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- Assurance voyage : du contrat au compagnon de route
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - YouTube Podcast - Amazon Music Assurance voyage : du contrat au compagnon de route L’assurance voyage reste souvent une case cochée au dernier moment, un contrat téléchargé puis oublié. Pourtant, une hospitalisation, un bagage perdu ou un retour anticipé suffit à révéler sa vraie fonction : organiser une réponse lorsque le voyage ne se déroule plus comme prévu. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Livio-Emilio Sanna raconte comment un achat qu’il ne comprenait pas a fait naître Nomad. Son ambition dépasse la souscription en ligne : rendre l’assurance voyage lisible, activable et utile avant comme pendant le séjour. Une vision qui pose une question plus large au secteur : la valeur d’une assurance réside-t-elle seulement dans ses garanties, ou dans l’expérience qui permet enfin de les comprendre et de les utiliser ? Résumé de l’épisode Cofondateur et CEO de Nomad, Livio-Emilio Sanna vient du monde des start-up. Après Ouibus, Frichti, le syndic de copropriété et une première expérience chez un courtier spécialisé dans l’assurance animale, il découvre l’assurance voyage comme client. Avant un safari au Kenya et en Tanzanie, il achète un contrat sans vraiment comprendre ses garanties. Cette frustration devient un projet construit avec son frère Enzo-Luciano Sanna. Dans l’épisode, Livio revient sur la pédagogie, l’assistance, la distribution directe, l’application mobile et l’usage de l’intelligence artificielle dans un courtier de nouvelle génération. Son fil rouge : faire passer l’assurance voyage d’un document contractuel à un service capable d’accompagner le voyageur au bon moment. Pourquoi l’assurance voyage reste difficile à comprendre ? Le paradoxe est simple : l’assurance voyage peut couvrir des événements très concrets, mais son utilité disparaît lorsque le client ne comprend ni les garanties, ni les exclusions, ni la manière de demander de l’aide. Livio le résume en une phrase : « Ce produit est utile, mais il est mal expliqué. » Cette incompréhension ne vient pas d’un manque d’intelligence du voyageur. Elle résulte souvent d’une charge cognitive excessive : tableaux de garanties, plafonds difficiles à comparer, franchises, délais de carence et définitions juridiques. Ces termes ont une fonction contractuelle, mais ils ne suffisent pas à expliquer ce qui se passera concrètement après un accident, un retard ou la perte d’un bagage. La pédagogie doit donc partir des situations. Que se passe-t-il si un proche est hospitalisé en France pendant un long séjour à l’étranger ? Qui appeler avant d’engager des frais médicaux ? Quels justificatifs conserver ? Une garantie devient compréhensible lorsque le voyageur peut relier un intitulé à une action, un plafond et un exemple. Le prix n’est qu’une partie de la valeur. Dans l’épisode, Livio conteste une lecture purement tarifaire. Il ne nie pas que le prix pèse fortement dans la décision ; il propose de raisonner en rapport entre bénéfice perçu et coût. Une assurance bon marché mais incomprise peut sembler inutile. À l’inverse, un service clair, joignable et capable d’organiser une prise en charge donne du sens à la cotisation. À retenir La pédagogie ne sert pas seulement à vendre. Elle aide le client à comparer, à décider et à agir correctement lorsqu’un événement survient. Assurance et assistance voyage : quelle différence ? Les deux notions sont proches, mais elles ne recouvrent pas exactement la même mission. L’assurance indemnise un préjudice prévu au contrat : frais médicaux, annulation, bagages, responsabilité civile ou interruption de séjour, selon les garanties souscrites. L’assistance organise une réponse : orienter vers un établissement de santé, coordonner une prise en charge, mobiliser un médecin, avancer certains frais ou organiser un rapatriement lorsque les conditions sont réunies. France Diplomatie rappelle que l’assistance rapatriement est distincte de l’assurance maladie et recommande de vérifier avant le départ les plafonds, exclusions, pays couverts et numéro d’urgence joignable depuis l’étranger. Le ministère précise également que les frais médicaux, d’évacuation ou de rapatriement ne sont pas pris en charge par l’ambassade ou le consulat. Pourquoi l’humain reste essentiel en situation de stress ? Une application peut afficher un contrat, déclencher un appel et fournir des informations. Elle ne remplace pas l’expertise humaine face à une situation inhabituelle. Livio insiste : « Il n’y a rien qui remplace l’humain. » Un voyageur malade, isolé ou inquiet n’attend pas seulement une réponse standard ; il a besoin d’une personne capable de comprendre le contexte, d’évaluer les priorités et de coordonner une solution. C’est ici que technologie et assistance doivent se compléter. La première réduit les frictions : retrouver son numéro de contrat, appeler via Internet, accéder à ses documents hors ligne. La seconde prend le relais lorsque la situation exige du jugement, de l’empathie et une coordination opérationnelle. De la souscription à l’expérience post-achat Le marché s’est beaucoup concentré sur la rapidité du devis. C’est utile, mais insuffisant. Une assurance voyage se juge surtout après l’achat : Le client retrouve-t-il facilement ses garanties ? Les autres voyageurs du contrat y ont-ils accès ? Peut-il joindre l’assistance sans hors-forfait ? Reçoit-il une alerte lorsque son vol est retardé ? Nomad articule sa proposition autour de cette continuité. Son site actuel présente une application qui rassemble contrat, attestations et garanties, y compris hors ligne, permet de joindre l’assistance par Internet et propose des services comme le suivi de vol, un convertisseur de devises et l’achat d’une eSIM. Ces éléments ne remplacent pas le contrat ; ils cherchent à rendre la couverture plus présente dans le parcours réel du voyageur. Prévenir avant d’indemniser La prévention peut être très concrète : rappeler les formalités de visa, signaler un changement de porte d’embarquement, conserver les documents utiles ou expliquer quand appeler l’assistance. Ce sont de petites interventions, mais elles rapprochent l’assurance du quotidien. Elles peuvent aussi éviter qu’un client perde un droit faute d’avoir suivi la bonne procédure. Cette logique transforme la relation. L’assureur ou le courtier n’apparaît plus uniquement après l’événement ; il aide à préparer le voyage et à limiter certaines conséquences. La promesse doit néanmoins rester proportionnée : une notification n’empêche pas un sinistre, et un service additionnel ne compense jamais une garantie mal dimensionnée. Assurance choisie ou assurance embarquée ? L’assurance embarquée apparaît au moment d’acheter un billet, un séjour ou une location. Elle réduit l’effort de recherche et peut protéger des voyageurs qui n’auraient pas pensé à s’assurer. Mais une case ajoutée en fin de parcours laisse peu de temps pour comprendre les garanties et comparer les limites. L’assurance choisie repose sur une démarche distincte : le voyageur identifie son besoin, compare plusieurs offres et sélectionne une couverture. Cette approche demande plus d’effort, mais elle peut favoriser une décision plus consciente. Livio ne présente pas les deux modèles comme totalement incompatibles. Il voit l’assurance embarquée comme un premier rappel, puis d’autres canaux - recherche, comparateurs, communautés et bouche-à-oreille - comme des espaces de pédagogie. Avant de souscrire : les vérifications utiles La destination et la durée du séjour ; Les plafonds de frais médicaux et les modalités d’avance ou de remboursement ; Le rapatriement, la responsabilité civile, l’annulation et les bagages ; Les franchises, exclusions, sports couverts et antécédents médicaux ; Le numéro d’assistance, les horaires, la langue et les moyens de contact ; Les couvertures déjà incluses dans une carte bancaire, une mutuelle ou un autre contrat ; Les démarches à effectuer avant toute dépense importante. En Europe, la carte européenne d’assurance maladie facilite la prise en charge des soins selon les règles du pays de séjour. Service-Public.fr précise toutefois qu’elle n’est pas une assurance voyage et qu’elle ne couvre pas, par exemple, un rapatriement ou tous les frais de recherche et de sauvetage. Quel rôle pour l’IA dans un courtier moderne ? L’autre sujet fort de l’épisode concerne l’organisation de Nomad. Pour Livio, un courtier créé aujourd’hui doit utiliser l’IA pour accélérer la recherche, la prospection, l’analyse d’activité, la circulation des connaissances et l’onboarding. Il décrit des routines quotidiennes qui synthétisent les ventes, les retours clients et les actions commerciales. L’intérêt n’est pas de laisser une machine décider seule. L’IA devient utile lorsqu’elle renforce une personne qui maîtrise son objectif, ses données et ses responsabilités. Cette distinction est essentielle dans l’assurance : produire plus vite ne suffit pas si la réponse est fausse, non traçable ou inadaptée au client. La même limite vaut pour l’assistance. L’IA peut préparer l’information et réduire les tâches répétitives. Elle ne doit pas effacer la responsabilité humaine dans une situation médicale, juridique ou émotionnelle complexe. La modernité du courtier se mesure donc autant à sa vélocité qu’à sa capacité de contrôle. Nomad, une insurtech née d’un usage Le récit entrepreneurial donne sa cohérence au projet. Livio vient de la croissance et du go-to-market ; Enzo apporte une culture plus corporate, réglementaire et de conformité. Leur complémentarité répond à la double nature du courtage : respecter un cadre protecteur tout en construisant une distribution et une expérience client efficaces. Du filet de sécurité au compagnon de voyage Livio distingue deux étapes. À court terme, l’assurance reste un filet de sécurité : elle protège contre des événements définis et permet d’appeler lorsqu’un problème survient. À plus long terme, Nomad veut devenir un « travel buddy », un compagnon qui accompagne le voyageur avant le départ et pendant le séjour. Cette ambition éclaire une transformation plus large de l’assurance. La valeur ne disparaît pas du contrat ; elle devient visible grâce au service. Le bon produit reste indispensable, mais il doit être traduit, distribué et activé dans une expérience cohérente. Pour les professionnels du secteur, le défi n’est donc pas seulement de digitaliser une souscription. Il est de concevoir une relation qui continue après le paiement. Ce qu’il faut retenir Une assurance voyage mal comprise perd une grande partie de sa valeur perçue. L’assurance indemnise ; l’assistance organise une réponse et une coordination. L’expérience post-achat est un terrain majeur de différenciation. La technologie réduit les frictions, mais l’humain reste central en situation complexe. Assurance embarquée et assurance choisie répondent à des moments de décision différents. L’IA peut démultiplier un courtier si l’expertise, le contrôle et la responsabilité restent présents. Le contrat demeure le socle : les services n’ont de valeur que s’ils reposent sur des garanties claires et adaptées. L’assurance voyage concentre plusieurs défis du secteur : complexité contractuelle, faible attention au moment de l’achat, urgence au moment du sinistre et besoin de confiance. Le parcours de Nomad montre qu’une réponse peut commencer par une idée simple : expliquer ce qui est couvert et rester accessible lorsque le voyage bascule. La transformation ne consiste pas à supprimer l’assurance, mais à rendre sa promesse compréhensible et utilisable. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Livio-Emilio Sanna dans Assurance en coulisses, sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité via LinkedIn. https://www.withnomad.co/ *** Collaboration commerciale avec Nomad 💙 Contenu à visée pédagogique, ne constituant pas un conseil personnalisé en assurance. FAQ Qu’est-ce qu’une assurance voyage ? Une assurance voyage est un contrat qui couvre certains imprévus survenant avant ou pendant un séjour : frais médicaux, rapatriement, annulation, interruption, bagages ou responsabilité civile, selon la formule choisie. Elle peut aussi inclure une assistance chargée d’orienter le voyageur et d’organiser une prise en charge. Les plafonds, exclusions, franchises et démarches varient selon les contrats : il faut lire les documents contractuels avant de souscrire. Quelle différence entre assurance voyage et assistance voyage ? L’assurance voyage indemnise un dommage prévu au contrat, par exemple des frais médicaux ou un bagage perdu. L’assistance organise une réponse opérationnelle : orientation vers un établissement, coordination médicale, avance de certains frais ou rapatriement si les conditions sont réunies. Les deux peuvent être réunies dans une même offre, mais elles ne sont pas synonymes. Il faut vérifier à la fois les garanties financières et le dispositif d’assistance disponible. La carte bancaire suffit-elle pour être assuré en voyage ? Certaines cartes bancaires incluent des garanties d’assurance et d’assistance, souvent sous conditions : paiement du voyage avec la carte, durée maximale, bénéficiaires définis, plafonds et exclusions. La couverture varie fortement selon la carte et la banque. Avant le départ, demandez la notice d’assurance, comparez-la avec votre destination, la durée du séjour et les activités prévues, puis complétez si les limites ne correspondent pas à vos besoins. La Carte européenne d’assurance maladie remplace-t-elle une assurance voyage ? Non. La CEAM atteste de vos droits à l’Assurance maladie et facilite l’accès aux soins dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni, selon les règles locales. Service-Public.fr précise qu’elle n’est pas une assurance voyage. Elle ne couvre notamment pas automatiquement le rapatriement, l’annulation, les bagages, la responsabilité civile ni tous les frais de recherche et de sauvetage. Quels critères comparer avant de choisir une assurance voyage ? Comparez la destination, la durée, les plafonds médicaux, le rapatriement, l’annulation, les bagages, la responsabilité civile, les franchises, les exclusions et les activités sportives couvertes. Vérifiez aussi la qualité de l’assistance : disponibilité 24/7, langue, appel depuis l’étranger, avance de frais et procédure à suivre avant une dépense. Le prix compte, mais il doit être évalué au regard des garanties réellement utiles pour votre voyage. Quand faut-il appeler l’assistance voyage ? Appelez l’assistance dès qu’un événement important survient et avant d’engager des frais ou d’organiser vous-même un rapatriement, sauf urgence absolue. L’équipe peut vous orienter, confirmer la procédure, vous diriger vers un établissement et vérifier les conditions de prise en charge. Conservez votre numéro de contrat, les coordonnées d’assistance et les justificatifs. Les règles exactes figurent dans les documents contractuels de votre assurance. Comment une application peut-elle améliorer l’assurance voyage ? Une application peut centraliser les attestations, le contrat, les plafonds et le numéro d’assistance, y compris hors ligne. Elle peut aussi faciliter un appel par Internet, suivre un vol, envoyer des rappels et guider les démarches. Sa valeur dépend toutefois du produit sous-jacent : une interface fluide ne remplace ni des garanties adaptées, ni des explications claires, ni une assistance humaine capable de traiter une situation complexe. Quel rôle l’intelligence artificielle peut-elle jouer dans le courtage ? L’IA peut aider un courtier à analyser son activité, préparer des synthèses, rechercher des prospects, structurer la connaissance interne ou accélérer l’onboarding. Elle peut améliorer la productivité, mais elle exige des données fiables, un contrôle humain et une responsabilité claire. Dans l’assurance et l’assistance, elle ne doit pas décider seule d’une situation médicale ou contractuelle complexe. L’enjeu est d’augmenter l’expertise, pas de la contourner. POURQUOI L’ASSISTANCE HUMAINE RESTE-T-ELLE IMPORTANTE ? Une application peut retrouver un contrat, transmettre des documents ou déclencher un appel. Lorsqu’un voyageur est malade, isolé ou confronté à une situation inhabituelle, une personne doit comprendre le contexte, hiérarchiser l’urgence et coordonner une solution. La technologie réduit les frictions ; l’assistance humaine apporte jugement, adaptation et réassurance. Donnez de la force. 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube, TikTok Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire. Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux. LinkedIn - YouTube - Instagram - TikTok
- Gestion de sinistre assurance : l’essor de la conciergerie
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Gestion de sinistre assurance : comment la conciergerie réinvente l’expérience assurée Un contrat d’assurance reste abstrait jusqu’au jour où survient un accident, un dégât des eaux, un vol ou un incendie. C’est alors que commence la gestion de sinistre : déclaration, justificatifs, expertise, relances et compréhension de l’indemnisation. Pour un assuré déjà confronté aux conséquences matérielles ou émotionnelles du dommage, cette mécanique peut devenir une seconde épreuve. Et si un interlocuteur indépendant prenait en charge cette complexité administrative ? Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Héloïse Bridault, fondatrice d’OKOA, présente le modèle de la conciergerie en assurance. Une approche qui entend remettre de la pédagogie, de la coordination et du service humain au centre du parcours sinistre. Résumé de l’épisode Après plus d’une décennie passée dans l’assurance, notamment chez Allianz, Swiss Life, Neuflize Vie et Wakam, Héloïse Bridault a fondé OKOA à la suite d’une expérience personnelle : un dégât des eaux dont elle ne voulait pas gérer la paperasse. Son constat est simple. Même une professionnelle du secteur peut se sentir découragée par les démarches qui suivent un sinistre. Elle imagine alors un assistant administratif capable d’accompagner l’assuré de la déclaration à la clôture du dossier. Dans cet échange, elle explique la différence entre cette conciergerie, le métier d’assureur et celui d’expert d’assuré. Elle partage également sa vision de l’expérience client, de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat dans l’assurance. Pourquoi le sinistre est le véritable moment de vérité L’assurance est une promesse différée. Lors de la souscription, le client achète une protection dont il espère ne jamais avoir besoin. La réalité du service ne devient visible qu’au moment du sinistre. Cette étape concentre plusieurs difficultés : l’assuré est parfois en situation de stress ou d’urgence ; il doit comprendre des garanties qu’il n’avait plus relues depuis la souscription ; plusieurs interlocuteurs peuvent intervenir ; des justificatifs anciens doivent être retrouvés ; les délais sont difficiles à anticiper ; le montant proposé n’est pas toujours facile à interpréter. Une étude menée en 2021 par Deloitte et Guidewire auprès de plus de 3 500 assurés français illustrait déjà ce paradoxe : huit sinistrés sur dix se déclaraient satisfaits de leur assureur, mais seulement trois sur dix estimaient que le sinistre avait renforcé leur relation avec lui. La même étude montrait que 57 % des déclarations étaient encore effectuées par téléphone, contre 28 % par un canal numérique. Le digital progresse donc, mais il ne supprime ni le besoin d’explication ni la recherche d’un interlocuteur. (Deloitte France) Les délais renforcent cet enjeu. En 2026, une enquête de l’ACPR portant sur 14 organismes a établi un délai moyen d’indemnisation de 49 jours en assurance habitation. Cette moyenne masque une forte dispersion : 20 % des sinistres observés dépassaient 130 jours et 10 % étaient réglés après plus de 230 jours. (ACPR) À retenir : une expérience sinistre réussie ne dépend pas uniquement du montant de l’indemnisation. Elle repose aussi sur la visibilité, la pédagogie, la disponibilité et la coordination des intervenants. Qu’est-ce qu’une conciergerie en assurance ? Une conciergerie en assurance est un service d’accompagnement qui prend en charge tout ou partie des démarches administratives liées à un sinistre. Elle agit avec l’autorisation de l’assuré, en complément de l’assureur, du courtier, de l’expert et des éventuels réparateurs. L’idée défendue par Héloïse Bridault consiste à transposer un service autrefois réservé aux clients de family offices à un public plus large. « On remplace l’assuré dans tout ce qu’il y a de rébarbatif et d’administratif à faire en cas de sinistre. » Le service peut intervenir à plusieurs étapes. Étape Difficulté rencontrée par l’assuré Intervention possible Déclaration Raconter clairement les faits et respecter les délais Structurer et transmettre la déclaration Constitution du dossier Retrouver factures, photos et justificatifs Recenser, centraliser et relancer Analyse du contrat Comprendre garanties, exclusions et plafonds Traduire les clauses en langage accessible Expertise Identifier les prochaines étapes Préparer le rendez-vous et coordonner les échanges Réparations Trouver un professionnel disponible Mobiliser ou recommander un réseau d’artisans Indemnisation Comprendre le calcul proposé Comparer la proposition aux conditions du contrat Clôture Vérifier que les actions sont terminées Centraliser les documents et expliquer le résultat La valeur ne réside donc pas dans une nouvelle garantie. Elle vient de la réduction de l’effort demandé au client. Décrypter la franchise, la vétusté et les exclusions Une part importante de l’insatisfaction naît du décalage entre ce que l’assuré pensait avoir acheté et ce que son contrat prévoit réellement. La franchise est la somme qui reste à sa charge après l’indemnisation. La vétusté correspond à la perte de valeur d’un bien liée à son âge ou à son usage. Une exclusion désigne une situation dans laquelle la garantie ne s’applique pas. Ces notions sont ordinaires pour un gestionnaire. Elles peuvent être découvertes brutalement par le client lorsque le règlement arrive. Les expliquer tôt permet de réduire le risque de mauvaise surprise, sans promettre une indemnisation supérieure à celle prévue par le contrat. Concierge, assureur, courtier ou expert d’assuré : qui fait quoi ? La conciergerie ne doit pas brouiller les responsabilités. Son utilité dépend précisément de la clarté de son périmètre. Intervenant Rôle principal Assureur Applique le contrat, instruit le dossier et décide de l’indemnisation Courtier ou agent Distribue le contrat et accompagne le client selon son mandat et son organisation Expert mandaté par l’assureur Analyse les circonstances et évalue les dommages Expert d’assuré Assiste l’assuré dans l’évaluation ou la discussion des dommages Conciergerie sinistre Coordonne les démarches, les pièces, les relances et les explications Dans le modèle présenté par Héloïse Bridault, l’objectif premier n’est pas de contester l’assureur. La conciergerie facilite le parcours et vérifie la cohérence apparente entre le contrat et la proposition reçue. Cette distinction est essentielle. Un acteur qui fournit un conseil personnalisé sur le choix d’un contrat, distribue une assurance ou représente juridiquement un assuré n’exerce plus nécessairement la même activité. Les responsabilités, compétences et éventuels statuts réglementaires doivent alors être examinés séparément. À retenir : la conciergerie traite la complexité administrative. Elle ne décide ni de la garantie ni du montant de l’indemnisation. Un exemple concret : prévenir la déception avant l’indemnisation Dans l’épisode, Héloïse Bridault raconte le vol d’un scooter électrique accompagné de plusieurs accessoires : casque, antivol et gants. À la lecture du contrat, son équipe comprend que ces accessoires ne sont pas couverts. Pourtant, leurs factures sont demandées au client au cours de l’instruction. Sans explication, celui-ci aurait pu consacrer du temps à réunir les documents, puis découvrir plusieurs semaines plus tard que ces biens n’étaient pas indemnisables. L’accompagnement consiste alors à annoncer rapidement ce que prévoit le contrat. La mauvaise nouvelle ne disparaît pas, mais elle devient compréhensible et prévisible. Cet exemple souligne une différence majeure entre information et pédagogie : l’information transmet une demande ou une décision ; la pédagogie explique sa logique et ses conséquences ; l’accompagnement aide le client à accomplir la prochaine étape utile. La satisfaction ne consiste donc pas à dire systématiquement oui. Elle repose aussi sur la capacité à formuler clairement un non. Pourquoi recourir à un tiers de confiance ? Un assureur peut-il intégrer lui-même ce niveau d’accompagnement ? Oui, et certains réseaux de proximité le font déjà. Le recours à un tiers répond néanmoins à plusieurs situations. Donner à l’assuré un espace de parole différent Le client peut hésiter à poser certaines questions à l’organisme qui décidera de son indemnisation. Un accompagnateur distinct peut créer un espace perçu comme plus neutre, à condition que son mode de rémunération et ses responsabilités soient transparents. Soulager les équipes de gestion Le gestionnaire de sinistres en assurance doit vérifier les faits, les garanties et les justificatifs, prendre une décision et respecter les procédures internes. Lui demander d’assurer simultanément une disponibilité permanente, une coordination logistique et une pédagogie approfondie peut entraîner une surcharge. La conciergerie peut prendre en charge une partie des relances et des explications. Elle ne doit cependant pas devenir un moyen de laisser perdurer des dysfonctionnements internes. Produire une boucle d’amélioration En observant les questions récurrentes, les pièces souvent manquantes ou les clauses mal comprises, l’accompagnateur peut faire remonter des informations utiles au distributeur : motifs de relance ; zones d’incompréhension du contrat ; étapes qui génèrent le plus d’effort ; erreurs fréquentes dans les déclarations ; causes de réclamation ou d’abandon. Cette observation transforme le service en capteur de l’expérience client réelle. L’accompagnement peut-il améliorer la fidélisation ? Un sinistre en assurance mal vécu peut fragiliser une relation construite pendant plusieurs années. À l’inverse, un parcours clair peut démontrer concrètement la valeur du contrat. Pour un assureur ou un courtier, une conciergerie peut agir sur plusieurs leviers : diminution de l’effort demandé au client ; réduction des appels de suivi répétitifs ; amélioration de la compréhension de l’indemnisation ; prévention de certaines réclamations ; différenciation de l’offre ; remontée structurée des irritants ; amélioration potentielle de la rétention. Ces bénéfices ne doivent toutefois pas être supposés. Ils doivent être mesurés. La La Médiation de l’Assurance indique avoir reçu 46 830 saisines en 2025, dont 45 % étaient recevables. Ce volume montre l’importance du traitement des mécontentements, mais il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une dégradation générale du service : la meilleure connaissance du recours à la médiation participe également à la progression des saisines. Les bons indicateurs combinent satisfaction, efficacité et qualité : délai de prise en charge ; délai médian de règlement ; nombre de relances par dossier ; taux de dossiers incomplets ; taux de réouverture ; taux de réclamation ; satisfaction après sinistre ; taux de résiliation après sinistre ; motifs d’insatisfaction verbatim ; charge évitée aux équipes internes. Le NPS peut apporter une information, mais il ne suffit pas. Une note élevée obtenue en facilitant les démarches ne doit pas masquer des retards ou des décisions insuffisamment expliquées. Les quatre conditions d’une conciergerie crédible 1. Un rôle compréhensible Dès le départ, l’assuré doit savoir : qui applique le contrat ; qui décide de l’indemnisation ; qui coordonne les démarches ; qui peut recevoir ses documents ; comment déposer une réclamation ? ; comment mettre fin au mandat ?. Une promesse du type « nous nous occupons de tout » est attractive, mais trop vague si elle n’est pas accompagnée d’un périmètre détaillé. 2. Une transparence réelle sur le dossier Absorber la friction ne signifie pas dissimuler une information importante. Une conciergerie peut éviter au client de subir chaque appel infructueux, mais elle doit lui donner une vision fidèle de l’état du dossier, des actions engagées et des éventuels blocages. La transparence suppose un historique accessible, des échéances compréhensibles et l’absence de promesses non maîtrisées. 3. Des accès numériques sécurisés La transcription évoque la possibilité, dans certains cas, de transmettre temporairement les identifiants d’un espace assuré. Cette pratique ne doit pas devenir un standard. La CNIL recommande de ne jamais confier son mot de passe à un tiers. Un dispositif robuste doit privilégier : un mandat explicite et révocable ; un accès délégué fourni par l’assureur ; des droits limités aux opérations nécessaires ; l’authentification forte ; la traçabilité des consultations et des envois ; des canaux sécurisés pour les pièces ; une durée de conservation définie ; une répartition claire des responsabilités RGPD. Le développement des conciergeries révèle ici un besoin plus large : permettre à un assuré de déléguer légalement une démarche sans déléguer son identité numérique. 4. Une qualité stable en cas de volume important La promesse d’un service personnalisé doit résister à un afflux de dossiers, notamment après une catastrophe naturelle. Cela exige des procédures documentées, des équipes formées, des capacités de débordement et une segmentation des sinistres selon leur complexité. Un dossier d’incendie, un dommage corporel et un bris de glace ne nécessitent pas le même niveau d’attention. Industrialiser le suivi ne signifie pas uniformiser l’accompagnement. À retenir : la conciergerie en assurance devient un tiers de confiance seulement si son modèle réunit neutralité, sécurité, compétence, transparence et continuité de service. Quelle place pour l’intelligence artificielle ? Héloïse Bridault défend une utilisation de l’IA en soutien des professionnels, sans suppression du contact humain. Les usages les plus pertinents se situent souvent en arrière-plan : extraire les informations d’une déclaration ; classer les pièces justificatives ; résumer un historique ; repérer une clause dans un contrat ; reformuler une déclaration confuse ; détecter une information manquante ; préparer une réponse pour validation ; alerter sur une échéance. Cette approche est cohérente avec les tendances européennes. Une enquête de l’EIOPA menée auprès de 347 organismes dans 25 pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen indique que 65 % utilisent déjà activement l’IA générative. Parmi les usages recensés, 64 % concernent le back-office, et les modèles assistés avec supervision humaine restent dominants. Les hallucinations, la cybersécurité, la protection des données et l’explicabilité figurent parmi les principaux risques identifiés. « Quand on a un problème, on veut quelqu’un en vrai. » L’enjeu n’est donc pas d’opposer technologie et empathie. Il consiste à automatiser la recherche, le classement et la préparation afin de rendre du temps aux professionnels pour expliquer, rassurer et décider. Une décision concernant une garantie ou une indemnisation ne devrait pas être communiquée sur la seule base d’une réponse générée. L’humain doit pouvoir contrôler les sources, corriger les erreurs et expliquer le résultat. Comment intégrer une conciergerie dans un parcours sinistre ? Pour un assureur, un courtier ou une mutuelle, le déploiement peut suivre sept étapes. 1. Choisir un périmètre précis Un pilote peut commencer par l’habitation, l’automobile ou une catégorie de clients confrontés à des dossiers administrativement complexes. 2. Définir les responsabilités Un schéma opérationnel doit indiquer qui déclare, collecte, relance, informe, décide, indemnise et traite une réclamation. 3. Concevoir les accès Les échanges doivent fonctionner sans partage de mots de passe : API, portail partenaire, messagerie sécurisée ou délégation nominative. 4. Définir les niveaux de service Délai de premier contact, fréquence des mises à jour, disponibilité, procédures d’urgence et règles d’escalade doivent être formalisés. 5. Préserver le choix de l’assuré Le client doit comprendre la nature du service, pouvoir y consentir librement et retrouver facilement ses interlocuteurs habituels. 6. Mesurer avant et après Le pilote doit comparer les délais, relances, réclamations, coûts de contact, taux de résiliation et verbatim clients. 7. Transformer les observations en décisions Les irritants remontés doivent alimenter l’amélioration des contrats, des interfaces, des communications et de la formation des gestionnaires. L’entrepreneuriat comme prolongement de l’expertise métier L’épisode raconte également la transition d’Héloïse Bridault vers l’entrepreneuriat. Son passage chez Wakam, où elle explique avoir créé un département d’opérations externalisées à partir d’une page blanche, l’a préparée à structurer une activité nouvelle. Mais l’expertise technique ne suffit pas. Il faut vendre, prospecter, construire un site, comprendre les outils, gérer les aspects financiers et apprendre à déléguer. « Le réseau, ça fonctionne, la chasse, ça fonctionne. Et surtout, ce qui fonctionne le mieux, c’est d’oser. » Cette leçon dépasse le cas d’OKOA. Dans un secteur réglementé, l’innovation vient souvent de professionnels capables d’identifier une friction quotidienne que les organisations existantes ont fini par considérer comme normale. Ce qu’il faut retenir Le sinistre en assurance est le moment où la promesse d’assurance devient concrète. L’indemnisation n’est qu’une composante de l’expérience client. La conciergerie prend en charge la coordination, les pièces, les relances et la pédagogie. Elle ne remplace ni l’assureur, ni le courtier, ni l’expert d’assuré. Une explication donnée tôt peut éviter une forte déception plusieurs semaines plus tard. Le tiers accompagnateur peut devenir une source d’amélioration pour le distributeur. La transparence ne doit jamais être sacrifiée au profit d’une bonne note de satisfaction. Les mots de passe ne doivent pas être partagés ; des accès délégués sécurisés sont nécessaires. L’IA est particulièrement utile pour préparer et accélérer le travail. La supervision humaine reste indispensable pour contrôler et expliquer les résultats. La gestion de sinistre en assurance ne peut plus être envisagée comme une simple succession d’opérations techniques. Elle engage la confiance du client, la réputation du distributeur et la capacité de l’assureur à tenir sa promesse de service. La conciergerie en assurance apporte une réponse intéressante à condition de rester clairement positionnée : accompagner sans brouiller les responsabilités, simplifier sans masquer la réalité et utiliser l’IA sans effacer l’humain. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Héloïse Bridault dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les principales plateformes d’écoute. Pour contacter Héloïse Bridault via LinkedIn Site web d'OKOA : https://okoa.fr/ FAQ Qu’est-ce que la gestion de sinistre en assurance ? La gestion de sinistre en assurance regroupe toutes les opérations réalisées entre la déclaration d’un dommage et la clôture du dossier. Elle comprend notamment l’analyse des faits, la vérification des garanties, la collecte des justificatifs, l’expertise, le calcul de l’indemnisation, les échanges avec l’assuré et le règlement éventuel. Comment fonctionne une conciergerie en assurance ? Une conciergerie accompagne l’assuré dans ses démarches administratives. Avec son autorisation, elle peut l’aider à déclarer le sinistre, réunir les pièces, suivre les réponses, coordonner les interlocuteurs et comprendre l’indemnisation. Elle ne se substitue pas à l’assureur, qui reste responsable de l’application du contrat. Quelle différence entre une conciergerie et un expert d’assuré ? La conciergerie se concentre principalement sur l’organisation, le suivi administratif et la pédagogie. L’expert d’assuré intervient davantage dans l’évaluation des dommages et la discussion technique d’une expertise ou d’un montant. Les deux services peuvent être complémentaires, mais leurs missions ne doivent pas être confondues. Pourquoi l’expérience client est-elle importante après un sinistre ? Le sinistre est souvent le premier moment où l’assuré mesure réellement la valeur de son contrat. Des délais mal expliqués, des demandes répétées ou une indemnisation incomprise peuvent détériorer la confiance. Une communication claire et proactive peut, au contraire, renforcer la relation même lorsque le dossier est complexe. Que signifie la vétusté dans une indemnisation ? La vétusté représente la dépréciation d’un bien liée à son âge, à son usage ou à son état. Selon le contrat, l’assureur peut déduire cette perte de valeur de l’indemnisation. Certaines garanties prévoient toutefois une indemnisation en valeur à neuf, sous réserve de conditions et de plafonds. Une conciergerie peut-elle garantir l’indemnisation d’un sinistre ? Non. La décision dépend des circonstances, des garanties, des exclusions et des justificatifs. La conciergerie peut expliquer le contrat, améliorer la qualité du dossier et faciliter les échanges, mais elle ne peut pas promettre une prise en charge ni imposer un montant à l’assureur. L’intelligence artificielle peut-elle gérer seule un sinistre ? L’IA peut classer des documents, résumer un dossier, rechercher des clauses ou préparer des réponses. Elle peut néanmoins produire des erreurs et manquer de contexte. Les décisions concernant la garantie et l’indemnisation doivent rester contrôlées par des professionnels capables d’en expliquer la logique à l’assuré. Quels indicateurs permettent d’améliorer la gestion des sinistres ? Les indicateurs utiles comprennent le délai de premier contact, le délai médian de règlement, le nombre de relances, le taux de dossiers incomplets, les réouvertures, les réclamations et les résiliations après sinistre. Ils doivent être complétés par les commentaires des assurés, plus riches qu’une note de satisfaction isolée. 📚 RECOMMANDATIONS Musique : Beach Boys – Surfin USA Épisode 5 Patrick Soulignac « L'IA une opportunité pour les assureurs » - Guidewire Software Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique 00:01:32-Présentation invitée 00:02:17-Description OKOA 00:03:28-Une idée innovante 00:07:26-OKOA et le Surf-Direction Hawaï 00:08:39-Se lancer dans l'entrepreneuriat 00:09:56-Clientèles d'OKOA 00:12:31-L'acquisition de contrat 00:14:12-Objectif de croissance 00:17:44-Client Processus 00:19:56-Utilisation des données personnelles 00:21:27-Création de la plateforme digitalisée 00:22:18-L'approche OKOA 00:25:42-Tarification 00:26:53-L'IA au service de la gestion de sinistre 00:30:13-Si tu devais associer une chanson à l'aventure OKOAqu'elle serait-elle ? 00:30:47-Les leçons après le lancement d'OKOA 00:32:09-Actualité OKOA : Retours clients 00:33:14-OKOA LE levier de croissance pour les distributeurs 00:35:16-L'image de l'assurance 00:38:25-Qu'est-ce qui t'enthousiasme le plus pour les années à venir pour OKOA ? 00:41:33-Prochain invité 00:42:45-Remerciements 🎧 Bonne écoute à toustes ! 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- Réassurance : définition, rôle et fonctionnement
