Résultats de recherche
Search this site
60 résultats trouvés avec une recherche vide
- Qualité des données en assurance : 8 bonnes pratiques
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Qualité des données en assurance : pourquoi elle devient un enjeu stratégique Un chiffre peut être parfaitement présenté et pourtant être faux. C’est tout le paradoxe de la qualité des données en assurance. Derrière un reporting prudentiel, un calcul de solvabilité, un tarif ou un tableau de bord se trouvent des milliers, parfois des millions de données issues de systèmes, de référentiels et d’acteurs différents. La difficulté n’est donc plus seulement de produire de l’information. Elle consiste à savoir si cette information est fiable, traçable et compréhensible. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Jonathan Plateau et Pierre Lafitte confrontent leurs expériences de la finance, de la data, de l’audit IT et de l’assurance. Leur message est clair : la qualité des données ne doit plus être considérée comme une simple exigence réglementaire. Elle doit devenir un véritable actif stratégique. Résumé de l’épisode Cet épisode réunit Jonathan Plateau, entrepreneur, CFO & COO de Finance Control Tower et présentateur du podcast Business Partner, après un parcours en contrôle de gestion, audit, BI et systèmes finance, et Pierre Lafitte, associé et directeur du pôle Systèmes d’information et Assurance du Groupe Emargence. Le parcours et les fonctions actuelles de Pierre Lafitte sont également confirmés par le Groupe Emargence. Pendant l’échange, les deux invités explorent la gouvernance des données, les contrôles, les référentiels, le master data, les migrations, le data lineage et l’intelligence artificielle. L’intérêt de l’épisode tient surtout à sa dimension opérationnelle : plutôt que de considérer la qualité des données comme un projet isolé, ils montrent pourquoi elle doit être intégrée aux processus quotidiens et aux décisions de l’entreprise. Qualité des données en assurance : de quoi parle-t-on exactement ? La qualité d’une donnée ne se limite pas au fait qu’un fichier s’ouvre correctement ou qu’un champ soit renseigné. Une donnée utile doit notamment être : exacte, parce qu’elle doit refléter correctement la réalité ; complète, parce que les informations indispensables ne doivent pas manquer ; cohérente, parce qu’une même information ne devrait pas raconter deux histoires différentes selon le système interrogé ; traçable, parce qu’il faut pouvoir comprendre son origine et les transformations qu’elle a subies ; disponible au bon moment, parce qu’une information exacte mais trop tardive peut devenir inutilisable. Ces principes ont une traduction réglementaire concrète. La directive Solvabilité II prévoit notamment que les organismes disposent de processus internes garantissant le caractère approprié, complet et exact des données utilisées pour le calcul des provisions techniques. Dans l’épisode, Pierre Lafitte élargit néanmoins la perspective. Une donnée de qualité ne sert pas uniquement à produire un reporting réglementaire : elle intervient également dans la tarification, la connaissance client, les analyses financières et le pilotage de l’entreprise. C’est précisément ce changement de perspective qui fait passer la qualité des données d’une logique de conformité à une logique de performance. Pourquoi la qualité des données est-elle si importante pour les assureurs ? Un assureur est, par nature, une entreprise de données. Pour tarifer un risque, il faut des données. Pour calculer une provision, il faut des données. Pour suivre la sinistralité, il faut des données. Pour déterminer un SCR, analyser un portefeuille ou produire un reporting prudentiel, il faut encore des données. La donnée traverse donc pratiquement toute la chaîne de valeur. L’EIOPA rappelle d’ailleurs que des données fiables sont indispensables à une supervision fondée sur les données, à la prise de décision et aux analyses micro et macroprudentielles. Le problème apparaît lorsque la donnée circule entre plusieurs systèmes et plusieurs directions. Une information peut commencer dans un outil de gestion, passer par une interface, être retraitée dans Excel, alimenter un outil actuariel, être rapprochée avec la comptabilité puis finir dans un état réglementaire. Plus le parcours s’allonge, plus la compréhension du cheminement devient essentielle. « La problématique, c’est jamais le reporting. […] La problématique, elle est en amont. » Cette idée défendue par Jonathan Plateau est probablement l’un des messages les plus structurants de l’épisode. 1. Traiter la qualité des données en amont Dans beaucoup d’organisations, le défaut de qualité se révèle au pire moment : pendant une clôture, lors de la production d’un reporting ou juste avant une échéance réglementaire. Le réflexe consiste alors à corriger. Un fichier Excel apparaît. Une formule est ajoutée. Une donnée est retraitée. Le reporting finit par partir à l’heure. À court terme, le problème semble réglé. À long terme, il ne l’est absolument pas. Jonathan Plateau décrit précisément ce phénomène à partir de son expérience en finance : les équipes récupèrent les données, les retraitent manuellement puis réussissent à produire leur reporting, sans nécessairement corriger la donnée dans le système situé en amont. Corriger la source plutôt que le résultat La bonne question n’est donc pas : Comment corriger ce chiffre ? Mais : Pourquoi ce chiffre est-il faux ? La réponse peut venir : d’une mauvaise saisie ; d’un référentiel différent ; d’une règle de gestion mal comprise ; d’une interface ; d’un traitement manuel ; d’un mapping obsolète ; ou d’un contrôle absent. À retenir Une bonne démarche QDD cherche à supprimer la cause de l’erreur, pas uniquement à corriger son résultat. 2. Faire de la qualité des données un sujet de gouvernance Les outils seuls ne suffisent pas. C’est l’autre enseignement majeur de l’épisode. Jonathan Plateau résume la problématique avec une formule particulièrement efficace : « La data, on oublie, c’est un sujet d’humain. » Dans son retour d’expérience, il évoque notamment une culture du « Speak with data », où les décisions et présentations devaient être appuyées sur des chiffres. L’objectif n’était pas simplement de multiplier les KPI : il s’agissait d’installer une culture dans laquelle la donnée devait être suffisamment fiable pour pouvoir être utilisée et challengée. Le rôle du management La qualité des données ne peut donc pas reposer uniquement sur : la DSI ; l’actuariat ; la direction financière ; ou un responsable QDD isolé. Elle nécessite une gouvernance transverse. L’enquête 2024 de l’ACPR, dont la synthèse a été publiée en février 2025, apporte un éclairage intéressant. Elle a recueilli les réponses de 224 organismes. L’ACPR constate des progrès sur la gouvernance, mais souligne notamment que l’information du comité exécutif ou du conseil d’administration sur les indicateurs QDD reste encore assez rare. Le sujet reste d’actualité : l’ACPR a ouvert une nouvelle enquête sur la qualité des données du 29 juin au 15 septembre 2026, avec des questions portant notamment sur le rôle du responsable QDD, les relais dans les directions opérationnelles et les comités consacrés au sujet. La trajectoire est claire : la QDD doit remonter dans la gouvernance. 3. Construire un dictionnaire de données utile Le dictionnaire de données est parfois perçu comme une documentation réglementaire supplémentaire. Ce serait passer à côté de son intérêt. Un bon dictionnaire répond à des questions extrêmement simples : Quelle est cette donnée ? Que signifie-t-elle ? D’où vient-elle ? Qui en est responsable ? À quelle fréquence est-elle mise à jour ? Quels contrôles lui sont appliqués ? Dans quels calculs intervient-elle ? Dans l’épisode, Pierre Lafitte explique que le dictionnaire permet précisément de recenser les données alimentant le reporting, leur cheminement et les contrôles associés. Ne pas documenter pour documenter La principale erreur consiste à créer un énorme inventaire qui devient impossible à maintenir. Jonathan Plateau défend plutôt une approche pragmatique : ne pas accumuler des champs simplement pour se rassurer. L’enjeu consiste à identifier les données réellement utiles et critiques. Le dictionnaire doit donc être vivant. Un changement d’outil, un nouveau produit, un partenariat avec un délégataire ou l’évolution d’un processus doivent pouvoir entraîner sa mise à jour. Sinon, il devient rapidement une photographie d’un système qui n’existe plus. 4. Harmoniser les référentiels grâce au master data Imaginez un même produit d’assurance. La gestion l’appelle « Produit A ». L’actuariat utilise « A01 ». La comptabilité utilise encore une autre codification. Chaque direction comprend parfaitement son propre langage. Le problème apparaît quand les données doivent être rapprochées. Pierre Lafitte évoque dans l’épisode des situations où un produit était correctement géré d’un côté, mais ne redescendait pas correctement en comptabilité à cause d’un problème de référentiel. C’est précisément le rôle du master data management. Il ne s’agit pas nécessairement d’imposer un système informatique unique. Il s’agit d’établir un langage commun. Exemple simple Un référentiel produit central peut permettre d’associer : Système Code local Référentiel commun Gestion AUTO42 PROD001 Comptabilité 753-A PROD001 Actuariat MOTOR_01 PROD001 Les systèmes continuent de fonctionner. Mais l’entreprise sait que ces trois références représentent la même réalité. ERP unique ou référentiel commun ? Jonathan Plateau se montre particulièrement sceptique vis-à-vis du fantasme de l’ERP unique. Son approche est différente : plutôt que d’essayer de remplacer l’ensemble des systèmes, il recommande de travailler sur les référentiels et les mappings. Pour de nombreux assureurs confrontés à l’héritage de plusieurs systèmes, acquisitions ou portefeuilles historiques, cette approche est particulièrement concrète. 5. Construire un plan de contrôle réellement métier Détecter qu’un champ est vide est utile. Mais cela ne suffit pas. La donnée peut être techniquement valide tout en étant économiquement absurde. C’est là que les contrôles métier prennent toute leur importance. Dans l’épisode, plusieurs exemples sont proposés : contrôle de format ; contrôle de longueur ; détection de valeurs atypiques ; rapprochement avec la période précédente ; vérification des répartitions par garantie ; contrôle de cohérence entre primes, contrats et sinistres ; comparaison entre plusieurs sources. Contrôle technique et contrôle métier Prenons un exemple. Un champ « âge » contient la valeur 187. Techniquement : le champ n’est pas vide ; le format numérique est correct. Métier : la donnée est évidemment aberrante. C’est pour cette raison que les professionnels opérationnels doivent participer à la définition des règles de qualité. La DSI sait contrôler la structure. Le métier sait déterminer si le résultat a du sens. Bonne pratique Chaque contrôle devrait idéalement préciser : son objectif ; sa règle ; son propriétaire ; sa fréquence ; son seuil de tolérance ; la procédure en cas d’anomalie ; et la preuve de son exécution. 6. Maîtriser les données externes L’assurance fonctionne rarement en circuit fermé. Courtiers. Délégataires. Gestionnaires. Filiales. Prestataires. Réassureurs. Tous peuvent produire des données nécessaires à l’assureur. Or ces flux créent une difficulté supplémentaire : l’organisme ne contrôle pas directement la manière dont la donnée a été générée. L’ACPR souligne depuis plusieurs exercices que les données externes constituent un point d’attention. Son analyse de l’enquête 2022 indiquait notamment que leur niveau de maîtrise était inférieur à celui des données gérées en propre par les organismes. La synthèse publiée en 2025 insiste également sur la nécessité de couvrir davantage les données provenant de prestataires externes dans les indicateurs de qualité. Dans l’épisode, Pierre Lafitte recommande notamment de pouvoir repartir aussi près que possible de la donnée brute lorsqu’un fournisseur externe intervient, afin de mieux comprendre les traitements appliqués. À retenir : Externaliser la production d’une donnée ne signifie pas externaliser la responsabilité de sa qualité. 7. Sécuriser les migrations de données « Nous allons changer d’outil, le problème sera réglé. » C’est probablement l’une des phrases les plus dangereuses dans un projet de transformation. Une migration ne nettoie pas spontanément les problèmes historiques. Elle peut même les amplifier. Jonathan Plateau le rappelle clairement : le nouvel outil ne corrigera pas les problèmes qui n’ont pas été traités en amont. Pourquoi une migration est-elle risquée ? À chaque migration, il faut : extraire ; transformer ; mapper ; transcoder ; charger ; contrôler. Chaque étape peut modifier la donnée. Pierre Lafitte insiste également sur la conservation des contrôles réalisés pendant les reprises. Son expérience d’auditeur l’amène à constater que ces éléments ne sont pas toujours conservés. Au fil de plusieurs migrations, l’historique peut alors se dégrader et la compréhension du portefeuille diminuer. Cette question est particulièrement sensible en assurance. Certains contrats ou sinistres vivent sur des horizons très longs. Une donnée apparemment ancienne peut donc encore avoir une importance économique ou prudentielle plusieurs années plus tard. Checklist migration Avant toute migration, il faut notamment : inventorier les données critiques ; définir les mappings ; documenter les règles de transcodification ; conserver les contrôles de reprise ; rapprocher source et cible ; tester l’historique ; vérifier les exceptions ; conserver la piste d’audit. 8. Documenter le data lineage Le data lineage, ou lignage des données, consiste à retracer le chemin parcouru par une donnée. D’où vient-elle ? Quels systèmes a-t-elle traversés ? Quelles transformations lui ont été appliquées ? Où arrive-t-elle ? Prenons un indicateur prudentiel. Le chiffre final peut être parfaitement calculé. Mais si personne n’est capable d’expliquer comment la donnée est passée de la source au reporting, la maîtrise reste incomplète. L’ACPR relevait déjà dans son analyse de l’enquête 2022 que les cartographies étaient souvent incomplètes et que le lignage n’était pas documenté dans son intégralité. Jonathan Plateau résume le problème avec une logique d’auditeur : difficile de valider un chiffre si l’on ignore comment il est passé d’un point A à un point B. Le data lineage n’est donc pas uniquement une documentation IT. C’est une piste d’audit de la donnée. Qualité des données et IA : faut-il commencer par les fondamentaux ? La discussion prend ensuite un virage particulièrement actuel. Jonathan Plateau adopte une position volontairement à contre-courant : « Je ne fais pas de l’IA. Je fais de la data. » Le message n’est pas de rejeter l’intelligence artificielle. Il consiste à rappeler un préalable : une technologie d’analyse ne rend pas spontanément fiable l’information qu’elle reçoit. Garbage in, garbage out Le principe est ancien. Si les données d’entrée sont mauvaises, le résultat peut l’être également. L’IA peut accélérer : la documentation ; la recherche ; la veille réglementaire ; l’analyse ; la détection d’anomalies ; ou l’assistance aux métiers. Pierre Lafitte cite notamment l’intérêt possible de l’IA pour la documentation, la veille ou l’aide à la compréhension de certains contrôles. Mais elle ne dispense pas de maîtriser : les référentiels ; les règles métier ; la source ; les droits d’accès ; la confidentialité ; la qualité des données. Il existe donc un ordre logique : Comprendre la donnée ; Fiabiliser la donnée ; Gouverner la donnée ; Exploiter la donnée ; Accélérer avec l’IA. Pas l’inverse. Un cas concret : passer d’une logique de correction à une logique de prévention L’un des passages les plus intéressants de l’épisode vient du retour d’expérience de Jonathan Plateau lors de l’intégration de Zodiac chez Safran. L’objectif était notamment de réduire le délai de clôture. Le problème identifié : une part importante du temps était consommée par les retraitements manuels. La réponse a consisté à retravailler les référentiels, mettre en place une logique de master data et appliquer progressivement des contrôles. Jonathan indique que leur estimation de la qualité des données serait passée d’environ 68 % à 95 % en neuf mois. Il précise lui-même qu’il s’agissait de calculs approximatifs issus de cette expérience : il faut donc considérer ces chiffres comme son retour d’expérience et non comme un benchmark sectoriel. L’enseignement est plus intéressant que le chiffre. Les équipes ont progressivement corrigé les anomalies avant la clôture. C’est exactement la logique recherchée en QDD : moins de corrections tardives, davantage de prévention. Ce qu’il faut retenir La qualité des données en assurance ne repose pas sur un outil unique. Elle résulte d’une combinaison de gouvernance, de processus, de contrôles et de culture. Les principales bonnes pratiques sont les suivantes : Corriger les anomalies à la source, plutôt que multiplier les retraitements en fin de chaîne ; Faire de la QDD un sujet de direction, avec des indicateurs remontant aux instances de gouvernance ; Maintenir un dictionnaire de données vivant, centré sur les données critiques ; Créer des référentiels communs entre gestion, actuariat, finance et systèmes ; Définir des contrôles métier, pas uniquement des validations techniques ; Surveiller les données externes, notamment celles issues des délégataires et prestataires ; Traiter les migrations comme de véritables projets data ; Documenter le data lineage, pour comprendre chaque transformation ; Conserver la connaissance métier, afin qu’elle ne disparaisse pas avec les collaborateurs ; Fiabiliser les données avant de vouloir industrialiser l’IA. Le message final de l’épisode pourrait finalement tenir en une phrase : « La donnée, ça doit vraiment être un actif stratégique. » La qualité des données en assurance n’est plus seulement une problématique de reporting prudentiel. Elle influence la tarification, les calculs actuariels, la compréhension des risques, les décisions de management, les migrations de systèmes et désormais les projets d’intelligence artificielle. Les travaux de l’ACPR montrent d’ailleurs que le marché progresse, tout en conservant des marges d’amélioration sur la gouvernance, les données externes, le lignage ou encore l’implication des instances dirigeantes. La maturité ne consiste donc pas à posséder le plus grand nombre de fichiers, de contrôles ou d’outils. Elle consiste à pouvoir répondre à trois questions simples : D’où vient mon chiffre ? ; Puis-je expliquer son cheminement ? ; Suis-je suffisamment sûr de sa qualité pour prendre une décision dessus ? Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Jonathan Plateau et Pierre Lafitte dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mes invités : Jonathan Plateau : LinkedIn Pierre Lafitte : LinkedIn Visitez le site Groupe Emargence FAQ Qu’est-ce que la qualité des données en assurance ? La qualité des données en assurance désigne la capacité d’un organisme à disposer de données exactes, complètes, cohérentes, pertinentes et traçables. Elle concerne notamment les données utilisées pour la tarification, la gestion des contrats, les sinistres, l’actuariat, la comptabilité et les calculs prudentiels. Pourquoi la qualité des données est-elle importante sous Solvabilité II ? Solvabilité II exige notamment que les données utilisées pour le calcul des provisions techniques soient appropriées, complètes et exactes. Une mauvaise qualité peut fragiliser les calculs prudentiels, le reporting réglementaire et la compréhension du profil de risque de l’assureur. Qu’est-ce qu’un dictionnaire de données en assurance ? Un dictionnaire de données décrit les données utilisées par l’organisme : définition, origine, propriétaire, fréquence de mise à jour, utilisation et contrôles associés. Il contribue à créer un langage commun entre les métiers et facilite la traçabilité des informations. Qu’est-ce que le data lineage ? Le data lineage, ou lignage des données, retrace le parcours d’une donnée depuis son système source jusqu’à son utilisation finale. Il permet d’identifier les transformations, interfaces et traitements appliqués et facilite les contrôles, les investigations et l’audit. Quels contrôles mettre en place pour améliorer la qualité des données ? Les contrôles peuvent porter sur la présence d’une donnée, son format, sa cohérence, ses valeurs atypiques, sa concordance avec d’autres sources ou son évolution par rapport aux périodes précédentes. Les règles doivent être adaptées au métier et pas seulement à la structure informatique du fichier. Quelle différence entre data quality et master data ? La data quality concerne la fiabilité des données. Le master data management organise les référentiels structurants de l’entreprise, comme les produits, clients, garanties ou codes comptables. Un bon référentiel contribue fortement à améliorer la qualité globale des données. Une migration informatique améliore-t-elle automatiquement la qualité des données ? Non. Une migration peut même dégrader la qualité si les référentiels, mappings et contrôles ne sont pas correctement préparés. Les données historiques, les transformations et les rapprochements entre source et cible doivent être documentés et testés. L’intelligence artificielle peut-elle améliorer la qualité des données ? Oui, l’IA peut contribuer à détecter certaines anomalies, faciliter la documentation ou accélérer l’analyse. Mais elle ne remplace pas la gouvernance, les règles métier et les contrôles. Une donnée insuffisamment maîtrisée peut limiter la fiabilité des résultats produits par l’IA. Pour approfondir le sujet, si vous avez 45 min, regardez mon dernier webinaire avec Pierre Lafitte sur la qualité des données : Faire de la conformité réglementaire un levier stratégique 📚 RECOMMANDATIONS Enquête qualité des données ACPR Notice QDD ACPR Notice IA dans l’assurance Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:19-Présentation 00:03:53-Question signature 00:05:42-Comment réussir à ancrer une véritable culture de la donnée dans les organismes d'assurance ? 00:11:10-Les points essentiels de l’enquête ACPR sur la qualité des données 00:12:46-Partage d’expérience : gestion de la donnée 00:19:38-Comprendre le lien entre cartographie des risques et dictionnaire de donnée 00:21:16-Quels outils choisir pour votre qualité des données ? 00:24:45-Les bonnes pratiques de qualité des données 00:27:14-Comment utiliser l’intelligence artificielle dans la data ? 00:31:12-Migration de données 00:35:48-Question signature : let’s Dance 00:37:01-Help Me ! Besoin business 00:38:01-Les mots de la fin 00:40:02-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Éducation financière des jeunes : rôle de l’assurance
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Éducation financière des jeunes : pourquoi l’assurance doit commencer dès le lycée ? L’éducation financière des jeunes ne s’arrête pas à l’épargne. Lorsqu’on parle d’éducation financière des jeunes, les mêmes sujets reviennent souvent : budget, épargne, investissement, crédit ou encore cryptomonnaies. L’assurance occupe beaucoup moins de place dans les conversations. Pourtant, le passage à l’âge adulte s’accompagne rapidement de nouvelles responsabilités : louer son premier logement, conduire une voiture, comprendre un contrat, déclarer un sinistre ou simplement savoir pourquoi une assurance est nécessaire. C’est précisément le constat au cœur de l’échange entre Victor Travers et Sami Erdogan dans Assurance en coulisses. À l’occasion du Challenge étudiant S.M.A.R.T. organisé par France Assureurs, ils ont travaillé avec Wafae Alla sur une idée simple : aller directement à la rencontre des lycéens pour leur expliquer l’assurance de manière ludique, concrète et humaine. Leur projet pose une question plus large pour toute la profession : et si rendre l’assurance accessible commençait avant même le premier contrat ? Résumé de l’épisode Victor Travers et Sami Erdogan sont étudiants à l’IFPASS et évoluent déjà dans l’univers de l’assurance. Victor suit notamment une formation orientée marketing et relation client, tandis que Sami réalise son alternance dans un cabinet de courtage spécialisé dans le transport public de voyageurs. Avec Wafae Alla, ils ont participé au Challenge étudiant S.M.A.R.T. 2025 de France Assureurs. Leur sujet : l’éducation financière des jeunes et la compréhension des assurances obligatoires. Leur réponse consiste à imaginer des ateliers pédagogiques dans les lycées, autour d’un jeu permettant d’expérimenter des situations de la vie quotidienne. Derrière cette idée se trouve une conviction forte : la digitalisation ne remplace pas nécessairement l’accompagnement humain lorsqu’il s’agit d’expliquer le risque et la protection. Pourquoi l’éducation financière est-elle devenue un sujet majeur ? Savoir gérer son argent n’est pas inné. Cela suppose de maîtriser progressivement des notions de budget, de crédit, d’épargne, de risque, d’assurance ou encore de taux d’intérêt. En France, la Banque de France pilote la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière, dite EDUCFI. Son ambition n’est pas de transformer chaque citoyen en expert de la finance, mais de lui permettre de prendre des décisions plus éclairées au quotidien. L’assurance fait explicitement partie des connaissances couvertes par cette stratégie, au même titre que les moyens de paiement, le crédit ou l’épargne. L’enquête nationale menée début 2026 auprès de plus de 2 000 Français attribue au public un score global de 12,82 sur 20 en culture financière, contre 12,45 en 2023. La progression existe donc, mais elle montre aussi qu’une marge d’amélioration demeure. La Banque de France relève également que les jeunes progressent plus rapidement que la moyenne depuis le développement des actions EDUCFI à l’école, tout en restant à un niveau inférieur à celui des adultes en valeur absolue. L’enjeu n’est donc plus seulement de constater le besoin. Il consiste à déterminer : comment transmettre ces connaissances efficacement ? Pourquoi l’assurance doit-elle faire partie de l’éducation financière des jeunes ? L’assurance peut sembler abstraite tant qu’aucun événement concret ne vient rappeler son utilité. Un adolescent peut comprendre relativement facilement ce qu’est un compte bancaire : il voit de l’argent entrer et sortir. L’assurance fonctionne différemment. La cotisation est visible immédiatement alors que la prestation n’intervient que si un événement prévu au contrat se produit. Cette particularité explique une partie de la difficulté pédagogique. Dans l’épisode, Sami résume la logique en repartant du risque : sans couverture adaptée, un sinistre peut avoir des conséquences financières importantes. L’objectif consiste donc à faire comprendre non seulement ce qu’est un contrat, mais surtout à quoi sert la protection qu’il organise. Les premiers contrats arrivent très tôt. Le passage du lycée aux études supérieures constitue un moment particulièrement intéressant pour apprendre ces notions. Un jeune quitte parfois le domicile familial, loue son premier appartement, achète ou utilise un véhicule, commence à percevoir des revenus et prend progressivement ses propres décisions financières. En France, un locataire titulaire d’un bail d’habitation doit notamment être assuré au minimum contre les risques locatifs. De la même manière, les véhicules soumis à l’obligation d’assurance doivent disposer au minimum de la garantie de responsabilité civile obligatoire. L’assurance cesse alors d’être une notion théorique pour devenir un élément concret de la vie quotidienne. Moment de vie Notions à comprendre Question concrète Premier logement assurance habitation, risques locatifs, responsabilité civile Pourquoi dois-je assurer mon appartement ? Première voiture responsabilité civile, tiers, garanties complémentaires Que couvre réellement mon assurance auto ? Premiers revenus budget, épargne, protection Combien puis-je conserver en cas d’imprévu ? Premier contrat garantie, exclusion, franchise, cotisation Qu’est-ce que je suis réellement en train de signer ? Premier sinistre déclaration, garantie, indemnisation Qui contacter et que va prendre en charge mon assureur ? Cette approche par les situations de vie constitue l’un des points les plus intéressants du projet présenté dans l’épisode. (Source : Servie-Public) Le Challenge S.M.A.R.T. : imaginer l’assurance de demain en 36 heures Le projet de Victor Travers, Sami Erdogan et Wafae Alla est né dans un cadre particulier : le Challenge étudiant S.M.A.R.T. 2025, organisé les 2 et 3 décembre 2025 par France Assureurs. D’après la synthèse officielle, 18 étudiants répartis en six équipes ont travaillé pendant 36 heures sur deux sujets : l’éducation financière des jeunes autour des assurances obligatoires et l’inclusion-diversité au sein des entreprises d’assurance. Les participants étaient accompagnés par des professionnels en gestion de projet, communication et prise de parole avant de défendre leur solution devant un jury. Cette mécanique de hackathon impose une contrainte particulièrement stimulante : passer très vite du diagnostic à une solution concrète. Dans l’épisode, Victor explique qu’il faut partir « d’une feuille blanche » pour construire en quelques heures un projet cohérent, puis être capable de le défendre. Sami insiste de son côté sur la difficulté de concilier les différentes idées du groupe tout en proposant une solution réellement applicable. Le Challenge devient ainsi autant un laboratoire d’innovation qu’un exercice de collaboration. Leur idée : apprendre l’assurance grâce à un jeu au lycée Partir des vrais problèmes plutôt que du contrat L’équipe s’est d’abord interrogée sur la cible. Pourquoi les lycéens ? Parce qu’ils se trouvent juste avant une période de transition durant laquelle leurs responsabilités augmentent rapidement. Victor cite le premier appartement, la première voiture ou encore les premières démarches administratives. L’objectif n’est pas de transformer les élèves en spécialistes de l’assurance, mais de leur transmettre quelques réflexes. Le principe imaginé est celui d’un atelier pédagogique organisé directement dans les lycées, animé par un professionnel de l’assurance et accompagné d’un jeu de société court et interactif. Les élèves seraient placés face à des situations concrètes et à des choix : Que se passe-t-il si je ne suis pas assuré ? Quelle différence entre une formule au tiers et des garanties plus étendues ? Pourquoi dois-je assurer mon logement ? Que signifie réellement une garantie ? Quelles conséquences financières peut avoir un risque ? Apprendre en expérimentant C’est là que l’idée devient intéressante sur le plan pédagogique. Expliquer une définition ne garantit pas sa compréhension. Faire vivre une décision permet en revanche d’en observer les conséquences. Un jeu peut par exemple présenter un budget fictif, un logement, un véhicule et plusieurs événements imprévus. L’élève doit prendre des décisions, puis découvrir leur impact. L’assurance devient alors moins abstraite. « Notre objectif était assez clair : rendre l’assurance accessible, compréhensible. » Victor Travers Le projet rejoint d’ailleurs une tendance institutionnelle plus large. Lors de la Semaine de l’éducation financière 2026, France Assureurs a proposé un atelier intitulé « Vos premiers pas en assurance : les clés pour bien démarrer », consacré notamment au premier logement, au premier véhicule et à l’assurance vie. Faut-il vraiment privilégier l’humain face à une génération ultra-digitale ? C’est probablement le point le plus intéressant de l’épisode. Lorsqu’on pense à la génération Z, le réflexe consiste souvent à imaginer une expérience entièrement numérique : smartphone, application, chatbot, vidéos courtes et souscription en quelques clics. Victor et Sami défendent une lecture plus nuancée. Le numérique est indispensable pour informer et créer un premier contact. Mais lorsqu’une décision devient importante ou complexe, ils considèrent que la possibilité de parler à une personne reste essentielle. Victor résume leur conviction : « Le contact humain, c’est le meilleur levier d’apprentissage. » Il ne s’agit donc pas d’opposer le digital à l’humain. Il s’agit