Métier d’actuaire : comprendre ses missions et son évolution
Dernière mise à jour : 29 août
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Métier d’actuaire : comprendre ses missions et son évolution
L’actuaire ne prédit pas l’avenir. Il aide l’assureur à se préparer à ce qui pourrait arriver. À partir de données, de probabilités et de modèles, il évalue le coût de risques encore inconnus, mesure la solidité financière d’un organisme et éclaire des décisions qui engagent parfois plusieurs décennies. Mais le métier d’actuaire ne se résume ni aux mathématiques ni à des tableaux Excel.
Il exige aussi de comprendre l’économie, la réglementation, les comportements humains et les transformations du secteur. Matthias Bochard, responsable du service Solvabilité II et Modélisation à la CARAC, nous ouvre les coulisses de cette profession stratégique.
Résumé de l’épisode
Actuaire certifié de l’Institut des actuaires, Matthias Bochard travaille depuis plus de dix ans sur des problématiques d’épargne, de retraite et d’assurance-vie. Après des expériences dans le conseil chez EY puis Sia Partners, il rejoint la CARAC, où il dirige depuis 2019 une équipe de cinq collaborateurs consacrée à la solvabilité et à la modélisation.
Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, il explique comment fixer le prix d’un risque futur, projeter un bilan sur plusieurs décennies, mesurer les chocs financiers et trouver l’équilibre entre rentabilité et sécurité.
Il partage aussi sa vision de Solvabilité II, de l’intelligence artificielle, du management et des qualités nécessaires pour devenir actuaire. Son parcours montre enfin qu’une carrière se construit autant par l’expertise que par la curiosité, la patience et l’audace.
Qu’est-ce qu’un actuaire ?
Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques. Il utilise les mathématiques, les statistiques, l’économie et les données pour estimer des événements futurs, fixer des tarifs, évaluer les engagements d’un assureur et vérifier que celui-ci dispose des ressources nécessaires pour les honorer.
Cette définition rejoint celle de l’Institut des actuaires, qui présente l’actuaire comme un expert de l’évaluation, de la modélisation et de la gestion des risques. La profession ne se limite toutefois pas à l’assurance. Les actuaires exercent aussi dans la réassurance, les retraites, la banque, la gestion d’actifs, le conseil, l’audit, l’industrie ou la recherche.
Fixer aujourd’hui le prix d’un risque futur
Pour rendre le métier concret, Matthias Bochard compare l’assurance à la construction d’une voiture. Un industriel connaît le coût de la carrosserie, du moteur, de la main-d’œuvre et de la distribution avant de déterminer son prix. L’assureur, lui, encaisse une prime avant de connaître le coût réel de la prestation.
En assurance automobile, l’assuré aura peut-être un accident, ou peut-être aucun. Si un sinistre survient, il peut s’agir d’un simple dommage matériel ou d’une perte beaucoup plus lourde. L’actuaire doit donc estimer à la fois la probabilité de l’événement et son coût potentiel. La prime devra contribuer à couvrir les sinistres, mais aussi les frais, le coût du capital, la réassurance et la marge de sécurité nécessaire.
Cette logique se retrouve en santé, en prévoyance, en retraite et en assurance-vie. Les hypothèses changent, mais la question reste la même : comment prendre une décision aujourd’hui alors que la prestation ne sera connue que demain ?
À retenir : L’actuaire ne cherche pas à annoncer avec certitude ce qui va arriver. Il estime plusieurs résultats possibles et mesure leurs conséquences financières.
Un métier, mais plusieurs fonctions
Parler du « métier d’actuaire » au singulier peut être trompeur.
Un actuaire peut travailler sur :
la tarification d’un produit d’assurance ;
le calcul des provisions et des engagements envers les assurés ;
la modélisation des risques ;
la solvabilité et le capital réglementaire ;
la gestion actif-passif ;
la réassurance ;
la conception et la rentabilité des produits ;
la fonction actuarielle prévue par Solvabilité II ;
la data science, l’audit ou le conseil.
Matthias résume cette diversité par une image sportive : le pentathlon moderne. Comme cette discipline, l’actuariat associe plusieurs compétences, possède une longue histoire et continue de se transformer.
« Le métier d’actuaire, c’est un métier qui se transforme, un métier qui a une histoire, mais qui est complètement d’actualité. » Matthias Bochard
Comment l’actuaire modélise-t-il l’incertitude ?
