Réassurance : définition, rôle et fonctionnement
Dernière mise à jour : 8 sept.

Épisode disponible
Réassurance : comprendre le fonctionnement de l’assurance des assureurs
La réassurance est invisible pour la plupart des assurés. Elle joue pourtant un rôle déterminant lorsqu’un cyclone frappe un territoire, qu’un sinistre industriel atteint plusieurs centaines de millions d’euros ou qu’un nouveau risque, comme le cyber, devient difficile à modéliser.
Souvent présentée comme « l’assurance des assureurs », elle permet aux compagnies de transférer une partie de leurs engagements à des acteurs spécialisés.
Elle protège leurs résultats, soutient leur solvabilité et augmente leur capacité à couvrir l’économie.
Comment fonctionne ce mécanisme ?
Quelle est la différence entre un traité proportionnel et une couverture en excédent de sinistre ?
Et pourquoi la qualité des données devient-elle aussi importante que le contrat lui-même ?
Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Antoine Gandois reçoit Florence Grosjean, fondatrice de Future Growth Consulting. Après une première expérience de sept ans dans l’audit, elle a occupé six fonctions pendant dix-neuf ans chez SCOR, en France et aux États-Unis, notamment dans la finance, le contrôle de gestion et la trésorerie.
Désormais consultante indépendante, elle accompagne des réassureurs dans leurs projets de transformation, le déploiement de logiciels et le management de transition. Cet échange permet de découvrir les trois fonctions de la réassurance, la rétrocession, le risque de cumul, le collatéral et les difficultés opérationnelles liées aux données.
Florence Grosjean aborde aussi les risques climatiques, le cyber, l’assurance paramétrique et la place de l’intelligence artificielle.
Qu’est-ce que la réassurance ?
La réassurance est une opération par laquelle une compagnie d’assurance transfère une partie des risques qu’elle a souscrits à une autre entreprise : le réassureur.
L’assureur qui cède le risque est appelé la cédante. En contrepartie de la protection reçue, il verse une prime au réassureur. Celui-ci rembourse ensuite une partie des sinistres couverts, selon les conditions et les limites prévues par le contrat.
France Assureurs la définit comme l’opération par laquelle un assureur s’assure lui-même auprès d’une autre société pour tout ou partie des risques qu’il a pris en charge. (France Assureurs)
Une relation entre professionnels
Dans la plupart des cas, la réassurance ne modifie pas la relation entre l’assuré et sa compagnie.
Le particulier ou l’entreprise déclare son sinistre à son assureur. Celui-ci reste responsable de l’application du contrat d’assurance et de l’indemnisation. Il peut ensuite récupérer auprès du réassureur la part du sinistre correspondant au traité.
Le réassureur ne vend donc généralement pas sa garantie directement au particulier. Il intervient en arrière-plan, à l’échelle d’un risque important ou de tout un portefeuille.
Définition simple : La réassurance permet à un assureur de ne pas supporter seul l’intégralité des risques qu’il accepte de couvrir.
Pourquoi les assureurs ont-ils besoin de réassurance ?
Dans l’épisode, Florence Grosjean distingue trois fonctions essentielles :
transférer et mieux répartir les risques ;
protéger la solvabilité de l’assureur ;
apporter une expertise technique et commerciale.
Cette troisième fonction est moins connue.
Elle montre que le réassureur n’est pas seulement un payeur intervenant après les grands sinistres.
Première fonction : transférer les risques importants
Un assureur mutualise déjà les risques de ses assurés. La réassurance prolonge ce mécanisme à une échelle nationale ou internationale.
Elle devient particulièrement utile face à deux types d’exposition.
Les sinistres de forte intensité
Un risque industriel, une catastrophe naturelle, un accident aérien ou un événement impliquant de nombreuses victimes peut générer des indemnisations exceptionnellement élevées.
Sans réassurance, un seul événement pourrait absorber une part trop importante des fonds propres de la compagnie.
Le risque de cumul
Le cumul se produit lorsque plusieurs contrats sont touchés par un même événement.
Imaginons qu’un assureur couvre de nombreux commerces, logements et bureaux dans un même quartier. Un incendie majeur, une inondation ou un accident affectant toute la zone peut activer simultanément un grand nombre de garanties.
La mutualisation fonctionne moins bien lorsque les risques ne sont plus indépendants. La réassurance permet alors de répartir cette concentration entre plusieurs acteurs et plusieurs marchés.