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Réassurance : comprendre le fonctionnement de l’assurance des assureurs La réassurance est invisible pour la plupart des assurés. Elle joue pourtant un rôle déterminant lorsqu’un cyclone frappe un territoire, qu’un sinistre industriel atteint plusieurs centaines de millions d’euros ou qu’un nouveau risque, comme le cyber, devient difficile à modéliser. Souvent présentée comme « l’assurance des assureurs », elle permet aux compagnies de transférer une partie de leurs engagements à des acteurs spécialisés. Elle protège leurs résultats, soutient leur solvabilité et augmente leur capacité à couvrir l’économie. Comment fonctionne ce mécanisme ? Quelle est la différence entre un traité proportionnel et une couverture en excédent de sinistre ? Et pourquoi la qualité des données devient-elle aussi importante que le contrat lui-même ? Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Antoine Gandois reçoit Florence Grosjean, fondatrice de Future Growth Consulting. Après une première expérience de sept ans dans l’audit, elle a occupé six fonctions pendant dix-neuf ans chez SCOR, en France et aux États-Unis, notamment dans la finance, le contrôle de gestion et la trésorerie. Désormais consultante indépendante, elle accompagne des réassureurs dans leurs projets de transformation, le déploiement de logiciels et le management de transition. Cet échange permet de découvrir les trois fonctions de la réassurance, la rétrocession, le risque de cumul, le collatéral et les difficultés opérationnelles liées aux données. Florence Grosjean aborde aussi les risques climatiques, le cyber, l’assurance paramétrique et la place de l’intelligence artificielle. Qu’est-ce que la réassurance ? La réassurance est une opération par laquelle une compagnie d’assurance transfère une partie des risques qu’elle a souscrits à une autre entreprise : le réassureur. L’assureur qui cède le risque est appelé la cédante. En contrepartie de la protection reçue, il verse une prime au réassureur. Celui-ci rembourse ensuite une partie des sinistres couverts, selon les conditions et les limites prévues par le contrat. France Assureurs la définit comme l’opération par laquelle un assureur s’assure lui-même auprès d’une autre société pour tout ou partie des risques qu’il a pris en charge. (France Assureurs) Une relation entre professionnels Dans la plupart des cas, la réassurance ne modifie pas la relation entre l’assuré et sa compagnie. Le particulier ou l’entreprise déclare son sinistre à son assureur. Celui-ci reste responsable de l’application du contrat d’assurance et de l’indemnisation. Il peut ensuite récupérer auprès du réassureur la part du sinistre correspondant au traité. Le réassureur ne vend donc généralement pas sa garantie directement au particulier. Il intervient en arrière-plan, à l’échelle d’un risque important ou de tout un portefeuille. Définition simple : La réassurance permet à un assureur de ne pas supporter seul l’intégralité des risques qu’il accepte de couvrir. Pourquoi les assureurs ont-ils besoin de réassurance ? Dans l’épisode, Florence Grosjean distingue trois fonctions essentielles : transférer et mieux répartir les risques ; protéger la solvabilité de l’assureur ; apporter une expertise technique et commerciale. Cette troisième fonction est moins connue. Elle montre que le réassureur n’est pas seulement un payeur intervenant après les grands sinistres. Première fonction : transférer les risques importants Un assureur mutualise déjà les risques de ses assurés. La réassurance prolonge ce mécanisme à une échelle nationale ou internationale. Elle devient particulièrement utile face à deux types d’exposition. Les sinistres de forte intensité Un risque industriel, une catastrophe naturelle, un accident aérien ou un événement impliquant de nombreuses victimes peut générer des indemnisations exceptionnellement élevées. Sans réassurance, un seul événement pourrait absorber une part trop importante des fonds propres de la compagnie. Le risque de cumul Le cumul se produit lorsque plusieurs contrats sont touchés par un même événement. Imaginons qu’un assureur couvre de nombreux commerces, logements et bureaux dans un même quartier. Un incendie majeur, une inondation ou un accident affectant toute la zone peut activer simultanément un grand nombre de garanties. La mutualisation fonctionne moins bien lorsque les risques ne sont plus indépendants. La réassurance permet alors de répartir cette concentration entre plusieurs acteurs et plusieurs marchés. « Le principal objectif de la réassurance, c’est le transfert de risque, en cas de cumul ou de gros risque. » Pourquoi la diversification géographique compte-t-elle ? Un réassureur international rassemble des portefeuilles provenant de nombreux pays et couvrant des risques différents. Un événement grave dans une région peut ainsi être absorbé par une base de primes plus large. Cette diversification n’élimine pas le risque. Des phénomènes mondiaux, comme une pandémie, une crise financière ou une cyberattaque systémique, peuvent toucher plusieurs territoires et branches simultanément. Elle réduit néanmoins la dépendance à un seul marché. Deuxième fonction : soutenir la solvabilité Une compagnie doit conserver suffisamment de ressources pour faire face à ses engagements présents et futurs. En Europe, le cadre Solvabilité II organise cette supervision autour d’exigences quantitatives, de règles de gouvernance et d’obligations de transparence. (ACPR) En transférant une partie de son exposition, l’assureur réduit le montant de certains risques conservés dans son bilan. Une couverture bien structurée peut donc diminuer la volatilité de ses résultats et produire un effet d’atténuation sur son besoin de capital. L’EIOPA précise que les techniques de réduction du risque, dont la réassurance, peuvent être prises en compte dans le calcul du capital de solvabilité requis. Les risques créés par ces techniques doivent cependant eux aussi être intégrés. La réassurance ne crée pas du capital gratuitement L’effet sur la solvabilité n’est ni automatique ni illimité. Le transfert doit être réel, juridiquement opposable et adapté aux risques de l’assureur. Il faut notamment prendre en compte : le risque de défaillance du réassureur ; le décalage entre le risque couvert et la protection achetée ; les limites et exclusions du traité ; la durée de la couverture ; les délais de récupération des sommes ; la concentration auprès d’un nombre réduit de réassureurs. La réassurance améliore la résistance de la compagnie, mais ne corrige pas une mauvaise tarification ou une politique de souscription incontrôlée. Troisième fonction : aider à lancer de nouveaux produits Le réassureur dispose souvent d’une vision internationale et d’une expertise approfondie sur certains risques. Il peut accompagner un assureur souhaitant entrer sur un nouveau marché. Florence Grosjean prend l’exemple d’un assureur habitation qui voudrait développer une offre cyber sans posséder suffisamment d’expérience pour tarifer ce risque. Le réassureur peut alors apporter : des données historiques ; des modèles de fréquence et de sévérité ; une méthodologie de tarification ; une expertise juridique ; une connaissance des sinistres observés sur d’autres marchés ; une capacité financière ; un partage du risque pendant la montée en compétence. « Il y a vraiment un accompagnement au niveau de la construction des produits par les réassureurs. » Cette fonction permet à l’assureur d’innover sans conserver seul l’intégralité d’un risque encore mal connu. Le réassureur devient à la fois partenaire financier, technique et commercial. Pourquoi la réassurance est-elle la « haute couture » de l’assurance ? Florence Grosjean résume son attachement au secteur avec une formule forte : « La réassurance, c’est vraiment la haute couture du monde de l’assurance. » Les contrats d’assurance destinés au grand public sont généralement standardisés. En réassurance, deux professionnels négocient directement le périmètre, le prix, les exclusions, les plafonds et les modalités opérationnelles de la couverture. Chaque programme dépend notamment : du portefeuille de la cédante ; de son appétence au risque ; de son historique de sinistres ; de sa stratégie de développement ; de la qualité de sa souscription ; de ses contraintes réglementaires ; des capacités disponibles sur le marché. Même les traités reposant sur des structures classiques peuvent donc contenir des aménagements importants. Cette personnalisation apporte de la précision, mais elle augmente aussi la complexité. La rédaction du contrat, son paramétrage dans les outils et son suivi comptable doivent rester parfaitement cohérents. Cédante, réassureur et rétrocessionnaire Le transfert ne s’arrête pas toujours au premier réassureur. Un réassureur peut décider de transférer à son tour une partie des engagements qu’il a acceptés. Cette opération s’appelle la rétrocession. L’entreprise qui reçoit le risque devient le rétrocessionnaire. Le mécanisme forme alors une chaîne : Assuré → Assureur cédant → Réassureur → Rétrocessionnaire La rétrocession aide le réassureur à : réduire sa propre exposition ; limiter un cumul ; équilibrer son portefeuille ; libérer de la capacité ; protéger ses résultats contre un événement extrême. Le glossaire de l’APREF définit la rétrocession comme la cession, par un réassureur, d’une fraction des risques qu’il s’est engagé à garantir. Chaque nouveau transfert ajoute toutefois un risque de contrepartie et une dépendance supplémentaire à la qualité des contrats. Traité et facultative : deux façons de céder le risque La réassurance peut être organisée à l’échelle d’un portefeuille ou risque par risque. Le traité de réassurance Un traité couvre automatiquement une catégorie de contrats respectant les conditions définies. Un assureur peut, par exemple, céder un portefeuille d’assurance habitation, automobile ou vie. Un seul traité peut donc recouvrir des milliers de polices sous-jacentes. Florence Grosjean explique qu’un contrat de réassurance peut parfois couvrir 100 000 contrats d’assurance directe. Le réassureur ne dispose pas nécessairement du détail individuel de chaque assuré. Il s’appuie sur les données agrégées et sur la qualité de la gestion de la cédante. La réassurance facultative La facultative porte sur un risque particulier, étudié individuellement. Elle peut être utilisée lorsqu’un contrat : présente un montant exceptionnel ; ne rentre pas dans les limites du traité ; possède des caractéristiques atypiques ; nécessite une expertise spécifique ; provoquerait une concentration trop importante. Une usine, un immeuble de grande hauteur ou un risque industriel complexe peut ainsi faire l’objet d’un placement facultatif. Critère Traité Facultative Périmètre Portefeuille défini Risque individuel Acceptation Automatique si les conditions sont remplies Étude et acceptation spécifiques Volume Potentiellement des milliers de polices Une police ou un risque Gestion Industrialisée Plus personnalisée Usage Portefeuilles récurrents Risques importants ou atypiques Réassurance proportionnelle et non proportionnelle Cette distinction décrit la manière dont les primes et les sinistres sont répartis. La réassurance proportionnelle Dans un accord proportionnel, l’assureur et le réassureur se partagent les primes et les sinistres selon une proportion définie. Prenons un traité en quote-part de 30 % : le réassureur reçoit 30 % des primes concernées ; il supporte 30 % des sinistres couverts ; l’assureur conserve les 70 % restants. Si un sinistre couvert atteint 1 million d’euros, la part théorique du réassureur s’élève à 300 000 euros, sous réserve des autres conditions contractuelles. Cette structure permet à l’assureur de réduire son exposition sur l’ensemble d’un portefeuille, y compris sur les sinistres de petite et moyenne taille. La réassurance non proportionnelle Dans un contrat non proportionnel, le réassureur intervient lorsque les pertes dépassent un seuil appelé rétention ou point d’attachement. Un traité peut, par exemple, offrir 20 millions d’euros de couverture au-delà d’une rétention de 10 millions. Pour un sinistre couvert de 25 millions d’euros : l’assureur conserve les 10 premiers millions ; le réassureur prend en charge les 15 millions suivants ; la limite de 20 millions n’est pas entièrement consommée. SCOR distingue également ces deux mécanismes : partage fixe des primes et sinistres en proportionnel, intervention au-dessus d’un seuil en non proportionnel. Réassurance proportionnelle Réassurance non proportionnelle Partage d’un pourcentage des primes Prix spécifique de la couverture Partage du même pourcentage des sinistres Intervention au-delà d’un seuil Protège l’ensemble du portefeuille cédé Protège surtout contre les pertes sévères Utile pour accompagner une croissance Utile contre les pics de sinistralité Exemple : quote-part Exemple : excédent de sinistre Les assureurs combinent souvent plusieurs couches de protection. Une couverture proportionnelle peut réduire l’exposition globale, tandis qu’un traité non proportionnel protège le portefeuille restant contre un événement exceptionnel. Le collatéral, une garantie au cœur des opérations Certains contrats exigent qu’une partie mette à disposition des actifs en garantie de ses engagements. Il s’agit du collatéral. Celui-ci peut prendre plusieurs formes : espèces ; titres financiers ; lettre de crédit ; caution ; actifs placés dans un compte ou un trust dédié. Le collatéral doit être disponible dans les délais prévus. Sa gestion implique donc les équipes de trésorerie, les juristes et les fonctions opérationnelles. Florence Grosjean explique qu’une clause peut devenir difficile à appliquer si un appel de marge tombe un jour férié ou si les titres demandés ne peuvent pas être vendus dans le délai prévu. Cet exemple illustre la nature sur mesure de la réassurance : une disposition financière apparemment secondaire peut avoir des conséquences opérationnelles majeures. À retenir : Un bon traité ne doit pas seulement être pertinent sur le plan actuariel. Il doit aussi être exécutable par les équipes finance, trésorerie, gestion et comptabilité. Pourquoi les données de réassurance sont-elles complexes ? La réassurance dépend d’informations transmises par les cédantes : primes, expositions, sinistres, provisions et mouvements de portefeuille. Or ces informations peuvent arriver tardivement. Florence Grosjean évoque un décalage moyen de six mois dans certaines opérations : les comptes arrêtés au 31 décembre peuvent n’être reçus qu’à la fin du mois de juin. Cette situation oblige les équipes à utiliser de nombreuses estimations. Des formats encore hétérogènes Les données peuvent être transmises sous différentes formes : fichiers structurés ; tableurs ; bordereaux ; interfaces entre logiciels ; documents PDF ; extractions manuelles. Un document exploitable pour un humain ne l’est pas nécessairement pour un système informatique. Les équipes doivent alors ressaisir, rapprocher et contrôler les données avant de pouvoir les comptabiliser ou les analyser. Cette hétérogénéité complique : les clôtures financières ; le provisionnement ; le suivi des sinistres ; le calcul des montants récupérables ; les reportings réglementaires ; la gestion de trésorerie. Pourquoi les réassureurs auditent-ils les cédantes ? Le réassureur ne connaît pas toujours chaque police située sous le traité. Il doit donc s’assurer que la compagnie applique une politique de souscription et une gestion compatibles avec les engagements pris. Des audits peuvent porter sur : la sélection des risques ; la tarification ; l’administration du portefeuille ; la qualité des données ; la gestion des sinistres ; le respect des conditions du traité. Si les contrôles sont solides, la relation de confiance se renforce. Dans le cas contraire, le réassureur peut demander davantage d’informations, recommander des améliorations, augmenter le prix ou réduire sa participation. Peut-on appliquer l’IA avant de fiabiliser les données ? L’intelligence artificielle ouvre des possibilités en matière d’analyse, de tarification, de détection d’anomalies et de lecture documentaire. Mais elle ne corrige pas automatiquement une donnée incomplète, tardive ou incohérente. Florence Grosjean résume le paradoxe : « On est en train de parler d’intelligence artificielle alors même qu’on n’a même pas encore résolu nos problèmes d’Excel. » Avant d’industrialiser l’IA, les assureurs et réassureurs doivent construire un socle commun : une définition partagée des données ; une source de référence ; des contrôles de qualité ; une traçabilité des corrections ; des droits d’accès adaptés ; des rapprochements entre finance, actuariat et réglementation. Sans cette gouvernance, deux départements peuvent produire des résultats différents à partir de versions distinctes du même portefeuille. L’IA peut ensuite accélérer l’analyse. Elle ne remplace ni la qualité de la donnée ni la compréhension du traité. Réassurance et catastrophes naturelles Le changement climatique accroît l’importance des mécanismes de mutualisation et de réassurance. Les inondations, sécheresses, cyclones ou mouvements de terrain peuvent toucher simultanément un grand nombre d’assurés. En France, le régime Cat Nat repose sur une solidarité nationale et sur l’intervention de CCR, réassureur public bénéficiant de la garantie de l’État. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la surprime Cat Nat est passée : de 12 % à 20 % pour les contrats couvrant les dommages aux biens ; de 6 % à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles. Cette évolution vise à renforcer les ressources d’un régime confronté à une hausse structurelle de la sinistralité. (Ministère de l’Économie) La hausse ne correspond pas à une augmentation de 20 % de toute la prime d’assurance : elle concerne le taux de la surprime appliquée à la partie prévue par le dispositif. La réassurance peut-elle tout absorber ? Non. Une capacité de réassurance reste limitée et possède un prix. Si les événements deviennent plus fréquents, plus corrélés ou plus coûteux, les conditions peuvent se durcir : primes de réassurance plus élevées ; rétentions plus importantes ; capacités réduites ; exclusions renforcées ; exigences supplémentaires en matière de prévention. La réassurance est un pilier de l’assurabilité, mais elle ne dispense pas d’adapter les bâtiments, les territoires et les comportements. Réassurance et risques émergents : l’exemple du cyber Le cyber cumule plusieurs difficultés : historique limité ; évolution rapide des techniques d’attaque ; accumulation possible chez un prestataire commun ; dépendance à quelques fournisseurs technologiques ; préjudice difficile à quantifier ; manque de maturité de certaines entreprises. Un réassureur peut aider l’assureur à analyser ce risque, concevoir les garanties et limiter son exposition. Mais la couverture ne peut se substituer aux contrôles internes. La fraude au président, évoquée dans l’épisode, en offre une illustration. Le fraudeur usurpe l’identité d’un dirigeant pour obtenir un virement urgent. Les petites entreprises peuvent être exposées lorsque les procédures de validation sont insuffisantes. La première protection demeure organisationnelle : double validation, rappel sur un numéro connu, sensibilisation des équipes et séparation des pouvoirs. Assurance paramétrique : une nouvelle manière de déclencher l’indemnisation Une assurance paramétrique verse une indemnité lorsqu’un indicateur objectif atteint un seuil défini à l’avance. Le déclencheur peut être : une quantité de pluie ; une vitesse de vent ; une température ; une magnitude sismique ; une durée d’ensoleillement ; un niveau de sécheresse. Il n’est alors pas toujours nécessaire de procéder à une expertise classique du dommage. Florence Grosjean cite Orakle Weather, une solution intégrée aux parcours de réservation. Lorsque le seuil météorologique prévu au contrat est atteint, le client peut être indemnisé automatiquement. L’assurance paramétrique apporte de la rapidité et de la lisibilité. Elle comporte néanmoins un risque de base : l’assuré peut subir un dommage sans que l’indice atteigne le seuil, ou recevoir une indemnité alors que sa perte réelle est limitée. En quoi la réassurance concerne-t-elle les assurés ? Le particulier ne voit généralement pas le traité de réassurance. Il en bénéficie pourtant indirectement. La réassurance permet aux assureurs : de proposer des capacités plus importantes ; de couvrir des activités complexes ; d’absorber des événements exceptionnels ; de lisser leurs résultats ; de développer de nouvelles garanties ; de maintenir leur capacité à indemniser après un choc majeur. Elle soutient également l’activité économique. Un grand événement, un projet industriel ou une infrastructure serait difficile à financer si chaque acteur devait supporter seul l’intégralité d’un scénario catastrophique. La présence d’un filet de sécurité permet d’investir, d’embaucher et d’entreprendre malgré l’incertitude. Ce qu’il faut retenir La réassurance est l’assurance des compagnies d’assurance. La cédante transfère une partie de ses risques au réassureur. Le réassureur peut lui-même se protéger par la rétrocession. La réassurance limite les risques de forte intensité et de cumul. Elle peut améliorer la stabilité financière et la solvabilité. Elle apporte aussi une expertise technique pour lancer de nouveaux produits. Un traité couvre généralement un portefeuille ; une facultative vise un risque précis. La réassurance proportionnelle partage primes et sinistres. La non-proportionnelle intervient au-delà d’un seuil. La qualité des données conditionne la tarification, le provisionnement et les récupérations. L’IA ne peut produire de résultats fiables sans gouvernance préalable des données. Face au climat et au cyber, la réassurance reste essentielle mais ne remplace pas la prévention. La réassurance est bien plus qu’un mécanisme financier mobilisé après une catastrophe. Elle organise la circulation mondiale des risques, protège la capacité des assureurs à honorer leurs engagements et contribue à l’apparition de nouvelles couvertures. Son fonctionnement repose toutefois sur un équilibre exigeant : contrats sur mesure, données fiables, tarification adéquate, solvabilité des contreparties et coopération entre assureurs et réassureurs. C’est précisément cette combinaison de technique, de finance et de négociation qui en fait la « haute couture » de l’assurance. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Florence Grosjean dans l’épisode 8 d’Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Pour contacter Florence Grosjean via LinkedIn https://www.futuregrowthconsulting.fr/ FAQ Qu’est-ce que la réassurance ? La réassurance est un contrat par lequel un assureur transfère une partie des risques qu’il a couverts à un réassureur. En échange d’une prime, celui-ci rembourse une part des sinistres selon les limites convenues. Elle permet de répartir les risques à une échelle plus large. Pourquoi une compagnie d’assurance se réassure-t-elle ? Une compagnie se réassure pour limiter son exposition aux sinistres importants, réduire les effets d’un cumul et stabiliser ses résultats. La réassurance peut également soutenir sa solvabilité, augmenter sa capacité de souscription et lui apporter une expertise lorsqu’elle développe un nouveau produit. Qu’est-ce qu’une cédante en réassurance ? La cédante est la compagnie d’assurance qui transfère une partie de ses risques à un réassureur. Elle reste généralement responsable vis-à-vis de ses propres assurés. Le réassureur lui rembourse ensuite les montants dus au titre du traité, selon les garanties, seuils et plafonds négociés. Quelle différence entre réassurance proportionnelle et non proportionnelle ? En réassurance proportionnelle, l’assureur et le réassureur partagent les primes et les sinistres selon un pourcentage défini. En non-proportionnelle, le réassureur intervient seulement lorsque les pertes dépassent une rétention. Sa participation est limitée par le plafond du contrat. Quelle différence entre un traité et une facultative ? Un traité couvre automatiquement un portefeuille de risques correspondant à des critères définis. Une facultative porte sur une police ou un risque étudié individuellement. Elle est notamment utilisée pour les expositions atypiques, très élevées ou situées en dehors des limites d’un traité existant. Qu’est-ce que la rétrocession ? La rétrocession est l’opération par laquelle un réassureur transfère à son tour une partie des risques acceptés à un autre réassureur, appelé rétrocessionnaire. Elle lui permet de limiter ses cumuls, de protéger son capital et d’équilibrer son portefeuille. La réassurance protège-t-elle directement les assurés ? L’assuré n’est généralement pas partie au traité de réassurance et continue de s’adresser à sa compagnie. Il bénéficie néanmoins indirectement du dispositif, car celui-ci renforce la capacité de l’assureur à couvrir des risques importants et à absorber les conséquences financières d’événements exceptionnels. Comment la réassurance améliore-t-elle la solvabilité ? La réassurance réduit certains risques conservés par l’assureur et peut diminuer la volatilité de ses pertes. Son effet peut être reconnu dans le calcul du capital réglementaire si le transfert est effectif et respecte les critères applicables. Le risque de défaillance du réassureur doit également être pris en compte. Quel est le rôle des données en réassurance ? Les données permettent au réassureur d’évaluer le portefeuille, de calculer la prime, d’estimer les sinistres et de suivre les montants récupérables. Des informations tardives ou incohérentes augmentent le recours aux estimations et compliquent le provisionnement, la comptabilité et le reporting réglementaire. 📚 RECOMMANDATIONS Stronger (What Doesn’t Kill You) – Kelly Clarkson Podcast : Generation Do It Yourself – Matthieu Stefani Le podcast de Pauline Laigneau Podcast : J'peux Pas J'ai Business Livre : Getting Things Done : The Art of Stress-free Productivity Livre de W.Chan Kim & Renée Mauborgne : Stratégie océan bleu Livre de Anthony Galluzzo : Le mythe de l'entrepreneur Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5.Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d'intro 00:01:22-Description de mon invitée 00:04:40-Question Mystère 00:05:37-Pourquoi la réassurance ? 00:09:25-Pourquoi faire le choix de l'entrepreneuriat ? 00:11:21-Conseil en croissance future 00:12:38-Définition de la réassurance par l'IA 00:13:44-Pourquoi les assureurs mettent-ils en place des traités de réassurance ? 00:19:49-Risque Cyber 00:22:35-L'assurance VS la réassurance : une alliance ou une opposition ? 00:24:44-Clôture : Récupération données réassurance 00:27:01-Gestion des traités de réassurance 00:31:53-Cas sous-évaluation de prime 00:32:43-Risques climatiques 00:35:19-Expérience Américaine : Analyse de la planification financière0 00:38:48-Marge : France VS USA 00:40:05-Régulateurs 00:43:06-Dansons 00:43:54-Mindset Français VS Américain 00:48:32-Challenge : Réussites / Difficultés 00:52:43-Recommandations : Podcasts, Livres 00:58:05-Conseils début de carrière 00:58:39-Assurance paramétrique 01:01:18-Réassurance : Enjeux IT, IA 01:08:50-Qu'est ce qui t'enthousiasme le plus pour les années à venir ? 01:10:07-Prochain invité ? 01:11:20-Remerciements 01:12:00-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! 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- Assurance freelance : obligations et garanties clés