Le cœur de l’actuariat consiste à transformer une incertitude en scénarios mesurables. Pour y parvenir, l’actuaire s’appuie sur des données historiques, formule des hypothèses, construit un modèle puis analyse les résultats.
Le modèle ne remplace jamais le jugement : sa pertinence dépend de la qualité des données, du choix des hypothèses et de la capacité à interpréter les sorties.
Modèle déterministe et modèle stochastique : quelle différence ?
Approche | Principe | Exemple en assurance-vie | Utilité |
Déterministe | Une trajectoire est construite à partir d’un jeu d’hypothèses défini. | Projection des primes, rachats, décès, rentes et rendements selon un scénario central. | Établir un business plan et visualiser une trajectoire de référence. |
Stochastique | Un grand nombre de trajectoires aléatoires sont simulées. | Variation des taux, des actions, de l’inflation ou des comportements de rachat dans différents scénarios. | Mesurer la dispersion des résultats, les situations défavorables et le capital nécessaire. |
Une projection déterministe donne donc un chemin possible. Une projection stochastique en explore une multitude. Matthias explique que son équipe peut projeter l’activité sur cinquante ans et simuler mille scénarios économiques. L’objectif n’est pas d’obtenir mille prévisions exactes, mais d’identifier une distribution de résultats, des scénarios extrêmes et des indicateurs utiles à la décision.
Il utilise l’image du mouvement brownien : un grain de pollen posé sur une eau apparemment calme bouge sous l’effet de multiples interactions invisibles. De la même façon, un environnement économique qui semble stable reste soumis à de nombreuses variations de faible ou de forte intensité.
À retenir : Un modèle déterministe répond à la question « que se passerait-il selon cette trajectoire ? ». Un modèle stochastique demande « quels futurs sont possibles, avec quelle fréquence et quelles conséquences ? ».
La donnée, première matière du modèle actuariel
Sans données fiables, le modèle le plus sophistiqué perd sa valeur. Dans le quotidien décrit par Matthias, les échanges avec la comptabilité, le contrôle de gestion, le back-office financier, les investissements et les équipes actuarielles sont donc essentiels.
L’actuaire doit notamment :
identifier l’origine des données ;
vérifier leur exhaustivité et leur cohérence ;
comprendre les règles comptables et les méthodes de valorisation ;
documenter les retraitements ;
contrôler les résultats ;
expliquer les limites du modèle.
Ce travail illustre une réalité souvent oubliée : l’actuariat est un métier collectif. La qualité d’une projection dépend autant de la coopération entre les équipes que de la puissance du moteur de calcul.
Des milliards de résultats, mais quelques décisions
Les simulations peuvent générer un volume immense de chiffres. Pourtant, une direction générale n’a pas besoin de recevoir toutes les sorties du modèle. Elle doit comprendre les principaux risques, leur impact potentiel et les actions possibles.
Le rôle de l’actuaire est donc aussi de sélectionner les bons indicateurs, de construire une visualisation lisible et de traduire un résultat technique en décision. Savoir vulgariser devient une compétence aussi importante que savoir calculer.
Les principales missions de l’actuaire en assurance
Évaluer les engagements envers les assurés
Lorsqu’un adhérent confie son épargne à un assureur, le montant versé ne résume pas à lui seul l’engagement futur. Il faut tenir compte des garanties du contrat, des rachats, des décès, des rentes, des frais, de la participation aux résultats et de l’évolution possible des comportements.
Les équipes actuarielles évaluent ces engagements et calculent les provisions nécessaires. Les équipes de risques et de modélisation les projettent ensuite dans différents environnements afin de mesurer la résistance de l’organisme.
Les frontières entre services varient selon les assureurs. L’important est la complémentarité entre production actuarielle, finance, comptabilité, investissements, risques et conformité.
Mesurer la solvabilité de l’assureur
La solvabilité désigne la capacité d’un assureur à honorer durablement ses engagements, y compris si des événements défavorables surviennent.
L’actuaire modélise donc des chocs tels que :
une baisse brutale des marchés actions ;
une variation rapide des taux d’intérêt ;
une hausse de l’inflation ;
une dégradation du marché obligataire ou immobilier ;
une hausse des rachats ;
une évolution de la mortalité ou de la longévité ;
des risques climatiques, cyber ou géopolitiques.
Ces analyses servent à estimer le capital requis, à tester les limites de risque et à préparer des mesures d’atténuation. Dans l’équipe de Matthias, la finalité est claire : vérifier que la CARAC peut faire face à ses engagements même lorsque le scénario central ne se réalise pas.