« Le principal objectif de la réassurance, c’est le transfert de risque, en cas de cumul ou de gros risque. »
Pourquoi la diversification géographique compte-t-elle ?
Un réassureur international rassemble des portefeuilles provenant de nombreux pays et couvrant des risques différents. Un événement grave dans une région peut ainsi être absorbé par une base de primes plus large.
Cette diversification n’élimine pas le risque. Des phénomènes mondiaux, comme une pandémie, une crise financière ou une cyberattaque systémique, peuvent toucher plusieurs territoires et branches simultanément. Elle réduit néanmoins la dépendance à un seul marché.
Deuxième fonction : soutenir la solvabilité
Une compagnie doit conserver suffisamment de ressources pour faire face à ses engagements présents et futurs. En Europe, le cadre Solvabilité II organise cette supervision autour d’exigences quantitatives, de règles de gouvernance et d’obligations de transparence. (ACPR)
En transférant une partie de son exposition, l’assureur réduit le montant de certains risques conservés dans son bilan. Une couverture bien structurée peut donc diminuer la volatilité de ses résultats et produire un effet d’atténuation sur son besoin de capital.
L’EIOPA précise que les techniques de réduction du risque, dont la réassurance, peuvent être prises en compte dans le calcul du capital de solvabilité requis. Les risques créés par ces techniques doivent cependant eux aussi être intégrés.
La réassurance ne crée pas du capital gratuitement
L’effet sur la solvabilité n’est ni automatique ni illimité. Le transfert doit être réel, juridiquement opposable et adapté aux risques de l’assureur.
Il faut notamment prendre en compte :
le risque de défaillance du réassureur ;
le décalage entre le risque couvert et la protection achetée ;
les limites et exclusions du traité ;
la durée de la couverture ;
les délais de récupération des sommes ;
la concentration auprès d’un nombre réduit de réassureurs.
La réassurance améliore la résistance de la compagnie, mais ne corrige pas une mauvaise tarification ou une politique de souscription incontrôlée.
Troisième fonction : aider à lancer de nouveaux produits
Le réassureur dispose souvent d’une vision internationale et d’une expertise approfondie sur certains risques. Il peut accompagner un assureur souhaitant entrer sur un nouveau marché.
Florence Grosjean prend l’exemple d’un assureur habitation qui voudrait développer une offre cyber sans posséder suffisamment d’expérience pour tarifer ce risque.
Le réassureur peut alors apporter :
des données historiques ;
des modèles de fréquence et de sévérité ;
une méthodologie de tarification ;
une expertise juridique ;
une connaissance des sinistres observés sur d’autres marchés ;
une capacité financière ;
un partage du risque pendant la montée en compétence.
« Il y a vraiment un accompagnement au niveau de la construction des produits par les réassureurs. »
Cette fonction permet à l’assureur d’innover sans conserver seul l’intégralité d’un risque encore mal connu. Le réassureur devient à la fois partenaire financier, technique et commercial.
Pourquoi la réassurance est-elle la « haute couture » de l’assurance ?
Florence Grosjean résume son attachement au secteur avec une formule forte :
« La réassurance, c’est vraiment la haute couture du monde de l’assurance. »
Les contrats d’assurance destinés au grand public sont généralement standardisés. En réassurance, deux professionnels négocient directement le périmètre, le prix, les exclusions, les plafonds et les modalités opérationnelles de la couverture.
Chaque programme dépend notamment :
du portefeuille de la cédante ;
de son appétence au risque ;
de son historique de sinistres ;
de sa stratégie de développement ;
de la qualité de sa souscription ;
de ses contraintes réglementaires ;
des capacités disponibles sur le marché.
Même les traités reposant sur des structures classiques peuvent donc contenir des aménagements importants.
Cette personnalisation apporte de la précision, mais elle augmente aussi la complexité. La rédaction du contrat, son paramétrage dans les outils et son suivi comptable doivent rester parfaitement cohérents.
Cédante, réassureur et rétrocessionnaire
Le transfert ne s’arrête pas toujours au premier réassureur.
Un réassureur peut décider de transférer à son tour une partie des engagements qu’il a acceptés. Cette opération s’appelle la rétrocession. L’entreprise qui reçoit le risque devient le rétrocessionnaire.
Le mécanisme forme alors une chaîne :
Assuré → Assureur cédant → Réassureur → Rétrocessionnaire
La rétrocession aide le réassureur à :
réduire sa propre exposition ;
limiter un cumul ;
équilibrer son portefeuille ;
libérer de la capacité ;
protéger ses résultats contre un événement extrême.