Pour regarder Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Assurance freelance : quelles garanties choisir pour protéger son activité ? Devenir freelance offre davantage de liberté, mais fait aussi disparaître une partie du filet de sécurité associé au salariat. Une erreur professionnelle, un litige contractuel, un accident ou une cyberattaque peut rapidement affecter l’activité et les revenus de l’indépendant. Faut-il obligatoirement souscrire une RC Pro ? Comment se protéger en cas d’arrêt de travail ? Une assurance cyber est-elle utile lorsque l’on travaille seul ? Il n’existe pas de réponse identique pour tous les entrepreneurs. Une bonne assurance freelance doit correspondre au métier exercé, aux engagements pris envers les clients, aux données manipulées et à la situation personnelle du professionnel. Voici comment construire une protection réellement adaptée. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Antoine Gandois reçoit Marie-Virginie Barnett, courtière disposant de plus de dix ans d’expérience en assurance professionnelle et fondatrice de Toasta, marque destinée aux freelances, entrepreneurs et start-up. Depuis l’enregistrement, Toasta est devenue Matrisk Direct. L’invitée explique comment identifier les assurances obligatoires, distinguer RC Pro et RC exploitation, protéger ses revenus et évaluer le risque cyber. Elle partage également plusieurs situations rencontrées auprès de ses clients. L’intérêt de cet échange tient à sa méthode : ne pas empiler les contrats, mais partir de l’activité réelle, des engagements commerciaux et des conséquences qu’un incident pourrait avoir sur l’entreprise ou la vie personnelle du dirigeant. Avant de s’assurer, vérifier que son activité est viable Le premier conseil de Marie-Virginie Barnett ne concerne pas directement l’assurance. Il porte sur le modèle économique. « L’argent, quand on est indépendant et à son compte, c’est le nerf de la guerre. » Un contrat d’assurance protège contre certains événements identifiés. Il ne compense pas une offre mal positionnée, une tarification insuffisante ou une absence de clients. Avant de comparer des garanties, le freelance doit donc pouvoir répondre à quatre questions : Quel produit ou service est-il réellement en train de vendre ? À quels clients s’adresse-t-il ? Quel prix lui permet de couvrir ses charges et de se rémunérer ? Combien de missions doit-il réaliser chaque mois pour atteindre l’équilibre ? Cette approche rejoint la logique du business plan. Bpifrance rappelle que celui-ci permet de tester la faisabilité du projet, sa rentabilité et ses besoins financiers. (Bpifrance Création) L’assurance ne remplace pas la prévention. Un risque peut être traité de plusieurs manières : l’éviter, par exemple en refusant une mission hors de son domaine de compétence ; le réduire, grâce à des contrats clairs, des sauvegardes ou un plan de continuité ; le partager, avec un sous-traitant ou un partenaire ; le transférer, notamment à un assureur. L’assurance intervient principalement dans la quatrième catégorie. Elle ne dispense jamais le professionnel de sécuriser son organisation. À retenir : une assurance protège un modèle économique viable. Elle ne transforme pas une activité fragile en entreprise pérenne. L’assurance freelance est-elle obligatoire ? Il n’existe pas d’obligation générale de souscrire une RC Pro pour tous les freelances. L’obligation dépend avant tout de l’activité exercée, et non du statut choisi. Un micro-entrepreneur, un entrepreneur individuel et le dirigeant d’une société peuvent être soumis à des règles différentes selon leur profession. Les professions réglementées Certaines activités sont soumises à une obligation d’assurance. C’est notamment le cas de nombreux professionnels : de la santé ; du droit ; de la construction ; de l’immobilier ; du chiffre ; de l’assurance et de la finance ; du tourisme ou de la sécurité pour certaines activités. Un constructeur peut, par exemple, devoir souscrire une assurance de responsabilité décennale. Un courtier ou un mandataire d’assurance est également soumis à des obligations propres à son activité. La fiche officielle de Service-Public précise que les assurances obligatoires du micro-entrepreneur varient selon l’activité exercée. (Entreprendre.Service-Public.fr) Comment vérifier si son métier est réglementé ? L’annuaire des activités et professions réglementées de l’INPI permet d’effectuer une première vérification. Il présente les conditions d’accès, les qualifications et les éventuelles obligations associées à chaque métier. Cette recherche doit porter sur la réalité des prestations, pas seulement sur l’intitulé commercial choisi. Un entrepreneur peut se présenter comme « consultant en stratégie patrimoniale », « expert en investissement » ou « concierge immobilier ». Selon les actes effectivement réalisés, son activité peut entrer dans le champ d’une profession réglementée. Marie-Virginie Barnett donne l’exemple de la conciergerie. Certaines prestations relèvent d’une simple assistance aux propriétaires. D’autres peuvent se rapprocher de l’entremise ou de la gestion immobilière, activités soumises à un cadre plus exigeant. Le bon réflexe consiste à décrire précisément : les conseils fournis ; les actes réalisés pour le compte du client ; les fonds éventuellement encaissés ; les contrats négociés ou signés ; les biens et personnes concernés. En cas de doute, une validation auprès de l’organisme professionnel compétent ou d’un juriste reste préférable. Obligation légale et exigence contractuelle Une assurance peut ne pas être imposée par la loi tout en étant exigée par un client. Les grands groupes, plateformes et donneurs d’ordre publics réclament fréquemment une attestation de RC Pro avant le début de la mission. Il faut donc distinguer : l’obligation légale, liée à la profession ; l’obligation contractuelle, prévue par le client ou le bail ; la recommandation de gestion, motivée par le niveau de risque. Quelles assurances un freelance doit-il envisager ? La bonne couverture dépend de ce qui peut être endommagé : le client, un tiers, les revenus de l’indépendant, ses données, son matériel ou ses locaux. Risque principal Garantie à étudier Exemple Erreur, négligence ou mauvais conseil RC professionnelle Une recommandation provoque une perte financière Accident pendant l’activité RC exploitation Un objet est cassé chez un client Litige contractuel Protection juridique professionnelle Un client refuse de payer une facture Maladie, accident ou invalidité Prévoyance L’indépendant ne peut plus travailler Dépenses de santé Complémentaire santé Hospitalisation, soins dentaires ou optiques Vol ou détérioration du matériel Multirisque ou garantie matériel nomade Ordinateur endommagé pendant un déplacement Cyberattaque ou violation de données Assurance cyber Site bloqué ou fichiers clients compromis Dommages aux locaux Multirisque professionnelle Incendie, dégât des eaux ou cambriolage Ce tableau sert de point de départ. Les garanties, exclusions, franchises et plafonds varient fortement d’un contrat à l’autre. La RC Pro, première protection de l’activité La responsabilité civile professionnelle couvre, dans les limites du contrat, les conséquences financières des dommages causés à un client ou à un tiers à l’occasion d’une prestation. Elle peut intervenir après : une erreur ; une omission ; une négligence ; un conseil inadapté ; un manquement professionnel ; un retard ayant causé un préjudice, lorsque ce risque est garanti. Un exemple de mise en cause contractuelle Marie-Virginie Barnett évoque le cas anonymisé d’un freelance chargé de livrer un site internet à une collectivité. Un problème technique et logistique l’empêche de respecter le calendrier. Le contrat permet alors au donneur d’ordre de demander une compensation financière. L’assureur intervient pour accompagner le professionnel et, selon les garanties mobilisables, prendre en charge les conséquences de la réclamation. Cette situation montre que le risque ne dépend pas seulement de la qualité technique du freelance. Il dépend aussi : des clauses signées ; du calendrier promis ; des pénalités ; des obligations de résultat éventuelles ; de la capacité à remplacer le prestataire en cas d’absence ; du rapport de force entre les parties. À quel moment souscrire une RC Pro ? Lorsque la RC Pro est obligatoire, elle doit être souscrite avant le démarrage de l’activité concernée. Dans les autres métiers, il est pertinent de l’étudier avant la première mission significative, en particulier lorsque : le client exige une attestation ; l’erreur peut provoquer une perte financière importante ; la prestation touche des données ou systèmes critiques ; le freelance intervient dans les locaux du client ; le contrat prévoit des pénalités ; le donneur d’ordre est beaucoup plus important que le prestataire. Le chiffre d’affaires n’est pas le seul critère. Une mission peu rémunérée peut exposer à un dommage très supérieur au montant de la facture. RC Pro et RC exploitation : quelle différence ? Ces garanties sont complémentaires, mais elles ne couvrent pas la même origine de dommage. La RC professionnelle Elle concerne principalement les dommages résultant de la prestation ou de l’expertise vendue. Exemples : un consultant recommande une stratégie dommageable ; un développeur commet une erreur dans un outil ; un formateur transmet une information erronée ; un prestataire manque une échéance essentielle. La RC exploitation Elle concerne les accidents de la vie courante de l’entreprise, sans lien direct avec la qualité de la prestation. Exemples : le freelance renverse un café sur l’ordinateur du client ; un visiteur se blesse dans son bureau ; du matériel tombe et endommage un bien ; le professionnel blesse accidentellement une personne pendant une intervention. De nombreux contrats de RC Pro incluent une RC exploitation, mais ce n’est pas une raison pour la présumer acquise. Il faut vérifier son existence, son plafond et sa franchise. À retenir : la RC Pro protège contre les conséquences d’une prestation défaillante. La RC exploitation couvre plutôt les accidents survenus pendant le fonctionnement quotidien de l’activité. La protection juridique professionnelle Le premier niveau de protection reste contractuel. Des devis précis, des conditions générales cohérentes et des responsabilités clairement définies peuvent éviter de nombreux litiges. La protection juridique professionnelle peut compléter ce dispositif. Selon le contrat, elle donne accès à : des informations juridiques ; une recherche de solution amiable ; une assistance en cas de litige ; la prise en charge de certains honoraires d’avocat ou d’expert ; une défense lors d’une procédure. Elle peut notamment être utile en cas de désaccord avec un client, un fournisseur, un propriétaire ou un prestataire. Les limites à contrôler Une protection juridique ne remplace pas systématiquement l’intervention d’un avocat. Avant de souscrire, il convient de vérifier : les domaines couverts ; le seuil minimal d’intervention ; les plafonds d’honoraires ; les délais de carence ; les exclusions ; la possibilité de choisir son avocat ; le périmètre géographique. Pour une opération complexe ou un contrat à fort enjeu, un conseil juridique personnalisé peut rester nécessaire. Comment protéger ses revenus en cas d’arrêt de travail ? Un freelance dépend souvent directement de sa capacité à travailler. Une maladie, un accident ou une invalidité peut donc toucher à la fois sa santé et son chiffre d’affaires. Les travailleurs indépendants disposent de droits sociaux, mais les prestations dépendent notamment des revenus déclarés et de la durée d’affiliation. L’Urssaf indique que des indemnités journalières peuvent être versées sous conditions, après un délai de carence, sur la base des revenus cotisés. (Urssaf) Le rôle de la prévoyance Un contrat de prévoyance peut compléter cette protection en cas : d’incapacité temporaire ; d’invalidité permanente ; de perte d’autonomie selon les contrats ; de décès. Il peut prévoir des indemnités journalières, une rente ou un capital versé aux proches. Le besoin dépend de plusieurs éléments : montant des dépenses personnelles incompressibles ; trésorerie disponible ; revenus du conjoint ; présence d’enfants ou de personnes à charge ; capacité de l’activité à fonctionner sans le dirigeant ; montant des prestations du régime obligatoire. L’arrivée d’un enfant, un emprunt immobilier, une hausse de revenus ou le recrutement d’un salarié sont de bons moments pour réévaluer la couverture. Les points à comparer Le tarif ne suffit pas. Il faut notamment regarder : le délai de franchise avant indemnisation ; la durée maximale de versement ; la définition de l’incapacité et de l’invalidité ; la prise en compte de la profession réellement exercée ; les exclusions médicales ou sportives ; le mode de calcul de l’indemnité ; le capital décès ; les formalités médicales. Un indépendant bénéficie-t-il de l’assurance chômage ? La protection contre la cessation d’activité ne doit pas être confondue avec la prévoyance. L’allocation des travailleurs indépendants peut être accordée en cas de perte involontaire et définitive de l’activité, sous conditions. Selon France Travail, elle est actuellement comprise entre 19,73 et 26,30 euros par jour en métropole et versée pendant 182 jours au maximum. (France Travail) Elle n’est ni automatique ni équivalente à l’assurance chômage d’un salarié. Les conditions d’éligibilité doivent être vérifiées auprès de France Travail. Un freelance peut aussi étudier des solutions privées, mais leur coût, leurs exclusions et les circonstances ouvrant droit à indemnisation doivent être examinés attentivement. Assurance cyber : les freelances sont-ils concernés ? Travailler seul ne protège pas contre le risque informatique. Un indépendant peut détenir : les coordonnées de ses clients ; des documents contractuels ; des données de santé ; des identifiants d’accès ; des informations financières ; le code ou les données d’un système client. Un site indisponible, un ordinateur chiffré ou un compte de messagerie compromis peut interrompre l’activité et engager la responsabilité du professionnel. Que peut couvrir une assurance cyber ? Selon le contrat, une assurance cyber peut associer : assistance d’urgence ; analyse de l’incident ; restauration de données ; gestion de crise ; accompagnement juridique ; notification des personnes concernées ; responsabilité envers les tiers ; certaines pertes d’exploitation. Les contrats présentent toutefois des périmètres très différents. Il faut vérifier les prérequis de sécurité, les exclusions et les prestataires mobilisables en cas d’urgence. L’assurance ne remplace pas la cybersécurité. Une assurance cyber ne compense pas l’absence de mesures élémentaires. Cybermalveillance recommande notamment de réaliser des sauvegardes régulières, de les protéger et de tester leur restauration. (Cybermalveillance.gouv.fr) Le freelance doit également : activer l’authentification multifacteur ; mettre à jour ses logiciels ; utiliser des mots de passe uniques ; limiter les droits d’accès ; chiffrer les appareils sensibles ; prévoir une procédure en cas d’incident ; encadrer l’utilisation des outils d’IA. Copier des données confidentielles dans un service d’intelligence artificielle non validé peut créer un nouveau risque. Le « freelance augmenté » doit donc rester un freelance responsable de ses données. Faut-il assurer son matériel et ses locaux ? Un ordinateur, un appareil photo, du matériel audiovisuel ou des équipements techniques peuvent représenter plusieurs mois de chiffre d’affaires. La garantie doit être étudiée si leur perte empêcherait la poursuite de l’activité. Les points à contrôler sont notamment : vol simple ou vol avec effraction ; casse accidentelle ; dommages électriques ; couverture pendant les déplacements ; utilisation à l’étranger ; valeur à neuf ou vétusté ; sauvegarde et récupération des données. Lorsqu’un freelance dispose de bureaux, d’un commerce ou d’un atelier, une multirisque professionnelle peut couvrir les locaux, leur contenu et certaines pertes d’exploitation. Le bail peut également imposer une assurance particulière. Une assurance habitation personnelle ne doit jamais être supposée suffisante pour un usage professionnel. Il faut déclarer l’activité et obtenir une confirmation écrite de l’assureur. Comment choisir ses assurances freelance par ordre de priorité ? La hiérarchie dépend du métier, mais une méthode en quatre niveaux permet d’éviter l’empilement inutile. Niveau 1 : respecter les obligations Vérifier les règles propres à la profession, les exigences du client, le bail et l’usage professionnel d’un véhicule. Niveau 2 : protéger la responsabilité Étudier la RC Pro, la RC exploitation et les clauses contractuelles susceptibles d’entraîner une réclamation. Niveau 3 : protéger la continuité d’activité Examiner la prévoyance, la protection du matériel, les solutions de remplacement et l’assurance cyber. Niveau 4 : protéger le patrimoine personnel Évaluer la complémentaire santé, le décès, l’invalidité et les conséquences financières pour les proches. Cette analyse doit être revue lorsque l’activité évolue : nouveau métier, hausse du chiffre d’affaires, client étranger, recrutement, nouveaux locaux ou manipulation de données plus sensibles. Les erreurs les plus fréquentes Choisir uniquement en fonction du prix Une prime basse peut cacher un plafond insuffisant, une franchise élevée ou une exclusion incompatible avec le métier. Déclarer une activité trop vague Le contrat doit correspondre aux prestations réellement réalisées. Une activité non déclarée peut compromettre la prise en charge d’un sinistre. Confondre RC Pro et protection juridique La première indemnise certaines conséquences d’un dommage couvert. La seconde accompagne la défense des intérêts dans les litiges prévus par le contrat. Oublier les données et les accès clients Un freelance peut être exposé au risque cyber sans exploiter lui-même un site e-commerce. Ne jamais actualiser son contrat La couverture doit suivre l’activité. Un contrat souscrit au lancement peut devenir inadapté après plusieurs années de croissance. Checklist avant de souscrire Avant de signer, le freelance devrait pouvoir répondre à ces questions : Mon activité exacte figure-t-elle dans le contrat ? Mes différentes prestations sont-elles toutes déclarées ? La RC Pro est-elle obligatoire pour mon métier ? Quels dommages corporels, matériels et immatériels sont couverts ? Quel est le plafond par sinistre et par année ? Quelle franchise restera à ma charge ? Les retards et pénalités contractuels sont-ils couverts ou exclus ? Suis-je couvert chez mes clients et à l’étranger ? Mon matériel nomade est-il garanti ? Que se passe-t-il si je ne peux plus travailler ? Les incidents cyber et les données clients sont-ils couverts ? Quels événements doivent être déclarés à l’assureur en cours de contrat ? Ce qu’il faut retenir Toutes les assurances freelance ne sont pas obligatoires. L’obligation dépend du métier exercé, pas seulement du statut. La RC Pro devient prioritaire lorsqu’une erreur peut causer un dommage important. La RC exploitation couvre les accidents liés au fonctionnement courant. La protection juridique aide à traiter certains litiges, dans les limites prévues. La prévoyance protège les revenus en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès. L’assurance cyber doit compléter, et non remplacer, les mesures de sécurité. Le contrat doit évoluer avec les prestations, les clients et le chiffre d’affaires. Les plafonds, franchises et exclusions comptent davantage que le seul prix. Choisir une assurance freelance ne consiste pas à souscrire toutes les garanties disponibles. La bonne méthode part de l’activité réelle : quelles erreurs peuvent être commises, quels dommages pourraient être réclamés, combien de temps le professionnel peut-il vivre sans travailler et quelles ressources sont indispensables à la continuité de son entreprise ? L’assurance doit ensuite prendre en charge les risques que le freelance ne peut raisonnablement ni éviter ni supporter seul. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Marie-Virginie Barnett dans l’épisode d’Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Marie-Virginie Barnett via LinkedIn Site : https://www.matriskdirect.com/ Cet article fournit une information générale. Les obligations et garanties doivent être vérifiées en fonction de chaque activité et de chaque contrat. FAQ La RC Pro est-elle obligatoire pour un freelance ? La RC Pro n’est pas obligatoire pour tous les freelances. Elle l’est pour certaines professions réglementées, notamment dans la santé, le droit, la construction, l’immobilier, l’assurance ou la finance. Un client peut également l’exiger par contrat. Même facultative, elle reste recommandée lorsque l’activité peut provoquer un dommage important. Quelle assurance choisir lorsqu’on débute en freelance ? Il faut commencer par vérifier les obligations liées au métier. La RC Pro est ensuite généralement la première garantie à étudier. Selon la situation, le freelance peut ajouter une RC exploitation, une protection juridique, une prévoyance, une assurance cyber ou une garantie couvrant son matériel et ses locaux. Combien coûte une assurance RC Pro pour un freelance ? Le prix dépend du métier, du chiffre d’affaires, des clients, des plafonds, des franchises et du niveau de risque. Un consultant intervenant auprès de petites entreprises ne présente pas la même exposition qu’un professionnel travaillant dans la santé, le nucléaire, l’aéronautique ou sur des systèmes informatiques critiques. Quelle différence entre RC Pro et RC exploitation ? La RC Pro couvre principalement les dommages provoqués par une erreur, une omission ou un manquement dans la prestation. La RC exploitation concerne plutôt les accidents du quotidien de l’entreprise, comme un bien cassé chez un client ou une personne blessée dans les locaux du professionnel. La prévoyance est-elle nécessaire pour un indépendant ? La prévoyance n’est pas systématiquement obligatoire, mais elle peut être essentielle lorsque les revenus dépendent directement de la capacité à travailler. Elle peut verser une indemnité, une rente ou un capital en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès, selon les conditions prévues au contrat. Une assurance habitation couvre-t-elle le télétravail d’un freelance ? Une assurance habitation peut tolérer certaines activités administratives à domicile, mais elle ne couvre pas automatiquement le matériel, la responsabilité ou les stocks professionnels. Le freelance doit déclarer son activité à son assureur et obtenir une confirmation écrite des garanties applicables. Un freelance a-t-il besoin d’une assurance cyber ? Elle mérite d’être étudiée si le freelance conserve des données clients, administre des sites, possède des accès à des systèmes tiers ou dépend fortement de son informatique. L’assurance peut financer l’assistance et certaines conséquences du sinistre, mais elle ne remplace pas les sauvegardes et les mesures de sécurité. Que couvre la protection juridique professionnelle ? Selon le contrat, elle peut fournir des informations juridiques, accompagner une négociation amiable et financer une partie des frais d’avocat ou d’expert. Elle peut intervenir lors d’un conflit avec un client, un fournisseur ou un bailleur, sous réserve des exclusions, plafonds et délais de carence. 📚 RECOMMANDATIONS Site de l’INPI : https://www.inpi.fr/ Site de bpIfrance : https://www.bpifrance.fr/ Guide du freelance : https://www.toasta.fr/guide-freelance Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. ☎️ CONTACTEZ L'INVITÉ Marie-Virginie Barnett : LinkedIn Site de Toasta : https://www.toasta.fr/ 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. 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- Assurance de demain : IA, prévention et services
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Assurance de demain : de l’indemnisation au partenaire de vie Assurance de demain : de l’indemnisation au partenaire de vie L’assurance de demain ne se contentera plus d’intervenir lorsque le dommage est survenu. Sous l’effet des risques climatiques, de l’intelligence artificielle et des nouvelles attentes des assurés, son rôle s’élargit : prévenir, conseiller, orienter et accompagner. Cette évolution ne signifie pas la disparition de l’indemnisation. Elle traduit plutôt la nécessité de construire une relation plus continue, plus simple et plus utile. Mais comment développer des services sans complexifier les offres ? Jusqu’où automatiser la relation client ? Et comment maintenir une assurance accessible lorsque le coût des sinistres augmente ? Guillaume Brille, directeur général d’Obendy, partage sa vision d’une assurance servicielle, proactive et fondée sur la donnée. Résumé de l’épisode Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Antoine Gandois reçoit Guillaume Brille, directeur général d’Obendy. Après un parcours au Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne, celui-ci a rejoint Obendy en 2017 avant d’en prendre la direction générale en 2024. L’échange prolonge les réflexions du livre blanc L’Assurance de demain, publié par Obendy, Sia et Finance Innovation. Il aborde six transformations majeures : l’évolution des attentes clients, la prévention, l’intelligence artificielle, la plateformisation, l’exploitation des données et l’assurabilité des risques climatiques. Un épisode particulièrement utile pour comprendre pourquoi l’avenir du secteur ne dépend pas uniquement de sa capacité à indemniser, mais aussi de sa faculté à intervenir avant et autour du sinistre. Le modèle historique de l’assurance est-il dépassé ? Le principe fondateur de l’assurance reste inchangé : mutualiser les risques pour protéger les assurés contre les conséquences financières d’un événement incertain. Sans qualité de couverture, gestion efficace du sinistre et indemnisation juste, aucun service complémentaire ne peut compenser les faiblesses du contrat. Le modèle historique n’est donc pas mort. Il n’est simplement plus suffisant pour différencier durablement une marque. Comme le souligne Guillaume Brille : « L’assurance doit devenir un partenaire de vie qui accompagne ses assurés au quotidien, bien au-delà du simple remboursement. » Une relation encore concentrée sur trois moments La relation entre un assureur et son client se résume souvent à trois points de contact : la souscription du contrat ; la déclaration et la gestion d’un sinistre ; la résiliation, notamment lorsque l’expérience vécue n’a pas été satisfaisante. Entre ces étapes, les interactions restent parfois rares. Cette faible fréquence relationnelle crée un paradoxe : l’assurance protège des éléments essentiels (la santé, le logement, la mobilité, l’activité professionnelle) mais sa valeur demeure peu visible lorsque tout va bien. Le contrat est alors perçu comme une dépense obligatoire plutôt que comme un service utile. Intervenir avant, pendant et après le sinistre L’assurance de demain doit étendre sa présence autour de l’indemnisation : avant le sinistre, grâce à l’information, au diagnostic et à la prévention ; pendant le sinistre, avec un parcours simple, un suivi lisible et une assistance adaptée ; après le sinistre, par l’accompagnement, la remise en état et la prévention de nouveaux dommages. Cette continuité transforme la proposition de valeur. L’assureur ne vend plus uniquement une promesse conditionnelle. Il rend sa protection tangible dans le quotidien de l’assuré. À retenir : L’assurance servicielle ne remplace pas le contrat. Elle rend sa valeur plus visible et construit une relation entre deux sinistres. L’expérience client, premier chantier de l’assurance de demain Lorsqu’il est interrogé sur le défi le plus urgent du secteur, Guillaume Brille place les attentes clients avant l’IA, le cyber et même le climat. Cette hiérarchie peut surprendre. Elle repose pourtant sur une logique simple : une innovation n’a de valeur que si elle répond à un besoin compréhensible. Une solution d’intelligence artificielle, un nouveau modèle de tarification ou un service de prévention doivent produire un bénéfice concret pour l’assuré. Simplifier avant d’ajouter de nouveaux services Les assurés peuvent avoir du mal à comprendre : ce que couvre réellement leur contrat ; les exclusions et les franchises applicables ; les garanties déjà présentes dans d’autres contrats ; les justificatifs nécessaires en cas de sinistre ; l’état d’avancement de leur demande. La multiplication des interfaces et des options n’améliore pas automatiquement l’expérience. L’enjeu prioritaire consiste à réduire les frictions : vocabulaire accessible, parcours courts, garanties lisibles et accès rapide à un interlocuteur lorsque la situation le nécessite. Le développement du self-care, c’est-à-dire la possibilité d’effectuer seul certaines démarches, répond à cette attente. L’assuré peut télécharger une attestation, modifier une information, suivre un dossier ou transmettre un document sans attendre l’ouverture d’un centre de relation client. Cette autonomie doit toutefois rester un choix. Un parcours entièrement digital devient contre-productif lorsqu’un client rencontre une difficulté, vit une situation de vulnérabilité ou doit déclarer un sinistre grave. Pourquoi l’expérience client devient-elle stratégique ? Une expérience plus fluide peut agir simultanément sur plusieurs dimensions : satisfaction et fidélisation ; diminution des contacts évitables ; meilleure compréhension des garanties ; collecte de données plus structurées ; détection de nouveaux besoins ; différenciation autrement que par le prix. Sans cette différenciation, la compétition risque de se concentrer sur les tarifs. Or une guerre des prix serait difficilement soutenable dans un environnement marqué par l’augmentation du coût de certains sinistres. La prévention devient le nouveau centre de gravité. Le modèle traditionnel intervient principalement après le dommage. Une approche préventive cherche au contraire à diminuer la probabilité du sinistre ou à en limiter la gravité. Pour Guillaume Brille, cette évolution répond à un double objectif : mieux protéger l’assuré et préserver l’équilibre économique de l’assurance. À quoi ressemble un service de prévention ? La prévention varie selon la nature du risque : diagnostic des risques climatiques autour d’un logement ; alertes avant un épisode de grêle, une inondation ou une tempête ; conseils pour protéger une habitation ; bilan de santé ou accompagnement à l’activité physique ; sensibilisation aux risques cyber ; détection d’une fuite d’eau ; aide à l’adaptation d’un logement face à la perte d’autonomie ; formation à la sécurité routière ou à l’écoconduite. Ces dispositifs produisent de la valeur avant même qu’une garantie soit activée. Ils donnent aussi à l’assureur davantage d’occasions d’expliquer son rôle. Prévenir pour préserver l’accessibilité de l’assurance L’urgence est renforcée par le poids des événements naturels. France Assureurs évalue le coût des sinistres climatiques à 4,9 milliards d’euros en 2024. La moyenne annuelle atteint 5,6 milliards sur la période 2020-2024, contre 3,8 milliards pendant la décennie précédente. Ces données ne décrivent pas une hausse parfaitement linéaire, mais elles illustrent la pression croissante exercée sur le modèle assurantiel. France Assureurs La prévention ne supprimera jamais les catastrophes naturelles. Elle peut néanmoins limiter certains dommages : adaptation des bâtiments, information précoce, entretien des équipements ou réaction plus rapide face à une alerte. Elle doit devenir un investissement mesurable, et non une simple opération de communication. IA et assurance : automatiser sans déshumaniser L’intelligence artificielle peut accélérer le traitement des données et simplifier les démarches. Elle ne possède cependant ni l’empathie, ni la compréhension humaine d’une situation sensible. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre l’IA et le conseiller, mais de répartir intelligemment leurs rôles. Ce que l’IA peut prendre en charge Ce qui doit rester humain Préremplir un formulaire Rassurer un assuré en difficulté Vérifier la présence de pièces Comprendre une situation atypique Classer et préqualifier un dossier Arbitrer un cas complexe Détecter des incohérences Accompagner une personne vulnérable Suggérer une couverture Expliquer et contextualiser le conseil Anticiper certains besoins Assumer une décision à fort impact L’IA comme support à la décision Dans un parcours de sinistre, l’IA peut vérifier des documents, extraire des informations et orienter le dossier vers le service compétent. Le conseiller dispose alors d’un dossier mieux préparé et peut consacrer davantage de temps à l’échange. L’automatisation est particulièrement pertinente pour les opérations répétitives. Elle devient plus sensible lorsqu’elle influence une tarification, une acceptation, un refus ou une suspicion de fraude. Guillaume Brille résume cet équilibre ainsi : « L’IA n’est pas là pour remplacer l’humain, mais pour lui permettre de se concentrer sur ce qui fait vraiment la différence : l’accompagnement émotionnel. » Cette approche rejoint les principes défendus par l’EIOPA : supervision humaine proportionnée, transparence, équité, explicabilité et gouvernance des données. Son enquête européenne sur l’IA générative montre également que les assureurs privilégient encore les usages internes et maintiennent une forte supervision humaine. EIOPA La transparence, condition de la confiance Un assuré doit savoir s’il échange avec un conseiller ou avec une intelligence artificielle. L’illusion d’une conversation humaine peut créer un sentiment de tromperie lorsqu’elle est découverte. La transparence suppose notamment : d’identifier clairement l’assistant virtuel ; d’expliquer l’utilisation des données ; de permettre le recours à un humain ; de signaler les limites du système ; de prévoir une procédure de contestation. Plus la décision peut affecter la vie de l’assuré, plus la supervision humaine doit être forte. À retenir : L’IA doit absorber la complexité technique, pas transférer cette complexité au client. La plateformisation transforme-t-elle l’assureur en prestataire de services ? La plateformisation consiste à réunir, dans un environnement unique, le contrat d’assurance et des services complémentaires : prévention, assistance, accompagnement, orientation ou mise en relation avec des partenaires. Le livre blanc L’Assurance de demain, auquel Guillaume Brille a contribué, identifie précisément la relation client, les nouveaux services, l’IA, la donnée et le Beyond Insurance parmi les grandes transformations du secteur. Un guichet unique autour des moments de vie Pour l’assuré, une plateforme peut faciliter l’accès à plusieurs services liés à un même besoin. Lors d’un déménagement, par exemple, elle pourrait réunir : l’adaptation de l’assurance habitation ; l’évaluation des risques autour du nouveau logement ; un diagnostic de sécurité ; une assistance administrative ; la mise en relation avec des professionnels ; des conseils de prévention. L’objectif n’est pas de proposer le catalogue le plus long. Il s’agit de faire apparaître le bon service au bon moment. Trois sources de valeur pour l’assureur La plateformisation peut contribuer à : mieux connaître les besoins, grâce aux interactions réalisées avec le consentement du client ; augmenter l’engagement, en créant des points de contact utiles entre deux échéances ; développer de nouveaux revenus, par la fidélisation, le rebond commercial ou des partenariats. La plateforme ne doit cependant pas devenir une place de marché déconnectée de la promesse assurantielle. Chaque service doit renforcer la protection, la prévention ou l’accompagnement. Les conditions d’une plateforme crédible Cinq conditions apparaissent essentielles : une utilité clairement identifiable ; une sélection exigeante des partenaires ; une intégration fluide dans les parcours existants ; une gouvernance stricte des données ; une mesure régulière de la satisfaction et de la valeur créée. Le risque serait de multiplier les offres sans cohérence. Une accumulation de remises et de services périphériques ne suffit pas à transformer l’assureur en partenaire de vie. Risques climatiques : les données existent, mais savent-elles parler ? La sécheresse, les inondations ou les épisodes de grêle nécessitent de croiser de nombreuses informations : historique des sinistres, caractéristiques des bâtiments, données météorologiques, nature des sols, projections climatiques et mesures locales de prévention. Dans l’épisode, Guillaume Brille déplace le débat. Selon lui, la principale difficulté ne réside pas toujours dans la collecte, mais dans la capacité à exploiter des données dispersées au sein de systèmes d’information complexes. De la donnée disponible à la donnée actionnable Posséder de grandes quantités de données ne garantit pas une décision pertinente. Il faut encore pouvoir : vérifier leur qualité ; les rapprocher autour d’un même risque ; distinguer observation historique et projection ; actualiser les modèles ; rendre les résultats explicables ; intégrer l’analyse dans les processus opérationnels. Cette distinction est importante. Un modèle entraîné sur le passé peut devenir moins pertinent lorsque le climat modifie la fréquence, la localisation ou l’intensité des événements. Informer sans faire peser tout le risque sur l’assuré La personnalisation tarifaire peut encourager certains comportements préventifs. Poussée trop loin, elle peut également fragiliser le principe de mutualisation en renchérissant fortement la couverture des populations déjà très exposées. L’utilisation des données doit donc rechercher un équilibre entre : précision du risque ; incitation à la prévention ; solidarité entre assurés ; accessibilité de la couverture ; protection contre les discriminations injustifiées. Des services publics comme Géorisques permettent déjà de consulter les risques naturels autour d’un territoire. L’enjeu suivant consiste à transformer cette information en recommandations compréhensibles et en solutions d’adaptation. Comment maintenir une assurance accessible face au climat ? Guillaume Brille identifie quatre piliers complémentaires. 