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Actuaire en assurance : métier, ALM, IA et compétences

Photo du rédacteur: antoine GANDOIS
antoine GANDOIS
14 mai 2025
14 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 août

Pochette du podcast Assurance en coulisses pour l'épisode 2 avec mon invité Duc Hien Vu Actuaire, Développer et Entrepreneur.


Épisode disponible



Actuaire en assurance : métier, ALM, IA et compétences


Mathématiques, finance, assurance, programmation, intelligence artificielle. Le métier d’actuaire en assurance se situe aujourd’hui à la croisée de disciplines de plus en plus nombreuses.


Longtemps présenté comme le spécialiste des probabilités et des statistiques appliquées aux risques, l’actuaire joue désormais un rôle qui dépasse largement le calcul technique.



Tarification, provisionnement, Solvabilité II, gestion actif-passif, investissements, analyse des risques ou encore transformation technologique : ses compétences irriguent une grande partie de l’entreprise d’assurance.


Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Duc Hien Vu, actuaire, développeur et entrepreneur, décrypte son métier et raconte comment son expertise en ALM l’a conduit à développer Solvencii, une plateforme SaaS dédiée à la modélisation actuarielle.




Résumé de l’épisode


Actuaire de formation, Duc Hien Vu a débuté sa carrière dans le conseil avant de rejoindre Covéa, où il s’est progressivement spécialisé en assurance vie, investissements et gestion actif-passif (ALM). Après près de dix années dans l’actuariat, il quitte le salariat en 2023 pour

développer Solvencii.


Son parcours possède une particularité : il combine trois compétences habituellement séparées, l’actuariat, la programmation et l’entrepreneuriat.


L’épisode permet ainsi de comprendre concrètement ce qu’est le métier d’actuaire, pourquoi l’ALM constitue une fonction stratégique en assurance vie, comment comptabilité et actuariat interagissent et pourquoi les outils SaaS et l’intelligence artificielle pourraient modifier profondément les méthodes de travail des actuaires.


Depuis l’enregistrement, le projet a avancé : Solvencii Lab est aujourd’hui présenté en version bêta et intègre notamment un Copilot reposant sur les modèles de langage.




Qu’est-ce qu’un actuaire ?


Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques utilisant notamment les mathématiques, les probabilités, les statistiques, la finance et l’économie.


Dans l’épisode, Duc Hien Vu insiste sur cette approche multidisciplinaire.


Le métier ne consiste donc pas seulement à réaliser des calculs complexes.


L’actuaire doit comprendre :

  • la nature du risque ;

  • les données disponibles ;

  • les engagements pris par l’assureur ;

  • les mécanismes financiers ;

  • la comptabilité ;

  • la réglementation ;

  • et de plus en plus les outils informatiques permettant d’effectuer les projections.


Cette combinaison explique pourquoi l’actuariat occupe une place particulière dans l’assurance.

« Pour moi, une des particularités du secteur de l’assurance, c’est la gestion des risques. »

À quoi sert un actuaire dans une compagnie d’assurance ?


Une compagnie d’assurance vend une promesse portant sur un événement futur incertain.


L’assureur doit donc répondre à plusieurs questions :

  • Combien les sinistres pourraient-ils coûter ?

  • Quel tarif appliquer ?

  • Combien faut-il provisionner ?

  • Les actifs permettront-ils de couvrir les engagements ?

  • Que se passerait-il en cas de baisse des marchés ?

  • Comment évoluerait la solvabilité dans un scénario défavorable ?

  • Quels risques l’entreprise peut-elle accepter ?


L’actuaire apporte des modèles et des analyses permettant d’éclairer ces décisions.


C’est pourquoi on retrouve aujourd’hui des profils actuariels dans de nombreuses fonctions : direction technique, gestion des risques, finance, investissements, ALM, Solvabilité II ou parfois direction générale.



Où peut travailler un actuaire ?


L’assurance reste l’un des débouchés naturels de l’actuariat, mais elle n’est pas le seul.


Les compétences en évaluation des risques peuvent également être utilisées dans la banque, la finance, le conseil, la réassurance ou d’autres secteurs confrontés à des problématiques quantitatives complexes.


Dans le secteur de l’assurance, les métiers actuariels sont eux-mêmes extrêmement variés.