Piloter la gestion actif-passif
La gestion actif-passif, ou ALM pour Asset and Liability Management, consiste à analyser conjointement les engagements de l’assureur et les actifs placés en face.
Au passif figurent notamment les sommes dues aux assurés. À l’actif se trouvent les obligations, actions, immeubles et autres placements financés grâce aux primes collectées. L’assureur doit disposer de suffisamment de liquidités pour verser les prestations à court terme, tout en recherchant sur le long terme un rendement compatible avec ses garanties et son niveau de risque.
Concentrer tout le portefeuille sur les actifs les plus rentables pourrait améliorer la performance espérée, mais exposerait l’organisme à des pertes excessives. À l’inverse, une prudence absolue pourrait limiter le rendement servi aux adhérents. L’actuaire teste différentes allocations pour éclairer ce compromis.
« Trouver le juste milieu entre une très bonne rentabilité et un risque qui reste maîtrisé. » Matthias Bochard
Accompagner la conception des produits
Un nouveau produit d’assurance-vie ou de retraite doit être attractif pour le client, rentable pour l’organisme et soutenable au regard des engagements futurs. Sa conception mobilise donc les actuaires, le marketing, les investissements, la distribution, la conformité et les équipes de gestion.
La pression concurrentielle, notamment sur les frais, modifie l’équilibre économique des contrats. Les modèles doivent intégrer le profil des clients, l’horizon d’investissement, les garanties, les comportements de versement ou de rachat et l’allocation des actifs. En assurance-vie, l’ancienneté de huit ans constitue un seuil fiscal important, mais elle n’interdit pas d’effectuer un rachat avant cette date.
Quelles compétences faut-il pour devenir actuaire ?
Les mathématiques sont indispensables, mais insuffisantes.
La maîtrise des probabilités, des statistiques et des mathématiques financières constitue la base technique du métier. Matthias ajoute trois qualités essentielles : la curiosité, la polyvalence et la résilience.
La curiosité permet de suivre l’économie, la finance, la géopolitique, le climat, les comportements des assurés et la réglementation. La polyvalence aide à dialoguer avec des métiers très différents. La résilience est nécessaire parce qu’un modèle n’est jamais définitivement achevé : les données évoluent, de nouveaux risques apparaissent et les hypothèses doivent être régulièrement remises en question.
À ces qualités s’ajoutent :
la rigueur ;
la capacité de programmation et de traitement des données ;
l’esprit critique ;
la pédagogie ;
la communication écrite et orale ;
la compréhension du modèle économique de l’assureur ;
l’éthique professionnelle.
Quelle formation suivre ?
Le parcours classique passe par une formation de niveau bac +5 en actuariat, accessible après une classe préparatoire, une licence scientifique ou par admission sur titre selon les établissements. L’Institut des actuaires recense huit formations initiales reconnues ainsi qu’une formation accréditée. Après validation du cursus et soutenance d’un mémoire devant son jury, le diplômé peut accéder au statut d’Actuaire Associé.
La formation continue offre également des voies de reconversion. Des profils issus des mathématiques, des statistiques, de la data science, de la finance ou de l’ingénierie peuvent exercer des missions actuarielles, mais une formation spécialisée reste précieuse pour maîtriser les méthodes, la réglementation et les standards professionnels.
Après au moins trois ans d’expérience, un actuaire associé peut demander la qualification.
La certification suppose ensuite d’être qualifié et de maintenir ses compétences à jour grâce au perfectionnement professionnel continu. Les conditions détaillées sont publiées par l’Institut des actuaires.
Du conseil à la mutuelle : apprendre plusieurs facettes du métier
Le parcours de Matthias montre l’intérêt de varier les environnements. Chez EY, il découvre de nombreux assureurs, des processus structurés et la nécessité d’adapter les solutions à chaque client. Chez Sia Partners, il approfondit l’assurance-vie et évolue dans une culture plus entrepreneuriale. À la CARAC, il inscrit ses analyses dans la durée et accompagne une équipe.
Le conseil permet d’accumuler rapidement des expériences différentes. Le passage chez un assureur ou une mutuelle offre une connaissance plus profonde des modèles, des décisions et de leurs effets dans le temps. Ces trajectoires ne s’opposent pas : elles développent des compétences complémentaires.
Solvabilité II : pourquoi la réglementation transforme le métier
Entré en application en 2016, le cadre Solvabilité II place les risques au centre du pilotage des assureurs européens. Il encadre notamment la valorisation des engagements, le calcul du capital, la gouvernance, l’évaluation interne des risques et les informations transmises au superviseur et au public.