d’attribuer à chacun le bon rôle. Le digital attire, l’humain explique. Une vidéo d’une minute peut expliquer ce qu’est une franchise. Un carrousel peut présenter les cinq garanties principales d’un contrat habitation. Une application peut permettre de comparer différentes options. Mais au moment d’expliquer les conséquences d’une exclusion, d’un plafond ou d’un choix de garantie, la pédagogie individuelle peut apporter une autre profondeur. C’est particulièrement vrai lorsqu’un assuré découvre totalement le vocabulaire de l’assurance. L’enjeu pour le secteur pourrait donc être moins le « tout digital » que la construction d’un véritable parcours hybride : contenu accessible ; découverte ; simulation ; interaction humaine ; décision éclairée. Pour les assureurs, courtiers et mutuelles, cette approche dépasse la seule génération Z. Elle touche directement à la qualité du conseil. Le vrai problème de l’assurance est aussi son langage Prime, franchise, exclusion, plafond, garantie, valeur à neuf, responsabilité civile, sinistre… Pour un professionnel, ces termes sont courants. Pour quelqu’un qui découvre l’assurance, ils peuvent donner l’impression d’entrer dans un univers technique. Sami tire justement de son expérience une leçon simple : l’assurance peut couvrir une multitude de situations, mais la manière de l’expliquer change totalement sa perception. Cette idée mérite d’être élargie. La simplification ne consiste pas à rendre les contrats juridiquement simplistes. Elle consiste à créer plusieurs niveaux de lecture. Un client doit pouvoir comprendre en quelques secondes : ce qui est protégé, contre quoi, dans quelles limites et ce qu’il doit faire si le risque survient. Ce n’est qu’ensuite qu’il doit pouvoir accéder aux détails. Pour l’assurance, la pédagogie devient donc un sujet de relation client autant qu’un sujet réglementaire. Faire de la pédagogie sans transformer l’école en canal commercial L’épisode soulève aussi indirectement une question essentielle. Si un professionnel de l’assurance intervient dans un lycée, comment éviter que l’atelier ne se transforme en présentation commerciale de ses produits ? La réponse est importante. La Banque de France rappelle que les actions se réclamant de la stratégie EDUCFI doivent notamment respecter des principes de neutralité, fiabilité, accessibilité et gratuité. Elles doivent également être clairement séparées de toute démarche commerciale ou marketing. C’est probablement une condition indispensable pour qu’un projet de ce type gagne en crédibilité. L’intervenant ne serait pas là pour dire : « Voici le contrat que vous devriez acheter. » Mais plutôt : « Voici comment fonctionne une assurance et les questions que vous devez vous poser avant de choisir. » La différence est fondamentale. À retenir : Une bonne action d’éducation financière ne vend pas une solution : elle donne les moyens de comprendre et de choisir. C’est aussi ce qui pourrait permettre au secteur de renforcer sa confiance auprès des nouvelles générations. De la vente de contrats à la prévention : le rôle de l’assureur évolue L’épisode dépasse progressivement le seul sujet de l’éducation financière. Victor défend une vision plus large de la transformation de l’assurance : « L’assurance de demain va placer l’accompagnement des populations au cœur de sa raison d’être. » Le propos est intéressant car il renvoie à une évolution déjà visible dans de nombreux domaines. Face au changement climatique, au cyberrisque, aux risques de santé ou aux vulnérabilités sociales, indemniser une fois le dommage survenu ne suffit plus toujours. La prévention prend une place croissante. L’éducation financière peut être analysée avec la même grille. Expliquer à quelqu’un comment choisir une couverture avant le risque est déjà une forme de prévention. L’assurance intervient alors en trois temps : comprendre le risque réduire son exposition transférer financièrement ce qui reste du risque. Cette logique permet également d’expliquer plus simplement la fonction économique de l’assurance. Comment les assureurs peuvent-ils mieux parler aux jeunes ? L’épisode permet de dégager plusieurs pistes concrètes. La première consiste à partir des moments de vie plutôt que des produits. Parler du premier appartement est généralement plus parlant que de commencer par « multirisque habitation ». La deuxième consiste à simplifier le vocabulaire sans appauvrir l’information. Une garantie peut être expliquée par une situation réelle avant d’être définie juridiquement. La troisième est d’utiliser le digital comme porte d’entrée, sans en faire l’unique canal. La quatrième consiste à développer la pédagogie en amont de la souscription. Un jeune qui comprend pourquoi une garantie existe sera probablement mieux armé pour comparer les contrats. Enfin, la cinquième est de maintenir une séparation claire entre éducation et commercialisation. Cette dernière condition est particulièrement importante si la profession souhaite intervenir dans les établissements scolaires. Le Challenge S.M.A.R.T. révèle aussi une autre réalité : les jeunes peuvent challenger le secteur. L’intérêt de l’épisode ne réside pas uniquement dans la solution proposée. Il se trouve également dans le regard porté par Victor et Sami sur leur propre secteur. Tous deux sont encore étudiants, mais parlent déjà de relation client, d’omnicanalité, de prévention, d’innovation pédagogique ou d’attractivité des métiers. Le Challenge leur a aussi permis de travailler avec des étudiants issus d’autres formations et de rencontrer des professionnels du secteur. La synthèse officielle de France Assureurs confirme que les équipes ont bénéficié d’un accompagnement par des experts et ont défendu leurs projets devant des dirigeants et représentants de la profession. Pour un étudiant, cet apprentissage dépasse largement le contenu académique. Il faut travailler sous pression, répartir les rôles, confronter les idées, construire une proposition de valeur et la défendre. Sami en tire une leçon très simple : même avec peu de temps et une équipe qui ne se connaissait pas initialement, il est possible de construire quelque chose de solide. Victor retient surtout « une aventure humaine ». Ce qu’il faut retenir L’éducation financière des jeunes inclut l’assurance, pas seulement le budget ou l’investissement. Le passage du lycée aux études constitue un moment stratégique pour expliquer logement, automobile, responsabilité et premiers contrats. Une approche basée sur des situations concrètes est souvent plus accessible qu’une présentation purement technique. Le numérique peut faciliter la découverte, mais le conseil humain conserve une valeur forte lorsque le sujet devient complexe. La pédagogie doit être distincte de toute démarche commerciale, particulièrement dans un cadre scolaire. Expliquer le risque et la protection participe pleinement à la prévention. Pour toucher les jeunes, le secteur gagnerait à parler davantage de leurs situations de vie que de ses produits. Les initiatives étudiantes constituent également un moyen de faire émerger de nouvelles façons de présenter l’assurance. L’éducation financière des jeunes constitue un enjeu qui dépasse largement l’apprentissage de l’épargne ou du budget. Elle doit également permettre de comprendre le risque, la protection et le fonctionnement des premiers contrats d’assurance. Le projet imaginé par Victor Travers, Sami Erdogan et Wafae Alla pendant le Challenge S.M.A.R.T. pose finalement une question simple : pourquoi attendre qu’un jeune souscrive son premier contrat pour lui expliquer comment fonctionne l’assurance ? Former plus tôt, utiliser des situations concrètes, conserver une place au conseil humain et privilégier la neutralité pédagogique pourraient permettre de rendre l’assurance à la fois plus compréhensible et plus utile. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Victor Travers et Sami Erdogan dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mes invités : Victor Travers : LinkedIn Sami Erdogane : LinkedIn Wafae Alla : LinkedIn FAQ Qu’est-ce que l’éducation financière des jeunes ? L’éducation financière des jeunes consiste à leur transmettre les connaissances nécessaires pour comprendre et gérer un budget, l’épargne, le crédit, les moyens de paiement, les risques et l’assurance. L’objectif n’est pas d’en faire des experts, mais de leur permettre de prendre progressivement des décisions financières plus éclairées. Pourquoi apprendre l’assurance dès le lycée ? Le lycée précède souvent les premières responsabilités financières : logement étudiant, voiture, revenus ou démarches administratives. Comprendre quelques notions comme la responsabilité civile, une garantie ou une franchise permet d’aborder ces situations avec davantage d’autonomie. L’assurance fait-elle partie de l’éducation financière ? Oui. La stratégie française EDUCFI inclut explicitement les outils d’assurance parmi les sujets de culture économique, budgétaire et financière, avec le budget, le crédit, l’épargne et les moyens de paiement. Quelle assurance est obligatoire pour un jeune locataire ? Un locataire titulaire d'un bail d'habitation doit, sauf cas particuliers prévus par les textes, souscrire au minimum une assurance couvrant les risques locatifs. Elle protège notamment sa responsabilité pour certains dommages causés au logement loué. Quelle assurance automobile est obligatoire ? La couverture minimale obligatoire est la responsabilité civile automobile pour les véhicules concernés par l'obligation d'assurance. Des garanties supplémentaires peuvent ensuite protéger le véhicule ou le conducteur selon le contrat choisi. Les jeunes préfèrent-ils forcément une assurance 100 % digitale ? Pas nécessairement. Le digital facilite la recherche d’informations et certaines démarches, mais les besoins de conseil humain peuvent réapparaître lorsque la décision devient complexe. L’enjeu consiste donc davantage à articuler expérience numérique et accompagnement qu'à opposer les deux. Comment expliquer simplement l’assurance à des jeunes ? Il est préférable de commencer par des situations concrètes : un dégât des eaux, un accident, un premier appartement ou une voiture. L’élève peut ensuite découvrir les notions de risque, garantie, franchise, cotisation ou indemnisation à partir de cette situation. Peut-on faire de l’éducation financière dans un lycée avec un assureur ? Oui, à condition de préserver une démarche strictement pédagogique. Les principes de la stratégie EDUCFI mettent notamment en avant la neutralité, la fiabilité, l’accessibilité et la séparation entre éducation financière et démarche commerciale. 📚 RECOMMANDATIONS Étude ELABE : Les Français et l’éducation financière ABC de l’économie Étude OCDE : Éducation financière Rapport Deloitte « Ce qu’attend la génération Z de l’assurance » France Assureurs - Challenge S.M.A.R.T Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:34-Présentation 00:03:52-Assurance ou Banque : une conviction ? 00:05:52-Challenge S.M.A.R.T 00:07:53-Projet S.M.A.R.T : éducation financière lycéen 00:17:33-Jury Challenge S.M.A.R.T 00:19:04-Résultat du Challenge 00:19:44-Partage du retour d’expérience 00:22:22-L’éducation financière pour les jeunes 00:28:26-Partage de musique 00:29:33-Une leçon à tirer de l’aventure S.M.A.R.T Challenge 00:31:26-Challenge : vendre l’assurance à des lycéens ou des étudiants ? 00:32:55-Message à faire passer aux jeunes sur le secteur de l’assurance 00:34:25-Mots de la fin 00:37:43-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Mentorat étudiant : un levier d’égalité des chances
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Mentorat étudiant : comment Article 1 agit pour l’égalité des chances En France, avoir accès à l’école ne signifie pas nécessairement avoir accès aux mêmes opportunités. Choisir ses études, comprendre Parcoursup, connaître les filières, disposer d’un réseau ou simplement oser candidater : derrière chaque orientation se cachent des informations et des codes qui ne sont pas distribués de manière égale. C’est précisément sur ce terrain que le mentorat étudiant peut jouer un rôle afin de développer l'égalité des chances. Au micro d’Assurance en coulisses, Amel Hammouda, directrice générale de l’association Article 1, décrypte les mécanismes de l’autocensure, les inégalités d’orientation et la puissance d’une relation entre un jeune et un mentor. Une rencontre ne résout pas toutes les inégalités. Mais elle peut parfois modifier profondément une trajectoire. Résumé de l’épisode Pour cet épisode exceptionnel consacré à l’égalité des chances, Assurance en coulisses reçoit Amel Hammouda, directrice générale d’Article 1. Ingénieure de formation, elle a passé une vingtaine d’années dans l’entreprise, notamment chez Air France, avant de réorienter sa carrière vers l’impact social. Elle connaissait déjà Article 1 de l’intérieur puisqu’elle y était mentor depuis près de dix ans. De l’orientation au premier emploi, l’épisode explore les obstacles rencontrés par les jeunes issus de milieux modestes : manque d’informations, absence de réseau, autocensure ou méconnaissance des codes. Il montre surtout pourquoi le mentorat ne consiste ni à donner un cours ni à coacher un étudiant, mais à mettre à sa disposition une expérience, des repères et parfois la confiance nécessaire pour oser. Mentorat étudiant, l’égalité des chances : pourquoi l’origine sociale compte encore La France dispose d’un système éducatif largement accessible et d’un enseignement supérieur public développé. Pourtant, cela ne suffit pas à garantir que deux jeunes disposant du même potentiel auront exactement les mêmes possibilités. C’est tout le paradoxe soulevé par Amel Hammouda. Dans l’épisode, elle rappelle un chiffre devenu emblématique : il faudrait environ six générations pour qu’un descendant d’une famille située tout en bas de l’échelle des revenus atteigne le revenu moyen. Cette estimation vient des travaux de l’OCDE sur la mobilité sociale. Elle doit être replacée dans son contexte : il s’agit d’un indicateur publié à partir des travaux de 2018, et non d’un compteur actualisé chaque année. Il illustre néanmoins la faiblesse de la mobilité sociale observée en France. Les travaux de l’OCDE publiés en mars 2026 continuent d’ailleurs de montrer que l’éducation et la situation socio-économique des parents influencent significativement les trajectoires des enfants dans de nombreux pays. Le problème n’est donc pas uniquement l’accès théorique à une formation. Il se joue aussi beaucoup plus tôt. Les opportunités ne commencent pas sur Parcoursup. Deux lycéens peuvent avoir accès au même site Internet et pourtant ne pas avoir accès à la même information. L’un pourra bénéficier : de parents connaissant l’enseignement supérieur ; de proches capables de lui expliquer les différentes filières ; de conseils sur son dossier ; d’un réseau permettant de découvrir des métiers ; de discussions sur les débouchés et les stratégies d’orientation. L’autre devra comprendre seul un système qu’il découvre. C’est cette différence qu’Amel Hammouda décrit dans l’épisode : « Si tu n’as pas les codes, si tu ne sais pas comment ça fonctionne […] tu ne peux pas savoir comment remplir ton dossier et quelle option choisir. » La question de l’égalité des chances ne consiste donc pas seulement à demander : « Cette formation est-elle accessible ? » Il faut également demander : « Tous les jeunes disposent-ils réellement des informations et des ressources nécessaires pour envisager cette formation ? » Orientation scolaire : beaucoup d’informations, mais pas toujours les mêmes repères Le système éducatif prévoit aujourd’hui un accompagnement spécifique à l’orientation. Au lycée général et technologique, le ministère de l’Éducation nationale prévoit 54 heures annuelles dédiées à l’accompagnement à l’orientation pour préparer les choix de parcours et l’entrée dans l’enseignement supérieur. Mais entre le dispositif prévu et l’accompagnement réellement vécu par chaque élève, les situations peuvent varier. C’est l’un des constats développés dans l’épisode. Dans un environnement favorisé, l’orientation peut être alimentée par des enseignants, des forums, des parents, des connaissances ou des professionnels. Dans un autre établissement, les équipes peuvent devoir arbitrer entre orientation, soutien scolaire et autres besoins. Et lorsqu’aucune personne de l’entourage familial n’a elle-même fréquenté certaines filières, le jeune dispose de moins de relais pour compenser. Trop d’informations peut aussi compliquer l’orientation. C’est un autre paradoxe. Jamais les lycéens n’ont eu accès à autant de contenus : Parcoursup, Onisep, salons, vidéos, réseaux sociaux, sites des écoles, témoignages d’étudiants, classements ou forums. Mais avoir accès à l’information n’équivaut pas nécessairement à savoir l’utiliser. Amel Hammouda le résume simplement dans l’épisode : « Trop d’informations tue l’information. » Une étude OpinionWay réalisée pour Edumapper et publiée en juin 2025 montre d’ailleurs que seulement 38 % des 18-24 ans interrogés se considéraient bien préparés au choix de leur orientation professionnelle, tandis que 56 % déclaraient regretter leur choix d’orientation en raison d’un manque d’information. La question évolue donc. Elle n’est plus seulement : « Comment donner davantage d’informations aux jeunes ? » Mais : « Comment leur permettre de trier cette information et de l’utiliser pour construire leur propre projet ? » L’autocensure : l’un des obstacles invisibles à l’égalité des chances L’information n’est qu’une partie du problème. Encore faut-il se sentir autorisé à utiliser cette information. C’est là qu’intervient l’autocensure. Un jeune peut connaître l’existence d’une école, avoir les résultats permettant d’y entrer et pourtant ne jamais candidater. Pourquoi ? Parce qu’il pense que : « ce n’est pas pour moi » ; « je n’ai pas le niveau » ; « les autres auront de meilleurs dossiers » ; « ma famille ne pourra pas payer » ; « je ne connais personne qui a fait ça » ; « je ne serai pas à ma place ». Amel Hammouda identifie clairement ce mécanisme comme l’un des principaux freins rencontrés par Article 1. L’autocensure agit avant même la sélection. Elle conduit parfois une personne à renoncer elle-même à une opportunité avant qu’une école, un employeur ou une institution ne lui ait répondu. Le rôle des modèles : voir quelqu’un qui nous ressemble réussir Pour lutter contre ce phénomène, Article 1 utilise notamment les rôles modèles. Le principe est simple. Lors d’interventions auprès de lycéens, l’association peut faire intervenir un étudiant ayant grandi dans le même territoire ou ayant connu une trajectoire proche. L’objectif n’est pas de promettre que tout est facile. Il consiste à montrer que certaines trajectoires sont possibles et à expliquer concrètement comment y parvenir. Article 1 déploie notamment son programme Inspire pour aider les lycéens dans leurs choix d’études supérieures en s’appuyant sur l’échange avec des étudiants et des ateliers d’orientation. L’association indiquait déjà déployer ce programme dans plus de 200 lycées. Le rôle modèle permet ainsi de transformer une possibilité abstraite en trajectoire visible. Pour un lycéen, entendre : « J’ai fait médecine » n’a pas nécessairement le même effet que : « J’étais dans ton lycée il y a quatre ans et voici comment j’ai réussi à entrer en médecine. » Qu’est-ce que le mentorat étudiant ? Le deuxième grand levier développé dans l’épisode est le mentorat étudiant : égalité des chances. Un mentor est généralement un professionnel bénévole qui accompagne un jeune sur une période donnée afin de l’aider à progresser dans ses études ou à préparer son entrée dans la vie professionnelle. Il peut notamment l’aider à : organiser son travail ; réfléchir à son projet professionnel ; préparer un CV ; relire une lettre de motivation ; rechercher un stage ou une alternance ; préparer un entretien ; comprendre les codes de l’entreprise ; développer son réseau ; prendre confiance en lui. Article 1 propose notamment ce type d’accompagnement à travers DEMA1N.org, sa plateforme digitale de mentorat. L’association indique que l’engagement peut représenter environ trois heures par mois et qu’il est ouvert aux actifs sans nécessiter d’être un « expert » du mentorat. Un mentor n’est ni un professeur ni un coach. C’est une distinction essentielle dans l’épisode. Amel Hammouda insiste sur le caractère particulier de la relation : « Le mentor, ce n’est pas un coach, ce n’est pas un prof. C’est vraiment une relation à part. » Le mentor n’est pas censé prendre les décisions à la place du jeune. Son rôle consiste davantage à : écouter ; partager son expérience ; poser des questions ; donner des repères ; ouvrir des portes ; encourager. Cette horizontalité explique aussi pourquoi un cadre dirigeant n’est pas automatiquement un meilleur mentor qu’un jeune professionnel. Tout dépend du besoin. Pour accompagner un étudiant qui cherche à organiser ses semaines en classe préparatoire, une personne ayant quitté une prépa trois ans plus tôt pourra parfois être beaucoup plus pertinente qu’un dirigeant ayant vécu cette expérience trente ans auparavant. Le matching : pourquoi le bon mentor n’est pas nécessairement celui qui nous ressemble Le choix du binôme est donc déterminant. Chez Article 1, ce rapprochement est appelé le matching. Il peut tenir compte : du projet professionnel ; des études ; des besoins exprimés ; des centres d’intérêt ; de l’expérience du mentor ; parfois de la proximité géographique. Mais l’épisode montre qu’il n’existe pas de formule unique. Pour certains lycéens, rencontrer une personne issue du même territoire permet de disposer d’un rôle modèle immédiatement identifiable. Dans d’autres situations, notamment dans l’enseignement supérieur, la compétence ou le projet professionnel peuvent devenir plus importants que la proximité géographique. Amel Hammouda donne ainsi l’exemple d’un étudiant en médecine situé dans le nord de la France accompagné avec succès par un médecin installé dans le sud. Le bon mentor n’est donc pas nécessairement celui qui possède le CV le plus impressionnant. C’est celui qui peut être utile au bon moment. Le principal bénéfice du mentorat ? La confiance en soi On pourrait penser que le principal bénéfice du mentorat est le réseau. Ou l’aide sur le CV. Ou les conseils professionnels. Pour Amel Hammouda, une dimension revient pourtant régulièrement lorsqu’Article 1 mesure son impact : la confiance en soi. Elle raconte avoir parfois relu des lettres de motivation déjà très bonnes. Le conseil technique apporté était limité. Mais le simple fait qu’une professionnelle expérimentée confirme : « Ce que tu as fait est bon » pouvait avoir un effet considérable. Ce phénomène est particulièrement important lorsque le jeune doute de sa légitimité. Le mentor ne crée pas les compétences du mentoré. Il peut parfois simplement lui permettre de prendre conscience qu’elles existent déjà. Article 1 présente d’ailleurs explicitement la confiance en soi comme l’un des objectifs de son mentorat étudiant. Le mentorat bénéficie aussi aux mentors. C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de l’épisode. Le mentorat n’est pas uniquement une relation dans laquelle un professionnel « donne » et un étudiant « reçoit ». Amel Hammouda raconte elle-même avoir beaucoup appris des cinq jeunes qu’elle a accompagnés. L’expérience permet aux professionnels de découvrir d’autres réalités sociales et générationnelles. Une mesure d’impact réalisée par Article 1 en 2024 auprès de 863 mentorés et 1 144 mentors ayant au moins 90 jours de relation mentorale apporte des éléments intéressants : 61 % des mentors interrogés déclaraient mieux comprendre la situation des jeunes, 43 % avoir pris conscience d’inégalités sociales ou de discriminations et 42,5 % identifier l’acquisition de nouvelles compétences sociales et relationnelles. Le mentorat devient ainsi un échange de connaissances. Le jeune accède à certains codes du monde professionnel. Le professionnel accède à une réalité qu’il ne connaît parfois que très peu. Pourquoi les entreprises ont aussi intérêt à encourager le mentorat. Cette dimension donne au mentorat une portée particulière pour les entreprises. Lorsqu’un collaborateur devient mentor, l’impact ne se limite pas nécessairement à quelques heures de bénévolat. Il peut développer : son écoute ; sa pédagogie ; sa compréhension des nouvelles générations ; sa sensibilité aux inégalités ; sa capacité à accompagner quelqu’un dont le parcours diffère du sien. L’engagement de dirigeants peut également envoyer un signal fort en interne. Amel Hammouda, ancienne membre du comité exécutif d’Air France, explique ainsi qu’un membre du comité de direction peut parfaitement accompagner un étudiant au début de ses études, sans qu’il soit nécessaire de rechercher une équivalence de niveau hiérarchique. Le mentorat peut donc devenir à la fois un dispositif d’impact social et une expérience de développement humain pour les collaborateurs. Article 1 : de l’orientation à l’insertion professionnelle Article 1 accompagne les jeunes issus de milieux populaires de 16 à 25 ans sur trois étapes majeures : orientation ; réussite dans les études ; insertion professionnelle. L’association est issue de la fusion de Frateli et Passeport Avenir, deux structures initialement engagées dans le mentorat et l’égalité des chances. Cette fusion poursuivait un objectif évoqué par Amel Hammouda dans l’épisode : passer de quelques trajectoires individuelles transformées à une action beaucoup plus large. Selon les données communiquées par l’association pour l’année scolaire 2024-2025, Article 1 a accompagné plus de 126 000 lycéens et étudiants, dont 95 000 issus de milieux populaires. Ses dispositifs comprennent notamment : Inspire, pour l’orientation ; DEMA1N.org, pour le mentorat ; ainsi que d’autres programmes consacrés aux compétences, à la réussite étudiante, à l’engagement ou à l’insertion professionnelle. Trois nouveaux défis : intelligence artificielle, santé mentale et décrochage L’épisode ne se limite pas au fonctionnement actuel d’Article 1. Il ouvre également plusieurs sujets qui pourraient devenir déterminants dans les prochaines années. L’intelligence artificielle comme outil et comme risque d’inégalité Article 1 réfléchit d’abord à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour mieux comprendre les besoins des jeunes et améliorer leur accompagnement. Mais Amel Hammouda soulève un second enjeu : celui des biais des systèmes d’IA. Un outil utilisé pour préparer une candidature, sélectionner des profils ou conseiller une orientation n’est jamais totalement neutre si ses données ou sa conception reproduisent certains biais existants. Pour une association dont l’objectif est précisément de lutter contre les déterminismes, ce sujet devient donc stratégique. La question n’est pas simplement : « Comment utiliser l’IA pour aider les jeunes ? » Mais également : « Comment faire en sorte que l’IA ne renforce pas les inégalités que l’on cherche déjà à réduire ? » La santé mentale des jeunes Autre préoccupation évoquée par Amel Hammouda : la santé mentale. Article 1 n’a pas vocation à remplacer les professionnels de santé. Mais lorsqu’un mentor ou une équipe détecte une difficulté psychologique importante, l’enjeu devient de savoir orienter le jeune vers les acteurs compétents. Cette logique montre les limites du mentorat. Un mentor peut écouter, encourager et orienter. Il ne doit pas se transformer en thérapeute. Le décrochage et la réorientation Enfin, l’association s’intéresse au risque de décrochage après le bac. Entrer dans une formation qui ne correspond pas à ses aspirations peut conduire à une perte de motivation, puis à une réorientation. D’où l’importance de ne pas considérer l’orientation comme un choix réalisé une fois pour toutes à 17 ou 18 ans. S’orienter, c’est aussi pouvoir changer de voie. Trois conseils aux jeunes qui hésitent sur leur orientation L’épisode permet finalement de dégager trois principes particulièrement simples. 1. Ne commencez pas par vos contraintes. Avant de vous demander si une formation coûte trop cher, si elle est trop sélective ou si elle se situe trop loin, commencez par identifier ce que vous souhaiteriez réellement faire. Les contraintes existent. Mais elles doivent être étudiées après avoir identifié les possibilités, et non servir automatiquement à réduire le champ des possibles. 2. Cherchez des personnes qui connaissent le parcours. Un site Internet explique une formation. Une personne qui l’a réellement suivie peut expliquer ce qu’elle implique. Échanger avec des étudiants, des anciens élèves ou des professionnels permet de transformer une information théorique en expérience concrète. 3. Ne restez pas seul face à vos choix. Un mentor ne garantit aucune réussite. Mais il permet de bénéficier du regard d’une personne extérieure disposant d’une expérience différente. C’est précisément ce qui peut aider à distinguer un obstacle réel d’une barrière que l’on s’impose soi-même. Ce qu’il faut retenir L’égalité d’accès à l’éducation ne garantit pas automatiquement l’égalité des opportunités. Les informations, les codes, le réseau et l’environnement familial influencent fortement l’orientation. L’autocensure peut conduire un jeune à renoncer avant même d’avoir candidaté. Les rôles modèles permettent de rendre certaines trajectoires plus concrètes. Le mentorat étudiant accompagne les jeunes dans leurs études et leur insertion professionnelle. Un mentor n’est ni un professeur ni un coach. Le bon matching dépend davantage des besoins du jeune que du statut hiérarchique du mentor. L’un des effets majeurs du mentorat est le développement de la confiance en soi. Les mentors bénéficient eux aussi de la relation et découvrent souvent d’autres réalités sociales. L’intelligence artificielle, la santé mentale et le décrochage constituent de nouveaux défis pour l’accompagnement des jeunes. En conclusion : parfois, l’opportunité commence par une rencontre. Le mentorat étudiant ne peut évidemment pas régler à lui seul les inégalités sociales, économiques ou scolaires. Mais l’épisode avec Amel Hammouda montre qu’un parcours ne dépend pas uniquement des diplômes accessibles. Il dépend aussi des informations auxquelles nous avons accès, des codes que nous comprenons, des personnes que nous rencontrons et de la confiance que nous avons dans notre capacité à essayer. C’est peut-être là que réside la principale force du mentorat : il ne fait pas le chemin à la place du jeune. Il peut simplement lui permettre de voir un chemin qu’il n’avait pas encore envisagé. Et parfois, cela suffit pour changer une trajectoire. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Amel Hammouda, directrice générale d’Article 1, dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Amel via LinkedIn. Association Article 1 FAQ Qu’est-ce que le mentorat étudiant ? Le mentorat étudiant est un accompagnement dans lequel une personne, souvent issue du monde professionnel, partage bénévolement son expérience avec un étudiant. Le mentor peut l’aider à organiser ses études, réfléchir à son orientation, préparer un CV, rechercher un stage ou comprendre les codes de l’entreprise. Il n’effectue toutefois pas les démarches à sa place. À quoi sert un mentor pour un étudiant ? Un mentor apporte des conseils, un regard extérieur, de l’expérience et parfois un réseau. Il peut aider l’étudiant à prendre confiance, à définir son projet professionnel, à préparer des candidatures et à mieux comprendre le monde du travail. Son rôle consiste surtout à accompagner les décisions du mentoré plutôt qu’à décider pour lui. Quelle est la différence entre un mentor et un coach ? Un coach intervient généralement avec une méthode, un objectif et un cadre professionnel précis. Le mentor transmet davantage son expérience et ses propres apprentissages. Dans le mentorat étudiant, la relation est souvent bénévole et repose sur l’échange. Comme le souligne Amel Hammouda, le mentor n’est pas non plus un professeur. Comment le mentorat favorise-t-il l’égalité des chances ? Le mentorat peut réduire certaines différences d’accès aux informations, aux codes professionnels et au réseau. Un jeune dont l’entourage connaît peu l’enseignement supérieur ou certaines professions peut ainsi échanger avec quelqu’un qui connaît ces environnements. Le mentorat peut également contribuer à réduire l’autocensure et renforcer la confiance en soi. Qu’est-ce que l’autocensure dans l’orientation ? L’autocensure apparaît lorsqu’un jeune renonce à une formation ou à une opportunité alors qu’aucune sélection ne l’en empêche encore. Il peut penser qu’il n’a pas le niveau, qu’il ne correspond pas au profil attendu ou que cette voie n’est « pas pour lui ». Le manque de modèles et d’informations peut renforcer ce phénomène. Comment trouver un mentor étudiant ? Plusieurs associations et programmes de mentorat proposent des mises en relation. Article 1 dispose notamment de DEMA1N.org, une plateforme gratuite mettant en relation des étudiants et des mentors bénévoles. Le choix du mentor dépend généralement du besoin : études, orientation, stage, alternance, projet professionnel ou insertion. Comment devenir mentor chez Article 1 ? Article 1 permet aux professionnels bénévoles d’accompagner des étudiants à travers DEMA1N.org. L’association indique qu’il n’est pas nécessaire d’être un expert certifié et présente un engagement indicatif d’environ trois heures par mois. Le mentor partage principalement son expérience, ses conseils et sa connaissance du monde professionnel. Pourquoi l’orientation peut-elle créer des inégalités ? Les formations peuvent théoriquement être ouvertes à tous, mais les jeunes ne disposent pas tous des mêmes informations, du même réseau ou de la même connaissance du système scolaire. L’environnement familial peut notamment faciliter la compréhension des filières, des candidatures, des débouchés ou des stratégies à adopter. Quel est le rôle de l’association Article 1 ? Article 1 agit en faveur de l’égalité des chances auprès des jeunes issus de milieux populaires, de l’orientation jusqu’à l’insertion professionnelle. Ses programmes combinent notamment ateliers, information, mentorat et outils numériques. En 2024-2025, l'association indique avoir accompagné plus de 126 000 lycéens et étudiants. 📚 RECOMMANDATIONS Article OuestFrance – « L’inégalité des chances est aussi forte qu’aux Etats-Unis » Studyrama – Étude Opinion Way 54% des jeunes regrettent leurs choix d’orientation Rendez-vous sur podcasthon.org pour en savoir plus sur cette magnifique initiative. Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Intro 00:02:09-Présentation 00:05:57-Association : Article 1 00:08:29-Inégalités des chances 00:12:00-Les actions d’Article 1 sur le terrain 00:15:38-Orientations professionnelles 00:19:33-3 Conseils pour les jeunes 00:23:06-L’expérience du mentorat 00:31:12-L’avenir de l’association : tech IA et accompagnement humain 00:35:14-Les mots de la fin 🎧 Bonne écoute à toustes Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Clause bénéficiaire assurance vie : le guide complet