Un actuaire peut travailler en :

  • assurance vie ;

  • assurance non-vie ;

  • santé et prévoyance ;

  • réassurance ;

  • tarification ;

  • provisionnement ;

  • modélisation ;

  • Solvabilité II ;

  • IFRS 17 ;

  • gestion des risques ;

  • gestion actif-passif ;

  • investissements.


Le parcours de Duc Hien Vu illustre cette mobilité : il débute notamment avec des sujets non-vie avant de basculer vers l’assurance vie puis de se spécialiser dans l’ALM.



Assurance vie et non-vie : deux mondes actuariels différents


L’un des moments intéressants de l’épisode concerne justement cette transition.


Pour Duc Hien Vu, passer de la non-vie à la vie a constitué l’une des périodes les plus difficiles de son début de carrière.


Pourquoi ?


Parce que les mécanismes économiques et techniques diffèrent fortement.


En assurance non-vie, l’actuaire peut notamment travailler sur :

  • la fréquence des sinistres ;

  • leur coût ;

  • la tarification ;

  • le provisionnement ;

  • la réassurance.


En assurance vie, il faut intégrer des mécanismes supplémentaires : durée des engagements, comportement des assurés, rendement des actifs, taux d’intérêt, rachats, participation aux bénéfices ou garanties contractuelles.


Duc Hien cite notamment la participation aux bénéfices comme l’une des notions qui lui avait demandé un important travail d’apprentissage.


Son expérience délivre surtout un enseignement intéressant pour les jeunes actuaires : il existe des passerelles entre les spécialisations.


Elles demandent néanmoins des bases quantitatives solides, du travail et une capacité à réapprendre.

« Il n’y a pas de trajectoire unique pour tout le monde. »


Qu’est-ce que l’ALM en assurance ?


L’ALM, pour Asset and Liability Management, correspond en français à la gestion actif-passif.


L’objectif est d’analyser conjointement les actifs détenus par l’assureur et les engagements qu’il a pris vis-à-vis de ses assurés.


La question fondamentale peut être simplifiée ainsi :


les placements et la stratégie financière de l’assureur permettront-ils de respecter durablement les engagements inscrits au passif ?


En assurance vie, cette interaction est particulièrement importante.


Les choix d’investissement influencent les rendements. Ces rendements peuvent influencer les taux servis aux assurés, leur comportement et donc l’évolution future du passif.


Les modèles ALM permettent ainsi de projeter simultanément différents éléments du bilan sur plusieurs années et dans de nombreux scénarios.



Pourquoi l’ALM est-il stratégique en assurance vie ?


Prenons une situation simplifiée.


Un assureur vie détient :

  • des obligations ;

  • des actions ;

  • de l’immobilier ;

  • éventuellement d’autres actifs.


En face, il doit honorer les engagements contenus dans les contrats de ses assurés.


Si les taux augmentent fortement, si les marchés actions chutent ou si les assurés rachètent davantage leurs contrats, les interactions entre l’actif et le passif peuvent changer.


L’ALM cherche justement à comprendre ces effets.


Les études peuvent aider l’entreprise à réfléchir à :

  • son allocation d’actifs ;

  • sa politique de participation aux bénéfices ;

  • son exposition aux taux ;

  • ses scénarios de stress ;

  • sa solvabilité ;

  • ses besoins de liquidité ;

  • ou sa stratégie financière de long terme.


C’est pourquoi Duc Hien commence notamment ses journées, lorsqu’il travaille en ALM et investissements, en suivant les marchés financiers.


Taux, actions et immobilier alimentent la compréhension de l’environnement dans lequel évolue l’assureur.



Actuaire et trader : une même attention aux marchés, mais un horizon différent


La comparaison avec le trading est évoquée dans l’épisode.


Elle a ses limites.


Le trader peut devoir réagir à un mouvement de marché en quelques secondes ou quelques minutes.


L’actuaire ALM travaille davantage sur les conséquences potentielles à moyen et long terme.


Une variation de taux n’est donc pas uniquement regardée comme une opportunité immédiate.


La question devient :


Quel pourrait être son impact sur les engagements, les actifs, la solvabilité ou le comportement des assurés dans plusieurs années ?


Cette vision de long terme constitue une caractéristique fondamentale de l’assurance.



Pourquoi un actuaire doit-il comprendre la comptabilité ?


C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de l’épisode pour les professionnels.


Actuariat et comptabilité peuvent parfois être perçus comme deux mondes distincts.