1. Investir dans la prévention et la résilience L’assureur peut aider les particuliers, les entreprises et les collectivités à réduire leur exposition : diagnostic, alerte, conseil, travaux d’adaptation ou accompagnement financier. La prévention doit être ciblée. Une recommandation générale est rarement suffisante pour modifier un comportement. 2. Faire évoluer les produits et la tarification Des garanties plus modulaires peuvent mieux répondre aux profils et aux usages. Cette modularité ne doit toutefois pas vider les contrats de leurs protections essentielles ni rendre les exclusions incompréhensibles. Une tarification incitative peut récompenser un effort de prévention démontré, à condition que les mesures demandées soient techniquement réalisables et financièrement accessibles. 3. Renforcer la mutualisation Certains risques dépassent la capacité d’un acteur isolé. Assureurs, réassureurs, État et collectivités doivent alors coordonner leurs actions. Le sujet ne concerne pas seulement l’indemnisation. Il inclut aussi la cartographie des risques, l’aménagement du territoire, le financement de la prévention et la protection des zones les plus vulnérables. 4. Éduquer et accompagner Une information utile doit permettre à l’assuré de comprendre : les risques auxquels il est exposé ; les gestes de prévention efficaces ; les garanties dont il dispose ; la procédure à suivre en cas d’événement ; les aides et partenaires mobilisables. La pédagogie devient ainsi une composante du service assurantiel. Le modèle économique de l’assurance servicielle Ajouter des services représente un coût. La question est donc moins de savoir qui finance intégralement le dispositif que de mesurer l’ensemble de la valeur créée. Un assureur peut suivre : le taux d’activation des services ; la satisfaction après utilisation ; les motifs de contact générés ; le taux de conversion commerciale ; la fidélisation ; la valeur client dans la durée ; la fréquence ou la gravité des sinistres évités ; le coût opérationnel du parcours. Tous les services ne produisent pas nécessairement un retour commercial immédiat. Certains renforcent la confiance ou réduisent le risque à long terme. L’évaluation doit donc combiner indicateurs financiers, relationnels et assurantiels. La donnée ne doit pas non plus être considérée comme une contrepartie implicite. Sa collecte doit rester transparente, proportionnée et rattachée à une finalité légitime. Quelle feuille de route pour les assureurs ? Pour passer du discours à l’exécution, les assureurs peuvent structurer leur transformation en six étapes. 1. Partir d’un problème client précis Plutôt que de lancer une plateforme généraliste, il est préférable d’identifier une difficulté concrète : prévenir les dégâts des eaux, accompagner un aidant, sécuriser un travailleur indépendant ou simplifier un déménagement. 2. Sélectionner les moments de vie prioritaires Tous les besoins ne peuvent pas être traités en même temps. Le choix doit tenir compte de la stratégie de l’assureur, de son portefeuille et des risques couverts. 3. Intégrer les services aux parcours existants Un service isolé, accessible depuis une interface différente, risque de rester invisible. Il doit apparaître au moment pertinent dans l’espace client, les communications ou le parcours de sinistre. 4. Définir le bon partage entre IA et humain Chaque étape doit être examinée selon son niveau de complexité, sa sensibilité et son impact. L’automatisation peut être élevée pour une opération simple ; elle doit être supervisée lorsqu’une décision affecte directement le client. 5. Construire un plan de création de valeur Les objectifs doivent être explicites : réduire les sinistres, améliorer la satisfaction, augmenter l’équipement, diminuer les contacts évitables ou renforcer la fidélisation. 6. Mesurer avant de généraliser Un pilote doit permettre de vérifier l’adoption réelle, l’efficacité du service et sa viabilité économique. La transformation ne se mesure pas au nombre de fonctionnalités lancées, mais à leur utilisation et à leurs effets. Ce qu’il faut retenir L’indemnisation reste le cœur du métier, mais elle ne suffit plus à différencier un assureur. L’expérience client est le point de départ de la transformation. La prévention protège à la fois l’assuré et la soutenabilité économique du modèle. L’IA doit automatiser les tâches, pas effacer l’intervention humaine. Une plateforme utile organise des services cohérents autour des moments de vie. La donnée n’a de valeur que si elle est fiable, exploitable et compréhensible. Les risques climatiques imposent de combiner prévention, tarification, mutualisation et solidarité. Le serviciel doit être piloté comme un modèle économique, pas comme une collection d’options. L’assurance de demain sera plus proactive, plus servicielle et davantage soutenue par la donnée. Mais sa réussite ne dépendra pas uniquement de la sophistication des technologies utilisées. Elle reposera sur une promesse plus exigeante : intervenir au bon moment, expliquer les décisions, prévenir lorsque cela est possible et rester humain lorsque la situation l’impose. L’indemnisation demeure le socle. Les services, la prévention et l’accompagnement lui donnent une présence concrète dans la vie quotidienne. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Guillaume Brille dans l’épisode d’Assurance en coulisses, disponible sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts et les principales plateformes d’écoute. Pour contacter mon invité sur LinkedIn Site d’Obendy : https://obendy.com/ FAQ Qu’est-ce que l’assurance de demain ? L’assurance de demain associe indemnisation, prévention, accompagnement et services personnalisés. Elle utilise la donnée et l’intelligence artificielle pour simplifier les parcours et anticiper certains besoins. Son objectif est d’intervenir avant, pendant et après un sinistre, tout en préservant une relation humaine dans les situations sensibles. Qu’est-ce qu’une assurance servicielle ? Une assurance servicielle complète le contrat par des prestations utiles au quotidien : diagnostics, alertes, conseils de prévention, assistance administrative ou mise en relation avec des professionnels. Ces services rendent la protection plus tangible entre deux sinistres et peuvent renforcer la fidélité des assurés. L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les conseillers en assurance ? L’IA devrait surtout automatiser les tâches répétitives : analyse de documents, préqualification des dossiers, recherche d’informations ou préparation d’une réponse. Le conseiller reste indispensable pour traiter les situations complexes, expliquer une décision, accompagner une personne vulnérable et apporter de l’empathie lors d’un sinistre grave. Pourquoi la prévention devient-elle essentielle pour les assureurs ? La prévention peut réduire la fréquence ou la gravité de certains sinistres. Elle protège mieux les assurés tout en limitant la pression sur les coûts d’indemnisation. Elle permet également à l’assureur de créer une relation utile avant qu’un événement survienne. Comment l’assurance peut-elle rester accessible face aux risques climatiques ? L’accessibilité nécessite de combiner prévention, adaptation des bâtiments, mutualisation, réassurance, partenariats publics-privés et information des assurés. Une tarification plus précise peut compléter ces dispositifs, mais elle ne doit pas conduire à exclure les populations ou les territoires les plus exposés. Qu’est-ce que la plateformisation de l’assurance ? La plateformisation consiste à regrouper dans un même environnement les garanties, les démarches et différents services de prévention ou d’accompagnement. La plateforme peut personnaliser les contenus selon les besoins du client, à condition de respecter son consentement et de ne pas devenir un simple catalogue commercial. Comment la data transforme-t-elle le secteur de l’assurance ? La donnée aide les assureurs à mieux évaluer les risques, personnaliser les parcours, détecter des incohérences et proposer des actions de prévention. Sa valeur dépend toutefois de sa qualité, de sa mise à jour et de son intégration. Une donnée abondante mais dispersée reste difficilement exploitable. Le modèle fondé sur l’indemnisation va-t-il disparaître ? Non. L’indemnisation reste la fonction fondamentale de l’assurance. Le changement porte sur l’élargissement du modèle : l’assureur doit aussi prévenir, conseiller et accompagner. Les services ne remplacent donc pas la couverture du risque ; ils renforcent sa valeur perçue. 📚 RECOMMANDATIONS Les Echos Article ALAN Podcast – Healthier Humanity – Dans les coulisses de notre système de santé Livre Blanc Obendy – L’assurance de demain Profil LinkedIn Thomas Fatôme – Directeur Général de la Caisse Nationale Assurance Maladie Alexandre Pengloan – GEO dans l’assurance : Comment plaire à CHATGPT & CIE Épisode 7 d’Assurance en Coulisses – Héloïse Bridault Fondatrice d’OKOA « LA Start-Up qui réinvente la conciergerie en assurance » Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. ☎️ CONTACTEZ L'INVITÉ 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:45-Présentation 00:04:16-Question signature : Si ton métier devait être un sport quel serait-il ? 00:05:09-L’assurance de demain en une phrase 00:05:52-Le défi le plus urgent dans le secteur de l'assurance 00:08:39-Le modèle historique centré sur l’indemnisation est-il mort au profit d’un modèle de “partenaire de vie” ? 00:13:33-Quel est le secteur entre la banque et l'assurance qui développe les services ? 00:14:22-Comment concilier automatisation via l’IA et maintien du lien humain, surtout dans les moments de sinistres ? 00:18:51-Les assureurs doivent miser sur la prévention dans les années à venir ? 00:21:53-Est-ce que demain on pourrait imaginer qu'un assureur serait avant tout une plateforme de services ? 00:26:11-Comment l’assurance peut-elle rester accessible face à l’explosion des coûts liés aux catastrophes naturelles ? 00:31:17-Recommandations 00:32:53-Q&A 00:35:37-Mot de la fin et remerciements 00:37:25-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! 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- LinkedIn pour les courtiers en assurance : transformer ses posts en clients
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - YouTube Podcast - Amazon Music LinkedIn pour les courtiers en assurance : convertir sans chercher la viralité Sur LinkedIn, un post très visible n’est pas toujours un post qui rapporte du business. Pour un courtier en assurance, la vraie réussite ne se mesure donc pas seulement en impressions, en likes ou en abonnés. Elle se lit aussi dans la qualité des visites de profil, les conversations engagées et les demandes qui apparaissent parfois plusieurs semaines après une publication. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Joris Genty partage une méthode de terrain pour construire un média personnel, démontrer son expertise et transformer progressivement l’attention en opportunités commerciales. Une approche particulièrement pertinente dans un secteur réglementé, concurrentiel et fondé sur la confiance. 🔎 Résumé de l'épisode Diplômé d’un master en droit et assurances, Joris Genty découvre pendant son alternance que de nombreux professionnels du secteur utilisent encore peu les leviers digitaux. Il cofonde alors LinkedBy Agency, une agence spécialisée dans la communication des courtiers, agents généraux et professions réglementées. Au micro d’Assurance en coulisses, il explique pourquoi LinkedIn doit être envisagé comme un média de long terme plutôt que comme une machine à viralité. L’échange aborde la ligne éditoriale, la fréquence de publication, le personal branding, la conversion des visites de profil, la vidéo, la newsletter et l’intelligence artificielle. Son message central est simple : la visibilité ouvre une porte, mais l’expertise et la conversation transforment cette attention en relation commerciale. Pourquoi la viralité ne garantit pas de nouveaux clients ? La confusion entre audience et acquisition est l’un des principaux pièges de LinkedIn. Un contenu généraliste ou émotionnel peut toucher un grand nombre de personnes, provoquer des réactions et faire progresser la notoriété d’un profil. Pourtant, cette audience n’est pas nécessairement composée de prospects. À l’inverse, un post précis sur la responsabilité civile professionnelle, les informations nécessaires pour assurer une activité ou les différences entre deux risques peut attirer moins de lecteurs, mais davantage de personnes directement concernées. Joris Genty résume cette idée en une phrase : « Viralité égale signature client, mais ce n’est pas forcément le cas. » Autrement dit, la portée sert à se faire connaître ; la preuve d’expertise sert à créer une intention. Pour un courtier, les deux types de contenus sont utiles, mais ils ne remplissent pas la même fonction. À retenir : La visibilité crée le premier contact. L’expertise donne une raison de visiter le profil. La conversation transforme ce signal en opportunité. Faire de son profil un média personnel ? Dans un marché où de nombreux cabinets proposent des produits proches, le choix du client repose aussi sur la confiance accordée à la personne qui les explique. Le personal branding ne consiste pas à devenir influenceur. Il s’agit de rendre visibles une expertise, une manière de travailler et une compréhension particulière des risques. Cette logique est particulièrement adaptée à l’assurance. Le client achète une promesse de protection dont il ne constatera peut-être la valeur qu’au moment d’un sinistre. La pédagogie et la crédibilité jouent donc un rôle essentiel. En racontant une visite de risque, une difficulté rencontrée lors d’un rendez-vous ou une question souvent posée par ses clients, le courtier montre concrètement la valeur de son accompagnement. Une ligne éditoriale en trois étages La stratégie proposée dans l’épisode ne repose pas sur un type de publication unique. Elle articule plusieurs niveaux de contenu, chacun associé à un objectif et à un indicateur différent. Niveau Objectif Exemples Indicateur utile Visibilité Faire découvrir le profil Idée reçue sur l’assurance, situation universelle, retour d’expérience Nouvelles personnes touchées Expertise Prouver la maîtrise métier RC Pro, lecture d’une garantie, préparation d’un rendez-vous, prévention Visites de profil qualifiées Conversion Ouvrir une conversation Question ciblée, ressource, invitation à échanger Messages, rendez-vous, leads Cette architecture évite deux écueils. Le premier consiste à ne publier que des contenus généralistes qui attirent sans qualifier. Le second consiste à diffuser uniquement des contenus techniques, excellents sur le fond mais incapables de capter une audience qui ne connaît pas encore le courtier. Commencer avec un rythme réellement tenable La régularité est plus importante que l’intensité. Un courtier qui publie cinq fois la première semaine puis disparaît pendant un mois construit moins de repères qu’un professionnel présent chaque semaine. Joris recommande de commencer avec un ou deux posts hebdomadaires, puis d’ajuster en fonction du temps disponible. Le texte reste un excellent point de départ : il demande peu d’outils et permet de tester rapidement plusieurs sujets. Une photo prise dans un contexte professionnel, un carrousel pédagogique ou une courte vidéo peuvent ensuite compléter le dispositif. Le bon format est celui que le courtier peut maintenir et améliorer dans la durée. L’accroche attire, mais la promesse doit rester crédible. Selon Joris, l’accroche représente une part déterminante de la performance d’un post. Elle doit provoquer une émotion, mettre en avant un contraste ou introduire un chiffre pertinent, sans livrer immédiatement toute la réponse. L’objectif est d’arrêter le défilement, puis de conduire le lecteur vers un contenu utile. Une accroche forte ne doit cependant pas devenir une promesse trompeuse. Dans l’assurance, la crédibilité du professionnel est un actif commercial. Une formulation sensationnaliste qui exagère un risque, simplifie excessivement une garantie ou laisse croire à un résultat certain peut produire des impressions tout en affaiblissant la confiance. Transformer les visiteurs silencieux en conversations Une grande partie des prospects ne commente pas et ne laisse aucun like. Ils lisent, visitent le profil et repartent. C’est pourquoi la publication ne constitue qu’une première étape. Joris conseille d’observer les visiteurs correspondant à la cible du cabinet et d’engager une conversation personnalisée, sans lancer immédiatement un argumentaire commercial. Un message peut simplement remercier la personne pour son intérêt, lui demander ce qui a retenu son attention ou proposer une ressource en rapport avec le sujet. Cette approche ne garantit pas une vente, mais elle transforme un signal faible en échange humain. Comme le rappelle Joris : « Il ne faut pas croire que tous les prospects vont vous contacter automatiquement. » Les métriques qui comptent vraiment Les impressions et les abonnés renseignent sur la visibilité, pas sur la valeur commerciale. Pour piloter une stratégie LinkedIn, un courtier doit relier chaque contenu à son objectif. Un post généraliste peut être évalué par sa capacité à toucher de nouvelles personnes. Un post technique sera plus utilement jugé sur les visites de profil, les demandes de connexion et les conversations qu’il suscite. Un contenu de conversion doit être rapproché des rendez-vous et des opportunités créées. Portée : combien de nouvelles personnes ont découvert le profil ? Qualification : les visiteurs correspondent-ils aux clients recherchés ? Engagement utile : quelles questions ou conversations le post a-t-il déclenchées ? Conversion : combien de rendez-vous et d’opportunités sont reliés au contenu ? Durée : certains contenus continuent-ils à générer des demandes plusieurs semaines après leur publication ? Comment utiliser l’IA sans perdre son authenticité ? L’épisode trace une frontière claire. L’intelligence artificielle est utile pour faire émerger des idées, challenger une accroche, structurer un brouillon ou reproduire progressivement un ton déjà défini. Elle devient moins pertinente lorsqu’elle automatise massivement les commentaires et les messages de prospection. Pour créer un assistant éditorial efficace, le courtier doit lui fournir du contexte : son activité, ses clients, les produits qu’il maîtrise, les sujets qu’il veut défendre et plusieurs exemples de contenus écrits par lui. L’IA peut alors accélérer le travail, mais la relecture humaine reste indispensable pour vérifier les faits, la conformité et la justesse du ton. À retenir : Utiliser l’IA pour préparer et améliorer le contenu. Conserver l’humain pour la validation, les commentaires, les messages et les conversations commerciales. Communiquer dans un secteur réglementé La création de contenu ne dispense pas le courtier de ses obligations. Les messages relatifs à un produit doivent rester clairs, équilibrés et cohérents avec les informations validées par les organismes concernés. Les cas clients doivent être anonymisés et les données personnelles protégées. Les promesses commerciales doivent éviter les résultats garantis ou les raccourcis susceptibles d’induire le public en erreur. La prospection elle-même doit être adaptée au statut de la personne contactée. Depuis le 11 août 2026, la prospection téléphonique des consommateurs repose en principe sur un consentement préalable, sauf exceptions prévues notamment pour les contrats en cours. Les communications électroniques obéissent également à des règles différentes selon qu’elles visent un particulier ou un professionnel. Les sources officielles de la DGCCRF, de la CNIL et de l’ACPR doivent servir de référence avant toute campagne. Un plan LinkedIn simple sur 30 jours Définir une cible prioritaire et trois problématiques qu’elle rencontre réellement. Préparer quatre publications : une idée reçue, deux contenus d’expertise et un retour d’expérience. Publier une fois par semaine, à un rythme fixe et compatible avec l’activité du cabinet. Ajouter à chaque post une accroche claire et une question finale directement liée au sujet. Observer les visites de profil et engager uniquement les conversations pertinentes. Mesurer la portée, la qualification des visiteurs, les messages et les rendez-vous obtenus. Conserver les formats qui servent l’objectif et ajuster les autres sans interrompre la régularité. Ce qu’il faut retenir La viralité n’est pas un indicateur suffisant de performance commerciale. Les contenus généralistes attirent ; les contenus techniques qualifient. Un rythme modeste et régulier vaut mieux qu’une production intensive impossible à maintenir. Le profil, la ligne éditoriale et les conversations forment un même parcours d’acquisition. L’IA doit aider à créer, pas remplacer l’authenticité de la relation. Dans l’assurance, la pédagogie et la conformité renforcent la confiance autant que la créativité. LinkedIn peut devenir un véritable levier de développement pour un courtier en assurance, à condition de l’aborder comme un média de long terme. Le but n’est pas de publier davantage que les autres, mais de rendre son expertise visible, compréhensible et mémorable. La portée donne de l’élan ; la précision crée de la confiance ; la conversation ouvre la voie au business. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Joris Genty dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité via LinkedIn. FAQ LinkedIn fonctionne-t-il vraiment pour les courtiers en assurance ? Oui, à condition de considérer LinkedIn comme un média de long terme et non comme une source automatique de rendez-vous. La plateforme permet de rendre une expertise visible, de créer de la confiance et d’identifier des personnes intéressées. Les résultats dépendent toutefois de la cible, de la régularité, de la pertinence des contenus et de la capacité du courtier à transformer les signaux d’intérêt en conversations personnalisées. Combien de fois un courtier doit-il publier sur LinkedIn ? Un rythme d’un à deux posts par semaine constitue un bon point de départ. L’objectif n’est pas de publier le plus possible, mais de choisir une fréquence que le courtier peut tenir pendant plusieurs mois. Une publication hebdomadaire régulière est généralement plus cohérente qu’une semaine très intensive suivie d’une longue absence. Le rythme peut ensuite évoluer selon les résultats et les ressources disponibles. Comment un courtier peut-il gagner des clients sur LinkedIn ? Un courtier gagne des clients sur LinkedIn en combinant visibilité, expertise et conversation. Il publie régulièrement des contenus accessibles pour attirer, des contenus techniques pour qualifier, puis échange de manière personnalisée avec les visiteurs pertinents de son profil. Les impressions seules ne suffisent pas : il faut mesurer les messages, rendez-vous et opportunités créés. Quelle stratégie de contenu LinkedIn pour un courtier ? Une stratégie efficace alterne trois niveaux : des contenus généralistes pour faire connaître le profil, des publications techniques pour démontrer l’expertise du courtier et des contenus orientés conversation pour créer des opportunités. Un rythme d’un à deux posts par semaine suffit pour commencer si la régularité est maintenue. Quels indicateurs LinkedIn suivre pour mesurer le ROI ? Le ROI LinkedIn d’un courtier se mesure avec plusieurs indicateurs : personnes nouvelles touchées, visites de profil qualifiées, demandes de connexion, conversations engagées, rendez-vous obtenus et opportunités commerciales. Les likes et impressions mesurent surtout la visibilité ; ils ne prouvent pas à eux seuls qu’un contenu génère des clients. Comment utiliser l'IA pour créer des posts LinkedIn ? L’IA peut proposer des sujets, structurer un brouillon et améliorer une accroche si elle reçoit suffisamment de contexte sur le courtier, ses clients et son ton. Chaque contenu doit ensuite être relu, fact-checké et personnalisé. Les messages et commentaires automatisés sont à éviter lorsqu’ils rendent la relation impersonnelle ou hors sujet. Le contenu LinkedIn peut-il remplacer la prospection traditionnelle ? Le contenu peut réduire la dépendance à la prospection froide et faciliter les prises de contact, mais il ne remplace pas automatiquement toute démarche commerciale. Il crée un environnement plus favorable : le prospect connaît déjà le courtier, comprend son expertise et peut engager la conversation avec davantage de confiance. La stratégie la plus solide associe contenu, suivi des signaux d’intérêt, messages personnalisés et autres canaux adaptés à la cible. Quels contenus LinkedIn attirent des prospects qualifiés ? Les contenus techniques et pédagogiques sont souvent les plus qualifiants : explication d’une garantie, préparation d’un rendez-vous, visite de risque, retour d’expérience ou réponse à une question fréquente. Les posts généralistes peuvent élargir l’audience, mais ils doivent être complétés par des publications qui montrent précisément ce que le courtier sait résoudre et pour quels profils de clients. Un courtier doit-il montrer son visage pour réussir sur LinkedIn ? S’exposer personnellement peut accélérer la confiance, mais cela ne signifie pas raconter toute sa vie. Un courtier peut développer une marque personnelle en partageant son analyse, sa méthode, ses apprentissages et des situations professionnelles anonymisées. Le texte, les carrousels, les photos de terrain et les vidéos courtes peuvent être combinés. L’essentiel est d’adopter un ton identifiable et cohérent avec la relation proposée aux clients. Pourquoi un post viral ne génère-t-il pas toujours de clients ? Un post viral touche souvent une audience très large, dont une partie importante ne correspond pas aux clients recherchés. Il peut produire des impressions et des réactions sans intention commerciale. Un contenu plus technique attire parfois moins de lecteurs, mais davantage de personnes concernées par le problème traité. La performance doit donc être évaluée selon l’objectif : notoriété, qualification ou conversion. Les recommandations Livre : From zero to hero : bâtir son influence sur les réseaux de Caroline Mignaux Podcast : Marketing Square de Caroline Mignaux Musique : Danny Elfman - Spider-Man 2 Main Title Livre : Le Pouvoir des habitudes, de Charles Duhigg Écoutez la playlist des invités sur Spotify. Donnez de la force. 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube, TikTok Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire. Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux. LinkedIn - YouTube - Instagram - TikTok
- Comptabilité en assurance : métier, S2 et reporting
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Comptabilité en assurance : métier, reporting et Solvabilité II La comptabilité en assurance ne consiste pas simplement à enregistrer des factures ou à produire un bilan en fin d’année. Primes, sinistres, provisions techniques, placements, données actuarielles, reporting réglementaire : l’information financière d’un assureur se construit à partir de multiples sources qui doivent être rapprochées, contrôlées puis fiabilisées. Et tout cela dans des délais de clôture souvent très contraints. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, un professionnel de la comptabilité et du reporting réglementaire revient sur les coulisses de cette chaîne de production. Son parcours permet de comprendre les spécificités de la comptabilité assurantielle, son lien avec Solvabilité II, l’importance de la qualité des données et les transformations technologiques qui pourraient progressivement automatiser une partie des travaux. Résumé de l’épisode Issu d’un Master Comptabilité Contrôle Audit, l’invité découvre l’assurance à l’occasion d’une alternance au sein d’une mutuelle d’épargne et de retraite. Une opportunité professionnelle qui se transforme progressivement en véritable intérêt pour le secteur. Après plusieurs années entre mutuelles et grandes compagnies, il travaille sur la production des états financiers, la comptabilité générale et fiscale ainsi que le reporting Solvabilité II, notamment les rapports RSR et SFCR. L’épisode permet de suivre très concrètement la chaîne de production financière d’un assureur : récupération des flux techniques et financiers, cadrages, clôture de la balance, production des états financiers puis alimentation du reporting prudentiel. Un témoignage particulièrement utile pour comprendre pourquoi la donnée, l’automatisation et les contrôles deviennent des enjeux majeurs pour les fonctions finance de l’assurance. Qu’est-ce que la comptabilité en assurance ? La comptabilité en assurance désigne l’ensemble des mécanismes permettant d’enregistrer, contrôler et restituer les opérations financières d’un organisme d’assurance. Elle reprend les grands principes de la comptabilité générale, mais doit intégrer plusieurs particularités propres à l’activité assurantielle. Parmi elles : les primes versées par les assurés ; les sinistres et prestations ; les provisions techniques ; les frais d’acquisition et de gestion ; les placements financiers ; les produits financiers ; la réassurance ; les opérations fiscales ; les engagements de long terme. La logique même du secteur est particulière. Dans beaucoup d’entreprises, le coût d’un produit est connu avant sa vente. En assurance, le fonctionnement est inversé : l’assureur encaisse une prime avant de connaître exactement le coût final du risque qu’il devra éventuellement indemniser. C’est ce que l’on appelle souvent l’inversion du cycle de production. Cette caractéristique explique en partie pourquoi actuariat, comptabilité, gestion des risques et finance sont aussi étroitement liés. Que fait un comptable dans une compagnie d’assurance ? Les missions dépendent fortement de la taille et de l’organisation de l’entreprise. C’est l’un des points importants soulignés dans l’épisode. Dans une petite mutuelle, un comptable peut intervenir sur un périmètre très large. Dans une grande compagnie, les responsabilités sont souvent davantage spécialisées. On peut ainsi trouver : des comptables techniques ; des comptables généraux ; des spécialistes des placements ; des équipes consolidation ; des équipes fiscalité ; des spécialistes des normes IFRS ; des équipes reporting Solvabilité II ; des équipes dédiées à la production des états financiers. Le terme comptable technique assurance peut lui-même recouvrir différentes réalités selon l’entreprise. Dans certaines structures, le métier est principalement centré sur les flux de primes et de sinistres. Dans d’autres, il peut également intégrer une partie importante du reporting réglementaire. Cette diversité explique pourquoi une expérience dans plusieurs organismes permet souvent de découvrir des organisations très différentes pour des obligations finalement similaires. De la donnée brute aux états financiers : comment se déroule une clôture ? L’un des passages les plus intéressants de l’épisode concerne la fabrication concrète des états financiers. L’invité compare son métier à un relais. Les équipes comptables chargées du reporting arrivent en bout de chaîne. Avant de produire les comptes, plusieurs métiers ont déjà généré et transmis des données. Étape 1 : récupérer les flux techniques Une compagnie d’assurance dispose d’outils de gestion permettant notamment de suivre : les primes ; les contrats ; les sinistres ; les prestations ; les commissions. Ces données doivent ensuite être intégrées dans l’environnement comptable. Les équipes doivent vérifier que les montants transmis correspondent bien aux flux comptabilisés. C’est le principe du cadrage. Exemple simplifié : Si l’outil de gestion indique 2 millions d’euros de primes à comptabiliser sur une période, le compte comptable correspondant doit permettre de retrouver ce montant. Toute différence doit pouvoir être expliquée. Étape 2 : rapprocher les données de placements Les placements représentent une partie essentielle du bilan d’un assureur. Obligations, actions, immobilier ou fonds génèrent eux-mêmes de nombreuses écritures : acquisitions ; cessions ; coupons ; dividendes ; plus-values ; moins-values ; intérêts ; valorisations. Le résultat financier issu de l’outil de gestion des placements doit donc être rapproché des montants présents en comptabilité. L’objectif reste le même : s’assurer que les différents systèmes racontent la même histoire financière. Étape 3 : intégrer les données actuarielles L’actuariat constitue un autre contributeur majeur. Les provisions techniques représentent les engagements de l’assureur envers ses assurés. Une modification de ces provisions peut modifier fortement : le résultat ; les impôts ; les capitaux propres ; les indicateurs techniques ; le bilan prudentiel. C’est pourquoi les échanges entre actuariat et comptabilité sont particulièrement importants pendant la clôture. Une modification tardive d’une provision peut avoir des conséquences en cascade sur plusieurs états. Étape 4 : figer la balance comptable Lorsque tous les flux sont intégrés et que les principaux cadrages sont réalisés, l’équipe peut enfin disposer d’une balance définitive. Cette étape est déterminante. Avant ce moment, les chiffres peuvent encore changer. Après validation, la période comptable peut être verrouillée afin d’éviter de nouvelles écritures non contrôlées. Dans certaines organisations, ce processus passe par des réunions de validation ou des « go ». Dans d’autres, il repose davantage sur un planning de clôture très précis. Par exemple : date limite pour les frais généraux ; date de clôture des flux techniques ; date de validation des placements ; date de remise des données actuarielles ; date de verrouillage de la période. Une modification exceptionnelle reste possible. Mais elle doit alors être tracée, validée puis intégrée dans l’ensemble des contrôles concernés. À retenir : La production des états financiers commence réellement lorsque l’entreprise dispose d’une donnée figée, réconciliée et suffisamment sécurisée. Produire plus vite sans maîtriser ce point revient surtout à produire rapidement des chiffres potentiellement faux. Pourquoi les cadrages sont-ils si importants ? Le cadrage constitue l’un des principaux mécanismes de sécurisation de l’information financière. Il consiste à comparer deux sources supposées représenter la même réalité. Par exemple : outil de gestion → comptabilité ou : outil placements → comptabilité L’objectif est d’identifier rapidement : les flux absents ; les doublons ; les erreurs de mapping ; les erreurs d’interface ; les écritures comptabilisées sur une mauvaise période ; les différences de périmètre. Le cadrage constitue également un élément important de la piste d’audit. Un auditeur ou un contrôleur doit pouvoir comprendre : d’où provient la donnée ; comment elle a été transformée ; comment elle a été comptabilisée ; quels contrôles ont été réalisés ; qui a validé le résultat. C’est ici que comptabilité et qualité des données se rejoignent directement. Pourquoi la qualité des données est-elle essentielle en comptabilité assurance ? Une erreur dans une donnée source peut se propager très loin. Prenons une chaîne simplifiée : système de gestion → comptabilité → états financiers → Solvabilité II → reporting externe Si la donnée initiale est incorrecte et qu’aucun contrôle ne détecte l’anomalie, l’erreur peut progressivement contaminer plusieurs reportings. La qualité des données ne doit donc pas être contrôlée uniquement à la fin du processus. Elle doit être sécurisée tout au long de la chaîne. Les dimensions les plus importantes sont notamment : exactitude ; exhaustivité ; cohérence ; disponibilité ; traçabilité ; fraîcheur. Cette approche devient particulièrement importante lorsque les entreprises multiplient les systèmes et les interfaces. Quelle différence entre les comptes sociaux et Solvabilité II ? La comptabilité constitue également un point de départ important pour le reporting prudentiel. Mais les deux visions ne sont pas identiques. Les comptes sociaux répondent à des règles comptables. Le bilan économique Solvabilité II vise davantage une représentation économique des actifs et des passifs. Certains postes doivent donc être retraités. L’exemple classique concerne les placements. Dans les comptes sociaux, certains actifs peuvent être suivis selon leurs règles comptables propres. Dans le bilan Solvabilité II, la logique repose en principe sur une valorisation économique conforme au cadre prudentiel. Les provisions techniques sont également recalculées selon les principes Solvabilité II. Cela conduit notamment à la détermination : du Best Estimate ; de la marge de risque ; des fonds propres économiques ; du SCR ; du MCR. La comptabilité sociale reste néanmoins une base de départ incontournable. Qu’est-ce que le reporting Solvabilité II ? Solvabilité II impose aux organismes concernés différents reportings quantitatifs et narratifs. Parmi les documents évoqués dans l’épisode figurent notamment : Le SFCR Le Solvency and Financial Condition Report est le rapport sur la solvabilité et la situation financière. Il est destiné au public. Il présente notamment : l’activité et les performances ; le système de gouvernance ; le profil de risque ; les méthodes de valorisation ; la gestion du capital. Le RSR Le Regular Supervisory Report est destiné au superviseur. Il apporte un niveau d’information plus détaillé sur l’entreprise et son dispositif prudentiel. Les QRT Les Quantitative Reporting Templates regroupent les états quantitatifs transmis dans le cadre du reporting prudentiel. Ils concernent notamment : le bilan ; les fonds propres ; les provisions techniques ; le SCR ; les actifs ; la réassurance ; certaines expositions. Solvabilité II : le reporting va encore changer en 2027 L’intuition formulée dans l’épisode sur les évolutions continues du reporting était particulièrement juste. La révision de Solvabilité II entraînera de nouvelles exigences de reporting et de publication à partir du 30 janvier 2027. EIOPA a publié en juillet 2026 ses lignes directrices révisées relatives au reporting et à la publication, avec une application prévue à compter de cette date. Pour l’exercice annuel 2026, les exigences actuelles continuent néanmoins de s’appliquer. EIOPA confirme notamment que la taxonomie 2.8.2 reste applicable au reporting Q4 et annuel 2026 ; la nouvelle taxonomie 2.10.0 doit s’appliquer aux reportings à partir de Q1 2027. C’est un bon exemple de la réalité du métier : Produire le reporting ne suffit pas. Il faut en permanence adapter les processus aux nouvelles exigences. Pourquoi l’information financière est-elle stratégique ? Les états financiers ne sont pas simplement produits pour répondre à une obligation administrative. Ils sont utilisés par de nombreuses parties prenantes : direction générale ; investisseurs ; superviseurs ; administration fiscale ; créanciers ; auditeurs ; analystes ; actionnaires ou sociétaires. L’information financière doit donc permettre de comprendre la réalité économique de l’entreprise. Dans l’épisode, l’invité raconte avoir également présenté certains éléments aux membres d’un comité exécutif. Le travail change alors de nature. Il ne suffit plus de produire 200 lignes de chiffres. Il faut identifier les informations importantes. Par exemple : évolution du résultat technique ; résultat financier ; ratio combiné ; collecte ; sinistralité ; événements exceptionnels ; évolution des placements. Le comptable devient alors aussi un interprète de l’information financière. Du reporting au pilotage : pourquoi les KPI sont essentiels Les dirigeants ne peuvent pas analyser l’intégralité d’une balance ou d’un rapport réglementaire. Ils ont besoin d’indicateurs synthétiques. En assurance non-vie, le ratio combiné constitue par exemple un indicateur important. Il permet de rapprocher les coûts liés aux sinistres et aux frais des primes acquises. De manière simplifiée : ratio combiné = sinistralité + frais / primes Un ratio inférieur à 100 % traduit généralement une activité technique profitable avant prise en compte du résultat financier. Au-delà de cet exemple, la logique est la même pour tous les indicateurs : Transformer une masse de données comptables en information exploitable pour décider. Pourquoi travailler en comptabilité assurance peut être difficile au début ? L’épisode décrit très bien le choc que peuvent connaître certains jeunes diplômés. Un Master CCA donne une base comptable solide. Mais il prépare rarement à toutes les spécificités de l’assurance. Lorsque l’on arrive pour la première fois dans une compagnie, on découvre rapidement un nouveau vocabulaire : primes ; sinistres ; provisions mathématiques ; participation aux bénéfices ; provisions techniques ; Solvabilité II ; Best Estimate ; SCR ; placements ; réassurance ; frais d’acquisition. L’invité raconte avoir eu le sentiment d’être « complètement largué » à ses débuts. Ce constat est intéressant pour une raison : La difficulté initiale ne signifie pas que le professionnel n’est pas compétent. Elle signifie souvent simplement qu’il découvre un langage métier qui n’est quasiment pas enseigné dans sa formation généraliste. Quelles compétences faut-il pour travailler en comptabilité assurance ? Plusieurs compétences ressortent de l’épisode. 1. Comprendre la comptabilité C’est évidemment le socle. Mais il faut ensuite apprendre les particularités propres à l’assurance. 2. Être curieux Dans une clôture, les données viennent de nombreux métiers. Comprendre leurs travaux améliore fortement la capacité à analyser les chiffres. 3. Être rigoureux Une erreur de mapping ou de période peut modifier un reporting entier. 4. Savoir travailler en équipe L’image du relais utilisée dans l’épisode est particulièrement pertinente. La production financière dépend des travaux réalisés en amont. 5. Comprendre la donnée Le professionnel doit progressivement savoir : d’où vient une donnée ; qui la produit ; comment elle est transformée ; où elle est stockée ; quels contrôles sont appliqués. 6. Savoir vulgariser les chiffres Présenter une information au COMEX demande une compétence différente de celle utilisée pour la produire. Le professionnel doit transformer un état financier complexe en quelques messages compréhensibles. Mutuelle ou grande compagnie : où commencer ? Il n’existe pas de réponse universelle. Mais l’épisode fait ressortir deux modèles. Une petite structure favorise la polyvalence Dans une mutuelle de taille limitée, une même personne peut travailler sur plusieurs sujets. Avantage : elle acquiert rapidement une vision transversale. Elle peut être en contact avec : comptabilité technique ; placements ; contrôle de gestion ; actuariat ; fiscalité ; reporting. Cette polyvalence peut être particulièrement enrichissante en début de carrière. Une grande compagnie permet davantage de spécialisation. Une grande organisation fonctionne souvent avec des équipes plus segmentées. Le professionnel peut donc développer une expertise très poussée sur un sujet précis. En contrepartie, il dispose parfois d’une vision moins complète du processus. Ces entreprises proposent également davantage de projets industriels ou technologiques, notamment autour des outils, de la data et de l’automatisation. Automatisation : comment le métier de comptable assurance évolue-t-il ? L’un des enjeux majeurs évoqués dans l’interview est la réduction des tâches manuelles. La pression est double : les exigences augmentent tandis que les délais diminuent. Pour répondre à cette contrainte, les fonctions finance cherchent à automatiser : imports de données ; rapprochements ; contrôles ; cadrages ; production de tableaux ; mises en forme ; reporting. Des outils comme Power Query, Power BI ou Python peuvent déjà réduire certaines tâches répétitives. L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer le comptable. Il est plutôt de limiter le temps consacré aux manipulations sans valeur ajoutée. Le professionnel peut alors se concentrer davantage sur : l’analyse ; le contrôle ; les anomalies ; la compréhension économique ; la restitution. L’intelligence artificielle va-t-elle transformer la clôture comptable ? L’IA ouvre une nouvelle étape. À terme, plusieurs usages sont envisageables : analyse automatique des variations ; détection d’anomalies ; rapprochement intelligent de données ; production de commentaires ; assistance à la documentation ; interrogation en langage naturel des bases financières ; préparation de synthèses pour le management. Imaginez une clôture dans laquelle un professionnel pourrait demander : « Explique-moi les cinq principaux écarts du résultat technique par rapport à N-1. » L’outil rechercherait alors les données, analyserait les mouvements puis proposerait une première synthèse. La valeur du comptable se déplacerait davantage vers la validation et l’interprétation. Mais l’automatisation ne vaut rien sans maîtrise de la donnée. C’est probablement le point le plus important de l’épisode. Un système très automatisé utilisant une mauvaise donnée produit simplement une mauvaise information plus rapidement. Avant l’IA, les entreprises doivent donc construire des bases solides. Cela implique : gouvernance claire ; référentiels ; dictionnaires de données ; contrôles ; documentation des flux ; responsabilité des producteurs ; traçabilité. Autrement dit : L'avenir de la comptabilité ne dépend pas uniquement de l’IA. Il dépend d’abord de la capacité des entreprises à maîtriser leurs données. Modernisation des états financiers : ce qui a changé depuis 2025 L’épisode évoque la réforme du Plan comptable général attendue pour 2025. Elle est désormais entrée en application. Le règlement ANC nᵒ 2022-06 a modifié le Plan comptable général, notamment concernant la présentation des états financiers et la définition du résultat exceptionnel. L’un des changements importants concerne précisément ce résultat exceptionnel. Sa définition est devenue plus restrictive. L’objectif est de réserver cette catégorie aux produits et charges directement liés à des événements majeurs et inhabituels. Pour les entreprises, le changement n’est pas seulement esthétique. Une opération auparavant classée en exceptionnel peut désormais devoir être présentée dans une autre rubrique. Cela peut modifier la lecture de la performance opérationnelle et, selon les activités concernées, certains indicateurs internes. IFRS 18 : une autre transformation à préparer pour 2027 L’épisode anticipe également l’arrivée d’IFRS 18 "Presentation and Disclosure in Financial Statements". Cette norme remplacera IAS 1 pour certaines dispositions de présentation. Elle sera applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, avec possibilité d’application anticipée. L’un de ses principaux objectifs est d’améliorer la comparabilité des performances présentées dans le compte de résultat. IFRS 18 introduit notamment une structure plus définie autour de catégories telles que : exploitation ; investissement ; financement. Pour les groupes d’assurance publiant en IFRS, cela représente un nouveau chantier de présentation et de préparation des données financières. Pourquoi le métier reste stratégique malgré l’automatisation ? Si les fichiers Excel deviennent plus automatisés, si les cadrages sont industrialisés et si l’IA produit certaines analyses, pourrait-on imaginer que la fonction comptable perde de son importance ? Probablement l’inverse. Plus les systèmes deviennent automatisés, plus il faut être capable de déterminer si le résultat produit est cohérent. Le professionnel doit comprendre : ce que le système a fait ; quelles données ont été utilisées ; quelles règles ont été appliquées ; quelles anomalies sont possibles ; quelles conséquences une correction peut entraîner. L’avenir ne consiste donc pas simplement à « faire les comptes plus vite ». Il consiste à produire une information financière plus rapide, plus traçable et plus facilement explicable. Ce qu’il faut retenir La comptabilité en assurance possède des spécificités importantes liées aux primes, sinistres, provisions et placements. La clôture financière dépend de nombreux contributeurs : gestion, actuariat, investissements, fiscalité ou contrôle de gestion. Le cadrage permet de vérifier que les différents systèmes représentent correctement la même réalité financière. Une balance doit être suffisamment stabilisée avant la production des états. Les comptes sociaux constituent une base importante pour le reporting Solvabilité II. SFCR, RSR et QRT font partie du dispositif de reporting prudentiel. La qualité des données devient un enjeu majeur pour les fonctions finance. L’automatisation peut réduire les manipulations manuelles et accélérer les clôtures. Power Query, Power BI, Python et l’IA peuvent progressivement transformer les méthodes de production. Une mauvaise donnée automatisée reste une mauvaise donnée. La modernisation du PCG est applicable depuis 2025. IFRS 18 entrera en application à partir de 2027. La révision de Solvabilité II entraînera également de nouvelles évolutions de reporting à partir du 30 janvier 2027. La comptabilité en assurance est beaucoup plus proche de la data et de la gestion des risques qu’on ne pourrait l’imaginer de l’extérieur. Pour produire un bilan, il faut comprendre les primes, les sinistres, les provisions, les placements, les flux actuariels et les interactions entre différents systèmes. Pour produire Solvabilité II, il faut ensuite transformer cette information comptable en vision prudentielle. Et demain, une nouvelle compétence deviendra probablement incontournable : savoir travailler avec des systèmes de plus en plus automatisés sans perdre la maîtrise de la donnée. Car l’objectif restera toujours le même : Produire une information financière fiable, pertinente, traçable et compréhensible par ceux qui doivent prendre des décisions. Retrouvez l’intégralité de cet échange dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn. Site Web Generali France FAQ Qu’est-ce que la comptabilité en assurance ? La comptabilité en assurance regroupe les opérations permettant d’enregistrer, contrôler et restituer l’activité financière d’un assureur. Elle intègre notamment les primes, sinistres, provisions techniques, placements, frais et opérations de réassurance. Elle possède plusieurs particularités liées au fonctionnement spécifique de l’activité assurantielle. Quelle différence entre comptabilité générale et comptabilité assurance ? La comptabilité assurance reprend les principes généraux de la comptabilité mais intègre des éléments spécifiques au secteur : primes, prestations, sinistres, provisions techniques, réassurance ou placements. Le cycle économique particulier de l’assurance rend également le traitement du résultat et des engagements plus complexe. Qu’est-ce qu’un comptable technique en assurance ? Le comptable technique travaille principalement sur les opérations liées directement aux contrats d’assurance. Il peut notamment contrôler et comptabiliser les flux de primes, sinistres, commissions ou réassurance. Selon l’organisation, son périmètre peut également comprendre certains travaux de reporting ou de rapprochement avec les systèmes de gestion. Pourquoi la qualité des données est-elle importante en assurance ? Une même donnée peut alimenter successivement la comptabilité, les états financiers, le reporting Solvabilité II et différents indicateurs de gestion. Une erreur détectée trop tard peut donc affecter plusieurs reportings. La qualité des données garantit notamment leur exactitude, exhaustivité, cohérence, traçabilité et disponibilité. Quel est le lien entre comptabilité et Solvabilité II ? Les comptes sociaux constituent l’une des principales sources utilisées pour établir le bilan économique Solvabilité II. Plusieurs retraitements sont ensuite appliqués pour obtenir une vision prudentielle des actifs, passifs et fonds propres. Comptabilité, actuariat et reporting réglementaire doivent donc travailler étroitement ensemble. Qu’est-ce que le SFCR ? Le SFCR, ou Solvency and Financial Condition Report, est le rapport public sur la solvabilité et la situation financière d’un organisme soumis à Solvabilité II. Il présente notamment l’activité, la gouvernance, le profil de risque, les méthodes de valorisation et la gestion du capital. Qu’est-ce que le RSR ? Le RSR, ou Regular Supervisory Report, est un rapport prudentiel destiné au superviseur. Il fournit des informations détaillées sur la situation de l’organisme, son système de gouvernance, ses risques, ses méthodes de valorisation et son capital. Comment automatiser une clôture comptable ? L’automatisation peut porter sur l’import des données, les rapprochements, les cadrages, la production de tableaux ou l’analyse des variations. Power Query, Power BI, Python, les bases de données et progressivement l’intelligence artificielle peuvent accélérer ces travaux. Leur efficacité dépend néanmoins de la qualité des données utilisées. IFRS 18 s’applique-t-elle aux assureurs ? IFRS 18 concerne les entreprises publiant des états financiers selon les normes IFRS, y compris les groupes d’assurance concernés. Elle sera applicable aux exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 et modifiera notamment certaines règles de présentation du compte de résultat. (Source : IFRS Foundation) 📚 RECOMMANDATIONS La comptabilité des entreprises d’assurance – Guy Simonet Les grands principes de la comptabilité d’assurance – Eric Williot Maintenant, ça suffit, il faut que ça change – Yvan Castanou Musique : Dernier album SDM – titre SEQUOIA Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 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- Actuaire en assurance : métier, ALM, IA et compétences
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Actuaire en assurance : métier, ALM, IA et compétences Mathématiques, finance, assurance, programmation, intelligence artificielle. Le métier d’actuaire en assurance se situe aujourd’hui à la croisée de disciplines de plus en plus nombreuses. Longtemps présenté comme le spécialiste des probabilités et des statistiques appliquées aux risques, l’actuaire joue désormais un rôle qui dépasse largement le calcul technique. Tarification, provisionnement, Solvabilité II, gestion actif-passif, investissements, analyse des risques ou encore transformation technologique : ses compétences irriguent une grande partie de l’entreprise d’assurance. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Duc Hien Vu, actuaire, développeur et entrepreneur, décrypte son métier et raconte comment son expertise en ALM l’a conduit à développer Solvencii, une plateforme SaaS dédiée à la modélisation actuarielle. Résumé de l’épisode Actuaire de formation, Duc Hien Vu a débuté sa carrière dans le conseil avant de rejoindre Covéa, où il s’est progressivement spécialisé en assurance vie, investissements et gestion actif-passif (ALM). Après près de dix années dans l’actuariat, il quitte le salariat en 2023 pour développer Solvencii. Son parcours possède une particularité : il combine trois compétences habituellement séparées, l’actuariat, la programmation et l’entrepreneuriat. L’épisode permet ainsi de comprendre concrètement ce qu’est le métier d’actuaire, pourquoi l’ALM constitue une fonction stratégique en assurance vie, comment comptabilité et actuariat interagissent et pourquoi les outils SaaS et l’intelligence artificielle pourraient modifier profondément les méthodes de travail des actuaires. Depuis l’enregistrement, le projet a avancé : Solvencii Lab est aujourd’hui présenté en version bêta et intègre notamment un Copilot reposant sur les modèles de langage. Qu’est-ce qu’un actuaire ? Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques utilisant notamment les mathématiques, les probabilités, les statistiques, la finance et l’économie. Dans l’épisode, Duc Hien Vu insiste sur cette approche multidisciplinaire. Le métier ne consiste donc pas seulement à réaliser des calculs complexes. L’actuaire doit comprendre : la nature du risque ; les données disponibles ; les engagements pris par l’assureur ; les mécanismes financiers ; la comptabilité ; la réglementation ; et de plus en plus les outils informatiques permettant d’effectuer les projections. Cette combinaison explique pourquoi l’actuariat occupe une place particulière dans l’assurance. « Pour moi, une des particularités du secteur de l’assurance, c’est la gestion des risques. » À quoi sert un actuaire dans une compagnie d’assurance ? Une compagnie d’assurance vend une promesse portant sur un événement futur incertain. L’assureur doit donc répondre à plusieurs questions : Combien les sinistres pourraient-ils coûter ? Quel tarif appliquer ? Combien faut-il provisionner ? Les actifs permettront-ils de couvrir les engagements ? Que se passerait-il en cas de baisse des marchés ? Comment évoluerait la solvabilité dans un scénario défavorable ? Quels risques l’entreprise peut-elle accepter ? L’actuaire apporte des modèles et des analyses permettant d’éclairer ces décisions. C’est pourquoi on retrouve aujourd’hui des profils actuariels dans de nombreuses fonctions : direction technique, gestion des risques, finance, investissements, ALM, Solvabilité II ou parfois direction générale. Où peut travailler un actuaire ? L’assurance reste l’un des débouchés naturels de l’actuariat, mais elle n’est pas le seul. Les compétences en évaluation des risques peuvent également être utilisées dans la banque, la finance, le conseil, la réassurance ou d’autres secteurs confrontés à des problématiques quantitatives complexes. Dans le secteur de l’assurance, les métiers actuariels sont eux-mêmes extrêmement variés. Un actuaire peut travailler en : assurance vie ; assurance non-vie ; santé et prévoyance ; réassurance ; tarification ; provisionnement ; modélisation ; Solvabilité II ; IFRS 17 ; gestion des risques ; gestion actif-passif ; investissements. Le parcours de Duc Hien Vu illustre cette mobilité : il débute notamment avec des sujets non-vie avant de basculer vers l’assurance vie puis de se spécialiser dans l’ALM. Assurance vie et non-vie : deux mondes actuariels différents L’un des moments intéressants de l’épisode concerne justement cette transition. Pour Duc Hien Vu, passer de la non-vie à la vie a constitué l’une des périodes les plus difficiles de son début de carrière. Pourquoi ? Parce que les mécanismes économiques et techniques diffèrent fortement. En assurance non-vie, l’actuaire peut notamment travailler sur : la fréquence des sinistres ; leur coût ; la tarification ; le provisionnement ; la réassurance. En assurance vie, il faut intégrer des mécanismes supplémentaires : durée des engagements, comportement des assurés, rendement des actifs, taux d’intérêt, rachats, participation aux bénéfices ou garanties contractuelles. Duc Hien cite notamment la participation aux bénéfices comme l’une des notions qui lui avait demandé un important travail d’apprentissage. Son expérience délivre surtout un enseignement intéressant pour les jeunes actuaires : il existe des passerelles entre les spécialisations. Elles demandent néanmoins des bases quantitatives solides, du travail et une capacité à réapprendre. « Il n’y a pas de trajectoire unique pour tout le monde. » Qu’est-ce que l’ALM en assurance ? L’ALM, pour Asset and Liability Management, correspond en français à la gestion actif-passif. L’objectif est d’analyser conjointement les actifs détenus par l’assureur et les engagements qu’il a pris vis-à-vis de ses assurés. La question fondamentale peut être simplifiée ainsi : les placements et la stratégie financière de l’assureur permettront-ils de respecter durablement les engagements inscrits au passif ? En assurance vie, cette interaction est particulièrement importante. Les choix d’investissement influencent les rendements. Ces rendements peuvent influencer les taux servis aux assurés, leur comportement et donc l’évolution future du passif. Les modèles ALM permettent ainsi de projeter simultanément différents éléments du bilan sur plusieurs années et dans de nombreux scénarios. Pourquoi l’ALM est-il stratégique en assurance vie ? Prenons une situation simplifiée. Un assureur vie détient : des obligations ; des actions ; de l’immobilier ; éventuellement d’autres actifs. En face, il doit honorer les engagements contenus dans les contrats de ses assurés. Si les taux augmentent fortement, si les marchés actions chutent ou si les assurés rachètent davantage leurs contrats, les interactions entre l’actif et le passif peuvent changer. L’ALM cherche justement à comprendre ces effets. Les études peuvent aider l’entreprise à réfléchir à : son allocation d’actifs ; sa politique de participation aux bénéfices ; son exposition aux taux ; ses scénarios de stress ; sa solvabilité ; ses besoins de liquidité ; ou sa stratégie financière de long terme. C’est pourquoi Duc Hien commence notamment ses journées, lorsqu’il travaille en ALM et investissements, en suivant les marchés financiers. Taux, actions et immobilier alimentent la compréhension de l’environnement dans lequel évolue l’assureur. Actuaire et trader : une même attention aux marchés, mais un horizon différent La comparaison avec le trading est évoquée dans l’épisode. Elle a ses limites. Le trader peut devoir réagir à un mouvement de marché en quelques secondes ou quelques minutes. L’actuaire ALM travaille davantage sur les conséquences potentielles à moyen et long terme. Une variation de taux n’est donc pas uniquement regardée comme une opportunité immédiate. La question devient : Quel pourrait être son impact sur les engagements, les actifs, la solvabilité ou le comportement des assurés dans plusieurs années ? Cette vision de long terme constitue une caractéristique fondamentale de l’assurance. Pourquoi un actuaire doit-il comprendre la comptabilité ? C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de l’épisode pour les professionnels. Actuariat et comptabilité peuvent parfois être perçus comme deux mondes distincts. Pourtant, les modèles actuariels démarrent très souvent à partir de données issues de la réalité comptable et économique de l’entreprise. Duc Hien insiste ainsi sur l’importance de comprendre au minimum : le bilan ; le compte de résultat ; les actifs ; les passifs ; l'origine du résultat ; la manière dont les données financières sont construites. Du bilan réel au modèle de projection La difficulté vient du fait qu’un modèle ALM ne peut généralement pas reproduire ligne par ligne toute la complexité comptable de l’entreprise. Il faut donc agréger. Simplifier. Modéliser. Mais jusqu’où ? Une simplification excessive peut dégrader la qualité de la projection. À l’inverse, reproduire chaque détail peut rendre le modèle trop complexe, coûteux ou difficile à exploiter. D’où l’importance du dialogue entre actuaires et comptables. Selon Duc Hien, la qualité d’une projection dépend aussi de cette capacité à confronter les différentes visions de l’entreprise. À retenir : Un modèle actuariel n’est pas une réalité alternative à la comptabilité. Il constitue une représentation simplifiée permettant de projeter cette réalité dans le futur. La qualité des données d’entrée, les hypothèses et le niveau d’agrégation deviennent donc aussi importants que les formules utilisées. Pourquoi la programmation devient-elle une compétence actuarielle ? Duc Hien Vu se présente au début de l’épisode avec trois mots : actuaire, développeur, entrepreneur. Cette combinaison était encore relativement atypique il y a quelques années. Elle le devient de moins en moins. Python, R, SQL ou les outils de data science occupent désormais une place importante dans de nombreuses équipes actuarielles. La programmation permet notamment : d’automatiser certaines tâches répétitives ; de traiter des volumes de données importants ; de réaliser des simulations ; d’analyser des résultats ; de construire des prototypes ; d’interfacer différents outils ; ou de développer de nouvelles solutions métier. Le profil de Duc Hien pousse cette logique plus loin puisqu’il choisit de développer lui-même une plateforme de modélisation ALM. De l’actuariat à l’entrepreneuriat Après plusieurs années de carrière, Duc Hien décide en 2023 de quitter son environnement professionnel traditionnel et de créer Solvencii. Son idée n’est pas simplement de créer un nouveau cabinet de conseil actuariel. Son ambition est davantage orientée vers l’édition de logiciels. Le conseil joue alors deux rôles. À court terme, il permet de générer du chiffre d’affaires pour financer le développement. Mais il permet surtout de conserver une proximité avec les utilisateurs. Les missions deviennent un moyen d’observer : les méthodes des compagnies ; les irritants des équipes actuarielles ; leurs besoins ; les outils existants ; les étapes qui pourraient être automatisées ou améliorées. Autrement dit, le conseil sert aussi de laboratoire d’observation du marché. Qu’est-ce qu’un logiciel SaaS actuariel ? SaaS signifie Software as a Service. Contrairement à un logiciel installé uniquement sur le poste de travail ou sur une infrastructure interne, une application SaaS peut être accessible via le web. Pour un outil actuariel, plusieurs avantages potentiels apparaissent : facilité d’accès ; déploiement simplifié ; mises à jour centralisées ; collaboration ; possibilité de connecter différentes sources ; réduction de certaines contraintes liées aux installations locales. Cela ne signifie évidemment pas que tous les enjeux informatiques disparaissent. Sécurité, confidentialité, gouvernance des données, dépendance à des prestataires et résilience restent des sujets essentiels dans l’assurance. L’approche présentée par Duc Hien dans l’épisode repose notamment sur le cloud mais également sur WebAssembly, afin de permettre à certains calculs de s’exécuter directement dans le navigateur. Il faut néanmoins distinguer un principe technologique de son niveau réel de sécurité : celui-ci dépend toujours de l’architecture complète, de sa configuration, des contrôles, des fournisseurs et de l’usage qui en est fait. Solvencii Lab : où en est le projet ? C’est ici que la comparaison entre l’interview et la situation actuelle devient intéressante. Au moment de l’épisode, la solution est encore présentée en version alpha. Duc Hien décrit alors son objectif de passer à une bêta contenant les fonctionnalités fondamentales de modélisation ALM. Deux ans plus tard, cette étape a été franchie. Le site de Solvencii Lab présente aujourd’hui explicitement une version bêta destinée à la modélisation et à l’analyse ALM. La plateforme met également en avant un environnement web ainsi que Solvencii Copilot. Le parcours professionnel de Duc Hien est également présenté en 2026 dans le cadre du 33ᵉ International Congress of Actuaries : Solvencii Lab y est décrit comme un SaaS de modélisation ALM intégrant un Copilot combinant expertise actuarielle, modèles de langage et orchestration d’outils. Autrement dit, l’idée évoquée dans l’épisode de faire de l’IA davantage qu’un simple chatbot est devenue l’un des axes du produit. Comment l’intelligence artificielle peut-elle transformer le travail actuariel ? Dans l’interview, Duc Hien distingue déjà deux niveaux d’utilisation. Le premier est simple : poser une question à un chatbot. Le second est beaucoup plus intéressant : demander à l’IA d’agir sur l’outil. Par exemple, un utilisateur pourrait demander : « Lance une simulation avec ce scénario, analyse les résultats et identifie les principaux écarts. » L’IA pourrait alors : comprendre la demande ; établir un plan ; demander une validation ; appeler les fonctionnalités nécessaires ; déclencher les calculs ; analyser les résultats ; restituer une synthèse. C’est la logique des assistants et agents IA. Le changement est important. L’utilisateur ne doit plus nécessairement connaître chaque menu ou chaque paramètre de l’outil. Il formule davantage son intention. Le système se charge ensuite d’orchestrer certaines actions. Les développements actuels de Solvencii vont précisément dans cette direction : Solvencii présente son Copilot comme intégré aux modèles, données, outils analytiques, Python et tableurs de la plateforme. L’IA va-t-elle remplacer l’actuaire ? L’épisode apporte indirectement une réponse : l’expertise humaine reste indispensable. Duc Hien insiste sur la nécessité d’avoir derrière l’outil un utilisateur qui maîtrise le sujet. C’est une distinction fondamentale. Une intelligence artificielle peut accélérer une recherche, générer du code, automatiser une action ou synthétiser des résultats. Mais dans un modèle actuariel, quelqu’un doit toujours être capable de questionner : la qualité des données ; les hypothèses ; la cohérence du modèle ; les scénarios ; les limites méthodologiques ; la pertinence économique des résultats. Plus les outils deviennent simples à utiliser, plus le risque existe de produire rapidement des résultats que personne ne sait réellement challenger. L’IA pourrait donc moins supprimer l’expertise actuarielle que déplacer sa valeur. Demain, savoir cliquer dans un logiciel sera peut-être moins différenciant. Comprendre ce que le modèle fait, pourquoi il le fait et si ses résultats sont plausibles pourrait devenir encore plus important. AI Act : ce qui a changé depuis l’enregistrement Lors de l’interview, l’AI Act est encore évoqué comme un nouveau cadre européen en construction. La situation a changé. Le règlement européen sur l’intelligence artificielle est devenu largement applicable le 2 août 2026, après une entrée en vigueur progressive de certaines dispositions depuis 2025. Les obligations continuent néanmoins de s’appliquer selon un calendrier échelonné. Pour l’assurance, un point mérite particulièrement l’attention. Les systèmes d’IA utilisés pour l’évaluation des risques et la tarification concernant des personnes physiques en assurance vie et santé figurent parmi les cas identifiés comme systèmes à haut risque à l’annexe III. Cela ne signifie pas que toute utilisation de l’IA par un assureur soit automatiquement classée à haut risque. Un outil de support actuariel, une aide à l’analyse, un système de fraude ou un usage de conception produit peuvent relever de situations différentes selon leur finalité exacte. Pour les assureurs comme pour les éditeurs, la question ne sera donc plus simplement : « Utilisons-nous de l’IA ? » mais : « Pour quelle décision, avec quelles données, dans quel processus et avec quel impact sur le client ? » Les compétences de l’actuaire de demain Le parcours de Duc Hien Vu fait ressortir plusieurs compétences qui dépassent les mathématiques. 