Le glossaire de l’APREF définit la rétrocession comme la cession, par un réassureur, d’une fraction des risques qu’il s’est engagé à garantir.
Chaque nouveau transfert ajoute toutefois un risque de contrepartie et une dépendance supplémentaire à la qualité des contrats.
Traité et facultative : deux façons de céder le risque
La réassurance peut être organisée à l’échelle d’un portefeuille ou risque par risque.
Le traité de réassurance
Un traité couvre automatiquement une catégorie de contrats respectant les conditions définies.
Un assureur peut, par exemple, céder un portefeuille d’assurance habitation, automobile ou vie. Un seul traité peut donc recouvrir des milliers de polices sous-jacentes.
Florence Grosjean explique qu’un contrat de réassurance peut parfois couvrir 100 000 contrats d’assurance directe. Le réassureur ne dispose pas nécessairement du détail individuel de chaque assuré. Il s’appuie sur les données agrégées et sur la qualité de la gestion de la cédante.
La réassurance facultative
La facultative porte sur un risque particulier, étudié individuellement.
Elle peut être utilisée lorsqu’un contrat :
présente un montant exceptionnel ;
ne rentre pas dans les limites du traité ;
possède des caractéristiques atypiques ;
nécessite une expertise spécifique ;
provoquerait une concentration trop importante.
Une usine, un immeuble de grande hauteur ou un risque industriel complexe peut ainsi faire l’objet d’un placement facultatif.
Critère | Traité | Facultative |
Périmètre | Portefeuille défini | Risque individuel |
Acceptation | Automatique si les conditions sont remplies | Étude et acceptation spécifiques |
Volume | Potentiellement des milliers de polices | Une police ou un risque |
Gestion | Industrialisée | Plus personnalisée |
Usage | Portefeuilles récurrents | Risques importants ou atypiques |
Réassurance proportionnelle et non proportionnelle
Cette distinction décrit la manière dont les primes et les sinistres sont répartis.
La réassurance proportionnelle
Dans un accord proportionnel, l’assureur et le réassureur se partagent les primes et les sinistres selon une proportion définie.
Prenons un traité en quote-part de 30 % :
le réassureur reçoit 30 % des primes concernées ;
il supporte 30 % des sinistres couverts ;
l’assureur conserve les 70 % restants.
Si un sinistre couvert atteint 1 million d’euros, la part théorique du réassureur s’élève à 300 000 euros, sous réserve des autres conditions contractuelles.
Cette structure permet à l’assureur de réduire son exposition sur l’ensemble d’un portefeuille, y compris sur les sinistres de petite et moyenne taille.
La réassurance non proportionnelle
Dans un contrat non proportionnel, le réassureur intervient lorsque les pertes dépassent un seuil appelé rétention ou point d’attachement.
Un traité peut, par exemple, offrir 20 millions d’euros de couverture au-delà d’une rétention de 10 millions.
Pour un sinistre couvert de 25 millions d’euros :
l’assureur conserve les 10 premiers millions ;
le réassureur prend en charge les 15 millions suivants ;
la limite de 20 millions n’est pas entièrement consommée.
SCOR distingue également ces deux mécanismes : partage fixe des primes et sinistres en proportionnel, intervention au-dessus d’un seuil en non proportionnel.
Réassurance proportionnelle | Réassurance non proportionnelle |
Partage d’un pourcentage des primes | Prix spécifique de la couverture |
Partage du même pourcentage des sinistres | Intervention au-delà d’un seuil |
Protège l’ensemble du portefeuille cédé | Protège surtout contre les pertes sévères |
Utile pour accompagner une croissance | Utile contre les pics de sinistralité |
Exemple : quote-part | Exemple : excédent de sinistre |
Les assureurs combinent souvent plusieurs couches de protection. Une couverture proportionnelle peut réduire l’exposition globale, tandis qu’un traité non proportionnel protège le portefeuille restant contre un événement exceptionnel.
Le collatéral, une garantie au cœur des opérations
Certains contrats exigent qu’une partie mette à disposition des actifs en garantie de ses engagements. Il s’agit du collatéral.
Celui-ci peut prendre plusieurs formes :
espèces ;
titres financiers ;
lettre de crédit ;
caution ;
actifs placés dans un compte ou un trust dédié.
Le collatéral doit être disponible dans les délais prévus. Sa gestion implique donc les équipes de trésorerie, les juristes et les fonctions opérationnelles.