Pourtant, les modèles actuariels démarrent très souvent à partir de données issues de la réalité comptable et économique de l’entreprise.


Duc Hien insiste ainsi sur l’importance de comprendre au minimum :

  • le bilan ;

  • le compte de résultat ;

  • les actifs ;

  • les passifs ;

  • l'origine du résultat ;

  • la manière dont les données financières sont construites.


Du bilan réel au modèle de projection


La difficulté vient du fait qu’un modèle ALM ne peut généralement pas reproduire ligne par ligne toute la complexité comptable de l’entreprise.


Il faut donc agréger.

Simplifier.

Modéliser.

Mais jusqu’où ?


Une simplification excessive peut dégrader la qualité de la projection.


À l’inverse, reproduire chaque détail peut rendre le modèle trop complexe, coûteux ou difficile à exploiter.


D’où l’importance du dialogue entre actuaires et comptables.


Selon Duc Hien, la qualité d’une projection dépend aussi de cette capacité à confronter les différentes visions de l’entreprise.


À retenir : Un modèle actuariel n’est pas une réalité alternative à la comptabilité. Il constitue une représentation simplifiée permettant de projeter cette réalité dans le futur.

La qualité des données d’entrée, les hypothèses et le niveau d’agrégation deviennent donc aussi importants que les formules utilisées.



Pourquoi la programmation devient-elle une compétence actuarielle ?


Duc Hien Vu se présente au début de l’épisode avec trois mots :

actuaire, développeur, entrepreneur.


Cette combinaison était encore relativement atypique il y a quelques années.


Elle le devient de moins en moins.


Python, R, SQL ou les outils de data science occupent désormais une place importante dans de nombreuses équipes actuarielles.


La programmation permet notamment :

  • d’automatiser certaines tâches répétitives ;

  • de traiter des volumes de données importants ;

  • de réaliser des simulations ;

  • d’analyser des résultats ;

  • de construire des prototypes ;

  • d’interfacer différents outils ;

  • ou de développer de nouvelles solutions métier.


Le profil de Duc Hien pousse cette logique plus loin puisqu’il choisit de développer lui-même une plateforme de modélisation ALM.



De l’actuariat à l’entrepreneuriat


Après plusieurs années de carrière, Duc Hien décide en 2023 de quitter son environnement professionnel traditionnel et de créer Solvencii.


Son idée n’est pas simplement de créer un nouveau cabinet de conseil actuariel.

Son ambition est davantage orientée vers l’édition de logiciels.

Le conseil joue alors deux rôles.


À court terme, il permet de générer du chiffre d’affaires pour financer le développement.


Mais il permet surtout de conserver une proximité avec les utilisateurs.


Les missions deviennent un moyen d’observer :

  • les méthodes des compagnies ;

  • les irritants des équipes actuarielles ;

  • leurs besoins ;

  • les outils existants ;

  • les étapes qui pourraient être automatisées ou améliorées.


Autrement dit, le conseil sert aussi de laboratoire d’observation du marché.



Qu’est-ce qu’un logiciel SaaS actuariel ?


SaaS signifie Software as a Service.


Contrairement à un logiciel installé uniquement sur le poste de travail ou sur une infrastructure interne, une application SaaS peut être accessible via le web.


Pour un outil actuariel, plusieurs avantages potentiels apparaissent :

  • facilité d’accès ;

  • déploiement simplifié ;

  • mises à jour centralisées ;

  • collaboration ;

  • possibilité de connecter différentes sources ;

  • réduction de certaines contraintes liées aux installations locales.


Cela ne signifie évidemment pas que tous les enjeux informatiques disparaissent.

Sécurité, confidentialité, gouvernance des données, dépendance à des prestataires et résilience restent des sujets essentiels dans l’assurance.


L’approche présentée par Duc Hien dans l’épisode repose notamment sur le cloud mais également sur WebAssembly, afin de permettre à certains calculs de s’exécuter directement dans le navigateur.


Il faut néanmoins distinguer un principe technologique de son niveau réel de sécurité : celui-ci dépend toujours de l’architecture complète, de sa configuration, des contrôles, des fournisseurs et de l’usage qui en est fait.



Solvencii Lab : où en est le projet ?


C’est ici que la comparaison entre l’interview et la situation actuelle devient intéressante.


Au moment de l’épisode, la solution est encore présentée en version alpha.