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Clause bénéficiaire en assurance vie : comment bien la rédiger ? Vous avez épargné 50 000, 100 000 ou 200 000 euros sur une assurance vie. Mais savez-vous précisément qui recevra ce capital après votre décès ? La réponse se trouve dans quelques lignes du contrat : la clause bénéficiaire de l’assurance vie. Souvent remplie rapidement lors de la souscription, elle joue pourtant un rôle déterminant dans la transmission du patrimoine. Une clause imprécise, ancienne ou inadaptée peut conduire à une répartition différente de celle souhaitée. Qui peut être désigné ? Comment rédiger sa clause ? Peut-on la modifier ? Que se passe-t-il en cas de divorce ou de décès d’un bénéficiaire ? Et quelle fiscalité s’applique ? Voici les points essentiels à connaître ⤵️ Résumé de l’épisode Dans ce premier épisode du format « Une leçon en assurance », Assurance en coulisses s’intéresse à un élément discret mais essentiel des contrats d’assurance vie : la clause bénéficiaire. L’objectif est de repartir des fondamentaux pour comprendre son rôle, les possibilités offertes au souscripteur et surtout les erreurs à éviter. L’épisode revient notamment sur la liberté de désignation des bénéficiaires, l’importance de la rédaction, la possibilité de modifier la clause, les conséquences de son acceptation et la nécessité d’anticiper le décès d’un bénéficiaire. Une idée résume l’ensemble de l’épisode : la clause bénéficiaire n’est pas une simple formalité administrative. Elle constitue l’un des éléments stratégiques d’un contrat d’assurance vie. Qu’est-ce qu’une clause bénéficiaire en assurance vie ? La clause bénéficiaire est la partie du contrat d’assurance vie qui indique qui recevra le capital au décès de l’assuré. Elle peut désigner une seule personne ou plusieurs bénéficiaires. Par exemple : un conjoint ; un partenaire de Pacs ; des enfants ; d’autres membres de la famille ; un ami ; sous certaines conditions, une association ou une autre personne morale. Le Code des assurances autorise la désignation d’un ou plusieurs bénéficiaires, qui peuvent être nommément identifiés ou suffisamment définis pour pouvoir être déterminés au moment du décès. C’est ce mécanisme qui transforme l’assurance vie en véritable outil de transmission. Pourquoi la clause bénéficiaire est-elle si importante ? Lorsqu’un bénéficiaire est valablement désigné, le capital décès ne fait en principe pas partie de la succession de l’assuré. L’article L.132-12 du Code des assurances prévoit en effet que le capital ou la rente payable au décès à un bénéficiaire déterminé ou à ses héritiers ne fait pas partie de la succession de l’assuré. Cela ne signifie pas pour autant que le capital est systématiquement exonéré de toute fiscalité. L’assurance vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique, qui dépend notamment de l’âge de l’assuré lors des versements, de la date du contrat et du lien entre l’assuré et le bénéficiaire. À retenir : La clause bénéficiaire répond à une question simple mais fondamentale : « À qui l’assureur devra-t-il verser le capital lorsque l’assuré décédera ? » Qui peut être bénéficiaire d’une assurance vie ? L’une des grandes forces de l’assurance vie réside dans la liberté laissée au souscripteur. Il est possible de désigner une personne appartenant ou non à sa famille. L’assuré peut ainsi souhaiter transmettre son capital : à son conjoint ; à ses enfants ; à ses petits-enfants ; à un proche ; à plusieurs personnes selon une répartition déterminée ; ou encore à certaines associations. Il est également possible de prévoir plusieurs bénéficiaires, un ordre de priorité ou une clause dite « en cascade ». Peut-on avoir plusieurs bénéficiaires ? Oui. Il est possible, par exemple, de prévoir : 50 % pour une personne ; 30 % pour une deuxième ; 20 % pour une troisième. Autre possibilité : prévoir une répartition par parts égales. La formulation retenue doit cependant éviter toute ambiguïté. Car désigner plusieurs personnes sans préciser clairement la manière dont le capital doit être réparti peut compliquer l'exécution de la clause. Comment rédiger une clause bénéficiaire ? C’est probablement le point le plus important. Une clause bénéficiaire n’est efficace que si l’assureur peut comprendre sans ambiguïté qui doit recevoir le capital et dans quelles proportions. Clause standard ou clause personnalisée ? Lors de la souscription d’un contrat d’assurance vie, l’assureur propose généralement une clause bénéficiaire standard. Elle peut convenir à des situations patrimoniales simples. Mais elle n’est pas nécessairement adaptée à toutes les situations familiales. Le souscripteur peut également rédiger une clause personnalisée lorsque ses objectifs de transmission sont plus spécifiques. La désignation peut notamment être effectuée par avenant au contrat ou par voie testamentaire. Le Code des assurances prévoit expressément plusieurs modalités de désignation. Pourquoi les mots employés sont-ils importants ? Prenons une formulation simple : « Mes enfants. » Elle semble claire. Mais plusieurs questions peuvent immédiatement apparaître : s’agit-il uniquement des enfants déjà nés ? les enfants à naître sont-ils concernés ? que se passe-t-il si l’un des enfants décède avant l’assuré ? ses propres enfants doivent-ils recevoir sa part ? le capital doit-il être partagé à parts égales ? La précision juridique devient donc essentielle. Le Code des assurances reconnaît notamment comme bénéficiaires suffisamment déterminés « les enfants nés ou à naître ». Faut-il désigner le bénéficiaire par son nom ? Ce n’est pas obligatoire. Une personne peut être désignée par sa qualité si celle-ci permet de l’identifier au moment où le capital devient exigible. Il existe néanmoins une différence importante entre écrire : « Mon conjoint » et : « Madame X, née le… » Dans le premier cas, c’est la personne ayant la qualité de conjoint au moment où le capital devient exigible qui est visée. Le Code des assurances précise d’ailleurs que l’assurance faite au profit du conjoint bénéficie à la personne ayant cette qualité au moment de l’exigibilité. Dans le second cas, c’est une personne déterminée nominativement. Cette différence peut devenir majeure après un mariage, un divorce ou une recomposition familiale. Les 5 erreurs les plus fréquentes dans une clause bénéficiaire 1. Ne jamais relire sa clause Une clause adaptée à 30 ans peut ne plus l’être à 50 ans. Entre-temps, la vie peut avoir changé : mariage ; divorce ; PACS ; naissance ; décès ; famille recomposée ; changement dans les relations familiales. Une clause bénéficiaire devrait donc être relue périodiquement et particulièrement après chaque événement familial important. 2. Utiliser une formulation trop imprécise Une rédaction ambiguë peut rendre plus difficile l’identification des bénéficiaires ou l’interprétation de la volonté du souscripteur. Il est également recommandé que, lorsqu’un bénéficiaire est nommé, on fournisse suffisamment d’informations permettant son identification. 3. Ne pas prévoir de bénéficiaire de second rang C’est une erreur particulièrement importante. Une clause peut désigner une première personne puis prévoir ce qui se passe si celle-ci ne peut finalement pas recevoir le capital. C’est le principe de la clause en cascade. Exemple de logique : Bénéficiaire A, à défaut bénéficiaire B, à défaut mes héritiers. Cette rédaction permet d’anticiper plusieurs scénarios. 4. Oublier le risque de décès du bénéficiaire Imaginons qu’un parent désigne nominativement son enfant comme bénéficiaire. L’enfant décède avant lui. Qui recevra le capital ? La réponse dépend de la rédaction de la clause. C’est ici qu’une nuance importante est nécessaire : les enfants du bénéficiaire décédé ne prennent pas automatiquement sa place dans toutes les situations. L’article L. 132-9 du Code des assurances présume que l’attribution à titre gratuit est faite sous la condition que le bénéficiaire existe au moment où le capital devient exigible, sauf si la clause prévoit autre chose. La représentation ne se présume pas en assurance vie. Une rédaction adaptée est donc nécessaire si le souscripteur souhaite que les descendants d’un bénéficiaire prédécédé puissent recevoir sa part. Le capital ne revient donc pas systématiquement à la succession dès qu’un bénéficiaire décède avant l’assuré : tout dépend de la clause et des autres bénéficiaires prévus. 5. Considérer la clause comme une formalité administrative C’est probablement l’erreur qui englobe toutes les autres. Lors de la souscription d’une assurance vie, l’attention porte souvent sur : les frais ; le fonds en euros ; les unités de compte ; le rendement ; le profil de risque. La clause bénéficiaire peut alors sembler secondaire. Pourtant, au moment du décès, elle devient l’un des éléments les plus importants du contrat. Peut-on modifier la clause bénéficiaire d’une assurance vie ? En principe, oui. Le souscripteur peut modifier la désignation des bénéficiaires tant que le bénéficiaire du contrat n’a pas fait l’objet d’une acceptation dans les conditions prévues par la loi. Cette faculté permet d’adapter le contrat aux changements de la vie. Quand la clause devient-elle irrévocable ? La situation change lorsque le bénéficiaire accepte formellement le bénéfice du contrat. L’article L. 132-9 du Code des assurances prévoit que l’acceptation rend la stipulation irrévocable. Pendant la vie du stipulant et de l’assuré, cette acceptation peut notamment prendre la forme : d’un avenant signé par l’assureur, le stipulant et le bénéficiaire ; ou d’un acte authentique ou sous seing privé signé par le stipulant et le bénéficiaire, puis notifié par écrit à l’assureur. Une fois le bénéficiaire accepté, le souscripteur ne peut plus librement le remplacer. L’acceptation a également des conséquences plus larges : le souscripteur ne peut notamment plus effectuer certains rachats ou demander certaines avances sans l’accord du bénéficiaire acceptant. À retenir : Avant d’accepter formellement la clause bénéficiaire, il faut mesurer les conséquences de cette décision. Elle peut considérablement réduire la liberté future du souscripteur. Que se passe-t-il s’il n’y a aucun bénéficiaire ? L’absence de bénéficiaire change profondément le fonctionnement du contrat au décès. L’article L. 132-11 du Code des assurances prévoit que, lorsqu’une assurance en cas de décès a été conclue sans désignation de bénéficiaire, le capital ou la rente garantis font partie du patrimoine ou de la succession du contractant. On perd alors précisément l’un des mécanismes caractéristiques de l’assurance vie : la transmission d’un capital à un bénéficiaire déterminé hors succession. C’est pourquoi les clauses standards contiennent fréquemment une désignation de dernier rang telle que « mes héritiers ». Clause bénéficiaire et succession : quelle différence ? Il faut distinguer deux mécanismes. Avec un bénéficiaire déterminé Le capital versé au bénéficiaire est en principe hors succession. C’est l’article L. 132-12 du Code des assurances. Sans bénéficiaire Le capital rejoint le patrimoine ou la succession du contractant. Cette distinction explique pourquoi la clause bénéficiaire constitue un outil patrimonial majeur. Il existe toutefois des limites. Le Code des assurances prévoit notamment un mécanisme concernant les primes qui seraient manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur. L’assurance vie n’est donc pas un outil permettant de contourner sans limite les règles successorales. Quelle fiscalité pour le bénéficiaire d’une assurance vie ? Dire que l’assurance vie est « hors succession » ne signifie pas automatiquement « sans impôt ». La fiscalité dépend de plusieurs paramètres. Versements réalisés avant 70 ans Pour les contrats relevant du régime prévu par l’article 990 I du Code général des impôts, chaque bénéficiaire dispose notamment d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà, le prélèvement est actuellement de : 20 % sur la fraction taxable jusqu’à 700 000 euros ; 31,25 % au-delà. Versements réalisés après 70 ans Pour les contrats concernés par l’article 757 B du Code général des impôts, les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de mutation par décès pour leur fraction excédant un abattement global de 30 500 euros, selon le lien de parenté entre l’assuré et le bénéficiaire. Attention : l’abattement de 30 500 euros est global pour les contrats concernés sur la tête d’un même assuré, et non un abattement de 30 500 euros par bénéficiaire. Le conjoint est-il imposé ? Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs bénéficient d’un régime particulièrement favorable et sont exonérés dans les conditions prévues par la réglementation. Situation Principe général Bénéficiaire déterminé Capital en principe hors succession Aucun bénéficiaire Capital intégré au patrimoine ou à la succession Primes relevant de l’article 990 I Abattement de 152 500 € par bénéficiaire puis prélèvement Primes versées après 70 ans relevant de l’article 757 B Abattement global de 30 500 € sur les primes concernées puis droits selon le lien de parenté Conjoint/Pacs Exonération dans les conditions prévues par la loi La fiscalité de l’assurance vie peut toutefois devenir complexe selon la date d’ouverture du contrat et l’historique des versements. Une analyse individualisée est donc préférable dans les situations patrimoniales importantes. (Source : Impots.gouv) Comment sécuriser sa clause bénéficiaire ? Une bonne clause bénéficiaire repose finalement sur quelques réflexes simples. 1. Identifier l’objectif Avant de rédiger une clause, il faut déterminer ce que l’on cherche réellement à faire : protéger son conjoint ; favoriser ses enfants ; transmettre aux petits-enfants ; aider un proche ; répartir le patrimoine entre plusieurs personnes ; soutenir une association. La rédaction vient ensuite. 2. Anticiper plusieurs scénarios Une clause efficace ne répond pas uniquement à la situation familiale actuelle. Elle envisage aussi ce qui pourrait arriver demain. Que se passe-t-il si : le bénéficiaire décède ? le couple se sépare ? un nouvel enfant naît ? la famille se recompose ? Prévoir des bénéficiaires de second rang réduit le risque de voir la clause devenir inadaptée. 3. Être identifiable sans ambiguïté Lorsqu’une personne est désignée nominativement, il peut être utile de préciser des éléments permettant de la distinguer clairement : nom, prénom, date de naissance ou autres informations pertinentes. 4. Vérifier régulièrement la clause La meilleure clause bénéficiaire n’est pas nécessairement celle qui est parfaitement rédigée au moment de la souscription. C’est celle qui reste conforme aux volontés du souscripteur plusieurs années plus tard. Un contrôle après chaque événement familial majeur constitue donc un réflexe utile. Ce qu’il faut retenir La clause bénéficiaire de l’assurance vie détermine qui recevra le capital au décès de l’assuré. Un ou plusieurs bénéficiaires peuvent être désignés. Le bénéficiaire peut appartenir ou non à la famille. Avec un bénéficiaire déterminé, le capital est en principe transmis hors succession. La rédaction doit être suffisamment précise pour permettre l’identification des bénéficiaires. Prévoir des bénéficiaires de second rang permet d’anticiper le décès d’un premier bénéficiaire. La représentation d’un bénéficiaire prédécédé ne doit pas être considérée comme automatique. Une clause peut généralement être modifiée tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une acceptation dans les conditions prévues par la loi. L’acceptation du bénéficiaire réduit fortement la liberté du souscripteur. En l’absence de bénéficiaire, le capital entre dans le patrimoine ou la succession. Le régime fiscal dépend notamment de l’âge auquel les primes ont été versées. Une clause doit être relue à chaque évolution importante de la situation familiale. La clause bénéficiaire en assurance vie tient parfois en une seule ligne. Pourtant, cette ligne peut déterminer la destination de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros. Sa force repose sur la liberté qu’elle offre au souscripteur. Mais cette liberté n’est réellement efficace que lorsque la clause est claire, actualisée et adaptée aux objectifs de transmission. Comme le rappelle l’épisode d’Assurance en coulisses, considérer la clause bénéficiaire comme une simple formalité revient donc à sous-estimer l’un des principaux mécanismes patrimoniaux de l’assurance vie. Un bon réflexe : ressortir son contrat et vérifier aujourd’hui si la clause correspond encore réellement à ses volontés. Retrouvez l’intégralité de cette leçon dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Pour comprendre la clause bénéficiaire en assurance-vie, retrouve ma fiche ⤵️ FAQ Qu’est-ce qu’une clause bénéficiaire en assurance vie ? La clause bénéficiaire désigne la ou les personnes qui recevront le capital d’une assurance vie au décès de l’assuré. Lorsqu’un bénéficiaire est valablement déterminé, le capital ne fait en principe pas partie de la succession. La clause peut désigner un conjoint, des enfants, un proche ou plusieurs bénéficiaires. (Source : Legifrance) Comment rédiger une clause bénéficiaire d’assurance vie ? La clause doit permettre d’identifier clairement les bénéficiaires et préciser, lorsque c’est nécessaire, la répartition du capital et les bénéficiaires de second rang. Une clause standard peut suffire dans une situation simple. Une situation familiale ou patrimoniale complexe peut nécessiter une rédaction personnalisée avec un professionnel. Peut-on modifier le bénéficiaire d’une assurance vie ? Oui, tant que le bénéficiaire n’a pas formellement accepté le bénéfice du contrat selon les modalités prévues par le Code des assurances. Après une acceptation valable, la clause devient en principe irrévocable et certaines opérations sur le contrat nécessitent également l’accord du bénéficiaire acceptant. Que se passe-t-il si le bénéficiaire décède avant l’assuré ? Cela dépend de la rédaction de la clause. La part du bénéficiaire prédécédé ne revient pas automatiquement à ses descendants. Une clause peut prévoir des bénéficiaires de second rang ou organiser la transmission en cas de prédécès. C’est pourquoi ce scénario doit être anticipé lors de la rédaction. Que se passe-t-il sans clause bénéficiaire ? En l’absence de bénéficiaire désigné, le capital ou la rente garantis font partie du patrimoine ou de la succession du contractant. Cette situation fait perdre le mécanisme de transmission hors succession associé à une désignation bénéficiaire valable. L’assurance vie est-elle toujours hors succession ? Lorsque le capital est versé à un bénéficiaire déterminé, il ne fait en principe pas partie de la succession. Il existe toutefois des exceptions et des règles fiscales spécifiques. L’expression « hors succession » ne signifie donc pas que l’assurance vie échappe systématiquement à toute taxation. Quelle fiscalité pour une assurance vie avant 70 ans ? Pour les sommes relevant de l’article 990 I du CGI, chaque bénéficiaire bénéficie notamment d’un abattement de 152 500 euros. La fraction taxable est ensuite soumise à un prélèvement de 20 %, puis de 31,25 % au-delà du seuil prévu par la réglementation. Quelle fiscalité pour les versements après 70 ans ? Pour les contrats relevant de l’article 757 B du CGI, les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de mutation par décès au-delà d’un abattement global de 30 500 euros. Le taux dépend ensuite notamment du lien de parenté avec le bénéficiaire. Faut-il prévenir son bénéficiaire ? Ce n’est pas systématiquement nécessaire. Il faut surtout distinguer le fait d’informer une personne de sa désignation et l’acceptation formelle du bénéfice du contrat. Cette dernière produit des conséquences juridiques importantes pour le souscripteur et ne doit donc pas être considérée comme une simple formalité. Quand faut-il revoir sa clause bénéficiaire ? La clause devrait être vérifiée après un mariage, un divorce, un Pacs, une naissance, un décès ou toute modification importante de la situation familiale ou patrimoniale. Même sans changement particulier, une relecture régulière permet de s’assurer qu’elle correspond toujours aux volontés du souscripteur. 📚 RECOMMANDATIONS Les Echos : Transmission : il est peut-être urgent de revoir la clause bénéficiaire de votre assurance-vie abe-infoservice : Que faut-il savoir sur la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie ? Service Public : Peut-on modifier la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie ? Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Intro 00:01:09-Définition : Clause bénéficiaire assurance-vie 00:01:50-Liberté de désignation 00:02:24-La rédaction et le point critique 00:03:09-Modification et irrévocabilité 00:03:47-Cas particulier et erreurs fréquentes 00:04:26-Synthèse clause bénéficiaire 00:05:06-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Acheel : l’insurtech qui repense l’assurance digitale
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Acheel : comment l’insurtech repense l’assurance digitale L’assurance est-elle condamnée à évoluer lentement ? Le parcours d’Acheel montre qu’une autre approche est possible. Créée autour d’un modèle digital, la compagnie française cherche à combiner maîtrise assurantielle, technologie et rapidité d’exécution. Au micro d’Assurance en coulisses, son cofondateur Ralph Ruimy raconte les coulisses de cette construction : l’agrément ACPR, la levée de fonds, la technologie développée en interne, l’intelligence artificielle, la distribution B2C et B2B2C, mais aussi les limites de la data et les enjeux de mutualisation. Au-delà d’Acheel, l’épisode pose une question essentielle : à quoi ressemblera une compagnie d’assurance conçue dès le départ pour l’ère numérique ? Résumé de l’épisode avec Ralph Ruimy Ralph Ruimy n’arrive pas dans l’assurance par hasard. Formé notamment aux mathématiques et à l’actuariat, passé par l’assurance, le conseil puis l’entrepreneuriat, il cofonde Acheel avec Francky Défossé. Son ambition : construire une compagnie capable de conjuguer expertise assurantielle et culture technologique. Dans l’épisode, il revient sur l’obtention de l’agrément, la construction du modèle économique, les choix de distribution, la place de l’IA et la nécessité de rester agile face aux acteurs historiques. Il partage aussi une réflexion plus profonde sur la tarification : parce que la technologie permet de mieux individualiser les risques, faut-il pour autant renoncer à une partie de la mutualisation ? Un échange qui dépasse donc largement l’histoire d’une startup. Il interroge le futur du modèle assurantiel. Qu’est-ce que l'insurtech Acheel ? Acheel est une compagnie d’assurance française construite autour d’un modèle fortement digitalisé. L’ACPR référence Acheel SA comme organisme d’assurance non-vie soumis à Solvabilité II, avec une création enregistrée le 13 mai 2021. L’entreprise se présente aujourd’hui comme une assurance « simple, accessible et transparente », reposant notamment sur des parcours largement dématérialisés. Mais résumer Acheel à « une assurance en ligne » serait réducteur. Dans l’entretien, Ralph Ruimy insiste sur trois compétences combinées dès l’origine : l’assurance la technologie l’acquisition client Selon lui, c’est précisément cette combinaison qui permet de construire un modèle différent de celui d’une startup technologique découvrant ensuite les contraintes de l’assurance, ou d’un assureur traditionnel ajoutant progressivement des briques digitales. « Je viens de l’assurance et je viens de la tech. » Cette phrase résume une partie de la philosophie du projet. À retenir : Une insurtech ne se différencie pas uniquement parce qu’elle utilise de la technologie. Sa différence peut venir de la manière dont assurance, technologie, distribution et organisation ont été pensées ensemble dès le départ. De l’idée à la compagnie d’assurance : le défi de l’agrément ACPR Créer une application est une chose. Créer une compagnie d’assurance en est une autre. L’assurance est une activité fortement réglementée. Devenir assureur implique notamment des exigences de gouvernance, de fonds propres, d’actuariat, de gestion des risques et de conformité. Dans l’épisode, Ralph Ruimy évoque environ dix mois de travail à plein temps pour constituer le dossier permettant d’obtenir l’agrément. Il cite plusieurs dimensions mobilisées : juridique finance actuariat fonds propres gouvernance L’ACPR confirme aujourd’hui le statut d’Acheel SA comme organisme d’assurance. L’anecdote racontée dans le podcast illustre d’ailleurs le contraste entre la lourdeur de la procédure et la vie d’un entrepreneur : Ralph Ruimy explique avoir reçu l’appel lui annonçant l’agrément… alors qu’il commandait un kebab. Une scène triviale pour une étape structurante dans l’histoire de l’entreprise. Une levée de fonds destinée aussi à construire un assureur Acheel a annoncé en 2021 une levée d’amorçage de 29 millions d’euros, notamment auprès de Xavier Niel, Serena Capital et Portag3 Ventures. Dans l’entretien, Ralph Ruimy insiste sur un point important : cette opération ne doit pas laisser penser que lever des dizaines de millions d’euros est simple. Son expérience entrepreneuriale antérieure et son historique ont facilité l’accès aux investisseurs. La leçon est intéressante pour les entrepreneurs : le financement repose autant sur le projet que sur la crédibilité de l’équipe capable de l’exécuter. Le modèle Acheel : digitaliser ou reconstruire ? L’une des idées les plus intéressantes de l’épisode concerne les systèmes d’information. Les grands assureurs historiques disposent souvent d’écosystèmes technologiques construits sur plusieurs décennies : acquisitions, migrations, applications métier, couches successives, interfaces et systèmes hérités. Une nouvelle compagnie peut partir d’une page presque blanche. Ralph Ruimy résume cette différence avec une expression : construire « from scratch ». Cela permet théoriquement de réduire certains coûts de structure, de simplifier les flux et surtout d’accélérer les évolutions. Il donne une comparaison volontairement provocatrice : Acheel atteint un niveau d’activité important avec une structure française bien plus réduite que celle que nécessiterait, selon lui, une organisation traditionnelle comparable. Le sujet n’est donc pas seulement la digitalisation. Il existe une différence fondamentale entre : Digitaliser l’existant : ajouter des outils numériques à des processus historiques. Construire digitalement dès l'origine : concevoir produits, systèmes, distribution et organisation autour d’un fonctionnement numérique. C’est probablement là que se situe l’un des principaux avantages structurels des insurtechs. B2C et B2B2C : Acheel ne mise pas sur un seul canal. Autre enseignement : l’insurtech ne repose pas uniquement sur la vente directe depuis son site. Dans l’entretien, Ralph Ruimy décrit un modèle combinant : une distribution directe auprès des assurés ; la conception de produits distribués par des partenaires, courtiers ou marques. Autrement dit, Acheel cherche à maîtriser à la fois la fabrication du produit d’assurance et différents canaux de distribution. Le rapport de solvabilité 2024 indiquait d'ailleurs qu’au 31 décembre 2024, environ deux tiers des contrats avaient été souscrits via le site internet et un tiers via les courtiers. Cette hybridation est importante. Elle montre que la transformation digitale de l’assurance ne signifie pas nécessairement la disparition des intermédiaires. Le digital peut aussi fournir aux courtiers, distributeurs ou grandes marques une infrastructure permettant de construire de nouvelles offres. La marque blanche comme accélérateur L’épisode évoque notamment des partenariats de distribution et le développement de produits pour compte de tiers. Le principe du B2B2C est simple : l’assureur fabrique ou porte le produit, tandis qu’un partenaire le distribue à son propre client. Cette logique peut concerner : des courtiers ; des plateformes ; des enseignes ; des acteurs affinitaires ; des entreprises souhaitant intégrer une protection à leur parcours client. Acheel combine donc une identité B2C visible avec une activité plus discrète d’infrastructure et de fabrication assurantielle. Une croissance qui repose aussi sur la capacité à dire non L’un des passages les plus instructifs concerne paradoxalement les opportunités refusées. Ralph Ruimy explique être fortement sollicité par des courtiers, réassureurs et marques. Il affirme que l’entreprise aurait pu générer beaucoup plus de volume en acceptant toutes les propositions. Mais plus de primes ne signifie pas automatiquement plus de valeur. Son principe : « Pour que ça marche, faut que les deux soient gagnants. » Dans une industrie où une mauvaise tarification ou une mauvaise sélection peut produire ses effets plusieurs mois ou années plus tard, la croissance pour la croissance peut devenir dangereuse. C’est une différence essentielle entre assurance et nombreux modèles SaaS : le chiffre d’affaires ne raconte jamais toute l’histoire. La sinistralité, le coût d’acquisition, les frais, la réassurance, les provisions et le capital consommé comptent tout autant. Acheel en chiffres : mise à jour 2025 Depuis l’enregistrement de l’entretien, le rapport officiel 2025 d’Acheel permet d’actualiser plusieurs données. Indicateur 2025 Donnée publiée Primes souscrites (GWP) 240,5 M€ Contrats en portefeuille 854 121 Croissance des primes +20 % Croissance des contrats +40 % Résultat consolidé avant impôts 7,1 M€ Ces chiffres proviennent du rapport sur la solvabilité et la situation financière 2025 d’Acheel. Cette actualisation est