer pour 2027


L’épisode anticipe également l’arrivée d’IFRS 18 "Presentation and Disclosure in Financial Statements".


Cette norme remplacera IAS 1 pour certaines dispositions de présentation.


Elle sera applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, avec possibilité d’application anticipée.


L’un de ses principaux objectifs est d’améliorer la comparabilité des performances présentées dans le compte de résultat.


IFRS 18 introduit notamment une structure plus définie autour de catégories telles que :

  • exploitation ;

  • investissement ;

  • financement.


Pour les groupes d’assurance publiant en IFRS, cela représente un nouveau chantier de présentation et de préparation des données financières.



Pourquoi le métier reste stratégique malgré l’automatisation ?


Si les fichiers Excel deviennent plus automatisés, si les cadrages sont industrialisés et si l’IA produit certaines analyses, pourrait-on imaginer que la fonction comptable perde de son importance ?


Probablement l’inverse.

Plus les systèmes deviennent automatisés, plus il faut être capable de déterminer si le résultat produit est cohérent.


Le professionnel doit comprendre :

  • ce que le système a fait ;

  • quelles données ont été utilisées ;

  • quelles règles ont été appliquées ;

  • quelles anomalies sont possibles ;

  • quelles conséquences une correction peut entraîner.


L’avenir ne consiste donc pas simplement à « faire les comptes plus vite ».


Il consiste à produire une information financière plus rapide, plus traçable et plus facilement explicable.



Ce qu’il faut retenir


  • La comptabilité en assurance possède des spécificités importantes liées aux primes, sinistres, provisions et placements.

  • La clôture financière dépend de nombreux contributeurs : gestion, actuariat, investissements, fiscalité ou contrôle de gestion.

  • Le cadrage permet de vérifier que les différents systèmes représentent correctement la même réalité financière.

  • Une balance doit être suffisamment stabilisée avant la production des états.

  • Les comptes sociaux constituent une base importante pour le reporting Solvabilité II.

  • SFCR, RSR et QRT font partie du dispositif de reporting prudentiel.

  • La qualité des données devient un enjeu majeur pour les fonctions finance.

  • L’automatisation peut réduire les manipulations manuelles et accélérer les clôtures.

  • Power Query, Power BI, Python et l’IA peuvent progressivement transformer les méthodes de production.

  • Une mauvaise donnée automatisée reste une mauvaise donnée.

  • La modernisation du PCG est applicable depuis 2025.

  • IFRS 18 entrera en application à partir de 2027.

  • La révision de Solvabilité II entraînera également de nouvelles évolutions de reporting à partir du 30 janvier 2027.


La comptabilité en assurance est beaucoup plus proche de la data et de la gestion des risques qu’on ne pourrait l’imaginer de l’extérieur.


Pour produire un bilan, il faut comprendre les primes, les sinistres, les provisions, les placements, les flux actuariels et les interactions entre différents systèmes.


Pour produire Solvabilité II, il faut ensuite transformer cette information comptable en vision prudentielle.


Et demain, une nouvelle compétence deviendra probablement incontournable : savoir travailler avec des systèmes de plus en plus automatisés sans perdre la maîtrise de la donnée.


Car l’objectif restera toujours le même :


Produire une information financière fiable, pertinente, traçable et compréhensible par ceux qui doivent prendre des décisions.


Retrouvez l’intégralité de cet échange dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les principales plateformes d’écoute.


Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn.




FAQ


Qu’est-ce que la comptabilité en assurance ?


La comptabilité en assurance regroupe les opérations permettant d’enregistrer, contrôler et restituer l’activité financière d’un assureur. Elle intègre notamment les primes, sinistres, provisions techniques, placements, frais et opérations de réassurance. Elle possède plusieurs particularités liées au fonctionnement spécifique de l’activité assurantielle.


Quelle différence entre comptabilité générale et comptabilité assurance ?


La comptabilité assurance reprend les principes généraux de la comptabilité mais intègre des éléments spécifiques au secteur : primes, prestations, sinistres, provisions techniques, réassurance ou placements. Le cycle économique particulier de l’assurance rend également le traitement du résultat et des engagements plus complexe.


Qu’est-ce qu’un comptable technique en assurance ?


Le comptable technique travaille principalement sur les opérations liées directement aux contrats d’assurance. Il peut notamment contrôler et comptabiliser les flux de primes, sinistres, commissions ou réassurance. Selon l’organisation, son périmètre peut également comprendre certains travaux de reporting ou de rapprochement avec les systèmes de gestion.