Duc Hien décrit alors son objectif de passer à une bêta contenant les fonctionnalités fondamentales de modélisation ALM.


Deux ans plus tard, cette étape a été franchie.


Le site de Solvencii Lab présente aujourd’hui explicitement une version bêta destinée à la modélisation et à l’analyse ALM. La plateforme met également en avant un environnement web ainsi que Solvencii Copilot.


Le parcours professionnel de Duc Hien est également présenté en 2026 dans le cadre du 33ᵉ International Congress of Actuaries : Solvencii Lab y est décrit comme un SaaS de modélisation ALM intégrant un Copilot combinant expertise actuarielle, modèles de langage et orchestration d’outils.


Autrement dit, l’idée évoquée dans l’épisode de faire de l’IA davantage qu’un simple chatbot est devenue l’un des axes du produit.



Comment l’intelligence artificielle peut-elle transformer le travail actuariel ?


Dans l’interview, Duc Hien distingue déjà deux niveaux d’utilisation.


Le premier est simple :

poser une question à un chatbot.


Le second est beaucoup plus intéressant :

demander à l’IA d’agir sur l’outil.


Par exemple, un utilisateur pourrait demander :


« Lance une simulation avec ce scénario, analyse les résultats et identifie les principaux écarts. »


L’IA pourrait alors :

  1. comprendre la demande ;

  2. établir un plan ;

  3. demander une validation ;

  4. appeler les fonctionnalités nécessaires ;

  5. déclencher les calculs ;

  6. analyser les résultats ;

  7. restituer une synthèse.


C’est la logique des assistants et agents IA.


Le changement est important.


L’utilisateur ne doit plus nécessairement connaître chaque menu ou chaque paramètre de l’outil.


Il formule davantage son intention.


Le système se charge ensuite d’orchestrer certaines actions.


Les développements actuels de Solvencii vont précisément dans cette direction : Solvencii présente son Copilot comme intégré aux modèles, données, outils analytiques, Python et tableurs de la plateforme.



L’IA va-t-elle remplacer l’actuaire ?


L’épisode apporte indirectement une réponse : l’expertise humaine reste indispensable.


Duc Hien insiste sur la nécessité d’avoir derrière l’outil un utilisateur qui maîtrise le sujet.

C’est une distinction fondamentale.


Une intelligence artificielle peut accélérer une recherche, générer du code, automatiser une action ou synthétiser des résultats.


Mais dans un modèle actuariel, quelqu’un doit toujours être capable de questionner :

  • la qualité des données ;

  • les hypothèses ;

  • la cohérence du modèle ;

  • les scénarios ;

  • les limites méthodologiques ;

  • la pertinence économique des résultats.


Plus les outils deviennent simples à utiliser, plus le risque existe de produire rapidement des résultats que personne ne sait réellement challenger.


L’IA pourrait donc moins supprimer l’expertise actuarielle que déplacer sa valeur.


Demain, savoir cliquer dans un logiciel sera peut-être moins différenciant.


Comprendre ce que le modèle fait, pourquoi il le fait et si ses résultats sont plausibles pourrait devenir encore plus important.



AI Act : ce qui a changé depuis l’enregistrement


Lors de l’interview, l’AI Act est encore évoqué comme un nouveau cadre européen en construction.


La situation a changé.


Le règlement européen sur l’intelligence artificielle est devenu largement applicable le 2 août 2026, après une entrée en vigueur progressive de certaines dispositions depuis 2025.


Les obligations continuent néanmoins de s’appliquer selon un calendrier échelonné.


Pour l’assurance, un point mérite particulièrement l’attention.


Les systèmes d’IA utilisés pour l’évaluation des risques et la tarification concernant des personnes physiques en assurance vie et santé figurent parmi les cas identifiés comme systèmes à haut risque à l’annexe III.


Cela ne signifie pas que toute utilisation de l’IA par un assureur soit automatiquement classée à haut risque.


Un outil de support actuariel, une aide à l’analyse, un système de fraude ou un usage de conception produit peuvent relever de situations différentes selon leur finalité exacte.


Pour les assureurs comme pour les éditeurs, la question ne sera donc plus simplement :

« Utilisons-nous de l’IA ? »


mais :

« Pour quelle décision, avec quelles données, dans quel processus et avec quel impact sur le client ? »



Les compétences de l’actuaire de demain


Le parcours de Duc Hien Vu fait ressortir plusieurs compétences qui dépassent les mathématiques.