Florence Grosjean explique qu’une clause peut devenir difficile à appliquer si un appel de marge tombe un jour férié ou si les titres demandés ne peuvent pas être vendus dans le délai prévu.
Cet exemple illustre la nature sur mesure de la réassurance : une disposition financière apparemment secondaire peut avoir des conséquences opérationnelles majeures.
À retenir : Un bon traité ne doit pas seulement être pertinent sur le plan actuariel. Il doit aussi être exécutable par les équipes finance, trésorerie, gestion et comptabilité.
Pourquoi les données de réassurance sont-elles complexes ?
La réassurance dépend d’informations transmises par les cédantes : primes, expositions, sinistres, provisions et mouvements de portefeuille.
Or ces informations peuvent arriver tardivement.
Florence Grosjean évoque un décalage moyen de six mois dans certaines opérations : les comptes arrêtés au 31 décembre peuvent n’être reçus qu’à la fin du mois de juin. Cette situation oblige les équipes à utiliser de nombreuses estimations.
Des formats encore hétérogènes
Les données peuvent être transmises sous différentes formes :
fichiers structurés ;
tableurs ;
bordereaux ;
interfaces entre logiciels ;
documents PDF ;
extractions manuelles.
Un document exploitable pour un humain ne l’est pas nécessairement pour un système informatique. Les équipes doivent alors ressaisir, rapprocher et contrôler les données avant de pouvoir les comptabiliser ou les analyser.
Cette hétérogénéité complique :
les clôtures financières ;
le provisionnement ;
le suivi des sinistres ;
le calcul des montants récupérables ;
les reportings réglementaires ;
la gestion de trésorerie.
Pourquoi les réassureurs auditent-ils les cédantes ?
Le réassureur ne connaît pas toujours chaque police située sous le traité. Il doit donc s’assurer que la compagnie applique une politique de souscription et une gestion compatibles avec les engagements pris.
Des audits peuvent porter sur :
la sélection des risques ;
la tarification ;
l’administration du portefeuille ;
la qualité des données ;
la gestion des sinistres ;
le respect des conditions du traité.
Si les contrôles sont solides, la relation de confiance se renforce. Dans le cas contraire, le réassureur peut demander davantage d’informations, recommander des améliorations, augmenter le prix ou réduire sa participation.
Peut-on appliquer l’IA avant de fiabiliser les données ?
L’intelligence artificielle ouvre des possibilités en matière d’analyse, de tarification, de détection d’anomalies et de lecture documentaire. Mais elle ne corrige pas automatiquement une donnée incomplète, tardive ou incohérente.
Florence Grosjean résume le paradoxe :
« On est en train de parler d’intelligence artificielle alors même qu’on n’a même pas encore résolu nos problèmes d’Excel. »
Avant d’industrialiser l’IA, les assureurs et réassureurs doivent construire un socle commun :
une définition partagée des données ;
une source de référence ;
des contrôles de qualité ;
une traçabilité des corrections ;
des droits d’accès adaptés ;
des rapprochements entre finance, actuariat et réglementation.
Sans cette gouvernance, deux départements peuvent produire des résultats différents à partir de versions distinctes du même portefeuille.
L’IA peut ensuite accélérer l’analyse. Elle ne remplace ni la qualité de la donnée ni la compréhension du traité.
Réassurance et catastrophes naturelles
Le changement climatique accroît l’importance des mécanismes de mutualisation et de réassurance. Les inondations, sécheresses, cyclones ou mouvements de terrain peuvent toucher simultanément un grand nombre d’assurés.
En France, le régime Cat Nat repose sur une solidarité nationale et sur l’intervention de CCR, réassureur public bénéficiant de la garantie de l’État.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la surprime Cat Nat est passée :
de 12 % à 20 % pour les contrats couvrant les dommages aux biens ;
de 6 % à 9 % sur les garanties vol et incendie des contrats automobiles.
Cette évolution vise à renforcer les ressources d’un régime confronté à une hausse structurelle de la sinistralité. (Ministère de l’Économie)
La hausse ne correspond pas à une augmentation de 20 % de toute la prime d’assurance : elle concerne le taux de la surprime appliquée à la partie prévue par le dispositif.
La réassurance peut-elle tout absorber ?
Non.
Une capacité de réassurance reste limitée et possède un prix. Si les événements deviennent plus fréquents, plus corrélés ou plus coûteux, les conditions peuvent se durcir :
primes de réassurance plus élevées ;
rétentions plus importantes ;
capacités réduites ;
exclusions renforcées ;
exigences supplémentaires en matière de prévention.