particulièrement intéressante : les ordres de grandeur évoqués par Ralph Ruimy pendant l’entretien se sont donc matérialisés sur l’exercice 2025. (Source : SFCR) Intelligence artificielle : passer du discours aux cas d’usage L’IA constitue l’un des passages les plus concrets de l’épisode. Ralph Ruimy résume son approche ainsi : « Aujourd’hui, tu peux plus passer à travers l’IA et tu peux pas faire semblant que ça existe pas. » Mais l’intérêt de son propos vient surtout de ce qui suit. Chez Acheel, l’objectif présenté n’est pas de « faire de l’IA » pour communiquer. Il consiste à observer un processus et à poser systématiquement la question : peut-on le rendre plus efficace ? Ralph Ruimy explique avoir réuni des responsables métier, des développeurs spécialisés et des chefs de produit pour analyser la manière dont les équipes travaillaient. Des cas d’usage opérationnels Plusieurs exemples ressortent de l’interview : Automatiser la gestion des avis clients Un processus de traitement des avis aurait été entièrement automatisé, avec un gain annoncé proche de trois journées de travail par semaine pour une personne. Accélérer la gestion des sinistres Ralph Ruimy décrit un outil capable d’analyser certains justificatifs, notamment dans l’assurance animale, afin d’aider à déterminer les montants dus, de contrôler les plafonds et d'effectuer différents contrôles. Traiter les bordereaux B2B L’entreprise utilise également la technologie pour fiabiliser le traitement des données transmises par les partenaires et faciliter les calculs financiers entre courtiers, assureurs et réassureurs. L’objectif reste le même : réduire les tâches répétitives pour concentrer l’intervention humaine là où elle apporte le plus de valeur. Cette tendance dépasse largement Acheel. En février 2026, EIOPA indiquait que près de deux tiers des 347 entreprises interrogées dans 25 pays utilisaient déjà activement l’IA générative, même si beaucoup restaient encore au stade du proof of concept. (Source : EIOPA) IA en assurance : l’efficacité ne suffit pas L’utilisation de l’intelligence artificielle soulève évidemment des questions de gouvernance. L'EIOPA rappelle notamment l’importance de : la gouvernance des données ; l’explicabilité ; la cybersécurité ; l'équité ; la documentation ; la supervision humaine. L’autorité européenne considère que l’IA joue déjà un rôle croissant dans la tarification, la souscription, les sinistres ou encore la détection de fraude. L’enjeu pour les assureurs est donc double : accélérer suffisamment pour rester compétitifs, sans fragiliser la protection du client ou la maîtrise des risques. C’est précisément cette tension que l’épisode met en évidence. Data et tarification : faut-il individualiser tous les risques ? C’est probablement le passage le plus assurantiel de l’entretien. Les assureurs disposent de données toujours plus précises. Elles peuvent permettre de mieux comprendre l’exposition à un risque climatique, la probabilité d’un sinistre ou certaines caractéristiques individuelles. Techniquement, il devient donc possible de segmenter toujours davantage. Mais faut-il aller jusqu’au bout ? Ralph Ruimy pose une question fondamentale : « Est-ce que notre rôle à nous, assureurs, c’est pas la mutualisation des risques ? » Qu’est-ce que la mutualisation des risques ? La mutualisation consiste à réunir un grand nombre d’assurés exposés à des risques différents afin que les primes du collectif permettent d’indemniser ceux qui subissent effectivement un sinistre. Elle constitue l’un des fondements économiques de l’assurance. Or, plus la segmentation devient précise, plus le prix peut être individualisé. Poussée à l’extrême, cette logique pourrait conduire à identifier les très bons risques et les très mauvais risques avec une précision croissante. C’est là qu’apparaît un paradoxe : mieux connaître le risque améliore la tarification, mais une segmentation absolue peut fragiliser la logique de mutualisation. Assurance digitale : la vitesse devient-elle un avantage concurrentiel ? Ralph Ruimy insiste régulièrement sur la vitesse d’exécution. Acheel explique pouvoir développer et lancer des produits beaucoup plus rapidement que certains acteurs historiques. Mais il prend soin de préciser que la technologie n’explique pas tout. Derrière les outils, il faut des équipes capables d’exécuter. Cette nuance est essentielle. La transformation ne repose donc pas sur l’équation : technologie = innovation mais davantage sur : compétence métier + technologie + organisation + exécution = capacité d’innovation C’est probablement l’un des principaux enseignements à retenir pour les assureurs historiques. Acheter un outil ne transforme pas une organisation. Il faut également revoir les processus de décision, les responsabilités, les systèmes et parfois la culture managériale. Réglementation : protection nécessaire ou frein à l’innovation ? L’épisode aborde également le rapport entre innovation et réglementation. Ralph Ruimy ne conteste pas le principe même de la réglementation. Il reconnaît son rôle essentiel dans la protection des consommateurs. Son interrogation porte plutôt sur l’équilibre à trouver entre contrôle et capacité à avancer rapidement. Cette question prend une dimension particulière lorsque l’on compare l’Europe aux États-Unis. Après un déplacement aux États-Unis, il explique avoir été frappé par la vitesse des entreprises américaines et par l’écart de moyens disponibles. Son constat est volontairement provocateur : la France dispose de talents importants, mais ceux-ci ne bénéficient pas toujours du même environnement pour développer rapidement leurs projets. Pour le secteur financier, la question est loin d’être théorique. L’assurance doit simultanément respecter : Solvabilité II ; les règles de distribution ; le RGPD ; DORA ; l’AI Act ; les exigences propres à chaque activité et produit. L’enjeu n’est donc probablement pas « réglementation ou innovation », mais comment construire une réglementation suffisamment robuste pour protéger, sans empêcher les acteurs européens d’innover. L’international comme prochaine étape du modèle Acheel ne limite plus son activité à la France. L’ACPR référence actuellement des passeports en libre prestation de services pour l’Espagne, l’Italie, la Pologne et le Portugal. Ces implantations correspondent aux pays évoqués dans l’entretien. Le principe de la libre prestation de services permet à une entreprise d’assurance agréée dans un État membre d’exercer certaines activités dans d’autres pays de l’Espace économique européen sous certaines conditions. Pour une insurtech, la technologie peut faciliter cette expansion : une infrastructure conçue de manière modulaire peut théoriquement être adaptée plus rapidement à de nouveaux partenaires ou marchés. Mais l’internationalisation ne supprime évidemment pas les difficultés : réglementation locale, langue, distribution, tarification, fiscalité et connaissance des risques restent déterminantes. Ce qu’Acheel peut apprendre aux assureurs traditionnels L’objectif n’est pas d’opposer systématiquement insurtechs et assureurs historiques. Les grands groupes disposent d’avantages considérables : capital ; expertise ; données historiques ; portefeuille client ; réseaux de distribution ; reconnaissance de marque. Les nouveaux acteurs disposent souvent d’autres atouts : systèmes plus récents ; organisations plus légères ; cycles décisionnels courts ; absence de legacy informatique ; capacité à expérimenter rapidement. Ralph Ruimy imagine d’ailleurs une forme de convergence : des acteurs historiques pourraient un jour associer leurs ressources aux processus construits par les insurtechs, à condition de ne pas absorber totalement leur capacité d’innovation. Le futur pourrait donc être moins une concurrence entre « anciens » et « nouveaux » qu’une recomposition des forces. Entrepreneuriat : l’exécution avant les idées L’épisode dépasse finalement largement l’assurance. Lorsque Ralph Ruimy doit donner un conseil aux entrepreneurs, son message est simple : faire. L’idée parfaite n’existe pas. À force d’attendre, d’analyser ou de chercher le bon moment, une entreprise peut perdre son avantage. Cette obsession de l’exécution s’accompagne toutefois d’un autre principe : l’humilité. « Tant que c’est pas signé, c’est pas signé. » Ralph Ruimy raconte notamment une opération entrepreneuriale qui semblait quasiment finalisée avant d’échouer au dernier moment. Sa conclusion est particulièrement pertinente dans un secteur où la réussite passée ne protège jamais totalement des risques futurs : On n’est jamais définitivement arrivé. Ce qu’il faut retenir L'insurtech Acheel ne se présente pas seulement comme une assurance en ligne. Son modèle associe fabrication assurantielle, technologie, B2C et B2B2C. La technologie n’est pas une finalité. L’enjeu est son application concrète aux processus, aux sinistres, à la distribution et à la gestion. L’IA devient opérationnelle. Acheel présente plusieurs cas d’automatisation destinés à réduire les tâches répétitives. La simplicité organisationnelle peut accélérer l’exécution. Construire une architecture récente évite une partie du legacy technologique des acteurs historiques. La croissance doit rester maîtrisée. En assurance, davantage de primes ne signifie pas automatiquement davantage de rentabilité. La data pose un dilemme assurantiel majeur. Une tarification toujours plus précise peut entrer en tension avec la mutualisation. Insurtechs et assureurs traditionnels pourraient converger. Les premiers apportent vitesse et technologie ; les seconds, capital, portefeuille et puissance de distribution. L’exécution reste centrale. Pour Ralph Ruimy, les idées n’ont de valeur que lorsqu’elles deviennent des actions. Vous pouvez contacter mon invité sur LinkedIn. https://v2.acheel.com/ FAQ Qu’est-ce que l'insurtech Acheel ? Acheel est une compagnie d’assurance française à dominante digitale, cofondée par Ralph Ruimy et Francky Défossé. Elle distribue des produits directement aux particuliers mais développe également des offres destinées à être distribuées par des partenaires. Acheel SA est agréée comme organisme d’assurance et soumise au contrôle de l’ACPR. Qu’est-ce qu’une insurtech ? Une insurtech, ou assurtech, est une entreprise qui utilise les technologies numériques pour améliorer ou transformer l’assurance. Elle peut intervenir dans la distribution, la tarification, la souscription, les sinistres ou la conception de produits. Une insurtech n’est pas nécessairement elle-même une compagnie d’assurance. Comment l’IA est-elle utilisée dans l’assurance ? L’intelligence artificielle peut automatiser le traitement de documents, assister la gestion des sinistres, détecter la fraude, analyser des données, améliorer la relation client ou accompagner la tarification. Son utilisation doit toutefois respecter les exigences de gouvernance, d’explicabilité, de protection des données et de supervision humaine. Quel est le modèle économique d’Acheel ? Acheel combine plusieurs modèles de distribution. Une partie des contrats est souscrite directement en ligne, tandis que d’autres produits sont distribués via des courtiers ou partenaires. Cette combinaison B2C/B2B2C permet de toucher le client directement tout en utilisant des réseaux de distribution tiers. Qu’est-ce que la mutualisation des risques en assurance ? La mutualisation des risques consiste à regrouper de nombreux assurés afin que les primes versées par l’ensemble financent les sinistres subis par une partie d’entre eux. Elle permet de partager financièrement des événements incertains et constitue l’un des principes fondamentaux du fonctionnement de l’assurance. Pourquoi la data peut-elle remettre en question la mutualisation ? Plus les données permettent de mesurer précisément le risque individuel, plus un assureur peut ajuster son tarif à chaque profil. Mais une segmentation extrême pourrait augmenter fortement le prix des personnes les plus exposées, voire limiter leur assurabilité. L’enjeu consiste donc à concilier précision actuarielle, équité et mutualisation. Quelle différence entre une insurtech et un assureur traditionnel ? La différence ne tient pas uniquement à la technologie. Une insurtech récente peut partir d’une architecture informatique neuve et d’une organisation plus légère. Un assureur historique dispose en revanche de portefeuilles importants, d’une longue expérience, de données et d’une puissance financière significative. Les deux modèles possèdent donc des avantages différents. Quelle est la différence entre digitaliser et transformer l’assurance ? Digitaliser consiste principalement à convertir des processus existants en parcours numériques. Transformer l’assurance implique d’aller plus loin : repenser les systèmes, les produits, l’organisation, la distribution et parfois le modèle économique afin de tirer pleinement parti des technologies numériques. Comment une insurtech peut-elle concurrencer un grand assureur ? Une insurtech peut bénéficier de systèmes informatiques récents, de processus plus simples et de cycles de décision courts. Ces avantages favorisent la rapidité d’exécution. Les grands assureurs conservent toutefois des atouts importants : capital, portefeuille client, expertise, données historiques, notoriété et réseaux de distribution. 📚 RECOMMANDATIONS Livre : Human Machine – Jean de La Rochebrochard Podcast : Hondelatte Raconte Musique : Jacques Brel - La chanson des vieux amants Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Connectons-nous sur LinkedIn 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:04-Présentation 00:02:20-L'histoire d'Acheel 00:05:37-Obtention agrément ACPR 00:06:53-Levées de fonds 00:08:13-Comment se faire une place dans le secteur de l'assurance ? 00:10:27-Business d'Acheel 00:12:45-Comment lancer des produits aussi rapidement ? 00:14:47-Chiffres clés 00:16:25-Partenariats stratégiques 00:20:37-Retour Expérience salon Dreamforce San Francisco 00:25:08-Anecdote entrepreneuriale 00:26:01-L'Intelligence Artificielle, levier de croissance 00:28:22-Le fantasme de la tarification 00:30:14-Réglementation FIDA, l'Open Insurance 00:31:34-Les insurtechs bousculent les codes de l'assurance 00:34:54-Conseils d'un entrepreneur 00:37:16-Question signature 00:37:45-Inspiration entrepreneuriale 00:41:08-Deux leçons importantes à savoir 00:42:46-Question signature 00:43:25-Recommandations livres/podcasts 00:44:22-Les années à venir 00:47:08-Reco invité 00:47:58-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Franchise en assurance : définition, calcul et conseils
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Franchise en assurance : définition, fonctionnement et conseils Vous êtes assuré. Un sinistre survient. Pourtant, votre assureur ne vous rembourse pas nécessairement la totalité des dommages. Une partie de la dépense peut rester à votre charge : c’est la franchise en assurance. Présente notamment en assurance auto, habitation ou professionnelle, la franchise influence directement le montant de votre indemnisation et peut aussi jouer sur le prix de votre contrat. Elle mérite donc d’être regardée aussi attentivement que les garanties ou les exclusions. Comment fonctionne une franchise ? Pourquoi existe-t-elle ? Quels sont les différents modes de calcul ? Et faut-il choisir une franchise basse ou élevée ? Voici ce qu’il faut comprendre avant de souscrire un contrat ou de déclarer un sinistre. Résumé de l’épisode Dans cet épisode pédagogique d’Assurance en coulisses, Antoine Gandois, animateur du podcast et professionnel du reporting Solvabilité II et comptable, s’intéresse à l’un des mécanismes les plus courants de l’assurance : la franchise. Il explique simplement pourquoi un assuré peut conserver une partie du coût d’un sinistre à sa charge, présente les principales formes de franchise et revient sur leur présence dans l’auto, l’habitation ou encore certaines assurances professionnelles. L’épisode aborde également le lien entre franchise et cotisation, les franchises réglementées en matière de catastrophes naturelles ainsi que le rachat de franchise. L’objectif : permettre à chacun de ne plus découvrir le fonctionnement réel de sa couverture au moment du sinistre. Qu’est-ce qu’une franchise en assurance ? La définition est relativement simple : La franchise est la part d’un sinistre indemnisable qui reste à la charge de l’assuré selon les conditions prévues par son contrat. L’article L121-1 du Code des assurances prévoit notamment qu’il peut être stipulé que l’assuré reste son propre assureur pour une somme ou une quotité déterminée, ou qu’une déduction soit appliquée à l’indemnité. L’idée peut paraître abstraite. Prenons donc l’exemple utilisé dans l’épisode. Un sinistre provoque 1 000 € de dommages. Votre contrat prévoit une franchise de 200 €. Si les 1 000 € sont couverts et si la franchise s’applique par déduction, l’assureur prend en charge 800 € et les 200 € restants demeurent à votre charge. Attention toutefois : ce calcul dépend toujours des modalités précises du contrat et de la garantie concernée. Pour comprendre la franchise en assurance, retrouve ma fiche ⤵️ Pourquoi les assureurs appliquent-ils une franchise ? La franchise n’est pas simplement une somme retirée de l’indemnisation. Elle répond à plusieurs logiques économiques et assurantielles. Limiter la gestion des petits sinistres Sans franchise, de nombreux dommages de faible montant pourraient donner lieu à une déclaration et à un traitement par l’assureur. Or chaque dossier entraîne des coûts : déclaration, gestion, expertise éventuelle, indemnisation. La franchise permet ainsi de laisser certains petits risques à la charge de l’assuré. Partager une partie du risque avec l’assuré La franchise signifie également qu’un assuré conserve une part du risque. C’est précisément le principe évoqué dans l’épisode : sur le montant correspondant à la franchise, l’assuré assume financièrement une partie des conséquences du sinistre. Agir sur le prix du contrat À garanties et profils comparables, accepter un reste à charge plus important peut permettre à l’assureur de proposer une cotisation plus faible. À l’inverse, diminuer fortement la franchise peut augmenter le coût de la couverture. La franchise constitue donc un arbitrage entre coût immédiat et risque futur. Dans quelles assurances trouve-t-on une franchise ? La franchise est particulièrement fréquente dans les contrats couvrant les dommages aux biens. On peut notamment en retrouver dans : l’assurance automobile ; l’assurance deux-roues ; l’assurance habitation ; la multirisque professionnelle ; certaines garanties de responsabilité civile ; certaines garanties corporelles, selon les contrats. Dans l’assurance professionnelle, les franchises peuvent concerner les dommages matériels, corporels ou immatériels selon les garanties souscrites. Une même police peut par ailleurs prévoir plusieurs franchises différentes. Votre franchise pour un dégât des eaux ne sera donc pas nécessairement identique à celle applicable à un vol ou à un autre événement. C’est pourquoi connaître « sa franchise » ne suffit pas toujours : il faut connaître la franchise applicable à chaque garantie. Quels sont les différents types de franchise ? Toutes les franchises ne sont pas calculées de la même manière. L’épisode distingue trois grandes formes. La franchise fixe C’est probablement la plus facile à comprendre. Le contrat fixe une somme déterminée. Par exemple : Franchise : 500 € Pour un sinistre auquel cette franchise s’applique, le montant prévu au contrat reste à la charge de l’assuré selon les modalités d’indemnisation. Son avantage est sa lisibilité : l’assuré connaît à l’avance le montant de référence. La franchise proportionnelle Ici, la franchise correspond à un pourcentage du montant des dommages. Exemple : Dommages : 5 000 €, Franchise : 10 %, Franchise calculée : 500 € Plus le sinistre est important, plus le montant de la franchise peut augmenter. La franchise mixte La franchise mixte combine un pourcentage avec un minimum et/ou un maximum. Par exemple : 10 % du montant des dommages, avec un minimum de 250 € et un maximum de 750 €. Pour un dommage de 1 000 €, 10 % représentent 100 €. Le minimum contractuel étant fixé à 250 €, la franchise applicable sera alors de 250 €. Pour 10 000 € de dommages, 10 % représentent 1 000 €. Mais le plafond étant fixé à 750 €, la franchise sera limitée à 750 €. Ce mécanisme permet à l’assureur de fixer une fourchette de reste à charge. Franchise basse ou franchise élevée : quelle différence ? C’est ici que la franchise devient un véritable paramètre de choix du contrat. Critère Franchise basse Franchise élevée Reste à charge Plus faible Plus important Cotisation Potentiellement plus élevée Potentiellement plus faible Effort en cas de sinistre Limité Plus important Adaptée notamment à Faible capacité à absorber un sinistre Capacité financière plus importante Il serait toutefois trop simpliste de considérer qu’une franchise élevée est automatiquement préférable parce qu’elle réduit la cotisation. Le choix doit dépendre de votre situation. Comment choisir le bon niveau de franchise ? Trois questions ressortent de l’épisode. 1. Puis-je supporter cette franchise financièrement ? Imaginez un contrat comportant une franchise de 1 000 €. La cotisation peut paraître attractive. Mais pouvez-vous réellement sortir 1 000 € rapidement après un sinistre ? Une franchise ne doit pas être évaluée uniquement sur une feuille de tarif. Elle doit être confrontée à votre capacité financière. Pour une entreprise, le raisonnement est similaire : il faut regarder la trésorerie disponible. Tout en intégrant la capacité financière et la tolérance au risque dans le choix d'une franchise professionnelle. 2. Combien économisé-je réellement sur ma cotisation ? Comparez deux offres identiques à l’exception de la franchise. Par exemple : Contrat A : franchise de 200 € Contrat B : franchise de 600 € Si le deuxième contrat ne permet d’économiser qu’une somme marginale chaque année, accepter 400 € supplémentaires de risque mérite d’être questionné. Il faut donc comparer le différentiel de prime au différentiel de franchise. 3. Quel risque suis-je prêt à conserver ? La réponse dépend également du bien assuré, du risque concerné et de votre appétence au risque. Un professionnel dont l’activité dépend d’un équipement coûteux n’aura pas nécessairement la même stratégie qu’un particulier assurant un bien facilement remplaçable. Qu’est-ce que le rachat de franchise ? Certains assureurs proposent de réduire ou supprimer une franchise contractuelle moyennant une cotisation supplémentaire. C’est ce que l’on appelle communément le rachat de franchise. Il peut être : partiel, lorsque la franchise est simplement diminuée ; ou total, lorsqu’elle est supprimée pour les garanties concernées, sous réserve des modalités du contrat. Le rachat de franchise est-il rentable ? Pas nécessairement. Prenons un exemple purement pédagogique. Une option de rachat coûte 80 € par an et permet d’économiser une franchise de 400 €. Au bout de cinq années sans sinistre concerné, vous aurez versé 400 € de cotisations supplémentaires sans avoir utilisé cette réduction de franchise. Cela ne signifie pas que l’option est mauvaise. Elle peut répondre à une logique de prévisibilité budgétaire : certaines personnes préfèrent payer davantage régulièrement pour réduire le risque d’une dépense ponctuelle importante. Il faut donc distinguer deux questions : Est-ce financièrement rentable ? et Est-ce adapté à ma capacité à supporter un reste à charge ? L’épisode insiste justement sur la nécessité de ne pas considérer le rachat de franchise comme automatiquement avantageux. Franchise et catastrophe naturelle : des règles particulières C’est l’un des points qui mérite le plus de précision. Contrairement à une franchise purement contractuelle, certaines franchises liées au régime des catastrophes naturelles sont déterminées réglementairement. Pour les biens à usage d’habitation et les autres biens à usage non professionnel, la franchise réglementaire est actuellement de 380 €. Elle est portée à 1 520 € pour certains dommages dus aux mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols. Pour les biens professionnels, les règles diffèrent : le Code des assurances prévoit notamment une franchise égale à 10 % des dommages matériels directs concernés, assortie de minimums réglementaires, avec des dispositions particulières pour la sécheresse-réhydratation et selon les franchises contractuelles applicables. (Source : https://www.service-public.gouv.fr/) et (Source : Article A125-6-4-2). À retenir Il faut donc éviter de dire que « la franchise catastrophe naturelle est toujours la même » sans préciser la situation. Pour un particulier et un bien d’habitation, les deux montants à retenir sont principalement : 380 € : cas général 1 520 € : mouvements de terrain liés à la sécheresse-réhydratation Les règles diffèrent pour certains biens et usages professionnels. Les erreurs à éviter avec une franchise d’assurance Choisir son contrat uniquement en fonction du prix Deux assurances affichant des cotisations différentes peuvent aussi présenter des franchises très différentes. Comparer uniquement le tarif annuel donne donc une vision incomplète. Ne regarder qu’une seule franchise Le contrat peut comporter plusieurs franchises selon les garanties. Il faut les examiner garantie par garantie. Confondre franchise et exclusion Ce sont deux notions différentes. Une franchise signifie qu’une partie d’un sinistre couvert reste à votre charge. Une exclusion désigne une situation dans laquelle la garantie ne s’applique pas selon les conditions du contrat. Découvrir sa franchise après le sinistre C’est sans doute la principale erreur. La bonne question n’est pas seulement : « Combien coûte mon assurance ? » mais également : « Combien pourrais-je devoir payer si le risque survient ? » Comment comparer deux contrats d’assurance ? Avant de souscrire, examinez au minimum : les garanties couvertes ; les exclusions ; les plafonds d’indemnisation ; le montant des franchises ; leur mode de calcul ; les franchises propres à chaque garantie ; le coût annuel du contrat ; les éventuelles options de réduction ou de rachat de franchise. Un contrat moins cher n’est pas nécessairement moins protecteur. À l’inverse, une prime plus élevée ne garantit pas automatiquement de meilleures conditions d’indemnisation. Il faut comparer l’ensemble du couple couverture/prix. C’est particulièrement important en assurance professionnelle, où une mauvaise adéquation entre franchise, activité et trésorerie peut avoir un impact plus significatif. À cet effet, il est recommandé de comparer les offres et de simuler l’impact financier des différents niveaux de franchise. Ce qu’il faut retenir La franchise en assurance est la partie d’un sinistre qui reste à la charge de l’assuré selon le contrat. Son montant et son mode de calcul peuvent varier selon le contrat et la garantie. Elle peut être fixe, proportionnelle ou mixte. À garanties comparables, accepter une franchise plus importante peut contribuer à réduire la cotisation. Une franchise faible réduit le reste à charge mais peut augmenter le prix de la couverture. Certaines franchises sont encadrées réglementairement, notamment dans le régime des catastrophes naturelles. Pour un particulier, la franchise Cat Nat est actuellement de 380 € dans le cas général et de 1 520 € pour certains dommages liés à la sécheresse-réhydratation. Un rachat de franchise peut réduire le reste à charge, mais son coût doit être comparé au bénéfice attendu. Le bon niveau de franchise dépend du budget, du risque couvert et de la capacité à absorber financièrement un sinistre. Comparer une assurance uniquement sur sa cotisation est insuffisant. La formule utilisée dans l’épisode résume finalement bien l’enjeu : « L’assurance, ce n’est pas juste être couvert, c’est aussi comprendre comment vous êtes couvert. » La franchise en assurance constitue un élément essentiel du contrat, car elle détermine directement la part du risque conservée par l’assuré. Une franchise élevée peut permettre de réduire le coût de l’assurance, mais expose à un reste à charge plus important. Une franchise faible apporte davantage de prévisibilité en cas de sinistre, généralement en contrepartie d’une cotisation potentiellement plus élevée. Le bon réflexe consiste donc à ne jamais regarder uniquement le prix : garanties, exclusions, plafonds et franchises doivent être analysés ensemble. Retrouvez l’intégralité de cet épisode d’Assurance en coulisses sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Pour rejoindre l'aventure et comprendre l'assurance, abonnez-vous. FAQ Qu’est-ce qu’une franchise en assurance ? Une franchise est la partie d’un sinistre couvert qui reste à la charge de l’assuré selon les modalités de son contrat. Par exemple, avec 1 000 € de dommages couverts et une franchise de 200 € déduite de l’indemnisation, l’assureur verse 800 € et l’assuré conserve 200 € à sa charge. Pourquoi doit-on payer une franchise ? La franchise permet notamment de conserver une partie du risque à la charge de l’assuré et de limiter la gestion de sinistres de très faible montant. Elle intervient également dans la tarification : à garanties comparables, une franchise plus élevée peut généralement contribuer à diminuer la cotisation. Comment calculer une franchise d’assurance ? Tout dépend du contrat. Une franchise peut être un montant fixe, par exemple 300 €, un pourcentage des dommages, par exemple 10 %, ou une formule mixte prévoyant un pourcentage assorti d’un minimum et d’un maximum. Qui paie la franchise en cas de sinistre ? La franchise correspond, par principe, à la part laissée à la charge de l’assuré selon les modalités prévues par le contrat et la situation. Son application peut toutefois dépendre de la garantie, des responsabilités et des règles spécifiques au sinistre concerné. Quelle est la différence entre franchise fixe et proportionnelle ? Une franchise fixe correspond à une somme déterminée à l’avance, par exemple 250 €. Une franchise proportionnelle correspond à un pourcentage des dommages. Avec 10 % de franchise sur 5 000 € de dommages, la franchise représente ainsi 500 €. Peut-on racheter une franchise ? Certains contrats proposent un rachat partiel ou total de franchise en échange d’une cotisation supplémentaire. L’intérêt dépend du prix de cette option, du montant de la franchise évitée et de la probabilité d’avoir un sinistre concerné. Quelle est la franchise en cas de catastrophe naturelle ? Pour les habitations et autres biens non professionnels, la franchise réglementaire est actuellement de 380 €. Elle atteint 1 520 € pour certains dommages consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols. Des règles différentes s’appliquent aux biens professionnels. Franchise élevée ou basse : que choisir ? Une franchise élevée peut contribuer à réduire la cotisation, mais augmente le reste à charge en cas de sinistre. Une franchise basse réduit l’effort financier lors d’un dommage mais peut rendre le contrat plus cher. Le bon niveau dépend du budget et de la capacité à absorber un sinistre. Une assurance moins chère a-t-elle toujours une franchise plus élevée ? Non. Il existe souvent une relation entre niveau de franchise et tarification, mais le prix dépend aussi de nombreux autres critères : garanties, plafonds, profil de risque, exclusions, caractéristiques du bien ou politique tarifaire de l’assureur. Il faut donc comparer les contrats dans leur ensemble. 📚 RECOMMANDATIONS Télécharge ma fiche : Comprendre la franchise en assurance Comment fonctionne la franchise en matière d'assurance habitation ? Code des assurances - Article 121-1 Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1.Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2.Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3.Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube 5.Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Intro 00:00:31-Définition : Franchise en assurance 00:01:40-Pourquoi la franchise existe ? 00:02:30-Dans quels types de contrat nous retrouvons une franchise ? 00:03:27-Les types de franchise 00:04:00-Le rachat de franchise 00:04:40-Quelques conseils 00:05:06-En résumé 00:05:26-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Assurance vie ou PER : comment choisir selon son profil ?