1. Les fondamentaux actuariels


Probabilités, statistiques, finance et modélisation restent le socle.

L’IA ne supprime pas le besoin de comprendre les mécanismes.

Elle le renforce.


2. La compréhension économique et financière


Pour un actuaire ALM, suivre les taux, les marchés actions ou l’immobilier permet de replacer les résultats dans leur contexte économique.


3. La comptabilité


Comprendre le bilan et le résultat facilite les échanges entre équipes et améliore la qualité des modèles.


4. La programmation


Python, R ou d’autres technologies permettent d’automatiser, d'analyser et de construire de nouveaux outils.


5. La capacité à travailler en équipe


Duc Hien cite justement l’aide de ses collègues et responsables comme déterminante lorsqu’il passe de la non-vie à l’assurance vie.

L’expertise actuarielle se construit aussi collectivement.


6. La capacité à apprendre


Le métier change trop rapidement pour considérer une formation initiale comme suffisante.

Nouveaux risques, nouveaux textes, nouveaux modèles et nouvelles technologies imposent un apprentissage continu.



Du mathématicien au stratège du risque ?


L’évolution la plus intéressante du métier est peut-être là.


L’actuaire historique pouvait être identifié à celui qui construisait les calculs.


L’actuaire moderne doit également :

  • interpréter ;

  • expliquer ;

  • challenger ;

  • automatiser ;

  • communiquer ;

  • conseiller ;

  • parfois développer.


L’intelligence artificielle pourrait encore accélérer cette évolution.


Si une partie de la manipulation technique est automatisée, le temps gagné peut théoriquement être consacré à l’analyse des risques et à la prise de décision.


Le défi sera d’éviter l’effet inverse : une multiplication de calculs et de résultats devenus trop faciles à produire mais insuffisamment compris.



Ce qu’il faut retenir


  • L’actuaire est avant tout un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques.

  • Son métier combine mathématiques, statistiques, finance, économie et de plus en plus programmation.

  • L’assurance reste son terrain historique, mais ses compétences sont transposables à d’autres secteurs.

  • Il existe de nombreuses spécialisations actuariales : vie, non-vie, tarification, provisionnement, risques, Solvabilité II ou ALM.

  • La gestion actif-passif analyse conjointement les placements de l’assureur et ses engagements.

  • En ALM, la compréhension de la comptabilité et du bilan constitue un véritable atout.

  • Les passerelles entre assurance vie et non-vie existent, mais demandent un effort d’apprentissage.

  • Le SaaS peut modifier les modes de déploiement et d’utilisation des outils actuariels.

  • L’intelligence artificielle évolue du simple chatbot vers des assistants capables d’interagir avec les outils et d'exécuter certaines tâches.

  • L’expertise humaine reste essentielle pour comprendre et challenger données, hypothèses, modèles et résultats.

  • L’AI Act renforce désormais le cadre réglementaire applicable à certaines utilisations de l’IA dans l’assurance.



Le parcours de Duc Hien Vu illustre une transformation plus large du métier d’actuaire en assurance.


Les fondamentaux ne disparaissent pas : mathématiques, probabilités, statistiques, finance et compréhension des risques restent incontournables.


Mais de nouvelles compétences se superposent.


Programmation.

Data.

SaaS.

Intelligence artificielle.

Compréhension de la comptabilité.

Communication avec les métiers.


L’actuaire de demain ne sera donc probablement pas moins technique.


Il devra surtout être capable d’utiliser la technologie pour consacrer davantage de temps à ce qui constitue réellement sa valeur : comprendre le risque, interpréter les résultats et éclairer la décision.


Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Duc Hien Vu dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute.


Vous pouvez contacter Duc Vien Vu via LinkedIn.


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FAQ


Qu’est-ce qu’un actuaire en assurance ?


Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques. Il utilise notamment les mathématiques, les statistiques, les probabilités, la finance et l’économie pour modéliser des événements futurs et aider l’assureur à prendre des décisions concernant ses tarifs, ses provisions, ses investissements ou sa solvabilité.


Que fait un actuaire au quotidien ?


Les missions dépendent fortement de sa spécialisation. Un actuaire peut analyser des données, construire ou utiliser des modèles, effectuer des projections, suivre les marchés, réaliser des stress tests, travailler sur Solvabilité II, calculer des provisions, tarifer des contrats ou présenter ses analyses aux directions de l’entreprise.