La réassurance est un pilier de l’assurabilité, mais elle ne dispense pas d’adapter les bâtiments, les territoires et les comportements.
Réassurance et risques émergents : l’exemple du cyber
Le cyber cumule plusieurs difficultés :
historique limité ;
évolution rapide des techniques d’attaque ;
accumulation possible chez un prestataire commun ;
dépendance à quelques fournisseurs technologiques ;
préjudice difficile à quantifier ;
manque de maturité de certaines entreprises.
Un réassureur peut aider l’assureur à analyser ce risque, concevoir les garanties et limiter son exposition. Mais la couverture ne peut se substituer aux contrôles internes.
La fraude au président, évoquée dans l’épisode, en offre une illustration. Le fraudeur usurpe l’identité d’un dirigeant pour obtenir un virement urgent. Les petites entreprises peuvent être exposées lorsque les procédures de validation sont insuffisantes.
La première protection demeure organisationnelle : double validation, rappel sur un numéro connu, sensibilisation des équipes et séparation des pouvoirs.
Assurance paramétrique : une nouvelle manière de déclencher l’indemnisation
Une assurance paramétrique verse une indemnité lorsqu’un indicateur objectif atteint un seuil défini à l’avance.
Le déclencheur peut être :
une quantité de pluie ;
une vitesse de vent ;
une température ;
une magnitude sismique ;
une durée d’ensoleillement ;
un niveau de sécheresse.
Il n’est alors pas toujours nécessaire de procéder à une expertise classique du dommage.
Florence Grosjean cite Orakle Weather, une solution intégrée aux parcours de réservation.
Lorsque le seuil météorologique prévu au contrat est atteint, le client peut être indemnisé automatiquement.
L’assurance paramétrique apporte de la rapidité et de la lisibilité. Elle comporte néanmoins un risque de base : l’assuré peut subir un dommage sans que l’indice atteigne le seuil, ou recevoir une indemnité alors que sa perte réelle est limitée.
En quoi la réassurance concerne-t-elle les assurés ?
Le particulier ne voit généralement pas le traité de réassurance. Il en bénéficie pourtant indirectement.
La réassurance permet aux assureurs :
de proposer des capacités plus importantes ;
de couvrir des activités complexes ;
d’absorber des événements exceptionnels ;
de lisser leurs résultats ;
de développer de nouvelles garanties ;
de maintenir leur capacité à indemniser après un choc majeur.
Elle soutient également l’activité économique. Un grand événement, un projet industriel ou une infrastructure serait difficile à financer si chaque acteur devait supporter seul l’intégralité d’un scénario catastrophique.
La présence d’un filet de sécurité permet d’investir, d’embaucher et d’entreprendre malgré l’incertitude.
Ce qu’il faut retenir
La réassurance est l’assurance des compagnies d’assurance.
La cédante transfère une partie de ses risques au réassureur.
Le réassureur peut lui-même se protéger par la rétrocession.
La réassurance limite les risques de forte intensité et de cumul.
Elle peut améliorer la stabilité financière et la solvabilité.
Elle apporte aussi une expertise technique pour lancer de nouveaux produits.
Un traité couvre généralement un portefeuille ; une facultative vise un risque précis.
La réassurance proportionnelle partage primes et sinistres.
La non-proportionnelle intervient au-delà d’un seuil.
La qualité des données conditionne la tarification, le provisionnement et les récupérations.
L’IA ne peut produire de résultats fiables sans gouvernance préalable des données.
Face au climat et au cyber, la réassurance reste essentielle mais ne remplace pas la prévention.
La réassurance est bien plus qu’un mécanisme financier mobilisé après une catastrophe. Elle organise la circulation mondiale des risques, protège la capacité des assureurs à honorer leurs engagements et contribue à l’apparition de nouvelles couvertures.
Son fonctionnement repose toutefois sur un équilibre exigeant : contrats sur mesure, données fiables, tarification adéquate, solvabilité des contreparties et coopération entre assureurs et réassureurs.
C’est précisément cette combinaison de technique, de finance et de négociation qui en fait la « haute couture » de l’assurance.
Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Florence Grosjean dans l’épisode 8 d’Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute.
Pour contacter Florence Grosjean via LinkedIn
FAQ
Qu’est-ce que la réassurance ?
La réassurance est un contrat par lequel un assureur transfère une partie des risques qu’il a couverts à un réassureur. En échange d’une prime, celui-ci rembourse une part des sinistres selon les limites convenues. Elle permet de répartir les risques à une échelle plus large.