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Assurance vie ou PER : comment choisir selon ses objectifs ? Assurance vie ou PER ? Derrière cette question apparemment simple se cachent deux logiques d’épargne très différentes. L’une privilégie la disponibilité du capital et la transmission. L’autre est conçue avant tout pour préparer la retraite et peut offrir un avantage fiscal au moment des versements. Pourtant, vouloir absolument désigner un gagnant est probablement une erreur. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Maxime Desjardins, conseiller en gestion de patrimoine, défend une autre approche : avant de comparer les produits, il faut définir son horizon, ses besoins de liquidité, sa fiscalité et ses projets de vie. Car le meilleur produit d’épargne n’existe pas dans l’absolu. Il existe surtout des solutions plus ou moins adaptées à une situation donnée. Résumé de l’épisode Avant de devenir conseiller en gestion de patrimoine, Maxime Desjardins a exercé pendant six ans comme opticien-optométriste. La période du Covid l’amène à changer de voie, à rejoindre la gestion privée puis à lancer sa propre activité. Au micro d’Assurance en coulisses, il décrypte un débat récurrent : faut-il choisir l’assurance vie ou le Plan d’épargne retraite ? Fiscalité, transmission, disponibilité de l’épargne, performance, ETF, finance responsable ou encore éducation financière : l’épisode dépasse largement la simple comparaison de deux enveloppes. Maxime insiste surtout sur la nécessité de repartir des objectifs de l’épargnant. Son message central est simple : Assurance vie et PER ne sont pas nécessairement concurrents. Ils peuvent répondre à deux étapes et à deux besoins différents d’une même stratégie patrimoniale. Assurance vie ou PER : pourquoi la comparaison est souvent mal posée ? En 2025, les Français ont versé 192,1 milliards d’euros en assurance vie, soit 17,1 milliards de plus qu’en 2024. Dans le même temps, les versements sur les PER assurantiels ont atteint 20,2 milliards d’euros, en hausse de 16 % (source : France Assureurs). Les deux produits occupent donc une place importante dans l’épargne française, mais ils n'ont pas été conçus avec la même finalité. Maxime Desjardins le résume par deux critères : l’objectif et l’horizon. « D’un côté, on a du moyen terme, de l’autre du très long terme avec l’horizon retraite. » L’opposition « assurance vie vs PER » devient alors moins pertinente. La bonne question est plutôt : De quand aurai-je besoin de cet argent et pourquoi suis-je en train de l’épargner ? Quelle est la différence entre une assurance vie et un PER ? Les deux enveloppes permettent d'investir une épargne sur différents supports. Elles peuvent toutes deux intégrer des actifs plus ou moins risqués et proposer de la gestion libre ou pilotée. Mais leur fonctionnement fiscal et surtout leur disponibilité diffèrent fortement. Critère Assurance vie PER individuel Objectif principal Épargne, projets, transmission Préparation de la retraite Disponibilité Rachat possible à tout moment En principe bloqué jusqu’à la retraite mais possible cas de déblocage sous condition. Avantage fiscal à l’entrée Non Versements volontaires potentiellement déductibles Fiscalité à la sortie Fiscalité des gains, plus favorable après 8 ans Dépend notamment de la déduction à l’entrée. Transmission Clause bénéficiaire et régime spécifique Possible notamment avec un PER assurantiel Horizon naturel Moyen / long terme Long terme, jusqu’à la retraite Gestion du risque Selon objectifs du contrat Souvent désensibilisée à l’approche de la retraite L’assurance vie : une enveloppe flexible L’assurance vie peut servir à constituer progressivement un capital, préparer un projet, compléter sa retraite ou organiser la transmission d’un patrimoine. Contrairement à une idée fréquente, l’argent n’est pas bloqué pendant huit ans. Un rachat peut intervenir avant. Les huit ans constituent surtout un seuil fiscal : après huit ans, les gains compris dans les rachats bénéficient notamment d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. (source : economie.gouv.fr) Cette nuance est importante : ouvrir une assurance vie ne signifie pas immobiliser son capital huit années. Le PER : une enveloppe orientée retraite Le Plan d’épargne retraite individuel est né de la loi Pacte de 2019. Son objectif est beaucoup plus ciblé : accumuler une épargne pendant la vie active afin de récupérer ensuite un capital, une rente ou une combinaison des deux à la retraite. (Source: economie.gouv.fr) Le capital est donc, par principe, indisponible jusque-là. C’est précisément cette contrainte qui explique en partie l’avantage fiscal associé au PER. Fiscalité du PER : déduction, et non réduction d’impôt C’est l’une des confusions les plus importantes relevées pendant l’épisode. On entend fréquemment : « Le PER permet d’avoir une réduction d’impôt. » Techniquement, pour les versements volontaires concernés, il s’agit d’une déduction du revenu imposable, dans la limite du plafond disponible. La différence est importante. Si une personne verse 5 000 euros sur son PER, elle ne reçoit pas automatiquement 5 000 euros de réduction d’impôt. Le gain fiscal dépend notamment de sa tranche marginale d’imposition. Maxime considère ainsi, dans sa pratique, que l'intérêt du mécanisme devient généralement plus significatif pour des contribuables situés dans une tranche marginale de 30 % ou davantage. Il s’agit toutefois de son appréciation patrimoniale, et non d’un seuil légal universel. Ce qui change pour le PER en 2026 Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Autre évolution : pour les versements réalisés à partir de 2026, certains plafonds de déduction non utilisés peuvent désormais être mobilisés sur les cinq années précédentes, selon les règles applicables. L’avantage fiscal du PER n’est pas « gratuit » Le point essentiel de l’épisode est ailleurs : regarder uniquement l'économie d'impôt réalisée lors du versement est insuffisant. Il faut également comprendre la fiscalité à la sortie. Lorsque des versements volontaires ont été déduits, la part du capital correspondant à ces versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la sortie en capital. Les gains suivent leur propre régime fiscal. Depuis 2026, le prélèvement global indiqué par Bercy sur ces produits atteint 31,4 %. Le PER doit donc s’analyser dans sa totalité : avantage fiscal aujourd’hui + durée de placement + rendement potentiel + fiscalité future. Assurance vie : huit ans ne signifient pas huit ans de blocage C’est probablement l’un des passages qui mérite le plus d’être clarifié pour les épargnants. L’assurance vie est souvent présentée comme un produit à « garder huit ans ». C’est vrai d’un point de vue fiscal, mais pas d’un point de vue juridique. Vous pouvez effectuer un rachat partiel ou total avant huit ans. Seuls les gains contenus dans le retrait sont imposables, selon le régime applicable au contrat. (Source : economie.gouv.fr) L’ancienneté reste toutefois stratégique. Elle ouvre notamment la voie, après huit ans, aux abattements annuels sur les gains. À retenir : huit ans est un cap fiscal, pas une période d’indisponibilité. Liquidité : le critère qui peut immédiatement départager PER et assurance vie Dans l’épisode, Maxime prend des exemples simples : mariage, études d’un enfant, acquisition immobilière, dépense imprévue… Si le besoin de capital est déjà identifié, immobiliser cette somme jusqu’à la retraite peut être incohérent. « Si on a un besoin de liquidité identifié […] on ne bloque pas les fonds. » Le PER prévoit néanmoins six situations principales de déblocage anticipé, notamment l’invalidité, le décès du conjoint ou partenaire de Pacs, l’expiration des droits au chômage, le surendettement, certaines liquidations judiciaires et l’acquisition de la résidence principale avec une exception pour certains droits issus de versements obligatoires. (Source : economie.gouv.fr) Mais ces possibilités ne doivent pas transformer le PER en épargne de précaution. L’épargne de précaution doit venir avant. Maxime insiste particulièrement sur ce point. Avant de rechercher du rendement ou un avantage fiscal, il faut conserver une réserve d’argent mobilisable pour les dépenses imprévues. C’est une règle élémentaire de gestion patrimoniale : ne pas investir une somme dont on risque d’avoir rapidement besoin. L’assurance vie peut ensuite constituer une seconde couche d’épargne, mais elle ne remplace pas nécessairement une réserve immédiatement disponible. Rendement : ce n’est pas l’enveloppe qui fait la performance L’un des meilleurs passages de l’épisode concerne cette phrase souvent entendue : « Le rendement de l’assurance vie est mauvais. » La réponse de Maxime est nette : « Ça ne veut rien dire. L’assurance vie, ça dépend de ce qu’on a dedans. » C’est essentiel pour comprendre aussi bien l’assurance vie que le PER. Une enveloppe fiscale n’est pas, en elle-même, un placement unique. La performance dépend notamment : des supports choisis ; du niveau de risque ; de l’allocation entre fonds en euros et unités de compte ; des frais ; des arbitrages ; de l’horizon de placement. Deux contrats différents investis exactement sur les mêmes supports et supportant les mêmes frais devraient produire une performance comparable avant effets fiscaux. PER et gestion pilotée : réduire progressivement le risque L’horizon retraite permet néanmoins une différence de gestion. Un investisseur encore éloigné de la retraite peut accepter davantage de volatilité si son profil le permet. À mesure que l’échéance approche, l’enjeu devient progressivement de sécuriser le capital accumulé. C’est le principe de la gestion pilotée à horizon, mode de gestion proposé par défaut sur les PER : l’épargne peut être davantage exposée à des actifs risqués lorsque la retraite est lointaine, puis progressivement orientée vers des supports moins risqués. (Source : AMF France) Attention toutefois : l’AMF rappelle que « moins risqué » ne signifie pas absence totale de risque. ETF : la diversification doit être regardée au-delà du nombre de lignes L’épisode aborde également la montée des ETF dans l’assurance vie et le PER. Un ETF permet de suivre la performance d’un indice ou d’un panier d’actifs. Mais Maxime met en garde contre une lecture trop superficielle de la diversification. Un fonds peut contenir des centaines, voire des milliers de titres tout en restant très exposé à une poignée de grandes entreprises si celles-ci représentent une part importante de l’indice. Autrement dit : Nombre de lignes ≠ diversification effective. La vraie analyse doit porter sur la concentration, les secteurs, les zones géographiques et le risque global du portefeuille. Transmission : l’assurance vie garde un rôle central, mais le PER compte aussi. La transmission est souvent associée immédiatement à l’assurance vie. Et pour cause : le souscripteur peut désigner un ou plusieurs bénéficiaires grâce à une clause spécifique. Pour les sommes versées avant 70 ans, le régime fiscal peut notamment prévoir un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, selon les conditions applicables. Les règles diffèrent pour les versements réalisés après 70 ans. (Source : economie.gouv.fr) Il faut donc éviter le raccourci « assurance vie = toujours hors succession sans limite ». La situation dépend notamment : de l’âge lors des versements ; de la date des primes ; du bénéficiaire ; du montant transmis. Et le PER ? Le PER assurantiel peut lui aussi permettre la désignation de bénéficiaires. En cas de décès, les règles diffèrent notamment selon que le PER prend la forme d’un compte-titres ou d’un contrat d’assurance. Pour le PER assurantiel, le régime de transmission varie également selon que le décès intervient avant ou après 70 ans. (Source : Service Public) C’est pourquoi Maxime refuse là encore une opposition systématique entre les deux enveloppes. Assurance vie ou PER : comment choisir concrètement ? Plutôt que de demander « lequel est le meilleur ? », quatre questions permettent déjà de clarifier la décision. 1. Quand aurez-vous besoin de cet argent ? Projet à cinq ans ? Retraite dans vingt-cinq ans ? Transmission ? L’horizon est le premier filtre. 2. Votre fiscalité rend-elle réellement le PER intéressant ? Le niveau de revenu n’est pas le seul critère. Il faut étudier : la tranche marginale d’imposition ; le plafond de déduction disponible ; la fiscalité future probable ; la capacité à immobiliser l’épargne. 3. Disposez-vous déjà d’une épargne de précaution ? Si la réponse est non, la recherche d’optimisation fiscale doit probablement attendre. 4. Quel est votre objectif patrimonial ? Préparer la retraite, financer un projet, transmettre, protéger un conjoint ou conserver de la liquidité ne conduisent pas forcément à la même enveloppe. Dans quels cas l’assurance vie peut être davantage adaptée ? Sans constituer une recommandation individuelle, l’assurance vie peut être cohérente lorsque : la disponibilité de l’épargne est importante ; plusieurs projets sont envisagés avant la retraite ; la transmission est un objectif important ; l’épargnant souhaite conserver une grande flexibilité ; le bénéfice fiscal immédiat du PER est faible par rapport à ses contraintes. Dans quels cas le PER peut-il être pertinent ? Le PER mérite notamment d’être étudié lorsque : l’objectif est clairement la préparation de la retraite ; l’horizon est long ; l’épargnant peut immobiliser une partie de son patrimoine ; la déduction du revenu imposable présente un intérêt réel ; l’épargne de précaution est déjà constituée. Mais là encore, il n’existe pas de règle universelle du type « PER à partir de tel salaire ». Peut-on cumuler assurance vie et PER ? Oui. Et c’est même l’un des principaux enseignements de l’épisode. Maxime explique qu’il a tendance, dans certaines situations, à associer les deux enveloppes plutôt qu’à choisir exclusivement l’une ou l’autre. L’assurance vie peut répondre à une logique de disponibilité, de transmission et de projets à moyen terme. Le PER peut constituer une poche distincte destinée à la retraite. La complémentarité permet donc de donner une mission différente à chaque euro épargné. Les trois erreurs les plus fréquentes selon Maxime Desjardins 1. Ne pas savoir ce que contient son contrat Fonds, frais, niveau de risque, allocation : beaucoup d’épargnants connaissent le nom de leur enveloppe sans comprendre réellement leur investissement. 2. Ne jamais piloter son épargne Un placement adapté aujourd’hui peut ne plus l’être dans cinq ans. Un achat immobilier, un enfant, une hausse de revenus ou le rapprochement de la retraite peuvent justifier un nouvel arbitrage. 3. Choisir uniquement pour payer moins d’impôts L’optimisation fiscale ne doit pas devenir l’objectif patrimonial. Réduire son revenu imposable aujourd’hui n’a pas beaucoup de sens si l’on immobilise une somme dont on aura besoin prochainement. Éducation financière : comprendre avant d’investir L’épisode déborde finalement du simple duel assurance vie/PER. Maxime estime que la faiblesse de l’éducation financière explique une partie de la méfiance des Français à l’égard de l’investissement. Sa formule est simple : « L’investissement, c’est risqué ? Non, pas systématiquement. » Cela ne signifie évidemment pas que tout investissement est sans risque. Au contraire, le point consiste à comprendre le triptyque qu’il évoque : performance, risque et liquidité. Chercher davantage de rendement suppose généralement d’accepter certaines contreparties : fluctuation du capital, durée de détention, moindre disponibilité ou combinaison de ces facteurs. Assurance vie, PER et investissement responsable Dernier sujet abordé : les critères ESG et l’investissement responsable. Là encore, l’intitulé d’un fonds ne suffit pas. Maxime conseille aux épargnants ayant des convictions fortes de regarder : la composition réelle des fonds ; leur niveau de concentration ; les secteurs financés ; les critères d’exclusion ; les labels utilisés. Un ETF comportant « ESG » dans son nom ne signifie pas nécessairement que l’ensemble des entreprises détenues correspondra aux convictions personnelles de l’investisseur. L’enveloppe assurance vie ou PER compte finalement moins ici que les supports réellement sélectionnés à l’intérieur. Ce qu’il faut retenir Assurance vie et PER n’ont pas exactement la même finalité. L’assurance vie reste disponible : huit ans est un seuil fiscal, pas une période de blocage. Le PER est conçu pour la retraite et son capital est en principe immobilisé jusqu’à cette échéance. Les versements volontaires sur un PER peuvent être déductibles du revenu imposable dans certaines limites. Une économie fiscale à l’entrée doit toujours être comparée à la fiscalité à la sortie. Le rendement dépend avant tout des supports, des frais et du niveau de risque. La gestion du risque doit évoluer avec l’horizon. L’assurance-vie joue un rôle important pour la transmission. Le PER assurantiel possède également des mécanismes successoraux. Le choix dépend surtout des objectifs, de la liquidité nécessaire et de l’horizon. Pour de nombreux profils, la réponse peut être : assurance vie et PER plutôt qu’assurance vie ou PER. Alors, assurance vie ou PER ? Le principal enseignement de cet échange avec Maxime Desjardins est qu’il n’existe pas de vainqueur universel. L’assurance vie se distingue par sa souplesse, son accès au capital et ses possibilités en matière de transmission. Le PER répond à une logique plus ciblée : préparer la retraite tout en pouvant bénéficier d’une déduction fiscale pendant la phase d’épargne. Mais choisir uniquement sur la fiscalité ou le rendement serait passer à côté du véritable sujet. La première question devrait toujours être : quel est mon objectif et quand aurai-je besoin de mon argent ? Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil patrimonial ou fiscal individualisé. Les règles fiscales pouvant évoluer, il convient de vérifier la réglementation applicable à sa situation. Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Maxime Desjardins dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et les principales plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Maxime Desjardins via LinkedIn https://desjardinsconseilpatrimoine.fr/ FAQ Quelle différence entre une assurance vie et un PER ? L’assurance vie est une enveloppe d’épargne flexible permettant notamment de financer des projets, de préparer la retraite ou de transmettre un capital. Le PER est spécifiquement conçu pour préparer la retraite. L’assurance vie permet des rachats à tout moment, tandis que l’épargne du PER reste en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf exceptions prévues par la loi. Est-il préférable d’ouvrir une assurance vie ou un PER ? Il n’existe pas de réponse universelle. L’assurance vie convient davantage aux personnes recherchant de la souplesse et pouvant avoir besoin de leur capital avant la retraite. Le PER peut être pertinent pour une épargne de long terme destinée à la retraite, notamment lorsque la déduction fiscale des versements présente un réel intérêt. Peut-on avoir une assurance vie et un PER ? Oui. Les deux produits peuvent être complémentaires. Une assurance vie peut répondre aux objectifs de liquidité, de projets à moyen terme et de transmission, tandis qu’un PER peut constituer une poche spécifiquement consacrée à la retraite. La répartition dépend de l’horizon, de la fiscalité et des besoins personnels. (Source: economie.gouv.fr) L’argent placé sur une assurance vie est-il bloqué pendant huit ans ? Non. Vous pouvez effectuer un rachat sur une assurance vie avant huit ans. Les huit ans correspondent essentiellement à une étape fiscale : après cette durée, les gains compris dans les rachats bénéficient notamment d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple imposé conjointement. (source : economie.gouv.fr). L’argent du PER est-il bloqué jusqu’à la retraite ? En principe, oui. Le PER est conçu comme un placement de long terme destiné à la retraite. La réglementation prévoit néanmoins plusieurs cas de déblocage anticipé, notamment certains accidents de la vie et l’acquisition de la résidence principale. Les modalités fiscales de ces sorties varient selon la situation. (Source: economie.gouv.fr) Le PER permet-il de réduire ses impôts ? Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond disponible. Il s’agit donc techniquement d’une déduction et non d’une réduction d’impôt. L’économie réelle dépend notamment de la tranche marginale d’imposition. À la sortie, une fiscalité s’applique également selon le mode choisi et l’origine des versements. Le PER est-il intéressant à partir d’un certain salaire ? Il n’existe pas de salaire légal à partir duquel le PER deviendrait automatiquement intéressant. Maxime Desjardins estime dans l’épisode que l’intérêt fiscal est souvent plus marqué à partir d’une tranche marginale d’imposition de 30 %, mais la décision dépend aussi de l’horizon, du besoin de liquidité et des objectifs patrimoniaux. Quel est le plus rentable entre assurance vie et PER ? Aucun des deux n’est intrinsèquement plus performant. Le rendement dépend principalement des supports d’investissement choisis, des frais, de l’allocation et du niveau de risque. À supports et frais identiques, les performances brutes peuvent être très proches. La différence se joue ensuite notamment sur la fiscalité et l’horizon. Assurance vie ou PER pour transmettre son patrimoine ? L’assurance vie dispose d’un régime de transmission particulièrement connu, avec une clause bénéficiaire et des règles fiscales spécifiques. Un PER assurantiel peut également permettre la désignation de bénéficiaires. Les règles diffèrent cependant selon l’âge, le type de PER et les circonstances du décès. Une analyse personnalisée est donc nécessaire. 📚 RECOMMANDATIONS Podcast : Finary - Mounir Laggoune Livre : Un Paradoxe Financier Etonnant - Le lièvre et la tortue Livre : La psychologie de l'argent, Quelques leçons intemporelles sur la richesse, la cupidité et le bonheur Livre : L'investisseur intelligent - Benjamin Graham Musique : Gala - Freed from desire Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube 📖 CHAPITRES 00:00:00-Intro 00:02:41-Présentation 00:04:04-Question signature 00:05:46-Définition simple à 100 % Assurance vie vs PER 00:06:31-Enjeux de société Retraite, épargne 00:08:39-Comment choisir entre assurance-vie et PER ? 00:10:46-Qu'est-ce qu'on oublie quand on parle d'assurance-vie ? 00:11:34-L'incompréhension autour du Plan Épargne Retraite 00:12:23-Assurance-vie et PER, des produits comparables ? 00:13:52-Objectif patrimonial de l'assurance-vie 00:15:18-L'avantage d'avoir un produit d'épargne retraite 00:16:42-PER : Niveau de revenu et réduction d'impôt ? 00:19:51-Le PER un produit intéressant pour optimiser son patrimoine en ayant une société ? 00:22:13-Comment arbitrer la fiscalité entre l'assurance-vie et le PER ? 00:23:37-Liquidité entre l'assurance-vie et le PER ? 00:25:32-Comprendre l'intérêt de l'épargne de précaution 00:27:23-Transmission patrimoniale : assurance-vie ou PER ? 00:30:08-Allocation et performance entre l'assurance-vie vs PER 00:35:07-Investissement ESG 00:39:26-Match : Assurance-vie vs PER ? 00:40:10-3 Erreurs sur l'assurance-vie et le PER 00:42:22-Une idée reçue sur l'investissement 00:44:30-Recos podcast/livres sur l'investissement 00:46:50-Question signature 00:47:38-Mot de la fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire. Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux. LinkedIn - YouTube - Instagram - TikTok
- Assurabilité des risques : le rôle de France Assureurs
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Assurabilité des risques : comment France Assureurs prépare l’assurance de demain L’assurabilité des risques est devenue l’un des grands sujets du secteur de l’assurance. Changement climatique, catastrophes naturelles, cyber-risques, intelligence artificielle, inflation des sinistres : le modèle assurantiel français est confronté à des transformations profondes. Mais derrière les débats parfois anxiogènes sur les risques “inassurables”, une question mérite d’être posée : parle-t-on vraiment du bon problème ? Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, ouvre les portes d’une fédération souvent méconnue du grand public, mais centrale dans le fonctionnement du secteur. Son message est clair : l’assurance doit continuer à s’adapter, mais elle ne pourra pas répondre seule aux grands défis systémiques. Résumé de l'épisode Dans cet échange, Antoine Gandois reçoit Paul Esmein, directeur général de France Assureurs. Ancien commissaire contrôleur des assurances, passé par la Direction générale du Trésor puis par le groupe Covéa, Paul Esmein partage une vision à la fois institutionnelle, opérationnelle et humaine du secteur. L’épisode explore le rôle concret de France Assureurs, les enjeux liés à l’assurabilité, le changement climatique, le régime des catastrophes naturelles, la prévention, l’assurance vie, l’intelligence artificielle et la relation de confiance entre assureurs et assurés. L’intérêt de cet épisode tient à sa capacité à remettre de la nuance dans un débat souvent dominé par les inquiétudes : non, tous les problèmes ne sont pas d’abord des problèmes d’assurance. France Assureurs : un acteur central Quand on parle d’assurance, on pense souvent aux contrats, aux primes ou aux sinistres. Beaucoup moins aux fédérations professionnelles. Pourtant, France Assureurs joue un rôle structurant dans l’écosystème. Paul Esmein décrit son quotidien comme celui d’un dirigeant de fédération professionnelle. Cela implique un travail de représentation, de défense des intérêts de la profession, de dialogue avec les pouvoirs publics, les parlementaires, mais aussi les institutions européennes. Une partie importante de la réglementation assurantielle étant élaborée au niveau européen, Bruxelles occupe une place croissante dans les échanges du secteur. Mais le rôle de France Assureurs ne se limite pas aux affaires publiques. La fédération intervient aussi sur le dialogue social de branche, la communication, la production d’expertise et l’objectivation du débat public. Paul Esmein insiste sur un point souvent oublié : l’assurance est un métier pluriel. L’assurance vie, l’assurance santé, les grands risques, l’assurance automobile ou les risques climatiques ne répondent pas aux mêmes logiques. Pour faire avancer les débats, France Assureurs s’appuie donc sur des équipes expertes par branche, mais aussi sur une importante capacité statistique. À retenir : France Assureurs n’est pas seulement une structure de représentation. C’est aussi un lieu d’expertise, de coordination et de production de données pour éclairer les débats du secteur. Pourquoi l’assurance est un pilier économique invisible ? L’épisode commence avec un chiffre fort : en 2024, les assureurs ont géré 13 millions de sinistres, soit un sinistre toutes les deux secondes. Ce chiffre rappelle à quel point l’assurance est présente dans la vie quotidienne des Français, même lorsqu’elle reste invisible. L’assurance protège les logements, les entreprises, les véhicules, les événements, les infrastructures, les personnes et les patrimoines. Elle ne se résume donc pas à une relation commerciale entre un assureur et un assuré. Elle constitue un mécanisme de résilience collective. C’est précisément ce paradoxe qui traverse l’épisode : l’assurance est partout, mais elle reste mal comprise. Elle est critiquée lorsqu’elle ne répond pas comme attendu, mais rarement valorisée lorsqu’elle permet à la société de fonctionner. Paul Esmein rappelle d’ailleurs que les assureurs ne veulent pas être seulement des vendeurs de contrats. Ils ont vocation à accompagner les assurés dans la durée, en tant que partenaires de confiance. Il évoque aussi l’ensemble de l’écosystème de l’assurance, qui représente près de 300 000 personnes en France en incluant notamment les distributeurs et les experts. Assurabilité des risques : un débat souvent mal posé L’un des passages les plus importants de l’épisode concerne l’assurabilité des risques. Le terme revient de plus en plus souvent dans le débat public. On parle de crise de l’assurance, de risques inassurables, de secteurs qui ne trouveraient plus de couverture, d’entreprises ou de collectivités en difficulté. Pour Paul Esmein, il faut regarder ces sujets avec sérieux, mais aussi avec méthode. Il ne nie pas l’existence de difficultés. Certaines filières, certains risques ou certains territoires peuvent effectivement rencontrer des tensions assurantielles. Il cite notamment des discussions autour de la filière bois ou des panneaux photovoltaïques. Mais il met