Pourquoi la qualité des données est-elle importante en assurance ?


Une même donnée peut alimenter successivement la comptabilité, les états financiers, le reporting Solvabilité II et différents indicateurs de gestion. Une erreur détectée trop tard peut donc affecter plusieurs reportings. La qualité des données garantit notamment leur exactitude, exhaustivité, cohérence, traçabilité et disponibilité.


Quel est le lien entre comptabilité et Solvabilité II ?


Les comptes sociaux constituent l’une des principales sources utilisées pour établir le bilan économique Solvabilité II. Plusieurs retraitements sont ensuite appliqués pour obtenir une vision prudentielle des actifs, passifs et fonds propres. Comptabilité, actuariat et reporting réglementaire doivent donc travailler étroitement ensemble.


Qu’est-ce que le SFCR ?


Le SFCR, ou Solvency and Financial Condition Report, est le rapport public sur la solvabilité et la situation financière d’un organisme soumis à Solvabilité II. Il présente notamment l’activité, la gouvernance, le profil de risque, les méthodes de valorisation et la gestion du capital.


Qu’est-ce que le RSR ?


Le RSR, ou Regular Supervisory Report, est un rapport prudentiel destiné au superviseur. Il fournit des informations détaillées sur la situation de l’organisme, son système de gouvernance, ses risques, ses méthodes de valorisation et son capital.


Comment automatiser une clôture comptable ?


L’automatisation peut porter sur l’import des données, les rapprochements, les cadrages, la production de tableaux ou l’analyse des variations. Power Query, Power BI, Python, les bases de données et progressivement l’intelligence artificielle peuvent accélérer ces travaux. Leur efficacité dépend néanmoins de la qualité des données utilisées.


IFRS 18 s’applique-t-elle aux assureurs ?


IFRS 18 concerne les entreprises publiant des états financiers selon les normes IFRS, y compris les groupes d’assurance concernés. Elle sera applicable aux exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 et modifiera notamment certaines règles de présentation du compte de résultat. (Source : IFRS Foundation)



📚 RECOMMANDATIONS


La comptabilité des entreprises d’assurance – Guy Simonet

Musique : Dernier album SDM – titre SEQUOIA


Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 



💪 DONNEZ DE LA FORCE


  1. ​Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer.

  2. ​Laissez ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ ⭐️ ou un avis ici 🙏

  3. Recevez ma Newsletter 📮

  4. Connectons- nous sur ⁠​ LinkedIn⁠ 🚀

  5. www.antoinegandois.fr/podcast



📖 CHAPITRES


00:00-Générique d'intro

00:00:34-Introduction

00:00:39-Présentation

00:01:11-Description du métier

00:01:47-Question mystère ?

00:02:23-Évolutions dans plusieurs structures assurantielles

00:02:49-Préférence : Petite ou grosse structure ?

00:03:43-Réflexion sur le démarrage d'une carrière00:03:43-Réflexion sur le démarrage d’une carrière

00:05:16-Travailler en assurance : un choix personnelou professionnel ?

00:06:07-Le secteur de l'assurance une PASSION

00:07:08-Possible changement de métier ?

00:08:31-TOP 3 des services intéressés

00:08:45-Appel d'offre d'État Alan & Apporteur d'affaire

00:09:23-Nombre d'années d'expérience

00:09:37-Tâche : construction des états financiers

00:15:13-Interpréteur comptable

00:16:41-L'importance de la comptabilité dans l'écosystème

00:18:22-KPI et note de synthèse financière : la clé pour la prise de décision

00:19:55-Musique : SDM SEQUOIA

00:20:31-Difficultés & réussites ?

00:22:04-Recommandations livres

00:23:05-Mentor

00:25:35-Mindset « Changer d'abord votre monde intérieur et l'extérieur changera »

00:29:28-Conseils en début de carrière

00:30:02-Rémunération

00:31:20-Quels sont les enjeux du secteur de l'assurance appliqués aux métiers des comptabilités ?

00:34:57-Nouvelle définition du résultat exceptionnel & IFRS 18

00:41:15-Défis de demain

00:43:14-Recommandation du prochain invité


🎧 Bonne écoute à toustes !



Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ?


Contactez-moi via ce formulaire



Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux


Commentaires


bottom of page