Qu’est-ce que l’ALM en assurance ?


L’ALM (Asset and Liability Management) ou gestion actif-passif consiste à analyser conjointement les actifs d’un assureur et les engagements figurant à son passif. En assurance vie, cette approche permet notamment d’étudier les interactions entre placements, taux servis aux assurés, comportements de rachat, rentabilité et solvabilité.


Pourquoi l’ALM est-il important en assurance vie ?


Les engagements d’un assureur vie peuvent durer plusieurs dizaines d’années. Dans le même temps, ses actifs évoluent avec les taux, les marchés financiers ou l’immobilier. L’ALM permet de simuler ces évolutions et d’aider l’assureur à maintenir dans le temps un équilibre cohérent entre actifs, engagements, rendement et risques.


Quelle différence entre un actuaire vie et non-vie ?


L’actuaire non-vie travaille notamment sur la fréquence et le coût des sinistres, la tarification ou le provisionnement. En assurance vie, l’actuaire doit davantage intégrer la durée des engagements, les marchés financiers, les taux d’intérêt, les rachats et certains mécanismes comme la participation aux bénéfices.


Faut-il savoir programmer pour devenir actuaire ?


La programmation n’est pas la seule compétence requise pour devenir actuaire, mais elle devient très utile. Python, R, SQL ou VBA permettent notamment d’automatiser des traitements, de manipuler des données, de construire des modèles ou d'analyser des résultats. La montée de l’IA renforce encore l’intérêt de ces compétences.


L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les actuaires ?


L’IA peut automatiser certaines opérations, générer du code, analyser des données ou interagir avec des logiciels. Elle ne supprime cependant pas la nécessité de comprendre les hypothèses, les données et les limites des modèles. La valeur de l’actuaire pourrait progressivement se déplacer de l’exécution vers l’analyse et le jugement.


Quelles utilisations de l’IA sont considérées à haut risque en assurance ?


L’AI Act inclut notamment parmi les cas à haut risque les systèmes destinés à l’évaluation des risques et à la tarification de personnes physiques en assurance vie et santé. Cela ne signifie pas que tous les systèmes d’IA utilisés en assurance sont automatiquement à haut risque : leur classification dépend notamment de leur finalité. (Source : Euorpean Commission)



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📖 CHAPITRES


00:00:00-Générique d'intro

00:00:53-Présentation Duc Hien VU

00:00:59-Présentation du métier : Actuaire/Entrepreneur

00:02:16-Question Mystère ?

00:02:47-Evolution dans des compagnies d'assurance ou des mutuelles ?

00:03:24-Préférence : petite ou grosse structure ?

00:04:43-Pourquoi le secteur de l'assurance ?

00:05:18-Est-ce possible d'être actuaire dans le secteur bancaire ?

00:05:34-Comment devenir actuaire ? Quelle formation ?

00:06:14-Une spécialisation dans un domaine

00:07:37-Combien d'années d'expérience dans le secteur de l'assurance ?

00:07:45-Dans la peau d'un actuaire entrepreneur

00:09:31- Le métier d'actuaire primordial pour une compagnie d'assurance

00:10:40-Relation entre la comptabilité et l'actuariat

00:12:57-Réussites/Difficultés durant 10 années d'expérience

00:14:42-Passerelle possible entre la vie et la non-vie

00:15:56-Recommandations : Livre…

00:17:05-Mentor : Steve Jobs

00:18:45-Pourquoi l'entreprenariat ?

00:19:26-Présentation Solvencii

00:20:32-Solvencii : Conseil & plateforme Saas de projection de modèle

00:22:52-Approche BtoB

00:23:25-Solvencii : éditeur de logiciel

00:23:44-Hébergement de Solvencii

00:24:56-Description de l'équipe

00:26:30-Quelle est la version disponible de Solvencii

00:27:46-L'IA et Solvencii

00:31:35-Clientelles de Solvencii

00:34:26-Solvencii une plateforme collaborative

00:36:04-Démarche de confidentialité dans Solvencii

00:39:08-Combien de temps pour faire sortir de terre la plateforme ?

00:40:47-L'intelligence artificielle

00:41:32-Avnear & Generali 1er contrat d'assurance vie arbitré par l'IA

00:42:04-IA ACT

00:42:53-Recos invités


🎧 Bonne écoute à toustes !



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