Pour les actuaires, cette réglementation ne se limite pas à produire un ratio. Elle impose de documenter les hypothèses, de contrôler la qualité des données, de justifier les méthodes et d’expliquer les variations des résultats.
La révision du cadre doit s’appliquer à partir du 30 janvier 2027. Selon l’EIOPA, elle modifie notamment le calcul de la marge de risque, renforce le traitement des vulnérabilités de liquidité et actualise plusieurs exigences de reporting et de publication.
Pour une équipe de modélisation, ces changements signifient :
adapter les moteurs de calcul ;
revoir certaines hypothèses et méthodes ;
tester l’incidence sur les fonds propres ;
mettre à jour la documentation ;
faire évoluer les reportings ;
préparer les contrôles et les échanges avec les auditeurs ou le superviseur.
Matthias voit aussi dans ces travaux une occasion de comparer les pratiques entre assureurs et d’améliorer la traduction des normes en mesures concrètes du risque.
Intelligence artificielle : l’actuaire va-t-il être remplacé ?
L’intelligence artificielle devrait transformer les outils de l’actuaire davantage que supprimer son rôle. Les modèles actuariels reposent sur des hypothèses, des choix méthodologiques et une connaissance du contexte que l’automatisation ne suffit pas à garantir.
Dans l’épisode, Matthias compare l’IA à l’arrivée de l’ordinateur : un nouvel outil capable d’accélérer certaines tâches, mais qui ne dispense ni du jugement ni du contrôle.
Les usages envisagés sont concrets :
améliorer la visualisation des résultats ;
synthétiser de nombreux indicateurs ;
faciliter la veille réglementaire ;
rapprocher des reportings ;
limiter les copier-coller ;
documenter ou expliquer plus clairement un résultat.
L’IA ne corrige pas automatiquement une donnée erronée ni une hypothèse mal choisie. Elle peut même amplifier une erreur ou rendre plus difficile l’explication d’un résultat. L’actuaire devra donc renforcer ses compétences en gouvernance des données, validation, traçabilité et supervision humaine.
Cette exigence rejoint la position de l’EIOPA sur la gouvernance de l’IA dans l’assurance, qui insiste sur la qualité des données, l’équité, la cybersécurité, l’explicabilité, la tenue de registres et le contrôle humain.
Plus les outils deviennent puissants, plus l’actuaire doit savoir expliquer les hypothèses, contrôler les résultats et assumer la décision finale.
L’humain derrière les modèles
La partie la plus singulière du témoignage de Matthias concerne peut-être moins les chiffres que la posture professionnelle. Manager une équipe, dialoguer avec la direction et remettre en question un modèle supposent de faire une place au doute.
Matthias résume son état d’esprit en trois mots : optimisme, pragmatisme et humilité. L’optimisme permet d’avancer. Le pragmatisme conduit à préparer des solutions lorsque les événements se déroulent mal. L’humilité rappelle qu’une certitude technique peut toujours être réexaminée.
Cette vision se retrouve dans son choix de la chanson Harder, Better, Faster, Stronger de Daft Punk. Elle évoque l’amélioration continue et la répétition des processus, mais aussi le risque d’une recherche permanente de performance. Pour Matthias, le management exige au contraire de prendre du recul et de remettre l’humain au centre.
Oser sortir de sa zone de confort
Son premier CDI illustre cette philosophie. Après avoir manqué l’appel d’EY et sans confirmation d’inscription, il se présente à une session de recrutement organisée à la tour First. Un candidat étant absent, il obtient une place, participe aux entretiens et reçoit ensuite une proposition.
« Rien n’est jamais acquis, puis il faut savoir sortir de sa zone de confort. » Matthias Bochard
Cette anecdote n’invite pas à ignorer les processus. Elle rappelle qu’une carrière n’est pas entièrement déterministe : l’expertise prépare les opportunités, mais l’initiative permet parfois de les saisir.
Ce qu’il faut retenir
L’actuaire évalue des risques futurs afin d’éclairer les décisions prises aujourd’hui.
Son métier couvre la tarification, les provisions, la solvabilité, la gestion actif-passif, les produits et la gestion des risques.
Le modèle déterministe construit une trajectoire ; le modèle stochastique explore de nombreux futurs possibles.
La qualité des données et des hypothèses compte autant que la puissance de calcul.