en garde contre les généralisations excessives. Selon lui, il existe parfois un décalage entre l’expression médiatique d’un problème et sa réalité statistique. Avant de conclure à une crise systémique de l’assurabilité, il faut donc mesurer, objectiver et comprendre l’ampleur réelle du phénomène. Sa formule résume bien l’enjeu : “Parfois, on se trompe de problème.” Autrement dit, certains sujets présentés comme des problèmes d’assurance sont parfois d’abord des problèmes de prévention, d’aménagement du territoire, de sécurité, de normes techniques ou de politiques publiques. Exemple : les émeutes en Nouvelle-Calédonie Paul Esmein donne un exemple particulièrement parlant : les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Il rappelle qu’en 2024, elles ont représenté près d’un milliard d’euros de sinistralité pour les assurances, alors que l’ensemble des primes annuelles en Nouvelle-Calédonie toutes branches confondues représenterait environ 150 millions d’euros. La question devient alors : s’agit-il d’abord d’un problème d’assurabilité ou d’un problème de maintien de l’ordre ? Pour Paul Esmein, si l’on ne s’attaque pas aux causes profondes, on risque de demander à l’assurance de compenser des déséquilibres qu’elle ne peut pas absorber seule. Changement climatique : le grand test du modèle assurantiel français Le changement climatique occupe une place centrale dans l’épisode. Il transforme la fréquence, l’intensité et la localisation de certains risques. Inondations, sécheresses, tempêtes, retrait-gonflement des argiles : les événements climatiques questionnent directement la capacité du modèle assurantiel à rester durable. Paul Esmein ne minimise pas l’ampleur du défi. Mais il rappelle que la France part d’une situation très favorable en matière de couverture. Sur le risque habitation, il souligne que quasiment toute la population est couverte, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays européens. Il évoque certains pays développés où les taux de couverture peuvent être de l’ordre de 30 à 50 %. La France bénéficie également d’un régime spécifique : le régime des catastrophes naturelles, souvent appelé régime Cat Nat. Le régime Cat Nat : un “trésor national” à préserver Pour Paul Esmein, le régime des catastrophes naturelles est un véritable “trésor national”. Il permet de couvrir certains périls comme les inondations ou la sécheresse, dans un cadre relativement protecteur pour les assurés. Peu de pays disposent d’un dispositif comparable. Ce régime n’est toutefois pas un acquis éternel. La montée des risques climatiques impose de le préserver, de l’adapter et de renforcer les politiques de prévention. L’enjeu n’est pas seulement de savoir si l’assurance pourra payer demain. Il est aussi de savoir si la société prendra les bonnes décisions aujourd’hui pour limiter la vulnérabilité des biens et des territoires. Paul Esmein insiste sur la complémentarité des responsabilités : les assureurs ont un rôle à jouer, mais les pouvoirs publics, les élus locaux, les entreprises et les particuliers aussi. Cela concerne notamment : l’aménagement du territoire ; l’entretien des digues ; les décisions sur les zones habitables ou non ; les mesures d’adaptation des bâtiments ; la diffusion d’une culture du risque. Prévention : passer d’une logique d’indemnisation à une culture du risque La prévention est l’un des fils rouges de l’épisode. Pour Paul Esmein, elle a toujours été au centre de l’assurance. Un risque mieux prévenu est un risque mieux maîtrisé. Il peut aussi contribuer à réduire la sinistralité et donc, à long terme, à préserver l’équilibre économique du système. Mais la prévention n’a pas la même réalité selon que l’on parle d’une entreprise ou d’un particulier. Dans les entreprises, surtout les plus grandes, la culture du risque est souvent plus développée. Les assureurs et les entreprises peuvent dialoguer sur les conditions de couverture, les mesures de protection, les pratiques de gestion des risques. Pour les particuliers, la situation est plus complexe. Adapter son logement au changement climatique peut coûter cher. Tout le monde n’a pas les moyens d’engager des travaux contre les inondations, la sécheresse ou d’autres aléas climatiques. Paul Esmein évoque notamment l’importance de dispositifs de soutien comme le fonds Barnier pour accompagner les particuliers dans les travaux de réduction de vulnérabilité. La prévention suppose aussi une acculturation. Les Français ont davantage conscience des risques climatiques qu’on ne le pense, notamment grâce aux images d’inondations ou de catastrophes diffusées dans les médias. Mais lorsqu’on leur demande quelles mesures concrètes prendre, beaucoup ne savent pas quoi faire. C’est là que l’éducation assurantielle devient essentielle. À retenir : La prévention ne consiste pas seulement à dire aux assurés de faire attention. Elle suppose de les informer, de les accompagner et de financer certaines adaptations lorsque les coûts dépassent leurs capacités. Intelligence artificielle : un défi réglementaire autant que technologique L’épisode aborde également l’intelligence artificielle dans l’assurance. Pour Paul Esmein, le premier chantier est celui d’une IA responsable, capable de prendre en compte la réalité des risques et des menaces. Mais l’enjeu ne se limite pas à l’automatisation des processus. L’IA pose aussi des questions profondes sur la réglementation, la distribution et le devoir de conseil. Paul Esmein prend un exemple très concret : que se passe-t-il si demain un assuré confie à une intelligence artificielle le soin de souscrire un contrat d’assurance à sa place ? La réglementation actuelle du devoir de conseil repose largement sur l’idée d’un échange avec un humain : comprendre les besoins, transmettre les informations précontractuelles, vérifier la bonne compréhension du client. Si une IA devient l’intermédiaire de fait, comment appliquer ces obligations ? Qui doit recevoir l’information ? Qui doit comprendre le produit ? L’assuré ? L’agent IA ? L’assureur ? Le distributeur ? Ces questions montrent que l’innovation technologique avance souvent plus vite que le cadre réglementaire. Et dans l’assurance, ce décalage est particulièrement sensible, car le secteur repose sur la confiance, la protection du consommateur et la stabilité juridique. Assurance vie : un produit de long terme dans un monde court-termiste Autre sujet abordé : l’assurance vie. Dans un contexte de volatilité économique, de débats fiscaux et d’interrogations sur le financement de l’économie, Paul Esmein rappelle une évidence parfois oubliée : l’assurance vie est un placement de long terme. Selon lui, la durée moyenne d’un contrat d’assurance vie est d’environ treize ans. On ne peut donc pas analyser ce produit uniquement à travers les mouvements de marché du jour ou les inquiétudes conjoncturelles. Il souligne également le rôle de l’assurance vie dans le financement de l’économie. D’après son propos dans l’épisode, environ deux tiers de l’assurance vie financent les entreprises, et près d’un quart correspond à des financements en actions. Même les investissements en dette publique contribuent au financement d’infrastructures, de services publics ou de politiques collectives. La vision portée ici est claire : l’assurance vie ne doit pas être réduite à un simple produit patrimonial. Elle joue aussi un rôle macroéconomique. La confiance : le vrai capital de l’assurance Derrière les sujets techniques, l’épisode revient souvent à un thème central : la confiance. Paul Esmein le dit clairement : les assureurs veulent être des partenaires de confiance. Et ce rôle ne doit pas être un slogan. Il doit se traduire dans la durée, dans la relation avec les assurés, dans l’accompagnement et dans la capacité à répondre aux besoins concrets. Ce point est essentiel car l’assurance souffre encore d’une image négative. Beaucoup de personnes ne voient l’assurance qu’au moment de payer leur prime ou lorsqu’un sinistre est mal vécu. Mais le secteur intervient aussi dans des moments de vulnérabilité : accident, maladie, catastrophe, perte d’activité, décès, protection du patrimoine. L’assurance est donc un métier technique, mais aussi profondément humain. Paul Esmein insiste aussi sur l’importance du collectif. Dans son parcours, il retient la valeur de l’intelligence collective, du débat d’idées et de la confrontation constructive des points de vue. Pour lui, on se trompe moins lorsqu’on écoute des personnes qui pensent différemment. Cette idée résonne particulièrement avec le rôle d’une fédération : trouver une position commune entre des acteurs différents, parfois concurrents, mais réunis par des enjeux collectifs. Ce qu’il faut retenir L’assurabilité des risques est un enjeu majeur, mais le débat doit être objectivé. France Assureurs joue un rôle de représentation, d’expertise, de coordination et d’influence. L’assurance française bénéficie d’un haut niveau de couverture, notamment en habitation. Le régime Cat Nat est présenté comme un dispositif précieux à préserver. Le changement climatique impose une mobilisation collective, au-delà des seuls assureurs. La prévention devient centrale pour maintenir la France assurable demain. L’intelligence artificielle pose des questions nouvelles sur le devoir de conseil et la distribution. L’assurance vie doit être comprise comme un produit de long terme et un outil de financement de l’économie. La confiance reste le cœur du modèle assurantiel. L’assurance ne peut pas tout absorber seule : elle doit s’inscrire dans une réponse collective aux risques. L’épisode avec Paul Esmein permet de mieux comprendre l’assurabilité des risques et le rôle de France Assureurs dans un secteur en pleine transformation. Face au changement climatique, aux catastrophes naturelles, à l’intelligence artificielle et aux nouvelles attentes des assurés, l’assurance doit évoluer sans renier ses fondamentaux : mutualiser, mesurer, prévenir, accompagner. Mais l’un des enseignements majeurs de cet échange est ailleurs : l’assurance ne peut pas être la seule réponse à tous les risques. Pour préserver un modèle durable, il faudra renforcer la prévention, objectiver les débats et construire des réponses collectives. Retrouvez l’intégralité de cet échange dans l’épisode d’Assurance en coulisses disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les plateformes d’écoute. FAQ Qu’est-ce que l’assurabilité des risques ? L’assurabilité des risques désigne la capacité d’un risque à être couvert par un contrat d’assurance. Pour qu’un risque soit assurable, il doit pouvoir être identifié, mesuré, mutualisé et tarifé. Lorsque la fréquence ou le coût potentiel devient trop incertain ou trop élevé, la couverture peut devenir plus difficile. Dans l’épisode, Paul Esmein rappelle toutefois que certains débats sur l’inassurabilité sont parfois mal posés. Quel est le rôle de France Assureurs ? France Assureurs est la fédération professionnelle qui représente le secteur de l’assurance en France. Son rôle consiste à défendre les intérêts de la profession, dialoguer avec les pouvoirs publics français et européens, produire de l’expertise, contribuer au débat public et coordonner des positions collectives entre les assureurs. L’épisode montre aussi son rôle dans la pédagogie et l’objectivation des enjeux assurantiels. Pourquoi parle-t-on de risques inassurables ? On parle de risques inassurables lorsque certains événements deviennent difficiles à couvrir en raison de leur coût, de leur fréquence ou de leur incertitude. Cela peut concerner des risques climatiques, politiques, industriels ou cyber. Mais selon Paul Esmein, il faut éviter les raccourcis : certains problèmes présentés comme assurantiels relèvent d’abord de la prévention, de l’aménagement du territoire ou de politiques publiques. Le changement climatique menace-t-il le modèle assurantiel ? Le changement climatique représente un défi majeur pour le modèle assurantiel, car il peut augmenter la fréquence et l’intensité de certains sinistres. Toutefois, le modèle français dispose d’atouts, notamment un fort taux de couverture et le régime des catastrophes naturelles. Pour rester durable, il devra renforcer la prévention, l’adaptation des territoires et la culture du risque. Qu’est-ce que le régime Cat Nat ? Le régime Cat Nat, ou régime des catastrophes naturelles, est un dispositif français qui permet d’indemniser certains dommages causés par des événements naturels comme les inondations ou la sécheresse, lorsqu’un arrêté de catastrophe naturelle est reconnu. Dans l’épisode, Paul Esmein le présente comme un “trésor national” à préserver, car peu de pays disposent d’un système comparable. Pourquoi la prévention est-elle centrale en assurance ? La prévention permet de réduire la fréquence ou la gravité des sinistres. Elle est essentielle pour maintenir un modèle assurantiel durable, notamment face au changement climatique. Elle peut prendre la forme de travaux d’adaptation, de sensibilisation, de règles de construction, d’entretien d’infrastructures ou d’une meilleure culture du risque. Elle nécessite toutefois un accompagnement, surtout pour les particuliers. L’intelligence artificielle va-t-elle transformer l’assurance ? L’intelligence artificielle peut transformer la souscription, la gestion des sinistres, la relation client, l’analyse des risques ou encore la distribution. Mais elle pose aussi des questions réglementaires. Par exemple, si une IA souscrit demain un contrat pour un assuré, comment appliquer le devoir de conseil ? L’épisode montre que l’assurance doit réfléchir collectivement à ces nouveaux usages. Pourquoi l’assurance vie est-elle importante pour l’économie ? L’assurance vie est un produit de long terme qui contribue au financement de l’économie. Dans l’épisode, Paul Esmein rappelle que la durée moyenne d’un contrat est d’environ treize ans et que l’assurance vie participe au financement des entreprises, des actions et de la dette publique. Elle ne doit donc pas être analysée uniquement à travers les fluctuations de marché à court terme. 📚 RECOMMANDATIONS Livre : L’enragé – Sorj Chalandon Pièce de théâtre « ART » - Yasmina Reza Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Générique d’intro 00:01:05-Présentation 00:02:27-Question signature 00:03:10-Parcours pro et vision 00:05:36-Question signature 00:06:43-Prise de fonction - Conseils Franck Levallois 00:07:35-Les coulisses d'une Fédération d'assurance 00:11:32-Réprésentation Nationale 00:14:08-Comment réussir à accompagner les assuré(e)s et assureurs face à un marché qui évolue énormément ? 00:16:20-Défendre les intérêts du secteur face aux pouvoirs publics 00:18:37-France assureurs : Trajectoire pour les prochaines années 00:19:53-L'inassurabilité en France : fausse réalité ? 00:22:53-Garantie Émeute : Exemple Nouvelle Calédonie 00:24:20-Catastrophe Naturelle : Comment se préparer ? 00:28:49-La prévention nouveau moyen pour anticiper les risques ? 00:32:24-Chantier de France Assureurs sur l'essor de l'IA 00:35:24-Réflexion sur la réglementation et son évolution face aux nouvelles technologies 00:38:18-L'assurance-vie toujours autant privilégié malgré l'inflation, crise géopolitique, débat l'impôt improductif 00:41:09-Message à faire passer aux assurés 00:42:36-Question signature 00:43:03-Partage de conseils pro 00:45:02-Mindset en 3 mots 00:46:26-Recos de livres/podcasts 00:47:31-Un conseil pro pour les jeunes 00:48:30-Question signature 00:49:07-Mots de la fin 00:51:19-Générique de fin 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Gestion des sinistres : le métier clé de l’assurance
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music Gestion des sinistres en assurance : le métier où tout se joue La gestion des sinistres est souvent résumée à des délais, des justificatifs, des expertises ou des indemnisations. Pourtant, c’est probablement l’un des moments les plus décisifs de la relation entre un assureur et son assuré. Quand tout va bien, l’assurance reste une promesse. Mais lorsqu’un dégât des eaux, un incendie, un accident ou une catastrophe naturelle survient, cette promesse devient concrète. C’est à ce moment-là que l’assuré juge réellement la qualité de son contrat, la clarté des garanties et la capacité de son assureur à l’accompagner. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, Aurélie Lainé, fondatrice d’AssurAcadémie et créatrice de Sinistrium, revient sur ce métier encore trop peu visible : gestionnaire de sinistres. 🔎 Résumé de l'épisode Aurélie Lainé est entrée dans l’assurance à 18 ans, “un peu par hasard”, avant d’y construire un parcours de plus de 25 ans. Elle a travaillé en agence, en marketing, en assurance de biens, en syndic, puis en management d’équipes sinistres, jusqu’à encadrer plusieurs dizaines de collaborateurs. Cette expérience terrain lui a montré à quel point la gestion des sinistres est un métier complexe, à la fois technique, émotionnel et stratégique. Dans cet épisode, elle explique pourquoi le sinistre est le vrai moment de vérité en assurance, pourquoi les gestionnaires doivent maîtriser autant les garanties que la relation humaine, et comment Sinistrium, son escape game de formation, cherche à provoquer des déclics chez les professionnels du sinistre. Pourquoi la gestion des sinistres est le vrai moment de vérité en assurance ? En assurance, le client ne découvre pas toujours son contrat au moment de la souscription. Il le découvre souvent au moment du sinistre. C’est là que se révèlent les garanties, les exclusions, les franchises, les délais, les justificatifs attendus et parfois les incompréhensions. Pour Aurélie Lainé, ce moment peut devenir un véritable point de bascule : si la gestion est mal vécue, elle peut conduire à une réclamation ou à une résiliation. Autrement dit, le sinistre n’est pas seulement un dossier à traiter. C’est un test de confiance. Le sinistre, une promesse qui devient réalité Lorsqu’un assuré déclare un sinistre, il ne cherche pas uniquement une réponse technique. Il cherche à être compris, rassuré et guidé. C’est particulièrement vrai pour les particuliers, qui ont souvent moins de contacts réguliers avec leur assureur que les professionnels ou les entreprises. Dans ce contexte, le sinistre devient parfois le seul moment où l’assuré mesure réellement la valeur de son contrat. À retenir : La gestion des sinistres n’est pas seulement une fonction opérationnelle. Elle joue un rôle direct dans la fidélisation, la satisfaction client et l’image de l’assureur. Gestionnaire de sinistres : un métier entre technique et humain Une question revient souvent : faut-il être d’abord technicien ou d’abord humain pour être un bon gestionnaire de sinistres ? La réponse d’Aurélie Lainé est claire : les deux sont indispensables. Un gestionnaire très empathique mais fragile techniquement risque de mal orienter le dossier. À l’inverse, un excellent technicien incapable d’expliquer clairement la situation peut générer frustration, incompréhension ou défiance. Maîtriser les garanties, les exclusions et les process Le métier exige une connaissance solide des contrats, des garanties, des conventions, des process internes et des règles d’indemnisation. Un sinistre mal qualifié dès le départ peut entraîner des retards, des erreurs d’orientation ou une perte de confiance. Le gestionnaire doit donc être capable de comprendre rapidement la situation, d’identifier les informations utiles et de guider l’assuré vers la bonne étape. Savoir rassurer sans promettre l’impossible La dimension humaine est tout aussi importante. Un assuré peut appeler dans une situation de stress, de colère ou de détresse. Le gestionnaire doit alors trouver le bon équilibre entre empathie et cadre contractuel. Aurélie Lainé insiste sur une distinction essentielle : l’empathie permet d’écouter et de rassurer ; la sympathie, lorsqu’elle est excessive, peut conduire à absorber toute la charge émotionnelle du client et à s’épuiser. Dans la gestion des sinistres, il ne s’agit pas de dire oui à tout. Il faut accompagner, expliquer, mais aussi parfois annoncer une non-prise en charge partielle ou totale. Les mots peuvent changer toute l’expérience client Dans un sinistre, chaque mot compte. Aurélie Lainé raconte notamment le cas d’un incendie dans un petit immeuble géré en syndic bénévole. Pour l’expert, il s’agissait d’un “petit sinistre incendie”. Pour les personnes concernées, c’était un événement traumatisant, avec un impact réel sur leur quotidien. Cette différence de perception est centrale. Un professionnel peut voir des dizaines de dossiers similaires. L’assuré, lui, vit peut-être son premier sinistre important. Ce qui paraît simple ou courant pour l’assureur peut être vécu comme une situation exceptionnelle par le client. Définition simple : expérience assurée L’expérience assurée désigne l’ensemble des interactions vécues par un client avec son assureur : souscription, gestion du contrat, déclaration de sinistre, indemnisation, échanges avec le service client, expertise et suivi du dossier. Dans la gestion des sinistres, cette expérience est particulièrement sensible, car elle intervient souvent dans un moment de tension. À retenir : Un sinistre peut être “petit” pour un professionnel, mais immense pour l’assuré. La personnalisation du discours est donc essentielle. Pourquoi la formation des gestionnaires de sinistres doit-elle évoluer ? Le métier de gestionnaire de sinistres souffre d’un paradoxe : il est au contact direct du client, mais il reste encore trop peu reconnu et parfois insuffisamment accompagné dans la durée. Selon Aurélie Lainé, beaucoup de nouveaux gestionnaires viennent de la relation client. Ils savent parler à un client, mais doivent apprendre rapidement un univers technique dense : garanties, conventions, recours, vétusté, provisions, exclusions, process, outils internes. Le problème de la formation initiale Les formations initiales peuvent durer plusieurs semaines. Mais Aurélie Lainé estime que les apprenants n’en retiennent parfois qu’une petite partie, et pas toujours les mêmes éléments. Le problème n’est donc pas seulement la quantité d’informations transmise, mais la capacité à provoquer les bons déclics au bon moment. Elle souligne aussi un autre paradoxe : les conseillers, agents et collaborateurs d’agence sont soumis à une obligation annuelle de formation liée à la DDA, alors que les gestionnaires de sinistres, pourtant en contact quotidien avec les assurés, ne bénéficient pas du même cadre obligatoire. La vision d’ensemble, compétence clé du métier Un autre point de friction vient de la gestion collective. Dans certains services, les gestionnaires ne suivent pas toujours un dossier de bout en bout. Ils traitent des fragments : un appel, une relance, un rapport d’expertise, une déclaration, une photo. Résultat : il devient plus difficile de comprendre l’ensemble du parcours sinistre et d’expliquer clairement à l’assuré quelle sera la prochaine étape. Or, pour un client, cette clarté est essentielle. Il n’a pas toujours besoin de connaître tout le déroulé technique du dossier. Il a besoin de savoir ce qui va se passer maintenant. Sinistrium : former les gestionnaires de sinistres avec un escape game C’est pour répondre à ces difficultés qu’Aurélie Lainé a créé Sinistrium, une approche de formation immersive inspirée de l’escape game. L’objectif n’est pas simplement de rendre la formation plus ludique. Il s’agit de créer un environnement où les gestionnaires doivent chercher l’information, communiquer, coopérer, prioriser et résoudre un sinistre dans un cadre proche de leurs contraintes réelles. Provoquer des déclics Aurélie Lainé explique que Sinistrium est né d’un constat : les déclics n’arrivent pas toujours à la sortie de la formation initiale. Ils surviennent souvent quelques mois plus tard, lorsque les gestionnaires ont déjà accumulé des dossiers, des erreurs, des frustrations et des angles morts. Avec Sinistrium, l’idée est donc d’accélérer cette montée en compétences. Le jeu met les participants en situation. Ils doivent mobiliser leurs connaissances, se parler, confronter leurs raisonnements, comprendre les étapes du dossier et identifier ce qui manque pour avancer. Le triangle de la réussite Dans l’épisode, Aurélie Lainé évoque trois compétences structurantes : savoir chercher la bonne information appliquer les règles, conventions et process ne jamais oublier la dimension humaine du dossier Ce triptyque résume bien la complexité du métier. Le gestionnaire ne peut pas se contenter de “savoir”. Il doit savoir chercher, interpréter, décider, expliquer et accompagner. L’IA peut-elle transformer la gestion des sinistres ? L’intelligence artificielle est déjà présente dans certaines réflexions autour de la gestion des sinistres : automatisation de tâches simples, OCR sur les documents, aide à la lecture des constats, orientation des dossiers, assistance au devoir de conseil. Aurélie Lainé estime que l’automatisation peut réellement apporter de la fluidité, notamment sur les sinistres simples ou certaines tâches répétitives. Elle cite par exemple l’intérêt potentiel de l’OCR pour remplir des champs à partir d’un constat amiable lisible, ou l’automatisation de certaines étapes liées au recours. Mais l’IA ne remplace pas le discernement métier L’IA peut aider à chercher plus vite une information. Mais elle ne remplace pas la compréhension du contexte, la connaissance du contrat ni la qualité de l’accompagnement. Aurélie Lainé alerte notamment sur l’usage des IA grand public par les assurés. Selon elle, ces outils peuvent donner des réponses rapides, mais pas toujours adaptées à la réalité d’un sinistre ou à un contrat précis. Le risque est clair : donner l’impression d’une réponse personnalisée, sans poser les bonnes questions ni tenir compte des garanties, exclusions ou conventions applicables. Les systèmes d’information restent un frein L’IA se heurte aussi à un enjeu plus profond : les systèmes d’information des assureurs. Aurélie Lainé souligne que certains outils restent anciens, parfois construits sur des systèmes historiques modernisés en surface. Avant d’automatiser massivement, les assureurs doivent donc souvent remettre à plat leurs outils, leurs données et la circulation de l’information entre les différents services. À retenir : L’IA peut améliorer la fluidité de la gestion des sinistres, mais elle ne résout pas tout. Sans données fiables, outils connectés et discernement humain, elle risque de créer de nouvelles incompréhensions. Pilotage, délais et charge émotionnelle : les enjeux invisibles La gestion des sinistres ne dépend pas seulement des compétences individuelles. Elle dépend aussi du pilotage des flux. Aurélie Lainé critique notamment la pression exercée par certains indicateurs, comme la durée moyenne de communication ou la logique de tâches traitées. Selon elle, traiter 45 photos ne signifie pas forcément avoir fait avancer 45 dossiers. À l’inverse, prendre le temps de bien expliquer la prochaine étape peut éviter plusieurs rappels inutiles du client. Elle donne un exemple concret : dans une expérience de management, une meilleure priorisation et une meilleure clarté donnée aux assurés ont permis de réduire fortement le volume d’appels, à volumétrie de dossiers constante. “Piloter les flux froids pour éviter que les flux chauds deviennent brûlants” Cette formule résume un enjeu essentiel. Les flux froids correspondent aux traitements de fond : rapports, pièces, documents, relances, tâches en attente. S’ils ne sont pas bien pilotés, ils génèrent des appels, des tensions, des réclamations et parfois des résiliations. Autrement dit, une bonne gestion opérationnelle est aussi une stratégie relationnelle. Ce qu’il faut retenir La gestion des sinistres est le vrai moment de vérité entre l’assureur et l’assuré. Le gestionnaire de sinistres doit être à la fois technicien, communicant et accompagnant. La clarté sur la prochaine étape est souvent plus utile qu’un long discours technique. Le jargon interne peut créer de la distance avec l’assuré. La formation initiale ne suffit pas : il faut provoquer des déclics dans la durée. Sinistrium utilise l’escape game pour recréer les tensions réelles du métier et développer l’intelligence collective. L’IA peut automatiser certaines tâches, mais elle ne remplace pas le discernement humain. La reconnaissance du métier de gestionnaire de sinistres est un enjeu RH, client et stratégique. Une bonne gestion des flux peut réduire les appels, les frustrations et les réclamations. Le sinistre n’est pas un coût à gérer : c’est un levier de confiance. La gestion des sinistres en assurance est bien plus qu’un processus administratif. C’est un métier de décision, d’écoute, de pédagogie et de responsabilité. À travers son parcours, Aurélie Lainé rappelle que l’assurance prend tout son sens quand l’assuré traverse une difficulté. C’est là que la promesse contractuelle devient réelle. C’est aussi là que se construit, ou se détruit, la confiance. Entre formation, intelligence artificielle, pilotage des flux et reconnaissance métier, la gestion des sinistres est appelée à évoluer. Mais une chose restera centrale : la capacité à accompagner l’assuré avec clarté, justesse et humanité. Retrouvez l’intégralité de cet échange dans l’épisode d’Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter mon invitée Aurélie Lainé via LinkedIn. FAQ Qu’est-ce que la gestion des sinistres en assurance ? La gestion des sinistres désigne l’ensemble des étapes qui suivent la déclaration d’un sinistre par un assuré : analyse du dossier, vérification des garanties, demande de pièces, expertise éventuelle, décision de prise en charge et indemnisation. C’est un moment clé car l’assuré attend une réponse claire, rapide et conforme à son contrat. Pourquoi dit-on que le sinistre est le moment de vérité en assurance ? Le sinistre est le moment où la promesse d’assurance devient concrète. L’assuré découvre alors si son contrat répond réellement à sa situation, si les garanties sont comprises et si l’accompagnement est à la hauteur. Une mauvaise expérience peut entraîner une réclamation, une perte de confiance ou une résiliation. Quel est le rôle d’un gestionnaire de sinistres ? Le gestionnaire de sinistres accompagne l’assuré après un événement garanti ou potentiellement garanti. Il analyse la déclaration, vérifie les garanties, demande les pièces nécessaires, coordonne parfois l’expertise et explique les étapes du dossier. Son rôle combine technique, pédagogie et relation client. Quelles compétences faut-il pour devenir gestionnaire de sinistres ? Un gestionnaire de sinistres doit maîtriser les contrats, les garanties, les exclusions, les conventions et les outils internes. Mais il doit aussi savoir communiquer, gérer des situations émotionnelles, expliquer simplement des sujets complexes et garder une vision d’ensemble du dossier. Comment l’IA peut-elle aider dans la gestion des sinistres ? L’IA peut aider à automatiser certaines tâches, comme la lecture de documents, l’extraction d’informations, l’orientation de dossiers ou l’aide à la recherche dans les règles internes. Elle peut améliorer la fluidité, mais elle ne remplace pas le discernement humain ni la connaissance précise du contrat. L’IA peut-elle remplacer un gestionnaire de sinistres ? L’IA peut aider le gestionnaire de sinistres à rechercher des informations, automatiser certaines tâches ou prioriser des dossiers. Mais elle ne remplace pas le discernement humain, la compréhension du contexte, l’analyse contractuelle fine et la capacité à accompagner un assuré dans un moment émotionnellement sensible. Pourquoi la formation des gestionnaires de sinistres est-elle importante ? La gestion des sinistres repose sur des connaissances techniques denses et des compétences relationnelles fortes. Une formation trop théorique peut ne pas suffire. Les gestionnaires ont besoin de mises en situation, de retours d’expérience et de déclics pratiques pour progresser dans la durée. Pourquoi le vocabulaire est-il important dans un sinistre ? Les mots employés peuvent rassurer ou aggraver la tension. Un terme interne ou technique peut être incompréhensible pour l’assuré. Dans un moment de fragilité, il est essentiel d’utiliser un langage clair, humain et adapté à la situation vécue par le client. 