1. Les fondamentaux actuariels Probabilités, statistiques, finance et modélisation restent le socle. L’IA ne supprime pas le besoin de comprendre les mécanismes. Elle le renforce. 2. La compréhension économique et financière Pour un actuaire ALM, suivre les taux, les marchés actions ou l’immobilier permet de replacer les résultats dans leur contexte économique. 3. La comptabilité Comprendre le bilan et le résultat facilite les échanges entre équipes et améliore la qualité des modèles. 4. La programmation Python, R ou d’autres technologies permettent d’automatiser, d'analyser et de construire de nouveaux outils. 5. La capacité à travailler en équipe Duc Hien cite justement l’aide de ses collègues et responsables comme déterminante lorsqu’il passe de la non-vie à l’assurance vie. L’expertise actuarielle se construit aussi collectivement. 6. La capacité à apprendre Le métier change trop rapidement pour considérer une formation initiale comme suffisante. Nouveaux risques, nouveaux textes, nouveaux modèles et nouvelles technologies imposent un apprentissage continu. Du mathématicien au stratège du risque ? L’évolution la plus intéressante du métier est peut-être là. L’actuaire historique pouvait être identifié à celui qui construisait les calculs. L’actuaire moderne doit également : interpréter ; expliquer ; challenger ; automatiser ; communiquer ; conseiller ; parfois développer. L’intelligence artificielle pourrait encore accélérer cette évolution. Si une partie de la manipulation technique est automatisée, le temps gagné peut théoriquement être consacré à l’analyse des risques et à la prise de décision. Le défi sera d’éviter l’effet inverse : une multiplication de calculs et de résultats devenus trop faciles à produire mais insuffisamment compris. Ce qu’il faut retenir L’actuaire est avant tout un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques. Son métier combine mathématiques, statistiques, finance, économie et de plus en plus programmation. L’assurance reste son terrain historique, mais ses compétences sont transposables à d’autres secteurs. Il existe de nombreuses spécialisations actuariales : vie, non-vie, tarification, provisionnement, risques, Solvabilité II ou ALM. La gestion actif-passif analyse conjointement les placements de l’assureur et ses engagements. En ALM, la compréhension de la comptabilité et du bilan constitue un véritable atout. Les passerelles entre assurance vie et non-vie existent, mais demandent un effort d’apprentissage. Le SaaS peut modifier les modes de déploiement et d’utilisation des outils actuariels. L’intelligence artificielle évolue du simple chatbot vers des assistants capables d’interagir avec les outils et d'exécuter certaines tâches. L’expertise humaine reste essentielle pour comprendre et challenger données, hypothèses, modèles et résultats. L’AI Act renforce désormais le cadre réglementaire applicable à certaines utilisations de l’IA dans l’assurance. Le parcours de Duc Hien Vu illustre une transformation plus large du métier d’actuaire en assurance. Les fondamentaux ne disparaissent pas : mathématiques, probabilités, statistiques, finance et compréhension des risques restent incontournables. Mais de nouvelles compétences se superposent. Programmation. Data. SaaS. Intelligence artificielle. Compréhension de la comptabilité. Communication avec les métiers. L’actuaire de demain ne sera donc probablement pas moins technique. Il devra surtout être capable d’utiliser la technologie pour consacrer davantage de temps à ce qui constitue réellement sa valeur : comprendre le risque, interpréter les résultats et éclairer la décision. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Duc Hien Vu dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Duc Vien Vu via LinkedIn. Besoin de ressources pour des sujets liés à l'actuariat ? Contactez Solvencii : https://solvencii.com/ ; Testez la plateforme : https://solvencii.fr/#/dashboard. FAQ Qu’est-ce qu’un actuaire en assurance ? Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques. Il utilise notamment les mathématiques, les statistiques, les probabilités, la finance et l’économie pour modéliser des événements futurs et aider l’assureur à prendre des décisions concernant ses tarifs, ses provisions, ses investissements ou sa solvabilité. Que fait un actuaire au quotidien ? Les missions dépendent fortement de sa spécialisation. Un actuaire peut analyser des données, construire ou utiliser des modèles, effectuer des projections, suivre les marchés, réaliser des stress tests, travailler sur Solvabilité II, calculer des provisions, tarifer des contrats ou présenter ses analyses aux directions de l’entreprise. Qu’est-ce que l’ALM en assurance ? L’ALM (Asset and Liability Management) ou gestion actif-passif consiste à analyser conjointement les actifs d’un assureur et les engagements figurant à son passif. En assurance vie, cette approche permet notamment d’étudier les interactions entre placements, taux servis aux assurés, comportements de rachat, rentabilité et solvabilité. Pourquoi l’ALM est-il important en assurance vie ? Les engagements d’un assureur vie peuvent durer plusieurs dizaines d’années. Dans le même temps, ses actifs évoluent avec les taux, les marchés financiers ou l’immobilier. L’ALM permet de simuler ces évolutions et d’aider l’assureur à maintenir dans le temps un équilibre cohérent entre actifs, engagements, rendement et risques. Quelle différence entre un actuaire vie et non-vie ? L’actuaire non-vie travaille notamment sur la fréquence et le coût des sinistres, la tarification ou le provisionnement. En assurance vie, l’actuaire doit davantage intégrer la durée des engagements, les marchés financiers, les taux d’intérêt, les rachats et certains mécanismes comme la participation aux bénéfices. Faut-il savoir programmer pour devenir actuaire ? La programmation n’est pas la seule compétence requise pour devenir actuaire, mais elle devient très utile. Python, R, SQL ou VBA permettent notamment d’automatiser des traitements, de manipuler des données, de construire des modèles ou d'analyser des résultats. La montée de l’IA renforce encore l’intérêt de ces compétences. L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les actuaires ? L’IA peut automatiser certaines opérations, générer du code, analyser des données ou interagir avec des logiciels. Elle ne supprime cependant pas la nécessité de comprendre les hypothèses, les données et les limites des modèles. La valeur de l’actuaire pourrait progressivement se déplacer de l’exécution vers l’analyse et le jugement. Quelles utilisations de l’IA sont considérées à haut risque en assurance ? L’AI Act inclut notamment parmi les cas à haut risque les systèmes destinés à l’évaluation des risques et à la tarification de personnes physiques en assurance vie et santé. Cela ne signifie pas que tous les systèmes d’IA utilisés en assurance sont automatiquement à haut risque : leur classification dépend notamment de leur finalité. (Source : Euorpean Commission) 📚 RECOMMANDATIONS Livre : The Millionaire Fastlane de MJ DeMarco Mindset Steve Jobs : L'interview perdue de Robert X. Cringley Série Industry (vous n'allez pas être déçu) Écoutez la playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d'intro 00:00:53-Présentation Duc Hien VU 00:00:59-Présentation du métier : Actuaire/Entrepreneur 00:02:16-Question Mystère ? 00:02:47-Evolution dans des compagnies d'assurance ou des mutuelles ? 00:03:24-Préférence : petite ou grosse structure ? 00:04:43-Pourquoi le secteur de l'assurance ? 00:05:18-Est-ce possible d'être actuaire dans le secteur bancaire ? 00:05:34-Comment devenir actuaire ? Quelle formation ? 00:06:14-Une spécialisation dans un domaine 00:07:37-Combien d'années d'expérience dans le secteur de l'assurance ? 00:07:45-Dans la peau d'un actuaire entrepreneur 00:09:31- Le métier d'actuaire primordial pour une compagnie d'assurance 00:10:40-Relation entre la comptabilité et l'actuariat 00:12:57-Réussites/Difficultés durant 10 années d'expérience 00:14:42-Passerelle possible entre la vie et la non-vie 00:15:56-Recommandations : Livre… 00:17:05-Mentor : Steve Jobs 00:18:45-Pourquoi l'entreprenariat ? 00:19:26-Présentation Solvencii 00:20:32-Solvencii : Conseil & plateforme Saas de projection de modèle 00:22:52-Approche BtoB 00:23:25-Solvencii : éditeur de logiciel 00:23:44-Hébergement de Solvencii 00:24:56-Description de l'équipe 00:26:30-Quelle est la version disponible de Solvencii 00:27:46-L'IA et Solvencii 00:31:35-Clientelles de Solvencii 00:34:26-Solvencii une plateforme collaborative 00:36:04-Démarche de confidentialité dans Solvencii 00:39:08-Combien de temps pour faire sortir de terre la plateforme ? 00:40:47-L'intelligence artificielle 00:41:32-Avnear & Generali 1er contrat d'assurance vie arbitré par l'IA 00:42:04-IA ACT 00:42:53-Recos invités 🎧 Bonne écoute à toustes ! 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- Consultant en assurance : métier, missions et compétences
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Consultant en assurance : métier, missions et compétences avec Thomas Maquet Le consultant en assurance intervient rarement sous les projecteurs. Pourtant, derrière une mise en conformité réglementaire, une cartographie des risques, un audit ou encore le lancement d’un nouveau produit, son rôle peut devenir déterminant. Que fait-il réellement ? Sur quels sujets travaille-t-il ? Quelles compétences faut-il développer pour réussir dans le conseil en assurance ? Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Thomas Maquet, consultant senior chez COEXELL Conseils, raconte son parcours et ouvre les portes d’un métier à la croisée de la réglementation, de la gestion des risques, de l’audit et de la gouvernance. Un témoignage particulièrement utile pour comprendre ce qui se cache derrière le conseil en assurance. Résumé de l’épisode Thomas Maquet évolue dans l’assurance depuis plus de dix ans. Aujourd’hui consultant senior chez COEXELL Conseils, il accompagne notamment des mutuelles, institutions de prévoyance et autres acteurs du secteur sur des problématiques de gouvernance, d’audit, de conformité et de gestion des risques. Son appartenance actuelle au cabinet est également confirmée par COEXELL. Son parcours ne commence pourtant pas par une vocation pour l’assurance. Il découvre le secteur à l’occasion de son Master 2 en alternance à la CARAC. Contrôle de gestion, contrôle interne, projets réglementaires puis conseil : les expériences se succèdent. Dans l’épisode, il raconte également l’un de ses projets les plus marquants : participer à la création d’une compagnie d’assurance-vie et au lancement d’un produit investi à 100 % en unités de compte. Qu’est-ce qu’un consultant en assurance ? Un consultant en assurance accompagne les organismes du secteur dans la résolution de problématiques spécifiques : conformité réglementaire, gestion des risques, audit, gouvernance, transformation des processus, organisation ou encore lancement de nouveaux projets. Pour Thomas Maquet, son métier peut se résumer ainsi : accompagner des organismes d’assurance dans leurs problématiques de conformité, gestion des risques, audit et gouvernance. Cette définition montre bien la particularité du conseil en assurance. Le consultant ne se contente pas d’apporter une expertise théorique. Il doit comprendre le fonctionnement de l’organisme, analyser ses pratiques, identifier les écarts ou les risques puis proposer des solutions suffisamment opérationnelles pour être appliquées. Selon la mission, il peut intervenir auprès : d’une compagnie d’assurance ; d’une mutuelle ; d’une institution de prévoyance ; d’un délégataire de gestion ; d’un courtier ; ou plus largement d’un acteur soumis aux réglementations du secteur. Le métier se situe donc à l’intersection de trois univers : expertise technique, réglementation et accompagnement opérationnel. Quelles sont les missions d’un consultant en assurance ? Il n’existe pas une seule mission type. C’est justement l’un des attraits du conseil mis en avant par Thomas Maquet. Au cours de son parcours, il a notamment travaillé sur des audits, des cartographies des risques, des dispositifs de conformité, des contrats non réclamés, des business plans ou encore le lancement d’une nouvelle compagnie d’assurance. Réaliser des audits Une mission d’audit consiste à examiner un processus ou un dispositif afin d’évaluer son fonctionnement, sa conformité et son niveau de maîtrise. Thomas cite plusieurs domaines sur lesquels il a pu intervenir : LCB-FT ; réclamations ; fraude ; dispositifs de contrôle ; problématiques réglementaires. Un audit peut être relativement court. Dans l’épisode, Thomas explique que certaines missions durent un à trois mois. Pendant cette période, le consultant doit comprendre le dispositif existant, échanger avec les équipes, analyser les documents et les contrôles puis identifier les écarts et les pistes d’amélioration. Construire une cartographie des risques La cartographie des risques constitue une autre mission importante. Elle permet d’identifier les événements susceptibles d’affecter l’organisation, d’évaluer leur criticité et de déterminer si les dispositifs de maîtrise existants sont suffisants. Thomas insiste sur un point essentiel : la cartographie ne doit pas être considérée uniquement comme une obligation réglementaire. C’est aussi un outil de pilotage et d’aide à la décision. Cette distinction est importante. Une cartographie réalisée uniquement pour répondre à une exigence documentaire risque de devenir rapidement obsolète. À l’inverse, une cartographie intégrée au pilotage peut aider les dirigeants à prioriser leurs actions et leurs investissements. Accompagner la fonction conformité Le consultant peut également accompagner des fonctions clés sur la durée. Thomas donne l’exemple de missions récurrentes auprès de clients pour lesquels le cabinet intervient chaque année. Les travaux peuvent notamment comprendre : la mise à jour de la cartographie des risques de non-conformité ; l’analyse des évolutions réglementaires ; l'identification de pistes d’amélioration ; l’accompagnement des équipes ; la préparation du rapport de la fonction clé conformité. Le consultant devient alors davantage qu’un intervenant ponctuel. Il apporte une expertise régulière tout en permettant à l’organisme de conserver la responsabilité de son dispositif. Missions courtes ou missions longues : deux façons différentes de faire du conseil Le conseil permet d’alterner des interventions de quelques semaines avec des projets pouvant durer plusieurs mois, voire davantage. Les deux formats apportent des compétences différentes. Les missions courtes permettent de multiplier les sujets Un audit de quelques semaines ou de quelques mois oblige à comprendre rapidement une organisation. Pour un consultant, cela signifie changer régulièrement : d’entreprise ; d’interlocuteurs ; de problématique ; parfois même de domaine réglementaire. Cette diversité accélère l’apprentissage. Une mission peut porter sur la LCB-FT et la suivante sur les réclamations, la fraude ou la gouvernance. Les missions longues permettent d’aller au fond des sujets. Thomas apprécie également les projets plus longs. Il raconte notamment une mission de trois à quatre mois consacrée au business plan d’une mutuelle. L’intérêt n’était pas simplement d’en vérifier une partie. Il a pu travailler sur l’ensemble du dispositif, son fonctionnement et les hypothèses retenues. C’est l’une des différences fondamentales entre une intervention ponctuelle et une mission projet : le consultant peut suivre un sujet de manière beaucoup plus globale. « Moi, je considère apprendre tous les jours. » Cette logique d’apprentissage permanent revient régulièrement dans l’épisode. Participer à la création d’une compagnie d’assurance : une expérience rare Parmi ses différentes expériences, une mission occupe une place particulière dans le parcours de Thomas Maquet : sa participation à la création d’une compagnie d’assurance-vie et d’un produit investi à 100 % en unités de compte. Le projet dure plus d’un an. Thomas travaille alors au sein d’une société de gestion immobilière souhaitant créer son propre produit d’assurance-vie. L’équipe doit pratiquement partir d’une feuille blanche. Constituer le dossier d’agrément Créer un organisme d’assurance nécessite notamment de démontrer au superviseur que la future entreprise dispose d’une organisation, d’une gouvernance et de moyens adaptés à son activité. Thomas participe aux travaux autour : du dossier d’agrément ; des processus de gestion ; du dispositif réglementaire ; du produit ; de la réflexion commerciale. Le projet nécessite plusieurs échanges avec l’autorité de supervision avant l’obtention de l’agrément. Pour Thomas, deux qualités deviennent alors indispensables : la patience et la persévérance. Passer de la réglementation à l’opérationnel Une fois l’agrément obtenu, le travail ne s’arrête évidemment pas. La compagnie doit désormais fonctionner. Le produit est lancé et les premiers contrats sont commercialisés. Thomas participe même à l’enregistrement des premières souscriptions. Cette expérience lui permet de découvrir un autre métier : celui de gestionnaire. Et elle change son regard sur cette fonction. La gestion peut sembler répétitive lorsqu’elle est observée de l’extérieur. Pourtant, elle exige une grande rigueur. Plus une tâche est répétée, plus le risque humain d’erreur doit être anticipé par des processus et des contrôles adaptés. Cette immersion rappelle une réalité souvent oubliée dans les fonctions de conseil ou de contrôle : comprendre le terrain améliore la pertinence des recommandations. Pourquoi la curiosité est-elle essentielle dans le conseil en assurance ? L’assurance est un secteur particulièrement vaste. Un consultant peut être confronté successivement à un sujet de conformité, un processus de gestion, une problématique de gouvernance puis une réglementation qu’il maîtrise moins bien. Il est donc impossible de tout connaître. La compétence déterminante devient alors la capacité à apprendre. Pour Thomas, la curiosité fait partie des qualités les plus importantes pour réussir une mission. Être curieux signifie notamment : poser des questions aux équipes ; comprendre pourquoi un processus existe ; aller lire les textes applicables ; challenger les pratiques ; chercher les causes plutôt que simplement constater les conséquences ; accepter d’apprendre auprès de personnes ayant une expertise différente. Le bon consultant n’est donc pas celui qui prétend posséder immédiatement toutes les réponses. C’est celui qui sait chercher, comprendre puis transformer une information complexe en solution utilisable par son client. Les compétences indispensables pour travailler dans le conseil en assurance À la question du conseil qu’il aurait aimé recevoir en début de carrière, Thomas fait ressortir plusieurs qualités. 1. La communication Un consultant travaille rarement seul. Il doit interroger des collaborateurs, restituer des analyses, expliquer des écarts et parfois défendre des recommandations. La qualité de la relation avec les équipes est donc aussi importante que l’expertise technique. Thomas insiste également sur l’importance de parler lorsque l’on traverse une période de doute professionnel. Pour lui, garder ces difficultés pour soi peut rendre les situations plus difficiles à analyser. 2. La curiosité Elle permet de changer de mission sans rester prisonnier de son domaine d’origine. Dans un environnement réglementaire en constante évolution, cette compétence devient presque une condition de maintien de l’expertise. 3. La rigueur Elle est indispensable dans de nombreux métiers de l’assurance. Audit, conformité, gestion, contrôle ou reporting : une approximation peut entraîner des conséquences opérationnelles ou réglementaires importantes. 4. L’organisation Un consultant doit souvent gérer plusieurs échéances, documents, entretiens et livrables. Savoir structurer son travail permet de conserver une vision globale tout en entrant suffisamment dans le détail. 5. La capacité à apprendre des autres Thomas explique avoir eu plusieurs responsables qu’il considère comme des mentors. Son parcours rappelle que l’expertise ne se construit pas uniquement par les formations ou les textes réglementaires. Elle se développe aussi au contact de professionnels expérimentés. Échec professionnel ou apprentissage ? L’un des passages les plus personnels de l’épisode concerne la notion d’échec. Thomas raconte une mission qu’il n’a pas pu poursuivre jusqu’à son terme. Pendant longtemps, il interprète cette expérience comme un échec. Avec le recul, son analyse change. Le projet ne s’était pas nécessairement soldé par un échec : il avait simplement dû quitter la mission avant sa fin. Cette différence peut sembler subtile, mais elle influence fortement la manière dont un professionnel analyse son parcours. L’expérience lui a malgré tout permis : d’apprendre une nouvelle réglementation ; de construire des processus ; de développer des outils ; d’acquérir une nouvelle expérience. Le message n’est donc pas de nier les difficultés professionnelles, mais de distinguer ce qui relève réellement d’un échec de ce qui relève d’une expérience inachevée ou imparfaite. Pourquoi la réglementation fait-elle autant travailler les consultants en assurance ? La réglementation constitue une partie importante de l’activité du conseil en assurance. Thomas estime même, dans son environnement professionnel, qu’elle représente une grande majorité des sujets rencontrés. La raison est simple : lorsqu’un texte évolue, les assureurs doivent comprendre son impact puis adapter leurs dispositifs. Cela peut impliquer : une analyse réglementaire ; une étude d’écart entre l’existant et les nouvelles exigences ; la définition d’un plan d’action ; l’adaptation des procédures ; la mise en place de nouveaux contrôles ; la formation des équipes ; la vérification du bon fonctionnement du dispositif. Le consultant accompagne tout ou partie de cette transformation. LCB-FT : un sujet majeur pour les assureurs La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ou LCB-FT, occupe une place importante dans l’échange. Les organismes concernés doivent notamment mettre en place une approche adaptée aux risques, connaître suffisamment leurs clients et assurer une vigilance pendant toute la relation d’affaires. L’ACPR rappelle que les organismes d’assurance doivent conserver une connaissance actualisée de leurs clients et définir des modalités de mise à jour proportionnées aux risques. La connaissance client ne s’arrête pas à la souscription. L’un des défis évoqués concerne précisément cette actualisation. Connaître son client lors de la souscription est une première étape. Mais que se passe-t-il dix, vingt ou trente ans plus tard ? Certaines informations ont pu changer. L’organisme doit alors organiser une collecte régulière des données pertinentes en fonction de son approche par les risques. En pratique, la difficulté n’est pas uniquement technique. Le client doit aussi répondre. D’où l’importance évoquée par Thomas de pouvoir démontrer les démarches réalisées, les relances effectuées et la traçabilité du processus. Gel des avoirs : un dispositif à ne pas sous-estimer L’épisode insiste également sur le gel des avoirs. Les organismes assujettis doivent disposer de dispositifs permettant notamment de détecter les opérations susceptibles de concerner une personne faisant l’objet d’une mesure de gel. L’arrêté du 6 janvier 2021 encadre notamment les dispositifs et le contrôle interne en matière de LCB-FT et de gel des avoirs. Dans les missions d’audit évoquées par Thomas, ce sujet peut devenir un point de vigilance important, y compris pour des organismes dont l’exposition globale au blanchiment est considérée comme moins importante que celle d'autres activités financières. Il faut donc distinguer approche proportionnée au risque et absence d’obligation. Déclaration de soupçon à TRACFIN : une réalité opérationnelle Thomas a également exercé, dans une expérience professionnelle antérieure, une fonction de déclarant auprès de TRACFIN. Il explique avoir eu l’occasion d’effectuer plusieurs déclarations de soupçon. Ce témoignage permet de rappeler que la LCB-FT n’est pas seulement une accumulation de procédures. Derrière les dispositifs de connaissance client, de vigilance et de détection se trouve une finalité opérationnelle : identifier les situations nécessitant une analyse approfondie et, lorsque les critères sont réunis, transmettre les informations aux autorités compétentes. DORA : de sujet à anticiper à réglementation applicable Lorsque l’épisode a été enregistré en 2024, Thomas présente DORA comme l’une des réglementations qui allait devenir importante pour les acteurs financiers. Depuis, le calendrier a avancé. Le règlement européen DORA sur la résilience opérationnelle numérique est applicable depuis le 17 janvier 2025. Il encadre notamment : la gouvernance des risques liés aux technologies de l’information et de la communication ; la gestion et la déclaration de certains incidents TIC ; les tests de résilience opérationnelle numérique ; la gestion des risques liés aux prestataires TIC ; le suivi de certaines dépendances technologiques. Pour les assureurs, l’enjeu dépasse donc aujourd’hui la préparation au texte : il s’agit de faire vivre les dispositifs dans la durée. L’ACPR souligne notamment l’importance du cadre de gouvernance, du contrôle interne, de la gestion des risques TIC et des programmes de tests. Le passage de l’épisode consacré aux cyberattaques reste particulièrement actuel : la résilience ne signifie pas uniquement empêcher tout incident. Elle consiste aussi à être capable de maintenir ou rétablir les activités critiques lorsqu’un incident survient. AMLA : la supervision européenne de la LCB-FT se structure Thomas évoquait également la création prochaine d’une nouvelle autorité européenne de lutte contre le blanchiment. Là encore, le projet est désormais devenu réalité. L’AMLA, Authority for Anti-Money Laundering and Countering the Financing of Terrorism, est installée à Francfort et a commencé ses activités opérationnelles en 2025. (Source : AMLA) Le transfert des mandats LCB-FT de l’EBA vers AMLA a été achevé le 1ᵉʳ janvier 2026. L’étape suivante est particulièrement importante : jusqu’à 40 institutions ou groupes financiers parmi les plus significatifs et exposés seront sélectionnés en 2027 pour entrer sous supervision directe de l’AMLA à partir de 2028. Pour les professionnels de l’assurance, cela confirme une tendance plus large : la conformité devient de plus en plus européenne, harmonisée et fondée sur l’analyse des risques. Les contrats d’assurance-vie non réclamés : un exemple de mission de mise en conformité Thomas cite aussi une mission menée auprès d’un délégataire gérant des contrats de retraite et confronté à des problématiques autour des contrats non réclamés. Ce sujet renvoie notamment à la loi du 13 juin 2014, dite loi Eckert, relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d’assurance-vie en déshérence. Elle est entrée principalement en application le 1ᵉʳ janvier 2016. Un contrat en déshérence correspond notamment à un contrat qui n’a pas été réclamé ou versé au bénéficiaire dans les situations prévues. Les assureurs ont différentes obligations destinées à rechercher les bénéficiaires et à traiter ces sommes. Pour un consultant, ce type de réglementation illustre parfaitement le passage du texte à l’opérationnel : analyser les obligations ne suffit pas. Il faut construire un processus capable de les respecter durablement. Le consultant en assurance est aussi un acteur de la transformation Réduire le conseil en assurance à la conformité serait néanmoins incomplet. Thomas souligne également l’importance des transformations technologiques. Digitalisation, automatisation, évolution des processus et résilience numérique modifient progressivement le fonctionnement des organismes. Le consultant peut donc jouer plusieurs rôles : interpréter une réglementation ; sécuriser un dispositif ; améliorer un processus ; accompagner une transformation ; challenger une organisation ; aider au lancement d’un nouveau projet. Le véritable point commun entre ces missions n’est pas le sujet traité. C’est la nécessité de comprendre rapidement une problématique complexe pour aider l’entreprise à avancer. Ce qu’il faut retenir Le métier de consultant en assurance couvre des sujets très variés : conformité, audit, risques, gouvernance ou transformation. Une cartographie des risques doit être un outil de pilotage, et pas seulement un document réglementaire. Les missions courtes développent l’adaptabilité ; les missions longues permettent d’approfondir les problématiques. Participer au lancement d’un organisme ou d’un produit d’assurance offre une compréhension particulièrement complète du secteur. La curiosité constitue une compétence essentielle dans un environnement réglementaire complexe. Communication, rigueur et organisation restent indispensables. Comprendre les métiers opérationnels permet de formuler de meilleures recommandations. La réglementation continue de transformer le conseil, notamment avec DORA et le nouveau cadre européen LCB-FT. La conformité ne consiste pas uniquement à produire des procédures : les dispositifs doivent fonctionner dans la réalité. Une carrière se construit aussi à travers les doutes, les expériences inachevées et les apprentissages. Le parcours de Thomas Maquet montre pourquoi le métier de consultant en assurance est difficile à résumer en une seule fonction. Un jour, il faut analyser un dispositif LCB-FT. Le lendemain, construire une cartographie des risques. Une autre mission peut conduire à challenger un business plan ou à participer à la création d’une compagnie d’assurance. Cette diversité explique aussi pourquoi la curiosité constitue un fil rouge du métier. L’expertise compte. Mais dans un secteur où les réglementations, les risques et les technologies évoluent en permanence, la capacité à apprendre, à questionner et à comprendre les équipes est tout aussi déterminante. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Thomas Maquet dans le premier épisode d’Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn Besoin de ressources pour des sujets de gouvernance, d'audit, de conformité et des risques ? Contactez le cabinet Coexell Conseils : https://www.coexell.fr FAQ Qu’est-ce qu’un consultant en assurance ? Un consultant en assurance accompagne les assureurs, mutuelles, institutions de prévoyance, courtiers ou autres acteurs du secteur sur des problématiques spécifiques. Ses missions peuvent concerner la conformité réglementaire, l’audit, la gestion des risques, la gouvernance, l’organisation ou la transformation des processus. Quelles sont les missions d’un consultant en assurance ? Ses missions dépendent de sa spécialisation. Il peut réaliser des audits, construire des cartographies des risques, accompagner une fonction conformité, analyser une réglementation, participer à un business plan, améliorer un dispositif de contrôle ou accompagner le lancement d’un nouveau produit d’assurance. Quelles compétences faut-il pour devenir consultant en assurance ? La curiosité, la rigueur, l’organisation et la communication sont particulièrement importantes. Le consultant doit aussi être capable d’analyser rapidement des informations complexes, de comprendre le fonctionnement d’une entreprise, d’échanger avec des métiers très différents et de transformer son diagnostic en recommandations opérationnelles. Pourquoi la conformité est-elle importante dans le conseil en assurance ? L’assurance est fortement réglementée. Chaque évolution réglementaire peut nécessiter une analyse d’impact, l’adaptation des procédures, de nouveaux contrôles ou une évolution de la gouvernance. Les cabinets de conseil apportent alors leur expertise pour accompagner les organismes dans ces transformations. Qu’est-ce que la cartographie des risques en assurance ? La cartographie des risques consiste à identifier, évaluer et hiérarchiser les principaux risques auxquels une organisation est exposée. Elle permet ensuite d’évaluer les dispositifs de maîtrise existants et de déterminer les actions prioritaires. Bien utilisée, elle devient un véritable outil de pilotage. Qu’est-ce que la LCB-FT en assurance ? La LCB-FT désigne la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les organismes concernés doivent notamment connaître leurs clients, surveiller leurs relations d’affaires en fonction des risques, détecter certaines situations atypiques et respecter leurs obligations de déclaration. Qu’est-ce que DORA pour les assureurs ? DORA est le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier. Applicable depuis le 17 janvier 2025, il renforce notamment les exigences concernant les risques TIC, les incidents, les tests de résilience et la gestion des prestataires technologiques. Quel est le rôle d’AMLA ? AMLA est la nouvelle autorité européenne chargée de renforcer et d'harmoniser la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Elle coordonne notamment les superviseurs et prépare la supervision directe de certaines institutions financières à haut risque à partir de 2028. Pourquoi travailler dans le conseil en assurance ? Le conseil permet de découvrir de nombreux métiers, organismes et problématiques. Les missions peuvent changer régulièrement et permettent d’acquérir rapidement de l’expérience. En contrepartie, le métier exige une forte capacité d’adaptation et un apprentissage permanent. 📚 RECOMMANDATIONS Podcast : Mindset l'épisode 8 Comment le Mindset d'Alexandre Fretti lui a permis de devenir le C-CEO de Malt Musiques (Pour vous motiver pendant les clôtures 📊) : Biga*Ranx - « Mon visage » Poursuite et statut - « BACKBONE » Pour écouter la playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. 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Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d'intro 00:00:35-Introduction 00:01:07-Présentation Thomas Maquet 00:01:21-Description du métier « Consultant Senior en Assurance » 00:02:01-Description du Cabinet Coexell Conseils 00:02:40-Pourquoi le secteur de l'assurance ? 00:04:16-Combien d'années d'expérience dans le secteur de l'assurance ? 00:04:21-Description des tâches/missions 00:05:51-Durée des missions ? 00:07:15-Mission équipe longue ou courte ? 00:08:56-Échecs/réussites 00:10:22-Réussite : Participer à la création d'une compagnie d'assurance/Produit 100 % UC 00:15:36-Entreprenariat 00:16:54-Mindset : Comment apprendre de ses échecs ? 00:19:25-Conseils pour débuter en carrière dans le conseil 00:20:53-Mentors pour développer ses compétences/mindset 00:21:38-Enjeux des métiers du conseil en assurance 00:22:46-Actualité : Lutte Contre le Blanchiment de capitaux et le Financement du Terrorisme (LCB-FT) 00:23:40-Actualité : Réglementation DORA sur la résilience opérationnelle numérique 00:25:13-Rétrospective 2023 du Cabinet Deloitte : Sanctions ACPR 00:26:06-Gel des avoirs 00:27:42-KY&C – Connaissance du client 00:29:32-Déclaration de soupçon – TRACFIN 00:29:51-Reco : Musiques 00:31:18-Reco : Invités 🎧 Bonne écoute à toustes ! 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- Épargne retraite : comment Gedeon réinvente le PER avec le digital