Pourquoi une compagnie d’assurance se réassure-t-elle ?
Une compagnie se réassure pour limiter son exposition aux sinistres importants, réduire les effets d’un cumul et stabiliser ses résultats. La réassurance peut également soutenir sa solvabilité, augmenter sa capacité de souscription et lui apporter une expertise lorsqu’elle développe un nouveau produit.
Qu’est-ce qu’une cédante en réassurance ?
La cédante est la compagnie d’assurance qui transfère une partie de ses risques à un réassureur. Elle reste généralement responsable vis-à-vis de ses propres assurés. Le réassureur lui rembourse ensuite les montants dus au titre du traité, selon les garanties, seuils et plafonds négociés.
Quelle différence entre réassurance proportionnelle et non proportionnelle ?
En réassurance proportionnelle, l’assureur et le réassureur partagent les primes et les sinistres selon un pourcentage défini. En non-proportionnelle, le réassureur intervient seulement lorsque les pertes dépassent une rétention. Sa participation est limitée par le plafond du contrat.
Quelle différence entre un traité et une facultative ?
Un traité couvre automatiquement un portefeuille de risques correspondant à des critères définis. Une facultative porte sur une police ou un risque étudié individuellement. Elle est notamment utilisée pour les expositions atypiques, très élevées ou situées en dehors des limites d’un traité existant.
Qu’est-ce que la rétrocession ?
La rétrocession est l’opération par laquelle un réassureur transfère à son tour une partie des risques acceptés à un autre réassureur, appelé rétrocessionnaire. Elle lui permet de limiter ses cumuls, de protéger son capital et d’équilibrer son portefeuille.
La réassurance protège-t-elle directement les assurés ?
L’assuré n’est généralement pas partie au traité de réassurance et continue de s’adresser à sa compagnie. Il bénéficie néanmoins indirectement du dispositif, car celui-ci renforce la capacité de l’assureur à couvrir des risques importants et à absorber les conséquences financières d’événements exceptionnels.
Comment la réassurance améliore-t-elle la solvabilité ?
La réassurance réduit certains risques conservés par l’assureur et peut diminuer la volatilité de ses pertes. Son effet peut être reconnu dans le calcul du capital réglementaire si le transfert est effectif et respecte les critères applicables. Le risque de défaillance du réassureur doit également être pris en compte.
Quel est le rôle des données en réassurance ?
Les données permettent au réassureur d’évaluer le portefeuille, de calculer la prime, d’estimer les sinistres et de suivre les montants récupérables. Des informations tardives ou incohérentes augmentent le recours aux estimations et compliquent le provisionnement, la comptabilité et le reporting réglementaire.
📚 RECOMMANDATIONS
Podcast : J'peux Pas J'ai Business
Écoutez la Playlist des invités sur Spotify.
💪 DONNEZ DE LA FORCE
1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer.
2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏
📖 CHAPITRES
00:00:00-Générique d'intro
00:01:22-Description de mon invitée
00:04:40-Question Mystère
00:05:37-Pourquoi la réassurance ?
00:09:25-Pourquoi faire le choix de l'entrepreneuriat ?
00:11:21-Conseil en croissance future
00:12:38-Définition de la réassurance par l'IA
00:13:44-Pourquoi les assureurs mettent-ils en place des traités de réassurance ?
00:19:49-Risque Cyber
00:22:35-L'assurance VS la réassurance : une alliance ou une opposition ?
00:24:44-Clôture : Récupération données réassurance
00:27:01-Gestion des traités de réassurance
00:31:53-Cas sous-évaluation de prime
00:32:43-Risques climatiques
00:35:19-Expérience Américaine : Analyse de la planification financière0
00:38:48-Marge : France VS USA
00:40:05-Régulateurs
00:43:06-Dansons
00:43:54-Mindset Français VS Américain
00:48:32-Challenge : Réussites / Difficultés
00:52:43-Recommandations : Podcasts, Livres
00:58:05-Conseils début de carrière
00:58:39-Assurance paramétrique
01:01:18-Réassurance : Enjeux IT, IA
01:08:50-Qu'est ce qui t'enthousiasme le plus pour les années à venir ?
01:10:07-Prochain invité ?
01:11:20-Remerciements
01:12:00-Générique de fin
🎧 Bonne écoute à toustes !
Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ?
Contactez-moi via ce formulaire
.png)


Commentaires