📚 RECOMMANDATIONS Livre : Tony Estanguet Par Amour du Sport Marketing Square - Caroline Mignaux Matthieu Stefani - Generation Do It Yourself - Pascal Demurger MAIF - Le géant militant au royaume des assureurs capitalistes Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. 💪 DONNEZ DE LA FORCE 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube 5. Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00:00-Intro 00:01:32-Présentation 00:06:27-Question signature 00:09:17-Fait marquant gestion de sinistres 00:11:19-Le sinistre, le moment de vérité avec son assureur 00:14:59-Gestionnaire de sinistre : entre technicité et caractère humain 00:19:41-Quel est le point de friction dans le métier de gestionnaire de sinistre ? 00:24:00-Le marché du métier de gestionnaire de sinistres 00:28:17-Question des abonnés 00:37:40-Sinistrium : L'escape Game du gestionnaire de sinistres 00:52:58-30sec pour convaincre sur le métier de gestionnaire de sinistres en assurance 00:52:58-Question Signature 00:55:22-Reco Podcast/Livres 00:56:46-Recos invités 00:58:14-Mots de la fin 00:59:06-Fin Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux. LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
- Métier d’actuaire : comprendre ses missions et son évolution
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - YouTube Podcast - Amazon Music Métier d’actuaire : comprendre ses missions et son évolution L’actuaire ne prédit pas l’avenir. Il aide l’assureur à se préparer à ce qui pourrait arriver. À partir de données, de probabilités et de modèles, il évalue le coût de risques encore inconnus, mesure la solidité financière d’un organisme et éclaire des décisions qui engagent parfois plusieurs décennies. Mais le métier d’actuaire ne se résume ni aux mathématiques ni à des tableaux Excel. Il exige aussi de comprendre l’économie, la réglementation, les comportements humains et les transformations du secteur. Matthias Bochard, responsable du service Solvabilité II et Modélisation à la CARAC, nous ouvre les coulisses de cette profession stratégique. Résumé de l’épisode Actuaire certifié de l’Institut des actuaires, Matthias Bochard travaille depuis plus de dix ans sur des problématiques d’épargne, de retraite et d’assurance-vie. Après des expériences dans le conseil chez EY puis Sia Partners, il rejoint la CARAC, où il dirige depuis 2019 une équipe de cinq collaborateurs consacrée à la solvabilité et à la modélisation. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, il explique comment fixer le prix d’un risque futur, projeter un bilan sur plusieurs décennies, mesurer les chocs financiers et trouver l’équilibre entre rentabilité et sécurité. Il partage aussi sa vision de Solvabilité II, de l’intelligence artificielle, du management et des qualités nécessaires pour devenir actuaire. Son parcours montre enfin qu’une carrière se construit autant par l’expertise que par la curiosité, la patience et l’audace. Qu’est-ce qu’un actuaire ? Un actuaire est un spécialiste de l’évaluation et de la gestion des risques. Il utilise les mathématiques, les statistiques, l’économie et les données pour estimer des événements futurs, fixer des tarifs, évaluer les engagements d’un assureur et vérifier que celui-ci dispose des ressources nécessaires pour les honorer. Cette définition rejoint celle de l’Institut des actuaires, qui présente l’actuaire comme un expert de l’évaluation, de la modélisation et de la gestion des risques. La profession ne se limite toutefois pas à l’assurance. Les actuaires exercent aussi dans la réassurance, les retraites, la banque, la gestion d’actifs, le conseil, l’audit, l’industrie ou la recherche. Fixer aujourd’hui le prix d’un risque futur Pour rendre le métier concret, Matthias Bochard compare l’assurance à la construction d’une voiture. Un industriel connaît le coût de la carrosserie, du moteur, de la main-d’œuvre et de la distribution avant de déterminer son prix. L’assureur, lui, encaisse une prime avant de connaître le coût réel de la prestation. En assurance automobile, l’assuré aura peut-être un accident, ou peut-être aucun. Si un sinistre survient, il peut s’agir d’un simple dommage matériel ou d’une perte beaucoup plus lourde. L’actuaire doit donc estimer à la fois la probabilité de l’événement et son coût potentiel. La prime devra contribuer à couvrir les sinistres, mais aussi les frais, le coût du capital, la réassurance et la marge de sécurité nécessaire. Cette logique se retrouve en santé, en prévoyance, en retraite et en assurance-vie. Les hypothèses changent, mais la question reste la même : comment prendre une décision aujourd’hui alors que la prestation ne sera connue que demain ? À retenir : L’actuaire ne cherche pas à annoncer avec certitude ce qui va arriver. Il estime plusieurs résultats possibles et mesure leurs conséquences financières. Un métier, mais plusieurs fonctions Parler du « métier d’actuaire » au singulier peut être trompeur. Un actuaire peut travailler sur : la tarification d’un produit d’assurance ; le calcul des provisions et des engagements envers les assurés ; la modélisation des risques ; la solvabilité et le capital réglementaire ; la gestion actif-passif ; la réassurance ; la conception et la rentabilité des produits ; la fonction actuarielle prévue par Solvabilité II ; la data science, l’audit ou le conseil. Matthias résume cette diversité par une image sportive : le pentathlon moderne. Comme cette discipline, l’actuariat associe plusieurs compétences, possède une longue histoire et continue de se transformer. « Le métier d’actuaire, c’est un métier qui se transforme, un métier qui a une histoire, mais qui est complètement d’actualité. » Matthias Bochard Comment l’actuaire modélise-t-il l’incertitude ? Le cœur de l’actuariat consiste à transformer une incertitude en scénarios mesurables. Pour y parvenir, l’actuaire s’appuie sur des données historiques, formule des hypothèses, construit un modèle puis analyse les résultats. Le modèle ne remplace jamais le jugement : sa pertinence dépend de la qualité des données, du choix des hypothèses et de la capacité à interpréter les sorties. Modèle déterministe et modèle stochastique : quelle différence ? Approche Principe Exemple en assurance-vie Utilité Déterministe Une trajectoire est construite à partir d’un jeu d’hypothèses défini. Projection des primes, rachats, décès, rentes et rendements selon un scénario central. Établir un business plan et visualiser une trajectoire de référence. Stochastique Un grand nombre de trajectoires aléatoires sont simulées. Variation des taux, des actions, de l’inflation ou des comportements de rachat dans différents scénarios. Mesurer la dispersion des résultats, les situations défavorables et le capital nécessaire. Une projection déterministe donne donc un chemin possible. Une projection stochastique en explore une multitude. Matthias explique que son équipe peut projeter l’activité sur cinquante ans et simuler mille scénarios économiques. L’objectif n’est pas d’obtenir mille prévisions exactes, mais d’identifier une distribution de résultats, des scénarios extrêmes et des indicateurs utiles à la décision. Il utilise l’image du mouvement brownien : un grain de pollen posé sur une eau apparemment calme bouge sous l’effet de multiples interactions invisibles. De la même façon, un environnement économique qui semble stable reste soumis à de nombreuses variations de faible ou de forte intensité. À retenir : Un modèle déterministe répond à la question « que se passerait-il selon cette trajectoire ? ». Un modèle stochastique demande « quels futurs sont possibles, avec quelle fréquence et quelles conséquences ? ». La donnée, première matière du modèle actuariel Sans données fiables, le modèle le plus sophistiqué perd sa valeur. Dans le quotidien décrit par Matthias, les échanges avec la comptabilité, le contrôle de gestion, le back-office financier, les investissements et les équipes actuarielles sont donc essentiels. L’actuaire doit notamment : identifier l’origine des données ; vérifier leur exhaustivité et leur cohérence ; comprendre les règles comptables et les méthodes de valorisation ; documenter les retraitements ; contrôler les résultats ; expliquer les limites du modèle. Ce travail illustre une réalité souvent oubliée : l’actuariat est un métier collectif. La qualité d’une projection dépend autant de la coopération entre les équipes que de la puissance du moteur de calcul. Des milliards de résultats, mais quelques décisions Les simulations peuvent générer un volume immense de chiffres. Pourtant, une direction générale n’a pas besoin de recevoir toutes les sorties du modèle. Elle doit comprendre les principaux risques, leur impact potentiel et les actions possibles. Le rôle de l’actuaire est donc aussi de sélectionner les bons indicateurs, de construire une visualisation lisible et de traduire un résultat technique en décision. Savoir vulgariser devient une compétence aussi importante que savoir calculer. Les principales missions de l’actuaire en assurance Évaluer les engagements envers les assurés Lorsqu’un adhérent confie son épargne à un assureur, le montant versé ne résume pas à lui seul l’engagement futur. Il faut tenir compte des garanties du contrat, des rachats, des décès, des rentes, des frais, de la participation aux résultats et de l’évolution possible des comportements. Les équipes actuarielles évaluent ces engagements et calculent les provisions nécessaires. Les équipes de risques et de modélisation les projettent ensuite dans différents environnements afin de mesurer la résistance de l’organisme. Les frontières entre services varient selon les assureurs. L’important est la complémentarité entre production actuarielle, finance, comptabilité, investissements, risques et conformité. Mesurer la solvabilité de l’assureur La solvabilité désigne la capacité d’un assureur à honorer durablement ses engagements, y compris si des événements défavorables surviennent. L’actuaire modélise donc des chocs tels que : une baisse brutale des marchés actions ; une variation rapide des taux d’intérêt ; une hausse de l’inflation ; une dégradation du marché obligataire ou immobilier ; une hausse des rachats ; une évolution de la mortalité ou de la longévité ; des risques climatiques, cyber ou géopolitiques. Ces analyses servent à estimer le capital requis, à tester les limites de risque et à préparer des mesures d’atténuation. Dans l’équipe de Matthias, la finalité est claire : vérifier que la CARAC peut faire face à ses engagements même lorsque le scénario central ne se réalise pas. Piloter la gestion actif-passif La gestion actif-passif, ou ALM pour Asset and Liability Management, consiste à analyser conjointement les engagements de l’assureur et les actifs placés en face. Au passif figurent notamment les sommes dues aux assurés. À l’actif se trouvent les obligations, actions, immeubles et autres placements financés grâce aux primes collectées. L’assureur doit disposer de suffisamment de liquidités pour verser les prestations à court terme, tout en recherchant sur le long terme un rendement compatible avec ses garanties et son niveau de risque. Concentrer tout le portefeuille sur les actifs les plus rentables pourrait améliorer la performance espérée, mais exposerait l’organisme à des pertes excessives. À l’inverse, une prudence absolue pourrait limiter le rendement servi aux adhérents. L’actuaire teste différentes allocations pour éclairer ce compromis. « Trouver le juste milieu entre une très bonne rentabilité et un risque qui reste maîtrisé. » Matthias Bochard Accompagner la conception des produits Un nouveau produit d’assurance-vie ou de retraite doit être attractif pour le client, rentable pour l’organisme et soutenable au regard des engagements futurs. Sa conception mobilise donc les actuaires, le marketing, les investissements, la distribution, la conformité et les équipes de gestion. La pression concurrentielle, notamment sur les frais, modifie l’équilibre économique des contrats. Les modèles doivent intégrer le profil des clients, l’horizon d’investissement, les garanties, les comportements de versement ou de rachat et l’allocation des actifs. En assurance-vie, l’ancienneté de huit ans constitue un seuil fiscal important, mais elle n’interdit pas d’effectuer un rachat avant cette date. Quelles compétences faut-il pour devenir actuaire ? Les mathématiques sont indispensables, mais insuffisantes. La maîtrise des probabilités, des statistiques et des mathématiques financières constitue la base technique du métier. Matthias ajoute trois qualités essentielles : la curiosité, la polyvalence et la résilience. La curiosité permet de suivre l’économie, la finance, la géopolitique, le climat, les comportements des assurés et la réglementation. La polyvalence aide à dialoguer avec des métiers très différents. La résilience est nécessaire parce qu’un modèle n’est jamais définitivement achevé : les données évoluent, de nouveaux risques apparaissent et les hypothèses doivent être régulièrement remises en question. À ces qualités s’ajoutent : la rigueur ; la capacité de programmation et de traitement des données ; l’esprit critique ; la pédagogie ; la communication écrite et orale ; la compréhension du modèle économique de l’assureur ; l’éthique professionnelle. Quelle formation suivre ? Le parcours classique passe par une formation de niveau bac +5 en actuariat, accessible après une classe préparatoire, une licence scientifique ou par admission sur titre selon les établissements. L’Institut des actuaires recense huit formations initiales reconnues ainsi qu’une formation accréditée. Après validation du cursus et soutenance d’un mémoire devant son jury, le diplômé peut accéder au statut d’Actuaire Associé. La formation continue offre également des voies de reconversion. Des profils issus des mathématiques, des statistiques, de la data science, de la finance ou de l’ingénierie peuvent exercer des missions actuarielles, mais une formation spécialisée reste précieuse pour maîtriser les méthodes, la réglementation et les standards professionnels. Après au moins trois ans d’expérience, un actuaire associé peut demander la qualification. La certification suppose ensuite d’être qualifié et de maintenir ses compétences à jour grâce au perfectionnement professionnel continu. Les conditions détaillées sont publiées par l’Institut des actuaires. Du conseil à la mutuelle : apprendre plusieurs facettes du métier Le parcours de Matthias montre l’intérêt de varier les environnements. Chez EY, il découvre de nombreux assureurs, des processus structurés et la nécessité d’adapter les solutions à chaque client. Chez Sia Partners, il approfondit l’assurance-vie et évolue dans une culture plus entrepreneuriale. À la CARAC, il inscrit ses analyses dans la durée et accompagne une équipe. Le conseil permet d’accumuler rapidement des expériences différentes. Le passage chez un assureur ou une mutuelle offre une connaissance plus profonde des modèles, des décisions et de leurs effets dans le temps. Ces trajectoires ne s’opposent pas : elles développent des compétences complémentaires. Solvabilité II : pourquoi la réglementation transforme le métier Entré en application en 2016, le cadre Solvabilité II place les risques au centre du pilotage des assureurs européens. Il encadre notamment la valorisation des engagements, le calcul du capital, la gouvernance, l’évaluation interne des risques et les informations transmises au superviseur et au public. Pour les actuaires, cette réglementation ne se limite pas à produire un ratio. Elle impose de documenter les hypothèses, de contrôler la qualité des données, de justifier les méthodes et d’expliquer les variations des résultats. La révision du cadre doit s’appliquer à partir du 30 janvier 2027. Selon l’EIOPA, elle modifie notamment le calcul de la marge de risque, renforce le traitement des vulnérabilités de liquidité et actualise plusieurs exigences de reporting et de publication. Pour une équipe de modélisation, ces changements signifient : adapter les moteurs de calcul ; revoir certaines hypothèses et méthodes ; tester l’incidence sur les fonds propres ; mettre à jour la documentation ; faire évoluer les reportings ; préparer les contrôles et les échanges avec les auditeurs ou le superviseur. Matthias voit aussi dans ces travaux une occasion de comparer les pratiques entre assureurs et d’améliorer la traduction des normes en mesures concrètes du risque. Intelligence artificielle : l’actuaire va-t-il être remplacé ? L’intelligence artificielle devrait transformer les outils de l’actuaire davantage que supprimer son rôle. Les modèles actuariels reposent sur des hypothèses, des choix méthodologiques et une connaissance du contexte que l’automatisation ne suffit pas à garantir. Dans l’épisode, Matthias compare l’IA à l’arrivée de l’ordinateur : un nouvel outil capable d’accélérer certaines tâches, mais qui ne dispense ni du jugement ni du contrôle. Les usages envisagés sont concrets : améliorer la visualisation des résultats ; synthétiser de nombreux indicateurs ; faciliter la veille réglementaire ; rapprocher des reportings ; limiter les copier-coller ; documenter ou expliquer plus clairement un résultat. L’IA ne corrige pas automatiquement une donnée erronée ni une hypothèse mal choisie. Elle peut même amplifier une erreur ou rendre plus difficile l’explication d’un résultat. L’actuaire devra donc renforcer ses compétences en gouvernance des données, validation, traçabilité et supervision humaine. Cette exigence rejoint la position de l’EIOPA sur la gouvernance de l’IA dans l’assurance, qui insiste sur la qualité des données, l’équité, la cybersécurité, l’explicabilité, la tenue de registres et le contrôle humain. Plus les outils deviennent puissants, plus l’actuaire doit savoir expliquer les hypothèses, contrôler les résultats et assumer la décision finale. L’humain derrière les modèles La partie la plus singulière du témoignage de Matthias concerne peut-être moins les chiffres que la posture professionnelle. Manager une équipe, dialoguer avec la direction et remettre en question un modèle supposent de faire une place au doute. Matthias résume son état d’esprit en trois mots : optimisme, pragmatisme et humilité. L’optimisme permet d’avancer. Le pragmatisme conduit à préparer des solutions lorsque les événements se déroulent mal. L’humilité rappelle qu’une certitude technique peut toujours être réexaminée. Cette vision se retrouve dans son choix de la chanson Harder, Better, Faster, Stronger de Daft Punk. Elle évoque l’amélioration continue et la répétition des processus, mais aussi le risque d’une recherche permanente de performance. Pour Matthias, le management exige au contraire de prendre du recul et de remettre l’humain au centre. Oser sortir de sa zone de confort Son premier CDI illustre cette philosophie. Après avoir manqué l’appel d’EY et sans confirmation d’inscription, il se présente à une session de recrutement organisée à la tour First. Un candidat étant absent, il obtient une place, participe aux entretiens et reçoit ensuite une proposition. « Rien n’est jamais acquis, puis il faut savoir sortir de sa zone de confort. » Matthias Bochard Cette anecdote n’invite pas à ignorer les processus. Elle rappelle qu’une carrière n’est pas entièrement déterministe : l’expertise prépare les opportunités, mais l’initiative permet parfois de les saisir. Ce qu’il faut retenir L’actuaire évalue des risques futurs afin d’éclairer les décisions prises aujourd’hui. Son métier couvre la tarification, les provisions, la solvabilité, la gestion actif-passif, les produits et la gestion des risques. Le modèle déterministe construit une trajectoire ; le modèle stochastique explore de nombreux futurs possibles. La qualité des données et des hypothèses compte autant que la puissance de calcul. Les mathématiques sont indispensables, mais la curiosité, la communication et l’esprit critique font la différence. La révision de Solvabilité II applicable le 30 janvier 2027 fera évoluer les modèles, la documentation et le reporting. L’intelligence artificielle peut accélérer l’analyse et la restitution, sans remplacer le jugement actuariel. Une carrière d’actuaire se construit aussi par la patience, l’humilité et la capacité à saisir les opportunités. Le métier d’actuaire occupe une place centrale dans l’assurance parce qu’il relie les données, les risques et la décision. L’actuaire ne fournit pas une certitude sur l’avenir : il rend l’incertitude plus compréhensible et aide l’assureur à rechercher la performance sans fragiliser ses engagements. Face à l’évolution de Solvabilité II, à l’essor de l’intelligence artificielle et à la multiplication des risques, ses compétences techniques devront rester indissociables du jugement et de la pédagogie. 🎧 Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Matthias Bochard dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Matthias sur LinkedIn FAQ SEO Qu’est-ce qu’un actuaire en assurance ? Un actuaire est un spécialiste de la modélisation et de la gestion des risques. En assurance, il utilise des données, des probabilités et des hypothèses économiques pour estimer le coût d’événements futurs, fixer des tarifs, calculer des provisions et vérifier que l’assureur possède suffisamment de capital pour honorer ses engagements. Que fait un actuaire au quotidien ? Le quotidien varie selon sa spécialité. L’actuaire peut contrôler des données, actualiser un modèle, simuler des scénarios, analyser un portefeuille, calculer des engagements, préparer un reporting ou présenter ses conclusions à la direction. Il travaille avec la comptabilité, la finance, les investissements, les équipes produits, les risques et les systèmes d’information. Quelle est la différence entre un modèle déterministe et stochastique ? Un modèle déterministe projette une trajectoire construite à partir d’un seul jeu d’hypothèses. Un modèle stochastique simule de nombreuses trajectoires intégrant des variations aléatoires, par exemple sur les taux ou les marchés actions. Le premier sert de scénario central ; le second aide à mesurer l’incertitude et les situations défavorables. Quelles études faut-il suivre pour devenir actuaire ? Le parcours le plus courant est une formation de niveau bac +5 en actuariat, accessible après une classe préparatoire, une licence scientifique ou une admission sur titre. Plusieurs cursus sont reconnus par l’Institut des actuaires. Des formations continues permettent aussi à des professionnels des mathématiques, de la statistique, de la finance ou de la data de se spécialiser. Quelles qualités faut-il pour être actuaire ? Un actuaire doit aimer les mathématiques et maîtriser les probabilités, les statistiques et les outils de données. Il doit également être rigoureux, curieux, polyvalent et capable de communiquer. L’esprit critique est essentiel pour remettre en question les hypothèses, comprendre les limites d’un modèle et expliquer clairement les résultats à des non-spécialistes. Quel est le rôle de l’actuaire dans Solvabilité II ? L’actuaire contribue à évaluer les engagements, modéliser les risques, calculer le capital et analyser la solvabilité de l’assureur. Selon sa fonction, il participe aussi à l’ORSA, à la fonction actuarielle, à la qualité des données, à la documentation des modèles et au reporting prudentiel. Il transforme les exigences réglementaires en méthodes et indicateurs opérationnels. Pourquoi la gestion actif-passif est-elle importante en assurance-vie ? La gestion actif-passif vérifie la cohérence entre les sommes dues aux assurés et les placements détenus pour les financer. Elle aide l’assureur à disposer de liquidités suffisantes, à maîtriser les risques de taux et de marché et à rechercher une performance compatible avec la durée et les garanties de ses contrats. L’intelligence artificielle peut-elle remplacer les actuaires ? L’IA peut automatiser des traitements, rapprocher des reportings, produire des visualisations et aider à synthétiser des résultats. Elle ne remplace toutefois pas le choix des hypothèses, la validation des données, l’interprétation du contexte ni la responsabilité de la décision. Le rôle de l’actuaire évoluera vers davantage de contrôle, d’explication et de gouvernance. Dans quels secteurs un actuaire peut-il travailler ? Les actuaires travaillent dans l’assurance-vie, la santé, la prévoyance, l’IARD, la retraite et la réassurance. Ils sont également présents dans le conseil, l’audit, la banque, la gestion d’actifs, la data science, le secteur public, l’industrie, la recherche et l’enseignement. Leurs compétences sont utiles partout où des décisions doivent intégrer l’incertitude. Les recommandations Podcast : Underscor_ (Michaël de Marliave (alias Micode)) Podcast : La Veillée Livre : The Making Of a Manager - Julie Zhuo Livre : Blade Runner Philip K. Dick Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. Donnez de la force. 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube, TikTok 5. Visitez mon site web Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire.