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Épargne retraite : comment Gedeon réinvente le PER digital Préparer sa retraite n’a jamais été aussi présent dans le débat public. Pourtant, comprendre ses droits, évaluer sa future pension et choisir une solution d’épargne restent complexes pour beaucoup de Français. C’est précisément sur ce paradoxe que Gedeon a décidé de se positionner. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Julien Jacquemin, actuaire depuis plus de vingt ans et dirigeant de Gedeon, explique pourquoi l’enjeu ne consiste pas simplement à vendre davantage de produits d’épargne. Il s’agit de rendre la retraite compréhensible, accessible et concrète grâce à la technologie, à la pédagogie et à une gestion administrative largement digitalisée. Une approche qui intervient au moment où le Plan d’épargne retraite poursuit une croissance spectaculaire en France. Résumé de l’épisode Julien Jacquemin connaît la retraite de l’intérieur. Actuaire de formation, il a passé une grande partie de sa carrière dans le conseil aux entreprises sur les problématiques de retraite avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Avec Gedeon, il veut repenser l’expérience de l’épargne retraite autour d’une idée simple : partir de l’objectif final du bénéficiaire plutôt que du produit financier. Dans cet épisode, il revient sur la création de l’entreprise, le choix du PER d’entreprise, le rôle du back-office, la digitalisation des parcours, l’entrée de Malakoff Humanis au capital, mais aussi sur un enjeu beaucoup plus large : comment préparer les Français à une retraite dont le niveau futur reste difficile à anticiper ? L’échange permet ainsi de comprendre aussi bien les mutations de l’assurance que celles du système de retraite français. Gedeon : partir de la retraite plutôt que de l’épargne L’une des phrases les plus révélatrices de l’épisode arrive très tôt. Pour Julien Jacquemin, le véritable objectif n’est ni la collecte ni même l’assurance : « L’objectif, c’est pas la collecte, c’est pas l’assurance, c’est la retraite des gens. » Cette distinction peut sembler sémantique. Elle traduit pourtant une différence profonde de positionnement. Dans l’univers financier, la conversation commence souvent par le produit : assurance vie, PER, fonds euros, unités de compte, gestion pilotée… Gedeon souhaite inverser cette logique. La question devient : quelle retraite cherche-t-on à préparer et comment l’épargne peut-elle contribuer à cet objectif ? Julien Jacquemin insiste ainsi sur le fait que l’épargne n’est qu’un moyen. La finalité reste l’amélioration du niveau de vie à la retraite. Pourquoi cette approche prend-elle de l’importance ? Parce que le marché du PER est désormais loin d’être marginal. Créé dans le cadre de la loi Pacte et commercialisé depuis le 1ᵉʳ octobre 2019, le Plan d’épargne retraite a simplifié un paysage historiquement fragmenté entre PERP, contrats Madelin, Perco ou encore contrats « article 83 ». Le dispositif se décline aujourd’hui sous trois grandes formes : PER individuel, PER d’entreprise collectif et PER d’entreprise obligatoire. Fin 2025, le marché représentait : 150,4 milliards d’euros d’encours ; 12,9 millions de titulaires ; 88,5 milliards d’euros sur les PER individuels ; 33,86 milliards sur les PER d’entreprise collectifs ; 28,04 milliards sur les PER obligatoires. (Source : Tresor.economie.gouv) Le PER est donc devenu une composante importante du paysage de l’épargne française. Mais la croissance du marché ne règle pas automatiquement le problème de compréhension du produit. Pourquoi Gedeon a-t-il choisi de « dépoussiérer » l’épargne retraite avec avec un PER digital ? L’histoire de Gedeon naît pendant la période Covid. Julien Jacquemin et son associé observent alors le développement rapide de nombreuses startups financières et assurantielles. Un élément attire particulièrement leur attention : certaines ne réinventent pas nécessairement le risque assuré, mais transforment radicalement l’expérience proposée au client. Ils identifient alors une opportunité dans leur propre univers professionnel. Selon Julien Jacquemin, l’épargne collective a longtemps été une sorte de « parent pauvre » de l’assurance en matière d’investissement technologique. L’idée devient alors de combiner trois briques : expertise retraite + gestion administrative + technologie. L’objectif n’est donc pas simplement de créer une interface plus moderne autour d'un contrat existant. Il s’agit de travailler également sur ce qui se passe derrière l’écran. Une insurtech pensée depuis le back-office C’est probablement l’un des points les plus différenciants de l’épisode. De nombreuses innovations assurantielles se concentrent sur le front-office : acquisition, parcours de souscription, application mobile ou espace client. Gedeon revendique une logique différente. Julien Jacquemin résume cette philosophie ainsi : « Une vraie boîte tech et pas une boîte marketing. » Son constat est simple : les systèmes d’information historiques de grandes compagnies peuvent être difficiles à faire évoluer. Une modification apparemment mineure peut mobiliser différents outils, prestataires et processus. La technologie doit donc intervenir non seulement sur la présentation du produit, mais également sur son administration. Le PER d’entreprise obligatoire comme porte d’entrée Gedeon commence par un marché particulièrement technique : le PER d’entreprise obligatoire, ou PERO. Ce dispositif a notamment succédé aux anciens contrats dits « article 83 ». Le choix est loin d’être anodin. Julien Jacquemin et ses équipes viennent historiquement du conseil aux entreprises et de la retraite collective. Ils disposent donc déjà d’une expertise métier et d’une connaissance des besoins des directions des ressources humaines. Le B2B présente également une caractéristique intéressante : obtenir un contrat avec une entreprise permet potentiellement d’intégrer simultanément un nombre important de salariés. Plutôt que d’affronter immédiatement les acteurs du PER individuel sur les coûts d’acquisition digitale, Gedeon décide donc de commencer là où son expertise constitue une véritable barrière à l’entrée. Qu’est-ce qu’un PERO ? Le Plan d’épargne retraite d’entreprise obligatoire est un dispositif mis en place par une entreprise pour tout ou partie de ses salariés. Il peut notamment recevoir les cotisations obligatoires de l’employeur et, lorsque l’accord le prévoit, celles du salarié. Le nouveau PER instauré par la loi Pacte distingue trois compartiments selon l’origine des sommes : versements volontaires, épargne salariale et cotisations obligatoires. Cette architecture permet de regrouper différents mécanismes de préparation de la retraite dans un cadre commun. Digitaliser le PER ne signifie pas simplement supprimer le papier. C’est probablement ici que la proposition de Gedeon devient la plus concrète. Dans l’épisode, Julien Jacquemin décrit un parcours dans lequel la signature électronique, la création du contrat, l’espace RH et l’espace du bénéficiaire sont intégrés dans une même chaîne. Il explique être capable, lors d’une démonstration, de partir d’un numéro SIRET et d’aboutir à un dispositif mis en gestion en quelques dizaines de minutes. Il compare cette approche à certains processus traditionnels susceptibles, selon son expérience, de nécessiter plusieurs semaines. Il faut évidemment considérer cette comparaison comme le retour d’expérience de l’invité et non comme un délai universel applicable à l’ensemble du marché. Mais elle illustre parfaitement l’enjeu. Front-office et back-office doivent communiquer Une souscription digitale n’apporte qu’une partie de la réponse si les opérations sont ensuite retraitées manuellement. Dans le modèle décrit par Julien Jacquemin, les équipes et outils de gestion prennent également en charge différentes opérations administratives et financières pour les assureurs partenaires. Cette intégration permet de raccourcir les chaînes de traitement. À retenir : digitaliser l’assurance ne consiste pas uniquement à remplacer un formulaire papier par un formulaire web. La transformation devient réellement structurante lorsque le parcours client, la donnée et les opérations de gestion fonctionnent ensemble. C’est un enseignement qui dépasse très largement le seul marché de la retraite. Faire du PER un outil de marque employeur Autre sujet intéressant : l’épargne retraite n’est pas uniquement envisagée comme un avantage financier. Elle peut devenir un outil de politique RH et de marque employeur. Le problème est que beaucoup de salariés connaissent mal les dispositifs dont ils bénéficient. Une cotisation retraite supplémentaire peut apparaître sur une fiche de paie sans que le collaborateur soit réellement capable d’en mesurer la valeur. Gedeon souhaite donc rendre ce bénéfice plus visible. La plateforme propose notamment une vision plus globale de la retraite et cherche à rapprocher : les droits issus de la retraite obligatoire ; les différents contrats d’épargne retraite ; les investissements ; la projection du bénéficiaire. Julien Jacquemin parle d’une forme de « vision 360 degrés retraite ». Cette promesse reste également au cœur du positionnement actuel de Gedeon, dont le site met en avant l’agrégation de la retraite publique et des différents PER de l’adhérent. Pourquoi est-ce stratégique pour une entreprise ? Un avantage social que personne ne comprend perd une partie de sa valeur perçue. Une entreprise peut consacrer un budget significatif à la retraite supplémentaire sans que ses collaborateurs soient capables d’identifier précisément ce qu’elle finance. L’amélioration de l’expérience utilisateur peut donc avoir un double effet : améliorer la compréhension financière du salarié et valoriser la politique sociale de l’employeur. L'entrée de Malakoff Humanis : résoudre le paradoxe de la durée L’épargne retraite présente une particularité majeure : elle s’inscrit potentiellement sur plusieurs dizaines d’années. Une startup, à l’inverse, peut être perçue comme une organisation encore jeune. Julien Jacquemin identifie clairement ce paradoxe dans l’épisode : Comment convaincre un client de confier une épargne destinée à sa retraite à une structure dont l’histoire est nécessairement plus courte que celle du produit ? Le rapprochement avec Malakoff Humanis apporte une réponse à cette question. Le 14 mars 2024, Malakoff Humanis a annoncé une prise de participation majoritaire dans Betakorn, holding détenant KaribU Gestion et Gedeon. Le groupe expliquait alors vouloir renforcer sa présence sur le marché de l’épargne tout en accélérant sa transformation digitale. Pour Gedeon, l’enjeu est également celui de la crédibilité et de la capacité à s’inscrire dans la durée. Ce rapprochement offre aussi des perspectives commerciales, technologiques et de gestion. Il illustre une tendance plus large dans l’assurance : plutôt que de construire toutes les innovations en interne, certains grands groupes s’appuient sur des startups spécialisées pour accélérer leur transformation. Épargne retraite : un marché qui change d’échelle La croissance récente du PER montre que l’épargne retraite entre progressivement dans les habitudes financières des Français. En 2025, les seuls PER assurantiels ont enregistré 20,2 milliards d’euros de versements, soit une hausse de 16 % sur un an. Leur encours atteignait 111,9 milliards d’euros fin décembre (Source : France Assureurs). Tous types de PER confondus, l’encours a franchi les 150 milliards d’euros. Mais ces chiffres doivent être replacés dans le contexte plus large du système français de retraite. France Assureurs rappelle que les régimes obligatoires ont versé 400,3 milliards d’euros de prestations en 2024, contre 8,9 milliards au titre de la retraite supplémentaire facultative et de l’épargne retraite gérées par les organismes concernés. La capitalisation reste donc un complément, et non le cœur du système français. Répartition ou capitalisation : pourquoi le débat va continuer ? Une partie importante de l’épisode dépasse Gedeon pour aborder l’avenir même du système de retraite. Julien Jacquemin exprime une inquiétude sur la capacité des régimes actuels à conserver durablement leurs caractéristiques. Il insiste donc sur l’intérêt, selon lui, de constituer parallèlement une épargne personnelle. Cette position correspond à celle de l’invité et doit être distinguée des projections officielles. Le Conseil d’orientation des retraites offre une lecture plus nuancée. Dans son rapport 2025, le COR estime que les dépenses du système de retraite représentaient 13,9 % du PIB en 2024 et pourraient atteindre environ 14,2 % en 2070 dans son scénario de référence. En revanche, la pension moyenne rapportée au revenu d’activité moyen diminuerait : elle passerait de 52,3 % en 2023 à 45,1 % en 2070 selon ces projections. Autrement dit, le débat ne porte pas uniquement sur l’existence future des pensions. Il concerne également leur niveau relatif par rapport aux revenus des actifs. Et c’est précisément dans cet espace que l’épargne retraite supplémentaire peut prendre davantage d’importance. L’éducation financière, véritable bataille de la retraite « Combien toucherez-vous à la retraite ? » Cette question posée dans l’épisode résume une difficulté majeure. Même des professionnels familiers des ressources humaines ou de la protection sociale peuvent avoir du mal à estimer précisément leur future pension. Julien Jacquemin estime donc que la prochaine transformation du marché ne sera pas uniquement technologique. Elle sera pédagogique. « Les gens sont à la fois inquiets mais font rien. » Derrière la formule volontairement directe se cache un enjeu comportemental : savoir qu’un problème existe ne suffit pas nécessairement à agir. Le temps est un élément central de l’épargne retraite. L’un des messages pédagogiques développés par Gedeon consiste à montrer l’intérêt de commencer tôt. Julien Jacquemin utilise l’exemple d’un versement régulier de 100 euros par mois commencé à différents âges pour illustrer l’effet potentiellement très important de la durée de capitalisation. Les résultats exacts dépendent évidemment du rendement, des frais, de la fiscalité et de la durée d’investissement. Mais le principe financier est essentiel : plus la période de capitalisation est longue, plus les intérêts composés ont potentiellement le temps de produire leurs effets. La meilleure innovation pourrait donc parfois être beaucoup plus simple qu'un nouvel algorithme : faire comprendre suffisamment tôt aux utilisateurs pourquoi ils doivent se préoccuper de leur retraite. Le PER pour les indépendants : un enjeu encore différent L’épisode insiste également sur la situation des indépendants. Pour Julien Jacquemin, les besoins ne sont pas identiques entre salariés, dirigeants, travailleurs non salariés et micro-entrepreneurs. Les droits futurs dépendent notamment des revenus déclarés et des cotisations versées. Un niveau plus faible de cotisations sociales peut logiquement se traduire par des droits à retraite moins importants. D’où l’intérêt de raisonner en taux de remplacement : quelle proportion de son revenu d’activité pourra-t-on conserver une fois à la retraite ? Gedeon commercialise aujourd’hui également un PER individuel destiné notamment aux travailleurs non salariés et indépendants. Le sujet n’est donc plus seulement celui du PER d’entreprise. Il devient celui d’un accompagnement retraite adapté à chaque situation professionnelle. Après le PER : rapprocher épargne salariale et épargne retraite L’une des ambitions exprimées dans l’épisode concerne la convergence entre épargne salariale et épargne retraite. Pour un salarié, ces dispositifs peuvent aujourd’hui apparaître comme différents univers, avec leurs propres interfaces, règles et logiques. Gedeon souhaite à terme proposer une expérience plus homogène. Julien Jacquemin explique que cette convergence constitue l’un des axes de développement importants de la plateforme. Cette logique est particulièrement intéressante car la loi Pacte a justement cherché à améliorer les passerelles entre différents dispositifs. (Source : service public) Le produit financier devient alors une brique d’un ensemble plus large. L’utilisateur ne devrait plus avoir à comprendre l’organisation interne de l’assureur, du gestionnaire ou du teneur de compte. Il devrait pouvoir répondre à une question beaucoup plus simple : Où en suis-je dans la préparation de ma retraite ? Ce que l’expérience de Gedeon dit aussi de l’innovation en assurance Cet épisode apporte enfin plusieurs enseignements qui dépassent largement le PER. 1. Le back-office peut devenir un avantage concurrentiel. L’innovation visible par le client n’est souvent que la partie émergée de l’iceberg. Un processus réellement digital doit également transformer la gestion administrative. 2. Une insurtech peut partir d’une expertise métier. Gedeon n’est pas né uniquement d’une intuition technologique. Ses fondateurs connaissaient déjà profondément le marché de la retraite et ses processus. La technologie vient donc répondre à un problème métier identifié auparavant. 3. Une levée de fonds sert surtout à acheter du temps Julien Jacquemin résume clairement l’objectif de leur financement : « La levée de fonds, pour moi, son objectif, c’était de nous faire gagner du temps. » L’idée était d’accélérer suffisamment pour prendre position sur le marché avant que d’autres acteurs ne développent des solutions comparables. 4. La technologie ne remplace pas la pédagogie. Même le meilleur parcours digital ne peut pas résoudre un problème que l’utilisateur ne comprend pas. Sur la retraite, la capacité à expliquer devient donc presque aussi importante que la capacité à gérer. Ce qu’il faut retenir Le marché du PER a dépassé 150 milliards d’euros d’encours fin 2025. Gedeon veut partir de l’objectif « retraite » plutôt que du seul produit d’épargne. Son modèle repose fortement sur l’intégration entre expérience utilisateur, technologie et back-office. Le PER d’entreprise obligatoire a constitué son premier marché. La retraite supplémentaire peut également devenir un outil de marque employeur. L’entrée de Malakoff Humanis au capital apporte à Gedeon un acteur industriel capable de soutenir son développement dans la durée. L’éducation financière reste l’un des principaux défis : beaucoup de Français connaissent encore mal leurs droits futurs. La croissance du PER ne remplace pas la retraite par répartition : elle renforce surtout le rôle de l’épargne supplémentaire. La convergence entre épargne salariale et épargne retraite pourrait constituer une prochaine étape importante du marché. La vraie bataille ne sera probablement pas seulement de vendre davantage de PER, mais de rendre la retraite réellement compréhensible. L’histoire de Gedeon montre que l’innovation dans l’épargne retraite ne se limite pas à proposer un contrat supplémentaire ou une application plus moderne. Elle consiste à repenser toute la chaîne : souscription, gestion, accès à l’information, pédagogie et projection dans le temps. Le sujet devient d’autant plus stratégique que le PER dépasse désormais 150 milliards d’euros d’encours et que les interrogations autour du niveau futur des pensions restent fortes. L’enjeu des prochaines années pourrait donc être moins de convaincre les Français qu’ils doivent épargner que de leur permettre de comprendre pourquoi, combien et dans quel objectif ? Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Julien Jacquemin dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn . Site de GEDEON : https://gedeon.io/ Pour en savoir plus sur la retraite supplémentaire : consulte le guide du PER et du PERIN. FAQ Qu’est-ce que l’épargne retraite ? L’épargne retraite regroupe les sommes constituées pendant la vie active afin de compléter les revenus une fois à la retraite. Elle peut prendre différentes formes, notamment le Plan d’épargne retraite. Contrairement à la retraite obligatoire par répartition, cette épargne repose sur des sommes capitalisées au bénéfice de l’épargnant. Qu’est-ce qu’un plan d’épargne retraite ? Le Plan d’épargne retraite, ou PER, est un dispositif d’épargne de long terme créé par la loi Pacte. Commercialisé depuis octobre 2019, il existe sous trois formes principales : PER individuel, PER d’entreprise collectif et PER d’entreprise obligatoire. Il a progressivement remplacé plusieurs anciens dispositifs comme le PERP, le contrat Madelin et l’article 83. Qu’est-ce qu’un PER digital ? Un PER digital permet d'effectuer tout ou partie de la souscription et de la gestion en ligne. La digitalisation peut concerner la signature électronique, le suivi de l’épargne, les versements ou encore les opérations administratives. Dans le modèle présenté par Gedeon, elle concerne également une partie importante du back-office. Qu’est-ce qu’un PER d’entreprise obligatoire ? Le PER d’entreprise obligatoire, ou PERO, est mis en place par une entreprise au bénéfice de tout ou partie de ses salariés. Il succède notamment aux anciens contrats « article 83 ». Il peut recevoir des cotisations obligatoires versées par l’entreprise et éventuellement par les salariés concernés. Quelle différence entre retraite par répartition et retraite par capitalisation ? Dans un système par répartition, les cotisations versées aujourd’hui financent les pensions des retraités actuels. Dans un système par capitalisation, les sommes sont investies afin de constituer une épargne destinée à financer ultérieurement la retraite de l’épargnant. En France, le système obligatoire repose principalement sur la répartition, l’épargne retraite venant en complément. Pourquoi commencer tôt à épargner pour sa retraite ? Commencer tôt permet de répartir l’effort d’épargne sur une période plus longue et de bénéficier davantage de l’effet potentiel des intérêts composés. À rendement identique, une somme investie pendant plusieurs décennies dispose de davantage de temps pour produire des gains. Les performances restent toutefois dépendantes des placements choisis, des frais et des marchés financiers. Combien d’argent est investi dans les PER en France ? Au 31 décembre 2025, les différents PER totalisaient 150,4 milliards d’euros d’encours pour 12,9 millions de titulaires, selon les données consolidées publiées par le ministère de l’Économie. Quel est l’intérêt d’un PER pour une entreprise ? Un PER d’entreprise permet d’aider les salariés à préparer leur retraite tout en intégrant ce dispositif dans la politique de rémunération et d’avantages sociaux. Lorsqu’il est correctement expliqué et valorisé, il peut aussi participer à la marque employeur et à la fidélisation des collaborateurs. Quel est le positionnement de Gedeon ? Gedeon se positionne comme un spécialiste digital de l’épargne retraite avec son PER. Son approche associe parcours numérique, gestion administrative et outils permettant d’obtenir une vision plus globale de sa retraite. L'entreprise propose des solutions destinées notamment aux entreprises, salariés, indépendants et courtiers. 📚 RECOMMANDATIONS Comprendre le Produit Paneuropéen d’Epargne Retraite Individuelle (PEPP) Retraite supplémentaire : l’Eiopa veut rendre l’adhésion automatique pour les salariés de l’UE Musique : Le blues du businessman – Claude Dubois Starmania Platefrome 58 : incubateur de la banque postale Profil LinkedIn : Olivier Gignoux Coaching Conseil Leadership & Transformation Maud Alavès : Personal Branding pour entrepreneurs. Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:48-Présentation 00:02:59-Question Mystère 00:04:18-La Genèse de GEDEON 00:13:24-Marché des produits retraites 00:15:57-Anecdote sur Gedeon 00:17:39-Orientation business BtoC ou BtoB ? 00:21:53-Platefrome 100 % digitale 00:24:45-Croissance et levée de fonds 00:29:31-Rapprochement avec le groupe Malakoff Humanis 00:32:39-Sujet de la retraite en France 00:43:43-Question signature : Une musique qui représente le parcours pro 00:44:47-Mindset en 3 mots 00:46:17-Retours d'expériences 00:56:49-Si ton métier devait être un sport quel serait-il ? 00:59:32-Recommandations livres/podcasts 01:02:09-Mots de la fin 01:06:15-Recos invité(e)s 01:07:50-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Commissionnement en assurance : fonctionnement et enjeux
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Commissionnement en assurance : fonctionnement, contrôle et enjeux pour les courtiers Le commissionnement est au cœur du modèle économique de nombreux courtiers, CGP et intermédiaires d’assurance. Pourtant, derrière un mécanisme qui semble simple, distribuer un contrat puis percevoir une rémunération, se cache une gestion beaucoup plus complexe : bordereaux hétérogènes, reprises de commissions, données dispersées, contrôles manuels et écarts parfois difficiles à identifier. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Lionel Sevestre revient sur cette mécanique souvent invisible. Son constat : avant même de vouloir faire parler la donnée avec des tableaux de bord ou de l’intelligence artificielle, encore faut-il parvenir à récupérer une information complète, fiable et exploitable. Voici comment fonctionne le commissionnement en assurance, les difficultés qu’il soulève et les leviers permettant de mieux le maîtriser. Résumé de l’épisode : Lionel Sevestre décrypte les coulisses du commissionnement. Invité d’Assurance en coulisses, Lionel Sevestre, gérant de HappyAssur, possède une formation en informatique et travaille depuis de nombreuses années sur les problématiques rencontrées par les courtiers. Il raconte avoir identifié le sujet du commissionnement en observant un professionnel consacrer plusieurs journées chaque mois au traitement manuel de ses bordereaux. L’échange dépasse largement la question du paiement des commissions. Il aborde la récupération des données auprès des assureurs, la rémunération des mandataires, les reprises de commissions, la fiabilité des portefeuilles, le reporting, l’automatisation et l’intelligence artificielle. Un fil rouge traverse l’épisode : la qualité du pilotage dépend d’abord de la qualité de la donnée disponible. Qu’est-ce que le commissionnement en assurance ? Le commissionnement désigne le mécanisme par lequel un intermédiaire est rémunéré en contrepartie de son activité de distribution d’assurance. L’ACPR rappelle que la rémunération d’un intermédiaire peut prendre plusieurs formes : commission, honoraire, autre paiement ou avantage lié à l’activité de distribution. Pour de nombreux courtiers et intermédiaires, la commission reste cependant une composante fondamentale de leur modèle économique. Dans l’épisode, Lionel Sevestre le résume ainsi : « Le commissionnement, c’est le mode de rémunération des courtiers CGP. » Concrètement, lorsqu’un contrat est distribué, les modalités de rémunération sont prévues dans les accords ou protocoles liant les différents acteurs. Pourquoi les commissions sont-elles particulièrement importantes dans le courtage ? L’une des caractéristiques du modèle tient à sa récurrence. Un portefeuille constitué progressivement peut continuer à produire des commissions tant que les contrats restent en vigueur et que les conditions de rémunération applicables sont remplies. Cette récurrence joue alors sur plusieurs dimensions : le chiffre d’affaires du cabinet ; sa capacité à prévoir ses revenus ; la rémunération éventuelle de ses mandataires ; le pilotage de son activité ; la valeur économique de son portefeuille. C’est précisément ce dernier point qui donne au commissionnement une dimension stratégique. Lorsqu’un cabinet ou un portefeuille est cédé, il ne suffit pas de regarder le nombre de clients. La stabilité des contrats et des revenus associés contribue également à comprendre la qualité économique du portefeuille. Comment fonctionne le commissionnement d’un courtier en assurance ? Dans une représentation simplifiée, le mécanisme peut être résumé ainsi : Assuré → contrat et prime → assureur → calcul de la rémunération → commission versée à l’intermédiaire. Dans la réalité, les flux sont plus complexes. Le courtier peut travailler avec plusieurs assureurs, plusieurs branches et différents produits. Il peut lui-même disposer d’un réseau de mandataires auquel une partie des commissions doit ensuite être reversée. Chaque mois, il faut donc être capable de rapprocher : le contrat ; le client ; l’assureur ; la prime ; la période concernée ; le montant de la commission ; le taux éventuellement applicable ; le bordereau ; et, idéalement, le paiement effectivement reçu. C’est ici que commence l’une des principales difficultés mises en évidence dans l’épisode. Le bordereau de commissions : le document au cœur du processus Le bordereau de commissions permet à l’intermédiaire d’identifier les rémunérations qui lui sont attribuées. Sur le papier, il devrait constituer une source facilement exploitable. Sur le terrain, Lionel Sevestre décrit une réalité différente. « La grosse difficulté, c’est l’hétérogénéité des sources. » Les données peuvent notamment arriver sous forme : de fichiers Excel ; de CSV ; de PDF ; de documents récupérés sur un extranet ; d’e-mails ; voire, dans certains cas évoqués pendant l’interview, de documents papier numérisés. Le problème ne vient donc pas uniquement de la quantité d’informations à traiter. Il vient aussi de leur absence d’uniformité. Des informations qui changent selon les assureurs D’un bordereau à l’autre, les colonnes, formats et informations disponibles peuvent différer. Selon les cas évoqués par Lionel Sevestre, certaines données peuvent même être insuffisantes pour identifier immédiatement la période ou le contrat auquel correspond une commission. HappyAssur indique ainsi traiter plus de 500 formats de fichiers différents pour ses clients. Il s’agit d’un chiffre communiqué par l’invité à partir de l’activité de son entreprise, et non d’une statistique sectorielle exhaustive. À retenir : Le principal problème du commissionnement n’est donc pas nécessairement le calcul de la commission. Il peut se situer beaucoup plus en amont : collecter, normaliser et rapprocher correctement les informations permettant de la contrôler. Pourquoi le contrôle des commissions reste difficile ? Lorsqu’un cabinet gère quelques lignes, une vérification manuelle reste envisageable. Lorsque les volumes augmentent, l’équation change. Lionel donne l’exemple d’un groupement recevant environ 200 bordereaux par mois. À cette échelle, télécharger chaque document, modifier les colonnes, transformer certains PDF, effectuer des copier-coller et rapprocher manuellement les opérations représente une charge considérable. Le piège du contrôle par comparaison Une pratique relatée dans l’interview consiste à regarder le montant global encaissé et à le comparer à celui de la période précédente. Si les commissions ressemblent globalement à celles de l’année précédente, rien ne semble anormal. Cette méthode possède pourtant une limite évidente : un total cohérent ne garantit pas l’exactitude de chacune des commissions qui le composent. Quelques contrats peuvent être absents, d’autres mal rattachés et certaines rémunérations décalées dans le temps sans que cela soit immédiatement visible au niveau agrégé. Le véritable changement consiste donc à passer de : « mes commissions paraissent cohérentes » à : « je suis capable de rapprocher les commissions attendues et celles effectivement reçues ». Reprises de commissions : pourquoi faut-il également surveiller les sorties ? Le commissionnement n’est pas uniquement constitué de sommes créditées. Certaines situations peuvent entraîner une reprise de commission, selon les modalités contractuelles applicables. Dans l’exemple donné pendant l’épisode, lorsqu’un contrat prend fin avant l’échéance envisagée et qu’une rémunération a déjà été versée, une partie peut devoir être reprise. Pour un cabinet fonctionnant avec des mandataires, la question devient particulièrement importante. Il faut pouvoir déterminer : quelle commission avait été reversée ?; sur quel contrat ? ; à quel mandataire ? ; quelle somme doit éventuellement être reprise ? Ces opérations deviennent encore plus sensibles lorsqu’un mandataire a quitté le réseau. Le suivi des reprises fait donc partie intégrante d’un système de commissionnement fiable. La croissance des mandataires renforce l’enjeu du commissionnement. Le sujet prend davantage d’importance avec l’évolution de la distribution. Le rapport annuel 2024 de l’ORIAS recense 3 233 inscriptions dans la catégorie Mandataire d’Assurance au 31 décembre 2024, contre 2 715 un an auparavant, soit une progression de 19,1 %. L’ACPR distingue notamment les mandataires d’assurance, mandatés par une ou plusieurs entreprises d’assurance, et les mandataires d’intermédiaires, mandatés par un courtier ou un agent général. (Source : Intermédiaires d'assurance) Pour Lionel Sevestre, le développement de ces modèles répond notamment à la volonté de certains distributeurs de se concentrer davantage sur leur activité commerciale tout en s’appuyant sur un réseau pour une partie du back-office. Cette organisation rend néanmoins la chaîne de rémunération plus importante à maîtriser. Car lorsqu’un réseau doit répartir les sommes entre de nombreux mandataires, l’erreur n’affecte plus seulement la comptabilité du cabinet : elle touche directement la relation avec son réseau de distribution. Commissionnement et confidentialité : Excel peut montrer ses limites L’un des exemples les plus parlants de l’interview concerne un bordereau Excel transmis à un mandataire. Selon Lionel, le fichier contenait les informations du réseau, mais seules les lignes correspondant au destinataire étaient masquées ou affichées grâce à un filtre. En retirant celui-ci, le mandataire pouvait potentiellement accéder aux informations concernant d’autres personnes. L’exemple illustre un sujet plus large : automatiser n’est pas seulement gagner du temps. Un processus structuré doit également améliorer : la séparation des données ; la traçabilité ; la fiabilité des traitements ; les droits d’accès ; la reproductibilité des opérations. Un tableur peut être particulièrement efficace pour certains usages. Mais lorsque le volume, la confidentialité et la fréquence augmentent, son utilisation demande une gouvernance adaptée. Commissionnement et valorisation d’un portefeuille Les commissions constituent également une source d’information sur la vie du portefeuille. Pendant l’épisode, Lionel explique utiliser leur suivi pour mieux analyser les contrats et leur stabilité. La logique est intéressante : si un contrat cesse durablement de produire les flux attendus, cela peut constituer un signal à investiguer pour vérifier son statut. Attention cependant : l’absence d’une commission ne permet pas, à elle seule, de conclure juridiquement ou automatiquement qu’un contrat est résilié. D’autres causes peuvent expliquer l’écart. L’intérêt du signal réside précisément dans le contrôle qu’il déclenche. Pourquoi est-ce utile lors d'une acquisition de portefeuille ? Imaginez deux portefeuilles générant chacun 500 000 € de revenus. Le premier possède une clientèle stable. Le second doit continuellement remplacer des contrats résiliés pour conserver le même niveau d’activité. Sur une photographie instantanée, leurs performances peuvent sembler proches. Sur plusieurs années, leur valeur économique potentielle diffère pourtant fortement. C’est pourquoi la donnée de commissionnement peut alimenter l’analyse : de la récurrence ; de la stabilité des contrats ; du turnover du portefeuille ; de la concentration par assureur ; de la répartition par branche. Le commissionnement devient alors un outil de pilotage, et plus seulement une donnée comptable. Pourquoi la qualité des données devient un enjeu réglementaire ? La qualité des informations dépasse aussi la simple rentabilité. Les intermédiaires évoluent dans un environnement fortement réglementé. L’ACPR rappelle notamment que les professionnels exerçant une activité d’intermédiation doivent respecter différentes conditions d’accès et d’exercice, et que les intermédiaires concernés sont immatriculés à l’ORIAS. Depuis la réforme du courtage entrée en vigueur en 2022, les courtiers et certains de leurs mandataires doivent par ailleurs adhérer à une association professionnelle agréée par l’ACPR. Dans l’épisode, Lionel insiste surtout sur la difficulté pratique consistant à produire des répartitions fiables lorsque les informations reçues des différents partenaires ne sont pas homogènes. Le RGPD renforce aussi l’importance de connaître son portefeuille Le suivi précis des contrats participe également à une bonne gouvernance des données personnelles. La CNIL rappelle un principe essentiel : les données personnelles ne peuvent pas être conservées indéfiniment. Leur durée de conservation doit être déterminée en fonction de la finalité du traitement et des obligations applicables. (Source : conservation des données en assurance) Il ne suffit donc pas d’accumuler les informations dans un CRM. Une entreprise doit aussi savoir pourquoi elle les conserve, pendant combien de temps et dans quel statut se trouve la relation concernée. Automatiser les commissions : quel bénéfice pour un courtier ? L’automatisation vise à remplacer une succession de manipulations manuelles par un processus reproductible. Dans le modèle décrit par Lionel Sevestre, les outils vont récupérer les informations disponibles sur les extranets ou traiter les fichiers reçus, avant de les transformer en données exploitables par le système du courtier. Les gains potentiels concernent plusieurs niveaux. 