Les mathématiques sont indispensables, mais la curiosité, la communication et l’esprit critique font la différence.
La révision de Solvabilité II applicable le 30 janvier 2027 fera évoluer les modèles, la documentation et le reporting.
L’intelligence artificielle peut accélérer l’analyse et la restitution, sans remplacer le jugement actuariel.
Une carrière d’actuaire se construit aussi par la patience, l’humilité et la capacité à saisir les opportunités.
Le métier d’actuaire occupe une place centrale dans l’assurance parce qu’il relie les données, les risques et la décision. L’actuaire ne fournit pas une certitude sur l’avenir : il rend l’incertitude plus compréhensible et aide l’assureur à rechercher la performance sans fragiliser ses engagements. Face à l’évolution de Solvabilité II, à l’essor de l’intelligence artificielle et à la multiplication des risques, ses compétences techniques devront rester indissociables du jugement et de la pédagogie.
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Qu’est-ce qu’un actuaire en assurance ?
Un actuaire est un spécialiste de la modélisation et de la gestion des risques. En assurance, il utilise des données, des probabilités et des hypothèses économiques pour estimer le coût d’événements futurs, fixer des tarifs, calculer des provisions et vérifier que l’assureur possède suffisamment de capital pour honorer ses engagements.
Que fait un actuaire au quotidien ?
Le quotidien varie selon sa spécialité. L’actuaire peut contrôler des données, actualiser un modèle, simuler des scénarios, analyser un portefeuille, calculer des engagements, préparer un reporting ou présenter ses conclusions à la direction. Il travaille avec la comptabilité, la finance, les investissements, les équipes produits, les risques et les systèmes d’information.
Quelle est la différence entre un modèle déterministe et stochastique ?
Un modèle déterministe projette une trajectoire construite à partir d’un seul jeu d’hypothèses. Un modèle stochastique simule de nombreuses trajectoires intégrant des variations aléatoires, par exemple sur les taux ou les marchés actions. Le premier sert de scénario central ; le second aide à mesurer l’incertitude et les situations défavorables.
Quelles études faut-il suivre pour devenir actuaire ?
Le parcours le plus courant est une formation de niveau bac +5 en actuariat, accessible après une classe préparatoire, une licence scientifique ou une admission sur titre. Plusieurs cursus sont reconnus par l’Institut des actuaires. Des formations continues permettent aussi à des professionnels des mathématiques, de la statistique, de la finance ou de la data de se spécialiser.
Quelles qualités faut-il pour être actuaire ?
Un actuaire doit aimer les mathématiques et maîtriser les probabilités, les statistiques et les outils de données. Il doit également être rigoureux, curieux, polyvalent et capable de communiquer. L’esprit critique est essentiel pour remettre en question les hypothèses, comprendre les limites d’un modèle et expliquer clairement les résultats à des non-spécialistes.
Quel est le rôle de l’actuaire dans Solvabilité II ?
L’actuaire contribue à évaluer les engagements, modéliser les risques, calculer le capital et analyser la solvabilité de l’assureur. Selon sa fonction, il participe aussi à l’ORSA, à la fonction actuarielle, à la qualité des données, à la documentation des modèles et au reporting prudentiel. Il transforme les exigences réglementaires en méthodes et indicateurs opérationnels.
Pourquoi la gestion actif-passif est-elle importante en assurance-vie ?
La gestion actif-passif vérifie la cohérence entre les sommes dues aux assurés et les placements détenus pour les financer. Elle aide l’assureur à disposer de liquidités suffisantes, à maîtriser les risques de taux et de marché et à rechercher une performance compatible avec la durée et les garanties de ses contrats.
L’intelligence artificielle peut-elle remplacer les actuaires ?
L’IA peut automatiser des traitements, rapprocher des reportings, produire des visualisations et aider à synthétiser des résultats. Elle ne remplace toutefois pas le choix des hypothèses, la validation des données, l’interprétation du contexte ni la responsabilité de la décision. Le rôle de l’actuaire évoluera vers davantage de contrôle, d’explication et de gouvernance.
Dans quels secteurs un actuaire peut-il travailler ?
Les actuaires travaillent dans l’assurance-vie, la santé, la prévoyance, l’IARD, la retraite et la réassurance. Ils sont également présents dans le conseil, l’audit, la banque, la gestion d’actifs, la data science, le secteur public, l’industrie, la recherche et l’enseignement. Leurs compétences sont utiles partout où des décisions doivent intégrer l’incertitude.
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