- Fusion-acquisition dans le courtage d’assurance : pourquoi il s’accélère ?
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - YouTube Podcast - Amazon Music La fusion-acquisition dans le courtage d’assurance transforme progressivement le paysage de la distribution. Rachats de portefeuilles, rapprochements entre cabinets, arrivée d’investisseurs, recherche de taille critique : la croissance externe est devenue un véritable levier stratégique pour de nombreux courtiers. Mais pourquoi ce secteur attire-t-il autant ? Tous les cabinets ont-ils la même valeur ? L’intelligence artificielle va-t-elle accélérer les regroupements ? Et les petits courtiers indépendants ont-ils encore un avenir ? Dans Assurance en coulisses, Pierre-Antoine Auburtin, spécialiste des opérations de cession et d’acquisition dans le courtage, partage sa lecture d’un marché encore fragmenté mais en pleine transformation. Son analyse permet surtout de comprendre que derrière les opérations financières se joue une évolution beaucoup plus profonde du métier de courtier. 🔎 Résumé de l'épisode Pierre-Antoine Auburtin évolue dans l’assurance depuis plus de 25 ans. Après une longue expérience dans le courtage, notamment dans des fonctions commerciales et de direction de clientèle, il accompagne aujourd’hui des dirigeants dans leurs projets de cession, d’acquisition et de recrutement. Son intérêt pour le rapprochement de cabinets possède aussi une dimension personnelle. À la fin de sa carrière, son père exerçait déjà cette activité. Pierre-Antoine se souvient avoir écouté, plus jeune, les histoires de transactions et de rencontres qu’il racontait le soir. Dans cet épisode d’Assurance en coulisses, nous revenons sur le modèle économique du courtage, la croissance externe, la valeur des portefeuilles, l’IA, les commissions, la fragmentation du marché et la place que conservera l’humain dans un secteur de plus en plus technologique. Qu’est-ce que le courtage d’assurance ? Avant de comprendre les opérations de fusion-acquisition, il faut revenir à la fonction même du courtier. Pour Pierre-Antoine Auburtin, le métier repose avant tout sur trois missions : conseiller le client dans la gestion de ses risques, défendre ses intérêts et lui rendre l’assurance plus accessible. À la différence d’une compagnie qui distribue ses propres produits, le courtier agit comme intermédiaire entre le client et différents assureurs. Son travail consiste notamment à : comprendre l’activité du client ; identifier ses principaux risques ; analyser les offres disponibles ; mettre plusieurs solutions en concurrence ; accompagner le client dans la durée. Cette dernière dimension est essentielle. Le courtier d’assurance ne réalise pas nécessairement une intervention ponctuelle. Il peut suivre une entreprise pendant plusieurs années, adapter les garanties à son développement et intervenir lorsqu’un sinistre survient. Pierre-Antoine Auburtin le rapproche ainsi d’autres professions de confiance qui accompagnent durablement l’entreprise, comme l’avocat ou l’expert-comptable. À retenir : la valeur d’un cabinet de courtage ne repose donc pas seulement sur une base de clients. Elle tient aussi aux relations construites, à la connaissance des risques, aux expertises développées et aux partenariats noués avec les assureurs. Pourquoi la fusion-acquisition accélère-t-elle dans le courtage d’assurance ? Selon Pierre-Antoine Auburtin, deux caractéristiques expliquent une grande partie de l’attractivité du courtage pour les investisseurs et les acquéreurs : la récurrence des revenus et le potentiel de rentabilité. Un modèle économique fondé sur des revenus récurrents Lorsqu’un courtier place un contrat et conserve son client, sa rémunération peut se répéter dans le temps tant que la relation commerciale et le contrat se poursuivent. Cette récurrence rend le modèle particulièrement intéressant. Contrairement à une activité où chaque exercice oblige à repartir presque entièrement de zéro, le courtier peut s’appuyer sur un portefeuille déjà constitué. Cela ne signifie évidemment pas que les revenus sont garantis. Un client peut changer de courtier, un contrat peut disparaître, les conditions peuvent évoluer. Mais un portefeuille bien entretenu crée une base d’activité récurrente. C’est précisément cette caractéristique qui intéresse de nombreux acquéreurs. La croissance organique demande du temps. L’autre facteur est beaucoup plus opérationnel. Créer un cabinet puis constituer un portefeuille peut prendre plusieurs années. La prospection est particulièrement longue lorsque les clients visés sont des entreprises. Il faut identifier les prospects, obtenir des rendez-vous, comprendre les risques, construire une proposition et réussir à convaincre le client de changer éventuellement d’intermédiaire ou d’assureur. Pierre-Antoine évoque ainsi un délai pouvant aller d’un à plusieurs années avant de développer progressivement un portefeuille suffisamment étoffé. C’est ici que la croissance externe change la donne. Acheter un portefeuille permet d’acheter du temps. Au lieu de conquérir chaque client individuellement, le courtier acquiert immédiatement un ensemble de relations commerciales existantes. La logique n’est donc pas seulement financière. Elle est également stratégique. Croissance organique ou acquisition : quelles différences ? Croissance organique Croissance externe Prospection progressive Portefeuille disponible immédiatement Investissement commercial continu Investissement financier initial important Développement plus lent Accélération du chiffre d’affaires Construction progressive de la relation Relations clients déjà existantes Faible risque d’intégration Nécessité de réussir l’intégration Liberté de construire son portefeuille Portefeuille hérité avec ses caractéristiques Une acquisition n’est donc pas automatiquement meilleure qu’une croissance organique. Tout dépend du projet, du financement, du portefeuille ciblé et de la capacité du cabinet à intégrer de nouveaux clients. Quels cabinets de courtage intéressent le plus les acquéreurs ? Une erreur serait de penser que plus un portefeuille est gros, plus il est automatiquement attractif. Pierre-Antoine Auburtin insiste au contraire sur la diversité des stratégies d’acquisition. Un courtier de proximité peut vouloir acquérir un portefeuille relativement limité pour renforcer sa présence locale. À l’inverse, un acteur beaucoup plus important recherchera parfois des cabinets générant plusieurs millions d’euros de commissions. Mais la taille n’est qu’un critère parmi d’autres. La clientèle entreprise Les portefeuilles composés de professionnels et d’entreprises peuvent susciter un intérêt particulier. Cela peut concerner : les TPE ; les PME ; les travailleurs non salariés ; les professionnels ; les entreprises plus importantes. Les relations sont souvent plus techniques et peuvent mobiliser plusieurs lignes d’assurance. Le savoir-faire du cabinet devient alors une composante de sa valeur. L’implantation géographique Un portefeuille fortement implanté dans une ville ou une région peut également intéresser un acquéreur souhaitant renforcer son maillage territorial. La logique est simple : plutôt que de créer une présence locale de zéro, l’acquisition apporte immédiatement une clientèle, une notoriété et parfois une équipe implantée sur le territoire. Les portefeuilles de niche C’est probablement l’un des points les plus intéressants de l’échange. Pour Pierre-Antoine Auburtin, une spécialisation peut créer beaucoup de valeur. Il cite notamment des activités développées autour de secteurs comme : l’immobilier ; les campings ; la restauration ; les deux-roues ; certains risques très spécifiques. Pourquoi ? Parce qu’un portefeuille de niche ne se résume plus à des contrats. Il peut associer : expertise métier + produits adaptés + relations assureurs + marque + clientèle spécialisée. Cet ensemble est difficile à reproduire rapidement. À retenir : dans une acquisition, la valeur d’un cabinet ne dépend pas uniquement de son chiffre d’affaires. Sa spécialisation, sa clientèle, sa localisation et son expertise peuvent être tout aussi importantes. Combien coûte un portefeuille de courtage d’assurance ? C’est l’une des questions les plus concrètes de l’épisode. Interrogé sur un ordre de grandeur, Pierre-Antoine Auburtin répond : « Pour faire simple, on va dire entre 2 et 3 fois le chiffre d’affaires. » Cette indication doit néanmoins être interprétée exactement pour ce qu’elle est : un ordre de grandeur simplifié donné dans la conversation, et non une formule universelle de valorisation. Dans la réalité, le prix d’un portefeuille dépend potentiellement de nombreux éléments : nature de la clientèle ; rentabilité ; concentration du portefeuille ; fidélité des clients ; typologie des contrats ; perspectives de développement ; dépendance à une personne clé ; relations avec les assureurs ; qualité opérationnelle du cabinet ; conditions de la transaction. Deux portefeuilles réalisant le même chiffre d’affaires peuvent donc présenter des niveaux d’attractivité très différents. Pourquoi les investissements technologiques favorisent-ils les rapprochements ? Après le digital, les courtiers doivent désormais prendre un nouveau virage : celui de l’intelligence artificielle. Ces transformations nécessitent des compétences, du temps et parfois des moyens financiers importants. Pour un cabinet disposant d’une petite équipe, il peut être plus difficile de développer simultanément : de nouveaux outils ; la conformité ; le marketing ; l’automatisation ; la relation client digitale ; les nouveaux usages de l’IA. La mutualisation devient alors une option. Plusieurs courtiers peuvent se rapprocher, rejoindre un réseau ou partager certaines ressources. Cette logique crée une forme de continuum entre indépendance totale et fusion complète. Trois modèles pour un courtier 1. Rester totalement indépendant Le dirigeant conserve une autonomie complète, mais doit supporter lui-même davantage d’investissements. 2. Rejoindre un réseau Le cabinet reste juridiquement indépendant tout en accédant à des services mutualisés : produits, marketing, outils digitaux ou accompagnement. 3. Se rapprocher d’un autre acteur Une acquisition ou un rapprochement permet de mutualiser beaucoup plus profondément les moyens et les équipes. Pierre-Antoine Auburtin souligne que ces logiques de regroupement ne sont pas nouvelles. En revanche, les besoins technologiques et réglementaires peuvent leur donner un nouvel élan. L’intelligence artificielle va-t-elle accélérer la fusion-acquisition dans le courtage ? Pour Pierre-Antoine Auburtin, la réponse est plutôt oui. L’IA pourrait contribuer à augmenter la productivité et donc le potentiel de rentabilité de certains cabinets. Cette perspective peut renforcer l’intérêt des investisseurs pour des structures capables d’intégrer rapidement ces nouvelles technologies. Mais il apporte immédiatement une nuance importante : le marché est encore au début du phénomène. Lors de l’enregistrement, il constate beaucoup de réflexion, de formation et de projets, mais pas encore une transformation généralisée du fonctionnement des cabinets. Autrement dit, l’IA est déjà présente dans les réflexions stratégiques avant même que tous ses usages ne soient stabilisés. Cette situation peut elle-même favoriser les rapprochements. Un cabinet disposant de plus de moyens pourra : tester davantage de solutions ; financer des projets internes ; recruter des compétences ; industrialiser les usages qui fonctionnent ; partager les coûts sur une base de clientèle plus large. À retenir : l’IA ne pousse pas nécessairement les courtiers à fusionner. Mais le coût et la complexité de la transformation technologique peuvent rendre la mutualisation plus attractive. Digitalisation : l’humain reste-t-il indispensable ? C’est le paradoxe de l’épisode. Plus le courtage se digitalise, plus l’importance de la relation humaine réapparaît. Pour Pierre-Antoine Auburtin, le « tout digital » a montré ses limites. Un parcours automatisé peut parfaitement fonctionner pour simplifier une démarche, gagner du temps ou transmettre une information. Mais lorsqu’une situation devient complexe, le client recherche souvent un interlocuteur capable de comprendre son problème. C’est particulièrement vrai lors d’un sinistre. Une plateforme peut faciliter la déclaration et le suivi. Elle ne remplace pas nécessairement la capacité d’un conseiller à expliquer, rassurer et adapter son accompagnement à une situation particulière. L’enjeu n’est donc probablement pas de choisir entre humain ou digital. Il consiste plutôt à identifier ce qui doit être automatisé afin de libérer du temps pour les interactions où la valeur humaine est la plus forte. Pourquoi la qualité du conseil reste déterminante ? Un autre passage de l’interview permet de comprendre cette évolution. Lorsqu’un client se concentre uniquement sur le prix, il raisonne principalement comme un acheteur. Mais une bonne couverture d’assurance ne peut pas être évaluée uniquement à partir de la prime. Il faut aussi s’intéresser : aux garanties ; aux exclusions ; aux franchises ; aux plafonds ; aux risques réellement couverts ; à la structure générale du programme. C’est ici que la compétence du courtier prend toute son importance. Et lorsqu’Antoine demande à Pierre-Antoine de compléter la phrase « le courtier qui réussira demain sera celui qui… », sa réponse ne porte ni sur l’IA, ni sur la taille du cabinet, ni sur la puissance commerciale. Sa réponse est : « Celui qui saura le mieux analyser les risques de son client. » Une phrase qui résume probablement l’un des principaux enseignements de l’épisode. Le marché français du courtage va-t-il finir entre les mains de quelques grands groupes ? La consolidation ne signifie pas nécessairement disparition totale des indépendants. Pierre-Antoine Auburtin estime que le marché continuera encore à faire coexister : de grands groupes ; des cabinets intermédiaires ; des courtiers de proximité. Chaque année, de nouveaux cabinets sont créés tandis que d’autres sont cédés ou transmis. La consolidation est donc un mouvement dynamique plutôt qu’une simple réduction mécanique du nombre d’acteurs. Cette fragmentation constitue d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les possibilités de rapprochement restent nombreuses. Le courtage français se caractérise par un grand nombre d’acteurs de tailles différentes. Une telle structure crée naturellement des opportunités de transmission et de croissance externe. France et Royaume-Uni : des modèles différents La structure du courtage n’est pas identique partout. Pierre-Antoine Auburtin souligne notamment une différence entre les modèles français et anglo-saxons. En France, la rémunération du courtier s’est historiquement beaucoup appuyée sur les commissions versées par les assureurs. Dans certains marchés anglo-saxons, les honoraires facturés directement aux clients occupent une place plus importante. Les deux peuvent également être combinés. Cette différence est importante, car le modèle de rémunération influence : la relation commerciale ; la rentabilité ; la valorisation ; le positionnement du courtier ; la perception du conseil. Elle rappelle surtout qu’il n’existe pas un modèle mondial unique du courtage d’assurance. Comment préparer l’acquisition d’un cabinet de courtage ? À la fin de l’épisode, Pierre-Antoine Auburtin formule un conseil particulièrement concret : préparer son projet avant même qu’une opportunité apparaisse. L’erreur serait de commencer à réfléchir au moment où un cabinet est mis en vente. Un acquéreur doit déjà savoir ce qu’il recherche. Définir le portefeuille idéal Avant de prospecter, il faut déterminer : la zone géographique ; la taille recherchée ; la clientèle cible ; les spécialisations intéressantes ; la capacité de financement ; la stratégie après acquisition. Être capable de décider rapidement Une belle opportunité peut attirer plusieurs candidats. Un acquéreur ayant déjà défini sa stratégie peut donc avancer plus rapidement que celui qui commence seulement à réfléchir. La préparation devient un avantage concurrentiel. Penser à l’après-acquisition L’opération ne s’arrête pas à la signature. Il faut ensuite conserver les clients, intégrer les collaborateurs, préserver les relations avec les assureurs et réussir à créer les synergies attendues. C’est pourquoi le meilleur portefeuille n’est pas forcément le plus gros. C’est celui qui correspond réellement au projet de l’acquéreur. Fusion-acquisition dans le courtage : derrière les chiffres, une histoire d’entrepreneurs L’un des intérêts de cet épisode est de ne pas réduire la fusion-acquisition à des multiples de valorisation ou à des opérations financières. Pierre-Antoine Auburtin décrit le courtage comme un secteur composé d’une grande diversité d’entrepreneurs. Chaque cabinet possède son histoire, sa clientèle, son territoire et ses spécialités. Son propre parcours illustre cette dimension humaine. Il raconte avoir entendu, il y a environ 25 ans, son père parler de son activité de rapprochement de cabinets. Ces conversations l’avaient marqué. Après avoir développé sa propre carrière dans le courtage, il finira par revenir à cette activité. La fusion-acquisition devient ainsi moins une succession de transactions qu’une rencontre entre plusieurs trajectoires : celle du dirigeant qui souhaite transmettre, celle de l’acquéreur qui veut grandir et celle des équipes qui doivent poursuivre l’histoire. Ce qu’il faut retenir La fusion-acquisition dans le courtage d’assurance est favorisée par un marché fragmenté et de nombreuses possibilités de croissance externe. La récurrence des revenus constitue l’un des éléments qui rendent le modèle économique attractif. Acquérir un portefeuille peut permettre de gagner plusieurs années de développement commercial. La taille n’est pas le seul critère de valeur : niche, expertise, implantation géographique et clientèle sont déterminantes. Pierre-Antoine Auburtin évoque un ordre de grandeur simplifié de 2 à 3 fois le chiffre d’affaires pour certains portefeuilles, sans en faire une règle universelle. Le digital, la conformité et désormais l’IA peuvent renforcer l’intérêt de mutualiser les moyens. L’intelligence artificielle pourrait améliorer la productivité des cabinets, mais les usages restent encore en construction selon l’invité. Malgré la technologie, la qualité du conseil et la relation humaine restent centrales. La consolidation ne signifie pas nécessairement la disparition des courtiers indépendants. Avant toute acquisition, la préparation du projet est déterminante. FAQ Qu’est-ce que la fusion-acquisition dans le courtage d’assurance ? Le M&A désigne les opérations de fusion et d’acquisition. Dans le courtage d’assurance, il peut prendre la forme du rachat d’un cabinet, d’un portefeuille de clients ou d’un rapprochement entre plusieurs acteurs. Ces opérations permettent notamment d’accélérer la croissance, de renforcer une implantation géographique ou d’acquérir une expertise spécialisée. Pourquoi les cabinets de courtage se regroupent-ils ? Les rapprochements peuvent répondre à plusieurs objectifs : accélérer la croissance, mutualiser les coûts, accéder à de nouvelles compétences, investir dans la technologie ou renforcer le poids du cabinet auprès de ses partenaires. Les contraintes de conformité et les investissements digitaux peuvent également encourager certains dirigeants à rejoindre un réseau ou un groupe. Pourquoi acheter un portefeuille de courtage d’assurance ? Acheter un portefeuille permet à un courtier d’accélérer sa croissance en accédant immédiatement à une clientèle existante. La constitution d’un portefeuille par prospection peut prendre plusieurs années, notamment auprès des entreprises. L’acquisition permet donc de gagner du temps, mais nécessite un investissement financier et une préparation rigoureuse. Combien vaut un portefeuille de courtage d’assurance ? Il n’existe pas de prix universel. Dans l’épisode, Pierre-Antoine Auburtin donne, « pour faire simple », un ordre de grandeur de 2 à 3 fois le chiffre d’affaires. Cette estimation ne doit pas être considérée comme une règle générale : clientèle, rentabilité, concentration, spécialisation et qualité du portefeuille influencent fortement la valorisation. Quels portefeuilles intéressent le plus les acquéreurs ? Les stratégies varient selon les acquéreurs. Pierre-Antoine Auburtin souligne toutefois l’intérêt que peuvent présenter les portefeuilles entreprises, les activités fortement implantées géographiquement et les niches spécialisées. Une expertise sectorielle, des partenariats assureurs ou une marque reconnue peuvent également renforcer l’attractivité d’un cabinet. L’intelligence artificielle va-t-elle accélérer la consolidation du courtage ? Elle pourrait y contribuer. Les outils d’IA peuvent potentiellement améliorer la productivité et la rentabilité des cabinets, mais leur déploiement nécessite des investissements et des compétences. Pour les petites structures, mutualiser ces moyens au sein d’un réseau ou d’un groupe peut devenir intéressant. Selon l’invité, le secteur reste toutefois au début de cette transformation. Les petits courtiers vont-ils disparaître ? Ce n’est pas la perspective défendue dans l’épisode. Pierre-Antoine Auburtin estime que grands groupes, courtiers intermédiaires et cabinets de proximité devraient continuer à coexister. La consolidation du marché ne signifie pas nécessairement la disparition des courtiers indépendants. De nouveaux cabinets continuent par ailleurs à se créer parallèlement aux cessions et acquisitions. Les réseaux permettent également à certains courtiers de mutualiser des services tout en conservant leur indépendance. Comment réussir l’acquisition d’un cabinet de courtage ? La préparation est essentielle. L’acquéreur doit déterminer précisément le type de portefeuille qu’il recherche, sa localisation, sa taille et sa stratégie d’intégration. Cette préparation lui permet ensuite de se positionner rapidement lorsqu’une opportunité pertinente apparaît. L'IA va-t-elle remplacer les courtiers d'assurance ? L’intelligence artificielle peut automatiser certaines tâches et améliorer la productivité des cabinets, mais elle ne remplace pas nécessairement le conseil. Pour Pierre-Antoine Auburtin, le courtier qui réussira demain sera avant tout celui qui saura bien analyser les risques de son client. L’analyse du risque, la connaissance du client et l’accompagnement lors de situations complexes restent des dimensions importantes du métier de courtier. La fusion-acquisition dans le courtage d’assurance ne peut pas être résumée à une simple course aux acquisitions. Derrière la consolidation se trouvent plusieurs transformations : recherche de croissance, besoin d’investir, développement de l’IA, mutualisation des moyens et montée des exigences de qualité. Mais l’épisode avec Pierre-Antoine Auburtin rappelle également une réalité fondamentale : un cabinet de courtage reste avant tout une activité de conseil et de relation. La technologie pourra accélérer les processus. La consolidation pourra créer des groupes plus puissants. Mais la capacité à comprendre les risques d’un client restera l’un des principaux facteurs de différenciation. 🎙️ Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Pierre-Antoine Auburtin dans Assurance en coulisses, disponible sur Spotify, Apple Podcasts, YouTube et toutes les plateformes d’écoute. Vous pouvez contacter Pierre-Antoine sur LinkedIn. Donnez de la force. 1. Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. 2. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 3. Recevez ma Newsletter 📮 4. Suis-moi sur : LinkedIn, Instagram, YouTube, TikTok Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire.
- #4. Christophe Hartog « Le recrutement en assurance, un perpétuel recommencement » - Recruteur, Chasseur de tête & dirigeant indépendant
Épisode disponible Apple Podcast - Spotify - Deezer - Youtube Podcast - Amazon Music 🎙 Épisode 4 : On retrouve Christophe Hartog, Recruteur, Chasseur de tête & Dirigeant indépendant. 🚀 Christophe Hartog est recruteur depuis 15 ans, dont 9 ans dans le secteur de l'assurance. 🏆 Son palmarès : + 550 recrutements et + de 3 100 entretiens RH réalisés. Aujourd'hui, Christophe a choisi de se lancer dans l'expérience de l'entrepreneuriat en étant indépendant. ⚡️ Il y a un an, Christophe lance HARTOG Recrutement (HR), un cabinet de recrutement indépendant qui intervient sur des recrutements dans les domaines de l'assurance, de la finance d'entreprise, de l'audit et du conseil. 💡Un épisode qui met en lumière la face cachée du recrutement. Tout en se livrant sur son parcours professionnel stimulant, en travaillant dans différentes structures : cabinet de recrutement, cabinet de conseil (Big Four), compagnie d'assurance. Mais pour en savoir plus, écoutez l'épisode : vous ne le regretterez pas ! 🔎 DÉCOUVREZ DANS CET ÉCHANGE La journée type d'un recruteur Les plateformes de recrutement L'expérience d'indépendant en tant que recruteur Les enjeux RH dans un secteur qui ne cesse d'évoluer L'évolution du métier RH Le recrutement, un métier challengeant au quotidien Les faits d'actualité : RGPD, Taxe Forfaitaire 📚 RECOMMANDATIONS Vendre de Jordan Belfort Musique : Lose Yourself d'Eminem Écoutez la Playlist des invités sur Spotify. ☎️ CONTACTEZ L'INVITÉ Christophe Hartog : LinkedIn www.hartogrecrutement.fr 💪 DONNEZ DE LA FORCE Abonnez-vous 🔔 pour ne rien manquer. Laissez 5 ⭐️ ou un avis ici 🙏 Recevez ma newsletter 📮 Connectez-nous sur LinkedIn Visitez mon site web 📖 CHAPITRES 00:00-Générique 00:00:34-Introduction 00:00:43-Présentation 00:01:32-Description du métier de recruteur 00:02:23-Question mystère ? 00:03:30-Est-ce que tu as une préférence de structure au cours de ta carrière (compagnie d'assurance, cabinet) ? 00:04:59-Découverte de l'assurance par une opportunité professionnelle 00:05:59-Formation 00:06:24-Années d'expérience en assurance 00:07:25-Tâche prédominante 00:09:58-Plateforme de recrutement privilégiée (APEC, Indeed, Monster, LinkedIn) 00:11:11-Se lancer en tant qu'indépendant 00:15:04-La place du recrutement dans l'écosystème de l'assurance 00:16:34-Musique 00:17:18-Le recrutement un challenge au quotidien 00:21:20-Mentor 00:22:57-Recommandations Livres/Podcasts 00:24:16-Conseils en début de carrière 00:26:47-Les enjeux RH 00:29:41-RGPD 00:30:17-Impôt forfaitaire 00:31:23-Le recrutement : un métier qui évolue constamment 00:32:27-Titre reflétant sa carrière ? 00:33:08-Prochain invité(e) ? 00:34:16-Remerciements 00:34:34-Générique de fin Vous aimez la musique du générique ? Contactez Hallo Von Studio 🎧 Bonne écoute à toustes ! Vous souhaitez sponsoriser Assurance en Coulisses ou proposer un partenariat ? Contactez-moi via ce formulaire Suivez le podcast Assurance en Coulisses sur les réseaux LinkedIn - Youtube - Instagram - TikTok
.png)