1. Gagner du temps Téléchargements, copier-coller, retraitements et rapprochements peuvent mobiliser plusieurs heures ou journées chaque mois. Automatiser les tâches répétitives permet de concentrer davantage le temps humain sur les anomalies nécessitant réellement une analyse. 2. Réduire les erreurs manuelles Une ligne oubliée ou un mauvais numéro de contrat peut empêcher un rapprochement correct. Un système automatisé ne supprime pas tous les risques, mais facilite la mise en œuvre de contrôles systématiques. 3. Accélérer la disponibilité de l’information La récupération progressive des fichiers permet d’éviter d’attendre la fin du mois pour traiter l’ensemble du volume. 4. Améliorer le pilotage Une donnée structurée peut ensuite alimenter un CRM, un outil de contrôle de gestion ou une solution de business intelligence. Et c’est précisément ici que l’intelligence artificielle entre dans la discussion. Intelligence artificielle et commissions : où se situe vraiment la valeur ? L’entretien apporte une nuance particulièrement intéressante au discours actuel sur l’IA. Selon Lionel Sevestre, deux problèmes doivent être distingués : Récupérer et fiabiliser la donnée. Analyser et faire parler cette donnée. L’intelligence artificielle peut devenir particulièrement intéressante pour la seconde étape : identifier des anomalies ; explorer un portefeuille ; produire des analyses ; générer des graphiques ; interroger des données en langage naturel. Mais une IA alimentée par une information partielle ou incorrecte reproduira les limites des données qu’on lui fournit. C’est tout le paradoxe. Les organisations peuvent vouloir passer directement à l’IA alors que leur premier chantier reste parfois beaucoup plus basique : récupérer correctement leurs informations. « La problématique, c’est : qu’est-ce que je mets dans mon IA avant de faire l’interrogation ? » Cette réflexion issue de l’épisode résume probablement l’un de ses enseignements les plus intéressants. Du commissionnement au pilotage par la donnée À terme, un système mature pourrait fonctionner selon une chaîne simple : Collecter ; Normaliser ; Contrôler ; Rapprocher ; Analyser ; Décider. L’erreur serait de commencer directement par l’étape 5. Un dashboard très esthétique ne compense pas une donnée incomplète. Une intelligence artificielle très performante ne peut pas inventer le bordereau qui n’a jamais été collecté. Un prévisionnel précis ne peut pas reposer durablement sur des montants estimés. Le véritable enjeu du commissionnement en assurance devient donc celui de la maîtrise de toute la chaîne de données. Ce qu’il faut retenir Le commissionnement constitue une composante centrale de la rémunération de nombreux intermédiaires en assurance. Sa gestion devient complexe lorsque les assureurs, produits, formats et réseaux de distribution se multiplient. Les bordereaux peuvent arriver sous différents formats et nécessiter des retraitements importants. Contrôler uniquement le montant global perçu ne permet pas de garantir que chaque commission attendue est correcte. Les reprises de commissions doivent elles aussi être suivies, notamment dans les réseaux de mandataires. La donnée de commissionnement peut contribuer au pilotage et à l’analyse d’un portefeuille. L’automatisation permet principalement de réduire les traitements répétitifs et de systématiser les contrôles. L’IA possède un potentiel important pour l’analyse et la détection d’anomalies, mais sa valeur dépend d’abord de la qualité des données fournies. Avec +19,1 % d’inscriptions de mandataires d’assurance en 2024, la maîtrise des mécanismes de distribution et de rémunération prend une importance croissante. Le commissionnement en assurance paraît simple lorsqu’on l’observe depuis le virement reçu par le courtier. Il devient beaucoup plus complexe lorsque l’on remonte toute la chaîne : contrats, primes, bordereaux, assureurs, mandataires, reprises, rapprochements et contrôle de la donnée. L’épisode avec Lionel Sevestre montre surtout qu’un enjeu économique fondamental peut rester difficile à piloter lorsque l’information est dispersée ou insuffisamment structurée. Avant les dashboards et avant l’IA, la priorité reste donc la même : disposer d’une donnée fiable, complète et contrôlable. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Lionel Sevestre dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn. Site d’HappyAssur : https://www.happyassur.com/ FAQ Qu’est-ce que le commissionnement en assurance ? Le commissionnement en assurance correspond à une forme de rémunération versée à un intermédiaire en contrepartie de son activité de distribution. Il peut concerner notamment les courtiers, agents ou mandataires selon leur statut et les accords applicables. La réglementation prévoit également d’autres formes de rémunération, notamment les honoraires. Comment un courtier en assurance est-il rémunéré ? Un courtier peut être rémunéré notamment par des commissions liées aux contrats. distribués et, selon son activité et les modalités applicables, par des honoraires. Les conditions exactes dépendent des relations contractuelles et du type de produit distribué. La rémunération peut comporter une dimension récurrente lorsque les contrats restent en portefeuille. Qu’est-ce qu’un bordereau de commissions ? Un bordereau de commissions est un document permettant de détailler les rémunérations attribuées à un intermédiaire. Il peut notamment comporter des références de contrats, montants et informations nécessaires au rapprochement. En pratique, les formats diffèrent fortement selon les acteurs, ce qui peut compliquer leur automatisation et leur contrôle. Pourquoi contrôler ses commissions d’assurance ? Le contrôle permet de rapprocher les sommes attendues avec les informations communiquées et les paiements reçus. Il aide à détecter des commissions absentes, décalées ou mal rattachées et à disposer d’une vision plus précise du chiffre d’affaires. Il est particulièrement important pour les cabinets gérant de nombreux contrats ou mandataires. Qu’est-ce qu’une reprise de commission ? Une reprise de commission correspond, selon les conditions prévues, au retrait de tout ou partie d’une rémunération précédemment versée. Elle peut notamment intervenir lorsque les conditions ayant justifié le versement initial ne sont plus remplies. Son fonctionnement exact dépend du contrat et du protocole de commissionnement applicable. Comment automatiser la gestion des commissions ? L’automatisation consiste généralement à récupérer les bordereaux, normaliser leurs formats, rattacher les informations aux bons contrats puis exécuter des contrôles. Les données peuvent ensuite être intégrées dans un CRM ou un outil de gestion. L’objectif est surtout de limiter les manipulations répétitives et de concentrer l’intervention humaine sur les exceptions. L’intelligence artificielle peut-elle contrôler les commissions ? L’IA peut faciliter la détection d’anomalies, l’analyse du portefeuille ou l’interrogation des données. Mais son efficacité dépend de la qualité des informations disponibles. Avant de développer des analyses avancées, il reste donc nécessaire de collecter, structurer et fiabiliser correctement les données de commissionnement. Les commissions permettent-elles d’évaluer un portefeuille de courtage ? Elles constituent une information utile, mais ne suffisent pas seules. Leur historique peut aider à analyser la récurrence des revenus, la stabilité de certains contrats ou la répartition de l’activité. Une valorisation sérieuse doit toutefois intégrer d’autres critères financiers, commerciaux, juridiques et qualitatifs. 📚 RECOMMANDATIONS Rapport Annuel 2024 de l'ORIAS Réglementation RGPD Réglementation CNIL Post LinkedIn Nicoles EPPE - Product Owner problème SI commissions Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. ☎️ CONTACTEZ L'INVITÉ 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d'intro 00:00:31-Présentation 00:02:14-Question signature : Si ton métier était un sport quel serait-il ? 00:03:32-Définition et concept du commissionnement 00:05:52-Genèse d'HappyAssur 00:08:05-Marché du Courtage/mandataire 00:13:18-Quelles sont les grandes difficultés de la gestion des commissions ? 00:18:23-Partage de cas d'usage ou cas clients 00:23:48-Obligations réglementaires : Reporting ACPR/AMF, Analyse, RGPD... 00:29:56-Marchés des éditeurs de logiciels 00:33:35-Les bénéfiques de l'intelligence articifielle 00:39:21-Question signature : musique qui représente son parcours pro 00:39:51-Partage d'un post LinkedIn paramétrage des commissions entre difficultés et erreurs 00:42:29-Les mots de la fin - l'évolution du commissionnement dans l'assurance 00:45:53-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Agents IA en actuariat assurance : usages, fiabilité et enjeux
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Agents IA en actuariat assurance : comment l’IA transforme le métier ? L’intelligence artificielle peut-elle réellement intervenir dans les calculs, les modèles et les processus d’un actuaire ? La question dépasse largement l’utilisation de ChatGPT pour rédiger un email. Dans l’assurance, les données sont sensibles, les calculs doivent être maîtrisés et les décisions peuvent engager financièrement une entreprise pendant plusieurs années. C’est précisément sur ce terrain qu’interviennent les agents IA en actuariat. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Reda Jarir et Sami Hamine, cofondateurs d’URLab, expliquent pourquoi l’enjeu n’est plus seulement de disposer d’un modèle d’intelligence artificielle performant. La véritable difficulté consiste à construire des systèmes capables d’utiliser cette puissance tout en garantissant contrôle, traçabilité et reproductibilité. Une transformation qui pourrait profondément modifier le quotidien des actuaires. Résumé de l’épisode Reda Jarir et Sami Hamine réunissent deux compétences complémentaires : l’actuariat d’un côté, l’IT, la data et l’entrepreneuriat technologique de l’autre. Cette rencontre a conduit à la création d’URLab, avec l’ambition de réduire la complexité technique supportée par les équipes actuarielles afin qu’elles puissent se recentrer sur l’analyse du risque. Pendant près d’une heure, l’échange explore les agents IA, les limites des LLM, la reproductibilité des résultats, la « white box », l’automatisation de tâches longues et le rôle futur de l’actuaire. Il aborde également un enjeu moins technologique qu’il n’y paraît : comment intégrer l’IA dans une organisation sans perdre la maîtrise des processus ? Le fil rouge est clair : l’objectif n’est pas de remplacer l’actuaire, mais de lui permettre de déléguer certaines tâches tout en continuant à piloter. Pourquoi l’actuariat dans le secteur de l'assurance constitue-t-il un terrain particulier pour l’intelligence artificielle ? L’actuaire travaille à la croisée des mathématiques, des statistiques, de la finance, de la réglementation et de la connaissance métier. Son travail ne consiste donc pas simplement à obtenir une réponse. Il faut notamment : comprendre les données ; choisir les hypothèses ; sélectionner ou construire une méthode ; exécuter des calculs ; contrôler les résultats ; documenter les traitements ; interpréter les écarts ; prendre ou éclairer une décision. À cela s’ajoute une couche technique croissante : infrastructures, environnements de calcul, bases de données, bibliothèques de code, sécurité ou encore capacité de calcul. L’idée à l’origine d’URLab vient précisément de ce constat. Les fondateurs expliquent vouloir faire abstraction d’une partie de cette complexité afin de permettre aux équipes actuarielles de consacrer davantage de temps à ce qui constitue leur valeur métier : l’analyse du risque. Cette distinction est importante. L’objectif des agents IA n’est pas nécessairement d’automatiser la décision actuarielle. Ils peuvent d’abord automatiser ou orchestrer tout ce qui entoure cette décision. Qu’est-ce qu’un agent IA en actuariat ? Un agent IA est un système utilisant notamment un modèle de langage, mais auquel sont également accessibles des outils, des fonctions, des données ou des environnements lui permettant d’accomplir différentes actions pour répondre à un objectif. Dans l’épisode, l’agent est décrit comme un modèle opérant dans un environnement et capable de mobiliser les outils mis à sa disposition en fonction de la demande. LLM et agent IA : quelle différence ? Un LLM comme ceux qui alimentent les principaux assistants génératifs est avant tout capable de comprendre et produire du langage, du code ou des raisonnements à partir d’un contexte. Un agent ajoute une couche supplémentaire. Il peut, par exemple : comprendre la demande ; identifier l’action à réaliser ; rechercher une donnée ; appeler un outil ; lancer un calcul ; récupérer le résultat ; l’interpréter ; poursuivre le processus. C’est donc moins le modèle pris isolément que l’environnement dans lequel il opère qui devient déterminant. Les fondateurs insistent d’ailleurs sur ce point : le LLM reste une technologie avec des forces et des limites ; le produit doit organiser son utilisation autour d’un cas d’usage précis. À retenir : un agent IA en actuariat est un système capable d’utiliser un modèle d’intelligence artificielle, des données et différents outils pour exécuter ou orchestrer des tâches actuarielles sous le contrôle d’un professionnel. Un agent IA n’« apprend » pas nécessairement de chaque interaction. C’est l’une des idées reçues abordées pendant l’épisode. Lorsqu'un outil mémorise certaines informations sur son utilisateur, celui-ci peut avoir l’impression que le modèle « apprend » continuellement à son contact. Techniquement, ce n’est pas nécessairement le cas. Les invités distinguent l’entraînement du modèle de l’utilisation de mécanismes de mémoire, de stockage ou de contextualisation. Selon leur explication, l’agent peut retrouver des informations précédentes sans que les paramètres du modèle sous-jacent soient réentraînés après chacune des conversations. Cette nuance est fondamentale pour les entreprises d’assurance. Elle évite de confondre : entraînement du modèle ; mémoire ; contexte ; orchestration d’outils. Ces quatre mécanismes peuvent participer à l’expérience utilisateur, mais ils ne recouvrent pas la même réalité technique. Quels sont les cas d’usage des agents IA pour les actuaires en assurance ? Le potentiel devient plus concret lorsqu’on quitte les démonstrations génériques pour revenir aux processus actuariels. Les fondateurs évoquent notamment la capacité de comprendre un contexte métier à partir d’un document, d’identifier les outils et données utiles à une analyse, puis de déclencher certains traitements. 1. Lire et interpréter une documentation métier Un agent peut exploiter, par exemple, une notice produit ou une documentation interne afin de contextualiser une demande. L’intérêt ne consiste pas seulement à résumer le document. Le système peut potentiellement utiliser cette information comme point de départ d’un processus plus long. 2. Préparer et transformer les données Une part importante du travail préalable à une analyse concerne : le nettoyage des données ; leur restructuration ; la détection d’anomalies ; la préparation des fichiers nécessaires au modèle. C’est précisément le type de tâches que les invités considèrent comme plus facilement délégables à un agent, à condition que l’actuaire maîtrise ensuite le modèle et les traitements déterminants. 3. Générer ou manipuler du code L’agent peut également produire du code, appeler un notebook ou sélectionner différents outils selon le problème posé. Mais l’intérêt métier vient surtout du contrôle associé : voir le code, savoir quelles données sont utilisées et pouvoir interrompre ou refuser une action. 4. Lancer des calculs et récupérer les résultats Dans un processus actuariel, certains traitements peuvent prendre plusieurs heures, voire davantage. L’ambition décrite dans l’épisode consiste à permettre aux agents de suivre ces tâches sur la durée : lancer un traitement, récupérer le résultat puis poursuivre l’analyse. 5. Libérer l’actuaire de certaines contraintes techniques Le bénéfice recherché peut finalement se résumer ainsi : moins de temps consacré à l’infrastructure, davantage de temps consacré à l’analyse et à la décision. C’est explicitement l’objectif exprimé dans l’échange. Assistant conversationnel ou agent IA actuariel : quelle différence ? Assistant IA conversationnel Agent IA appliqué à l’actuariat Répond principalement à une requête Peut orchestrer plusieurs actions Interaction souvent ponctuelle Peut suivre un processus Produit du texte ou du code Peut appeler des outils et traitements Contexte principalement conversationnel Peut exploiter données, documents et environnements Peu adapté seul aux workflows actuariels complexes Pensé autour de workflows métiers Contrôle dépend du produit utilisé Peut intégrer validation, audit et intervention humaine C’est une rupture importante. L’actuariat ne se limite pas à la logique : question et une réponse. Il repose sur des chaînes de traitement. Les fondateurs expliquent donc vouloir sortir de ce fonctionnement purement transactionnel pour confier à l’agent des tâches successives, tout en laissant au professionnel la capacité de valider, interrompre et comprendre ce qui est réalisé. Le principal défi : rendre les réponses suffisamment fiables C’est probablement le passage le plus structurant de l’épisode. Un modèle de langage est stochastique : pour une même demande, il peut produire des réponses légèrement différentes. Dans un chatbot grand public, cette caractéristique peut être acceptable. Dans un processus actuariel critique, beaucoup moins. Les invités considèrent cette variabilité comme l’un des principaux freins à l’utilisation directe des LLM dans l’actuariat. Pourquoi la reproductibilité est-elle essentielle ? Imaginez un calcul effectué à partir : des mêmes données ; des mêmes hypothèses ; de la même méthode. L’actuaire doit pouvoir comprendre pourquoi il obtient un résultat donné et retrouver ce résultat lorsque les conditions demeurent identiques. URLab explique donc avoir séparé deux fonctions. Le LLM sert notamment à comprendre le contexte et à orchestrer les actions. Les outils de calcul exécutent les traitements pour lesquels la précision et la reproductibilité sont nécessaires. Le principe exprimé pendant l’interview est limpide : « Pour les mêmes données, les mêmes hypothèses, on retrouve toujours les mêmes réponses. » C’est ici que l’on comprend pourquoi intégrer ChatGPT, Claude ou un autre LLM dans une entreprise n’équivaut pas automatiquement à disposer d’un système actuariel basé sur l’IA. De la black box à la « white box » : garder l’actuaire aux commandes La confiance constitue l’autre enjeu central. Un agent qui agit seul en arrière-plan puis fournit un résultat final sans expliquer comment il y est arrivé reproduit le problème de la boîte noire. Les fondateurs défendent une autre approche, appelée dans l’épisode « white box ». Lorsque l’agent écrit ou exécute du code, l’actuaire doit pouvoir : visualiser ce code ; l’accepter ou le refuser ; connaître les données utilisées ; retrouver la piste d’audit ; contrôler l'exécution. La formule employée dans l’épisode résume parfaitement cette philosophie : « L’actuaire délègue mais continue de piloter. » Une approche cohérente avec les attentes réglementaires Cette question dépasse URLab. Dans son Opinion sur la gouvernance et la gestion des risques liés à l’IA publiée en août 2025, l’EIOPA met notamment en avant la gouvernance des données, la tenue de registres, la cybersécurité, l’explicabilité et la supervision humaine. Pour certains systèmes classés à haut risque par le règlement européen sur l’IA, notamment certains usages d’évaluation des risques et de tarification en assurance vie et santé, la traçabilité, l’interprétabilité et la surveillance humaine prennent une importance particulière. Le programme de travail 2026 de l’ACPR confirme également que l’évaluation et la supervision des systèmes d’intelligence artificielle sont devenues un sujet concret pour le superviseur français. La promesse de productivité doit donc aller de pair avec une architecture de contrôle. Jusqu’où faut-il laisser un agent IA en actuariat dans le secteur de l'assurance agir seul ? C’est probablement la question la plus importante pour les équipes métiers. Tout n’a pas le même niveau de criticité. Dans l’épisode, les invités distinguent clairement les opérations qu’un actuaire pourrait accepter de déléguer et celles qu’il souhaite conserver sous contrôle direct. Nettoyer ou restructurer des données ? Potentiellement oui. Identifier certaines anomalies ? Également. Laisser un agent choisir seul la méthodologie utilisée pour un calcul de provision engageant l’assureur ? Beaucoup plus problématique. Cette distinction suggère une approche pragmatique de l’IA actuarielle : automatiser selon le niveau de risque de la tâche, plutôt que chercher une automatisation intégrale. C’est probablement l’un des enseignements les plus durables de l’épisode. Après les copilotes, place aux agents IA capables de travailler pendant plusieurs heures ? La prochaine étape évoquée par les fondateurs consiste à dépasser les assistants qui attendent une succession de prompts. Un processus actuariel peut comprendre plusieurs dizaines d’étapes et certains calculs prendre beaucoup de temps. L’idée est donc de pouvoir donner à l’agent une mission plus complexe : problème → plan validé → actions → contrôles → calculs → résultat. Les invités évoquent des agents capables à terme de gérer des tâches durant plusieurs heures, voire plusieurs jours, tout en permettant à l’actuaire d’intervenir. Le cloud comme infrastructure d’exécution Cette évolution suppose également de disposer d’une infrastructure adaptée. L’épisode explique comment les capacités du cloud peuvent permettre d’allouer des ressources en fonction de la complexité d’un calcul, plutôt que de limiter systématiquement l’utilisateur à la capacité d’une machine virtuelle prédéfinie. L’agent ne serait alors plus seulement un chatbot amélioré. Il deviendrait une couche d’orchestration entre : l’actuaire, les données, les outils, le code et l’infrastructure. L’IA est-elle déjà mature pour l’assurance ? La réponse apportée pendant l’épisode est nuancée. Pour Sami Hamine et Reda Jarir, les modèles sont désormais suffisamment avancés pour permettre de construire des usages sérieux. En revanche, la maturité organisationnelle est beaucoup plus hétérogène. Ils identifient plusieurs dimensions : la culture ; le management ; l’organisation des équipes ; la compréhension des processus ; la confiance. C’est particulièrement visible autour d’une peur récurrente : « L’IA va-t-elle prendre mon travail ? » Les invités considèrent cette inquiétude comme légitime mais estiment que son traitement relève aussi de l’accompagnement managérial. Autrement dit, adopter les agents IA n’est pas uniquement un projet IT. C’est également un projet de transformation des métiers. Les assureurs doivent-ils entraîner leur propre LLM ? Sur ce point, les fondateurs prennent une position assez nette. Selon eux, la plupart des organisations d’assurance ne devraient pas commencer leur stratégie d’IA générative par la création et l’entraînement de leur propre grand modèle. Ils mettent en avant : le coût ; la rareté des compétences ; la vitesse d’évolution des technologies ; la difficulté à justifier économiquement ces investissements. Il s’agit bien d’un point de vue exprimé par les invités, et non d’une règle universelle. Leur raisonnement consiste à déplacer la création de valeur vers une autre question : Quel produit et quelle expérience permettent de résoudre réellement le problème métier ? À leurs yeux, la différence se joue aujourd’hui moins sur le fait de posséder le meilleur modèle que sur la manière dont ce modèle est intégré à un produit et à des usages spécifiques. Vers une standardisation des agents IA Les fondateurs font également un parallèle intéressant avec Internet et les télécommunications. Lorsqu’une rupture technologique se diffuse, elle finit souvent par nécessiter des standards permettant à différents systèmes de communiquer. Ils voient actuellement émerger cette logique autour des agents IA et des protocoles permettant aux modèles, outils et applications d’interagir plus facilement. L’échange cite notamment MCP plus loin dans cette discussion et présente la standardisation comme l’une des conditions permettant aux éditeurs de construire des intégrations plus facilement. À terme, cette logique pourrait faciliter la connexion entre : applications métiers ; bases de données ; moteurs de calcul ; outils SaaS ; agents spécialisés. Pour les assureurs, l’enjeu sera alors moins de disposer d’un unique « super-agent » que de construire une architecture suffisamment sécurisée pour faire collaborer plusieurs briques. Agents IA et actuariat : vers la disparition des actuaires ? La transcription ne va pas dans ce sens. Elle décrit plutôt un déplacement du travail. Ce qui peut être confié à la machine : préparation de données ; tâches répétitives ; orchestration technique ; certaines recherches ; exécution de traitements ; premières analyses. Ce qui demeure central pour l’actuaire : choix méthodologiques ; jugement ; analyse du risque ; interprétation ; validation ; responsabilité ; décision. L’objectif exprimé par URLab est justement de réduire la charge technique afin que l’actuaire puisse davantage se concentrer sur « l’analyse » et la « décision ». La transformation du métier pourrait donc moins ressembler à actuaire contre IA qu’à actuaire augmenté par une nouvelle couche d’automatisation. Ce que l’entrepreneuriat apporte à cette réflexion L’épisode n’est pas uniquement technologique. La dernière partie revient largement sur la construction d’URLab. Un principe domine : partir du besoin client plutôt que de la technologie. L’un des conseils formulés est particulièrement simple : « Concentre-toi sur tes clients et sur ton produit. » Puis vient une seconde conviction : « L’idée ne vaut rien à côté de l’exécution. » Les cofondateurs décrivent le product-market fit comme l’aboutissement d’itérations successives permettant de faire converger un produit vers un problème réellement rencontré au quotidien. Ce raisonnement vaut aussi pour l’IA dans l’assurance. Déployer un agent parce que les agents sont à la mode présente peu d’intérêt. Commencer par un problème métier clairement identifié puis déterminer si l’IA peut le résoudre de manière fiable est probablement une approche beaucoup plus robuste. Ce qu’il faut retenir Un agent IA est plus qu’un chatbot : il peut orchestrer des données, des outils et des actions. L’actuariat nécessite une forte reproductibilité : un LLM ne peut donc pas être utilisé naïvement pour tous les calculs. Le LLM peut comprendre et orchestrer tandis que des outils déterministes réalisent les traitements critiques. La traçabilité est essentielle : code, données, actions et résultats doivent pouvoir être contrôlés. L’actuaire doit rester le pilote, même lorsqu’il délègue certaines tâches. Les premiers cas d’usage concernent notamment la préparation des données, la documentation, le code et l’orchestration de traitements. L’enjeu dépasse la technologie : culture, organisation et management conditionnent l’adoption. La valeur se situe dans le cas d’usage et le produit, pas uniquement dans la puissance du modèle. Les agents pourraient progressivement passer de réponses instantanées à des missions exécutées pendant plusieurs heures. Le métier d’actuaire dans le secteur de l'assurance devrait évoluer vers davantage d’analyse, de contrôle et de décision plutôt que disparaître. Les agents IA en actuariat dans le secteur de l'assurance ne constituent pas simplement une nouvelle interface conversationnelle. Leur potentiel réside dans leur capacité à relier le langage naturel, les données, le code, les moteurs de calcul et les infrastructures pour prendre en charge une partie des processus qui entourent le travail de l’actuaire. Mais l’assurance pose une exigence essentielle : la performance ne suffit pas. Les systèmes doivent également être fiables, explicables, traçables et gouvernables. L’un des enseignements majeurs de l’échange avec Reda Jarir et Sami Hamine tient donc en quelques mots : l’avenir n’est probablement pas celui d’un agent qui décide seul, mais d’un environnement dans lequel l’actuaire délègue tout en continuant de piloter. Retrouvez l’intégralité de cet échange dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mes invités : Reda Jarir : LinkedIn Sami Hamine : LinkedIn Site d’URLAB : https://www.urlab.ai/ FAQ Qu’est-ce qu’un agent IA en actuariat ? Un agent IA en actuariat est un système capable d’utiliser un modèle d’intelligence artificielle, des données et différents outils pour réaliser ou orchestrer des tâches liées au travail actuariel. Il peut comprendre une demande, consulter un document, utiliser une base de données, exécuter du code ou lancer un traitement, sous le contrôle de l’actuaire. Quelle est la différence entre un LLM et un agent IA ? Un LLM est principalement un modèle capable de comprendre et générer du contenu à partir d’un contexte. Un agent IA utilise ce modèle mais y ajoute des outils, des fonctions et un environnement d’exécution. Il peut donc aller au-delà de la réponse textuelle et déclencher plusieurs actions afin d’accomplir une tâche. Quels sont les cas d’usage de l’IA pour les actuaires ? Les cas d’usage évoqués incluent la lecture de documents métier, la préparation et le nettoyage des données, l’identification d’anomalies, la génération de code, le choix d’outils adaptés à une analyse ou encore l’orchestration de calculs. L’objectif est surtout de réduire les tâches techniques et répétitives pour consacrer plus de temps à l’analyse du risque. Pourquoi les LLM posent-ils un problème de fiabilité en actuariat ? Les LLM sont stochastiques : une même question peut produire des réponses légèrement différentes. Or certains processus actuariels nécessitent une grande reproductibilité. Pour les mêmes données, hypothèses et méthodes, l’entreprise doit pouvoir comprendre et reproduire le résultat obtenu. L’utilisation d’outils de calcul contrôlés autour du LLM permet de réduire cette difficulté. L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les actuaires ? L’épisode défend plutôt une évolution du métier. L’IA peut prendre en charge certaines tâches de préparation, d’orchestration ou d’exécution, tandis que l’actuaire conserve la maîtrise des choix méthodologiques, de l’analyse, de l’interprétation et de la décision. La logique est donc davantage celle d’un actuaire augmenté que d’un remplacement complet. Comment garantir la traçabilité d’un agent IA en assurance ? Une approche consiste à rendre visibles les actions réalisées : code généré, données utilisées, opérations exécutées et résultats produits. L’actuaire doit également pouvoir accepter, refuser ou interrompre certaines actions. Cette approche « white box » permet de créer une piste d’audit et de conserver un contrôle humain sur les processus. Faut-il entraîner son propre LLM dans une compagnie d’assurance ? Pas nécessairement. Les invités considèrent que la plupart des assureurs devraient d’abord se concentrer sur les cas d’usage, l’architecture, la sécurité et l’expérience métier plutôt que sur l’entraînement d’un grand modèle propriétaire. Cette position leur appartient : le choix dépend notamment des besoins, des données, des ressources disponibles et des contraintes propres à chaque organisation. Quels sont les principaux risques de l’IA dans l’assurance ? Les sujets importants incluent la fiabilité, la qualité et la gouvernance des données, la cybersécurité, les biais, l’explicabilité, la documentation et la supervision humaine. L’EIOPA a précisément intégré ces dimensions à son cadre de gouvernance et de gestion des risques liés à l’IA dans l’assurance. 📚 RECOMMANDATIONS Article Linux Fondation : Fin de la guerre froide ? OpenAI, Google et Anthropic s’unissent pour créer le « standard ultime » des agents IA Article Anthropic : Présentation du protocole de contexte de modèle Profil Andrej Karpathy : LinkedIn / Site web / Eureka Labs AI / Chaine Youtube : Let’s Reproduce GPT-2 (124M) Lenny’s Podcast Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. 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